{"id":6536,"date":"2015-06-04T17:36:51","date_gmt":"2015-06-04T15:36:51","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=6536"},"modified":"2024-12-22T12:07:52","modified_gmt":"2024-12-22T11:07:52","slug":"cheer-leader","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/06\/cheer-leader\/","title":{"rendered":"Cheer Leader"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Cheer Leader<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Cr\u00e9ation du Think Tank Theatre \/ Mise en sc\u00e8ne de Karim Bel Kacem \/ Co-mise en sc\u00e8ne et chor\u00e9graphie Maud Blandel \/ du 2 au 13 juin 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais (Gen\u00e8ve) \/ Critiques par Deborah Strebel et Jehanne Denogent . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 juin 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La face cach\u00e9e des majorettes<\/strong><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"671\" height=\"359\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/CHEER-LEADER-cr\u00c3\u00a9dits-Francois-Blin-J\u00c3\u00a9rome-Liveneau-kSzG-672x359@LeTemps.ch_.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9982\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/CHEER-LEADER-cr\u00c3\u00a9dits-Francois-Blin-J\u00c3\u00a9rome-Liveneau-kSzG-672x359@LeTemps.ch_.jpg 671w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/CHEER-LEADER-cr\u00c3\u00a9dits-Francois-Blin-J\u00c3\u00a9rome-Liveneau-kSzG-672x359@LeTemps.ch_-250x134.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/CHEER-LEADER-cr\u00c3\u00a9dits-Francois-Blin-J\u00c3\u00a9rome-Liveneau-kSzG-672x359@LeTemps.ch_-300x161.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/CHEER-LEADER-cr\u00c3\u00a9dits-Francois-Blin-J\u00c3\u00a9rome-Liveneau-kSzG-672x359@LeTemps.ch_-624x334.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 671px) 100vw, 671px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Fran\u00e7ois Blin<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Spectacle bilingue (espagnol, anglais),\u00a0<\/em>Cheer Leader<em>\u00a0d\u00e9voile po\u00e9tiquement les Pom Pom girls en coulisse.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans une semi-obscurit\u00e9, cinq jeunes femmes v\u00eatues du m\u00eame costume bleu et blanc sont assises en rond et effectuent une s\u00e9rie de mouvements. Toutes tiennent des pompons dans leurs deux mains. En effleurant le sol, ces boules argent\u00e9es provoquent de doux cr\u00e9pitements \u00e0 intervalles r\u00e9guliers tel le bruit des vagues qui s\u2019\u00e9mousseraient sur une plage. Sans aucun d\u00e9cor, prise en sandwich entre deux fins voiles, \u00e0 l\u2019avant et \u00e0 l\u2019arri\u00e8re sc\u00e8ne, cette petite \u00e9quipe de\u00a0<em>cheerleading<\/em>\u00a0continue de s\u2019\u00e9chauffer quand l\u2019une des membres prend la parole en espagnol. Au fur et \u00e0 mesure de son discours, les gestes r\u00e9p\u00e9titifs, m\u00e9langeant exercices de stretching et chor\u00e9graphie, d\u2019abord lents, deviennent de plus en plus rapides. La lumi\u00e8re tamis\u00e9e et le nombre r\u00e9duit de danseuses semblent indiquer que nous nous trouvons en coulisses.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette impression de&nbsp;<em>backstage<\/em>&nbsp;sera, d\u2019une certaine mani\u00e8re, le fil rouge du spectacle. Les \u00e9crans de tissus transparents resteront pr\u00e9sents tout au long de la performance et brouilleront d\u00e9licatement la vue des spectateurs comme s\u2019ils regardaient par une fen\u00eatre ferm\u00e9e, rideaux tir\u00e9s. D\u00e9marche int\u00e9ressante et quelque peu \u00e0 contre-courant, dans une p\u00e9riode o\u00f9 le th\u00e9\u00e2tre contemporain tend \u00e0 abolir le quatri\u00e8me mur, mais d\u00e9j\u00e0 fondamentale dans un projet pr\u00e9c\u00e9dent de Karim Bel Kacem,&nbsp;<em>Gulliver&nbsp;<\/em>(jou\u00e9e notamment \u00e0 Lausanne en mars dernier), qui nous pla\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 en position de voyeurs conscients. La plupart du temps, nous assistons ici uniquement \u00e0 des \u00e9chauffements. Le seul moment o\u00f9 les majorettes r\u00e9alisent de vrais num\u00e9ros avec sauts p\u00e9rilleux a lieu derri\u00e8re les deux voilages de tulle. Deux hommes, dos au public, regardant le&nbsp;<em>show<\/em>&nbsp;derri\u00e8re le premier voilage, au travers du second. Si depuis notre si\u00e8ge, nous voyons clairement les silhouettes masculines, nous ne distinguons pas nettement celles des demoiselles et voyons uniquement des ombres virevoltant en l\u2019air. Le concept de plonger le public dans les coulisses a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9 jusqu\u2019au bout car les spectateurs sont en r\u00e9alit\u00e9 install\u00e9s \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-sc\u00e8ne de la salle du sous-sol du th\u00e9\u00e2tre de St-Gervais, espace sp\u00e9cialement am\u00e9nag\u00e9 pour l\u2019occasion.<\/p>\n\n\n\n<p>Les&nbsp;<em>Cheer Leaders&nbsp;<\/em>sont connues pour parader au d\u00e9but et pendant les pauses des matchs sportifs am\u00e9ricains devant une foule en d\u00e9lire. Ici, pas de footballers, pas de basketteurs, seul les cris sourds des supporters. En entrant dans l\u2019ar\u00e8ne, ces sir\u00e8nes les envo\u00fbtent et parviennent \u00e0 chauffer leur esprit. Ce pouvoir est po\u00e9tiquement repr\u00e9sent\u00e9 lors d\u2019un magnifique instant o\u00f9 une&nbsp;<em>cheerleader<\/em>&nbsp;dos au public l\u00e8ve progressivement le bras&nbsp;: plus il prend de la hauteur plus le volume des hurlements augmente&nbsp;; \u00e0 l\u2019inverse s\u2019il se baisse, le silence s\u2019installe. Telle une cheffe d\u2019orchestre, elle dirige les acclamations de centaine de personnes, au sens litt\u00e9ral de son appellation (<em>cheer<\/em>&nbsp;= acclamer et&nbsp;<em>leader<\/em>&nbsp;= celui qui dirige).<\/p>\n\n\n\n<p>Le\u00a0<em>cheerleading\u00a0<\/em>prend ses racines aux Etats-Unis. Initialement r\u00e9serv\u00e9 aux hommes et li\u00e9 \u00e0 une stricte formation au sein des plus prestigieuses universit\u00e9s, il s\u2019ouvre aux femmes et devient exclusivement une pratique f\u00e9minine \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970. Si dans sa note d\u2019intention le Think thank theatre, en r\u00e9sidence \u00e0 St-Gervais, s\u2019interroge sur la fonction politique du\u00a0<em>cheerleading<\/em>\u00a0et sur l\u2019\u00e9volution de l\u2019exercice du pouvoir, le spectacle lui-m\u00eame n\u2019entre pas dans une \u00e9tude approfondie du sujet. Certaines relations de pouvoir sont sugg\u00e9r\u00e9es notamment lors d\u2019une angoissante s\u00e9ance photo o\u00f9 l\u2019artiste s\u2019acharne \u00e0 faire sourire une\u00a0<em>Pom Pom girl\u00a0<\/em>stress\u00e9e, ou \u00e0 l\u2019inverse lors d\u2019un \u00e9change nocturne entre une jeune majorette et un homme qu\u2019elle \u00e9blouit de ses \u00e9tincelants pompons. Mais cela reste de l\u2019ordre de l\u2019\u00e9vocation, et non du d\u00e9veloppement. Le visuel, en revanche \u00e0 \u00e9t\u00e9 minutieusement travaill\u00e9. On saluera le travail de l\u2019\u00e9clairage, proposant de riches ambiances tamis\u00e9es d\u00e9clinant divers tons\u00a0: verts, rouges, bleus., Le metteur en sc\u00e8ne, Karim Bel Kacem a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 la HEAD et a \u00e9t\u00e9 l\u2019assistant de Dora Garcia \u00e0 Kassel lors de la Documenta en 2012\u00a0: on retrouve la trace des ces enseignements autour de l\u2019installation d\u2019espace dans l\u2019esth\u00e9tique finement pens\u00e9e, en laquelle r\u00e9side la r\u00e9ussite de ce spectacle.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 juin 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 juin 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jehanne-denogent\/\">Jehanne Denogent<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Evanescent, -e, adj.<\/strong><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"671\" height=\"359\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/CHEER-LEADER-cr\u00c3\u00a9dits-Francois-Blin-J\u00c3\u00a9rome-Liveneau-kSzG-672x359@LeTemps.ch_.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9982\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/CHEER-LEADER-cr\u00c3\u00a9dits-Francois-Blin-J\u00c3\u00a9rome-Liveneau-kSzG-672x359@LeTemps.ch_.jpg 671w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/CHEER-LEADER-cr\u00c3\u00a9dits-Francois-Blin-J\u00c3\u00a9rome-Liveneau-kSzG-672x359@LeTemps.ch_-250x134.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/CHEER-LEADER-cr\u00c3\u00a9dits-Francois-Blin-J\u00c3\u00a9rome-Liveneau-kSzG-672x359@LeTemps.ch_-300x161.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/CHEER-LEADER-cr\u00c3\u00a9dits-Francois-Blin-J\u00c3\u00a9rome-Liveneau-kSzG-672x359@LeTemps.ch_-624x334.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 671px) 100vw, 671px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Fran\u00e7ois Blin<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Pr\u00e9sent\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais,&nbsp;<\/em>Cheer Leader&nbsp;<em>interroge de mani\u00e8re tr\u00e8s plastique une activit\u00e9 aux repr\u00e9sentations sexualis\u00e9es&nbsp;: le cheerleading. La cr\u00e9ation laisse toutefois une impression \u00e9vanescente, peinant elle-m\u00eame \u00e0 convaincre et \u00e0 enflammer les foules.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>C.?<\/em><\/strong><strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><strong><em>Au fig.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>1. Qu\u2019on aper\u00e7oit d\u2019une mani\u00e8re fugitive.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Entre le public et le plateau, une toile tendue, blanche. Selon l\u2019\u00e9clairage, elle s\u2019opacifie ou blanchit l\u00e9g\u00e8rement. Le plateau devient flou et brumeux \u00e0 travers ce filtre. Assises en cercle, cinq pom-pom girls s\u2019\u00e9chauffent, encha\u00eenant la m\u00eame s\u00e9rie d\u2019exercices en boucle. Au bout de quelques minutes, la ronde, rythm\u00e9e du bruissement des pompons, devient envo\u00fbtante. L\u2019atmosph\u00e8re a quelque chose d\u2019irr\u00e9el, d\u2019\u00e9vanescent. Derri\u00e8re la toile (et non dessus), les corps deviennent plastiques et la sc\u00e8ne tableau.&nbsp;<em>Cheer Leader<\/em>&nbsp;compose des sc\u00e8nes esth\u00e9tiquement tr\u00e8s belles, des sc\u00e8nes-tableaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Les savoirs affleurent et se croisent en effet dans cette collaboration de deux metteurs en sc\u00e8ne en r\u00e9sidence au th\u00e9\u00e2tre de Saint-Gervais. Karim Bel Kacem, apr\u00e8s avoir achev\u00e9 sa formation \u00e0 la Manufacture, \u00e9tudia l\u2019installation d\u2019espaces et la sculpture \u00e0 la HEAD. Quant \u00e0 Maud Blandel, elle se forma initialement \u00e0 la danse contemporaine avant d\u2019entreprendre un master de mise en sc\u00e8ne \u00e0 la Manufacture. Dans cette cr\u00e9ation de plateau, leurs bagages s\u2019associent pour un r\u00e9sultat ind\u00e9finissable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>2. Qui a une apparence floue, impr\u00e9cise \/ Ind\u00e9finissable, insaisissable<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour une pi\u00e8ce qui se propose d\u2019aborder les d\u00e9rives superficielles du&nbsp;<em>cheerleading<\/em>, le travail sur l\u2019esth\u00e9tique est bienvenu. Le terme \u00ab&nbsp;cheer leader&nbsp;\u00bb a aujourd\u2019hui une acception sexualis\u00e9e, d\u00e9signant l\u2019\u00e9quipe d\u2019athl\u00e9tiques et affriolantes jeunes femmes lors des \u00e9v\u00e9nements sportifs. Il avait cependant une toute autre signification lorsqu\u2019il apparaissait dans le cursus des meilleures universit\u00e9s am\u00e9ricaines. Litt\u00e9ralement&nbsp;: celui qui dirige (leader) les acclamations (cheer). Celui qui contr\u00f4le et organise les foules \u00e9tait avant tout un homme politique. Roosevelt, Kennedy, Bush&nbsp;: tous ont \u00e9t\u00e9 des&nbsp;<em>cheerleaders<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>La compagnie Think Tank cherche \u00e0 interroger le ph\u00e9nom\u00e8ne social du&nbsp;<em>cheerleading<\/em>, \u00e0 perturber le regard port\u00e9 sur cette pratique. Le renversement du regard s\u2019exprime d\u00e9j\u00e0 spatialement. Pour entrer dans la salle, le public doit contourner le th\u00e9\u00e2tre, utiliser l\u2019entr\u00e9e des artistes et s\u2019installer dans les coulisses. Le spectacle s\u2019observe dans l\u2019autre sens, renversant l\u2019organisation classique de la salle. Les dispositifs mis en place par Karim Bel Kacem sont inventifs, d\u00e9stabilisants. Dans&nbsp;<em>Gulliver<\/em>&nbsp;(en 2014-2015), le spectateur \u00e9tait \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019espace ferm\u00e9 o\u00f9 \u00e9voluaient les acteurs, les \u00e9coutant gr\u00e2ce \u00e0 un casque audio. Par la modification de l\u2019espace, le point de vue du public est remis en jeu. Il faut apprendre \u00e0 regarder autrement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>B.?<\/em><\/strong><strong><em>&nbsp;P. ext.&nbsp;Qui dispara\u00eet peu \u00e0 peu<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse et les critiques du ph\u00e9nom\u00e8ne du&nbsp;<em>cheerleading<\/em>&nbsp;restent cependant ici floues, \u00e0 peine sugg\u00e9r\u00e9es, \u00e0 peine saisissables. Le th\u00e8me appelait \u00e0 la remise en question sur un ton plus corrosif. Mais le propos est \u00e9vanescent, disparaissant dans une belle esth\u00e9tique. Sans mauvais jeu de mots, la pi\u00e8ce ne parvient \u00e0 provoquer ni acclamations, ni r\u00e9volte. Certaines id\u00e9es sont pourtant tr\u00e8s prometteuses. Devant l\u2019appareil photo d\u2019un artiste, une des pom-pom girls doit afficher son sourire le plus parfait. A l\u2019aide d\u2019une cam\u00e9ra filmant en direct sur le plateau, l\u2019image \u00e9tant projet\u00e9e en arri\u00e8re-plan, l\u2019artiste prend un nombre incalculable de clich\u00e9s. Le sourire ne satisfait jamais les attentes de bonheur et d\u2019extase voulues. La sc\u00e8ne s\u2019\u00e9ternise et rend de plus en plus \u00e9touffantes la tyrannie et la fausset\u00e9 de l\u2019artiste. Par l\u2019attente, la tension commence \u00e0 monter mais n\u2019explose jamais. La sc\u00e8ne s\u2019interrompt trop t\u00f4t (ou trop tard) et l\u2019\u00e9nergie retombe. Il manque du relief et de la hargne pour que la pi\u00e8ce marque son but. Du questionnement voulu politique et d\u00e9rangeant, il ne reste au spectateur qu\u2019une impression de r\u00eave, flottante, disparaissant peu \u00e0 peu.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 juin 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jehanne-denogent\/\">Jehanne Denogent<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/leprogramme.ch\/theatre\/cheer-leaders\/geneve\/saint-gervais-geneve-le-theatre\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cr\u00e9ation du Think Tank Theatre \/ Mise en sc\u00e8ne de Karim Bel Kacem \/ Co-mise en sc\u00e8ne et chor\u00e9graphie Maud Blandel \/ du 2 au 13 juin 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais (Gen\u00e8ve) \/ Critiques par Deborah Strebel et Jehanne Denogent . <\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9982,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,8,38],"tags":[31,22],"class_list":["post-6536","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-maison-saint-gervais","category-spectacle","tag-deborah-strebel","tag-jehanne-denogent"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6536","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6536"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6536\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21349,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6536\/revisions\/21349"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9982"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6536"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6536"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6536"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}