{"id":6507,"date":"2015-06-03T21:05:45","date_gmt":"2015-06-03T19:05:45","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=6507"},"modified":"2024-12-22T15:13:23","modified_gmt":"2024-12-22T14:13:23","slug":"tair","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/06\/tair\/","title":{"rendered":"Tair"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Tair<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Mise en sc\u00e8ne de Fabrice Melquiot \/ d\u2019apr\u00e8s un po\u00e8me de Philippe Jaccottet \/ du 2 au 7 juin 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre Am Stram Gram (Gen\u00e8ve) \/ Critiques par Jonas Guyot et Nicolas Joray . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 juin 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonas-guyot\/\">Jonas Guyot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les mots font corps<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"458\" height=\"545\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/tair.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9998\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/tair.jpg 458w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/tair-143x170.jpg 143w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/tair-168x200.jpg 168w\" sizes=\"auto, (max-width: 458px) 100vw, 458px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Elisabeth Carecchio<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Comment mettre en mouvement un po\u00e8me&nbsp;? C\u2019est le d\u00e9fi que s\u2019est lanc\u00e9 Fabrice Melquiot accompagn\u00e9 par deux acrobates et un musicien. En reprenant les trois questions principales pos\u00e9es par un po\u00e8me de Philippe Jaccottet, le metteur en sc\u00e8ne et son \u00e9quipe livrent un triptyque po\u00e9tico-acrobatique qui enchantera petits et grands.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cinq jours, c\u2019est le temps que le metteur en sc\u00e8ne Fabrice Melquiot s\u2019est donn\u00e9 pour monter ce spectacle qu\u2019il d\u00e9finit plus volontiers comme une exp\u00e9rience issue d\u2019un laboratoire spontan\u00e9. Fabrice Melquiot, qui est \u00e9galement le directeur artistique de l\u2019Am Stram Gram, propose plusieurs fois dans la saison ce type d\u2019exp\u00e9riences th\u00e9\u00e2trales. Cette fois-ci, il s\u2019est entour\u00e9 de deux acrobates, Julie Tavert (acrobate au sol) et Damien Droin (trampoliniste), ainsi que d\u2019un musicien, Benjamin Vicq. Le d\u00e9fi consiste en une mise en corps du po\u00e8me&nbsp;<em>Oiseaux, fleurs et fruits<\/em>&nbsp;de Philippe Jaccottet.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Dans les bras de Morph\u00e9e<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une rapide explication de la d\u00e9marche, Fabrice Melquiot invite les spectateurs \u00e0 se rendre dans la grande salle au sous-sol du th\u00e9\u00e2tre pour assister \u00e0 la premi\u00e8re partie du triptyque qui compose le spectacle. Damien Droin, issu du Centre national des arts du cirque (CNAC), propose une mise en mouvement de la question suivante&nbsp;: \u00ab&nbsp;Avant les premiers oiseaux qui peut encore veiller&nbsp;? \u00bb. Hormis quelques mots (\u00ab&nbsp;stop&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;arr\u00eate&nbsp;\u00bb) le langage du trampoliniste est principalement celui du corps. Perch\u00e9 sur une esp\u00e8ce d\u2019\u00e9chafaudage, l\u2019acrobate semble lutter contre un volatile qui l\u2019emp\u00eache de plonger dans le sommeil. Cette petite \u00ab&nbsp;forme&nbsp;\u00bb acrobatique commence tout en douceur, dans la p\u00e9nombre, \u00e0 l\u2019aube d\u2019une journ\u00e9e. Les mouvements du corps sont accompagn\u00e9s des sonorit\u00e9s compos\u00e9es par Benjamin Vicq qui, en parcourant de ses doigts une timbale \u00e9quip\u00e9e d\u2019un micro, reconstitue la douceur de l\u2019aurore. Puis soudain, la chute. Le public retient son souffle, mais l\u2019acrobate, qui s\u2019est \u00e9lanc\u00e9 dans un trou am\u00e9nag\u00e9 sur sc\u00e8ne, r\u00e9appara\u00eet projet\u00e9 par un trampoline accompagn\u00e9 de bruitages. En multipliant les rebonds, le trampoliniste donne \u00e0 voir un corps qui, ne cessant de chuter, semble traduire litt\u00e9ralement l\u2019expression \u00ab&nbsp;sombrer dans le sommeil&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Exp\u00e9rimentation du regard<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le spectateur se rend ensuite au rez-de-chauss\u00e9e du th\u00e9\u00e2tre pour assister \u00e0 la deuxi\u00e8me \u00ab&nbsp;forme&nbsp;\u00bb acrobatique. L\u2019occasion d\u2019admirer le magnifique mobile qui surplombe le foyer et qui a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u par l\u2019illustratrice jeunesse R\u00e9becca Dautremer pour un spectacle intitul\u00e9&nbsp;<em>Dr\u00f4les d\u2019Oiseaux<\/em>. On s\u2019envole d\u2019ailleurs \u00e0 l\u2019\u00e9tage sup\u00e9rieur. Dans une nouvelle pi\u00e8ce, un cercle form\u00e9 par des bougies \u00e9lectriques au centre duquel un amas de tissus blanc attend le public. Soudain le tissu se met \u00e0 bouger et en sort une voix f\u00e9minine, qui entonne une chanson. L\u2019acrobate Julie Tavert, \u00e9galement issue du Centre national des arts du cirque (CNAC) propose d\u2019explorer une autre question du po\u00e8me&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que le regard&nbsp;?&nbsp;\u00bb Dans une forme plus intime, l\u2019acrobate propose un \u00e9change de regards entre les spectateurs, la forme circulaire oblige, mais \u00e9galement entre l\u2019artiste et le public. En s\u2019accroupissant au bord du cercle l\u2019artiste interroge le public sur ce qui se passe lorsqu\u2019on \u00e9change un regard. La r\u00e9action est aussit\u00f4t mise en mouvement \u00e0 travers des \u00e9clats de rire et des mouvements partag\u00e9s entre la danse et l\u2019acrobatie. Du regard avec le public na\u00eet la joie. Sans avoir re\u00e7u de formation dramatique, Julie Tavert transmet par le mouvement une v\u00e9ritable dramaturgie qui touche par sa simplicit\u00e9 et son ing\u00e9nuit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Un spectateur sur le toit<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Avec Tair, Fabrice Melquiot invite le spectateur \u00e0 exp\u00e9rimenter lui-m\u00eame le mouvement qui m\u00e8ne de la terre au ciel, puisqu\u2019il atteint finalement le toit, sur lequel est install\u00e9 un amphith\u00e9\u00e2tre. Une derni\u00e8re \u00ab&nbsp;forme&nbsp;\u00bb acrobatique pour \u00ab&nbsp;mettre en corps&nbsp;\u00bb la question initiale du po\u00e8me&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qu\u2019est ce qui passe d\u2019un corps \u00e0 l\u2019autre&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Toujours accompagn\u00e9s des sonorit\u00e9s de Benjamin Vicq, les deux acrobates se retrouvent \u00e0 jouer une partie de tennis sans balle mais avec le son, une \u00ab&nbsp;battle&nbsp;\u00bb de danse acrobatique pour finir par des \u00ab&nbsp;papouilles&nbsp;\u00bb attendrissantes. Ce qui passe donc d\u2019un corps \u00e0 un autre c\u2019est \u00e0 la fois de la rage mais aussi de la complicit\u00e9 et de la confiance indispensables dans le m\u00e9tier d\u2019acrobate.<\/p>\n\n\n\n<p>Cinq jours pour mettre en corps un po\u00e8me de Philippe Jaccottet&nbsp;: le pari est tenu. Fabrice Melquiot peut en \u00eatre assur\u00e9, du laboratoire spontan\u00e9 est n\u00e9 un v\u00e9ritable spectacle.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 juin 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonas-guyot\/\">Jonas Guyot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 juin 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nicolas-joray\">Nicolas Joray<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Po\u00e8me tu \u00e9tais, po\u00e9sie tu redeviendras<br><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"458\" height=\"545\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/tair.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9998\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/tair.jpg 458w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/tair-143x170.jpg 143w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/tair-168x200.jpg 168w\" sizes=\"auto, (max-width: 458px) 100vw, 458px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Elisabeth Carecchio<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Incorporer un po\u00e8me, au sens propre. Pour ce \u00ab&nbsp;Laboratoire Spontan\u00e9&nbsp;\u00bb, Fabrice Melquiot se fait le metteur en corps de&nbsp;<\/em>Oiseaux, fleurs et fruits&nbsp;<em>de Philippe Jaccottet. Ici, les mots s\u2019effacent pour laisser place aux notes de musique, aux pas de danse et aux num\u00e9ros de cirque. Entre profondeurs et hauteurs, l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et s\u00e9rieux, obscurit\u00e9s et lumi\u00e8res,&nbsp;<\/em>Tair&nbsp;<em>explore les possibles.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je m\u2019enfonce d\u2019abord dans les entrailles fra\u00eeches du Th\u00e9\u00e2tre Am Stram Gram pour y d\u00e9couvrir la premi\u00e8re partie du spectacle. Sur le plateau de cette grande salle, des \u00e9chafaudages de m\u00e9tal sont parcourus par un acrobate, que rejoint ensuite sa partenaire. Avec les autres spectateurs, nous faisons face \u00e0 la sc\u00e8ne. Dispositif classique. Pour le second tableau, nous sommes invit\u00e9s \u00e0 quitter cet espace&nbsp;: je me l\u00e8ve de mon si\u00e8ge, me d\u00e9place vers la porte de sortie, attends que les gens partent, sors \u00e0 mon tour, suis les personnes qui escaladent les nombreuses marches, traverse une passerelle situ\u00e9e dans les hauteurs du th\u00e9\u00e2tre, jette un coup d\u2019\u0153il vertigineux dans le vide et p\u00e9n\u00e8tre enfin dans la petite salle. Ici, quelques spectateurs ont d\u00e9j\u00e0 pris place autour d\u2019une piste de cirque dont le bord est fait de petites bougies dispos\u00e9es en cercle. Avec d\u2019autres, je me joins \u00e0 cette assembl\u00e9e. J\u2019assiste aux mouvements de danse et aux port\u00e9es. J\u2019\u00e9coute les chants et les cordes gratt\u00e9es. Puis, \u00e0 nouveau, lumi\u00e8re dans la salle. Nous sommes invit\u00e9s \u00e0 franchir d\u2019autres marches, sortir du th\u00e9\u00e2tre et nous rendre sur le toit de celui-ci&nbsp;: une ar\u00e8ne aux gradins de pierre blanche nous accueille, encore illumin\u00e9e par les derniers rayons de soleil. Les deux circassiens se livrent dans cet espace \u00e0 une partie de tennis invisible, acrobatique et endiabl\u00e9e. Les bruitages&nbsp;? La guitare de Benjamin Vicq. Le parcours propos\u00e9 au public donne le ton&nbsp;: le spectacle mis en sc\u00e8ne par Fabrice Melquiot consiste en une \u00e9l\u00e9vation. Mais ce jeu entre profondeur et hauteur semble d\u00e9border cet unique cheminement&nbsp;: dans le dernier tableau, Julie Tavert se jette dans les bras de son partenaire de jeu&nbsp;; dans le second, elle grimpe sur ses \u00e9paules tandis que leurs deux corps sont enrob\u00e9s d\u2019un drap, formant un gigantesque personnage&nbsp;; d\u2019autres fois, l\u2019acrobate-danseuse rase le sol&nbsp;; dans le premier tableau, Damien Droin virevolte entre le trampoline et une paroi verticale, variant en hauteur \u00e0 chaque mouvement. Cette derni\u00e8re image m\u2019\u00e9voque un volcan \u2013 engin pyrotechnique projetant ses \u00e9tincelles de plus en plus haut. Ici cependant, feux d\u2019artifices sans artifices&nbsp;: c\u2019est une bretelle indocile qui tombe et qu\u2019on remonte, c\u2019est un corps invincible qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve, chute et se rel\u00e8ve<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce jeu entre le haut et le bas n\u2019est pas l\u2019unique tension qui travaille ce spectacle. Au niveau des registres \u00e9galement, la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 c\u00f4toie le s\u00e9rieux ou la noirceur. Dans la grande salle, j\u2019entends des l\u00e9gers bruits de m\u00e9tal qui r\u00e9sonnent, des chuchotements de conduits d\u2019a\u00e9ration, des grincements parsem\u00e9s de notes de musique. Sombre tableau sonore. Du haut de sa structure, le trampoliniste appuie sa t\u00eate et ses mains contre le sol et \u00e9l\u00e8ve ses jambes. J\u2019aper\u00e7ois tout \u00e0 coup les pieds de sa camarade, positionn\u00e9s de mani\u00e8re identique mais \u00e0 un autre endroit du plateau. Je souris face \u00e0 l\u2019\u00e9tranget\u00e9 de cette double vision. Un enfant assis \u00e0 quelques m\u00e8tres de moi sourit, lui aussi. \u00c0 voix haute&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ah&nbsp;! Mais c\u2019est quelqu\u2019un d\u2019autre&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Dans la petite salle, j\u2019\u00e9coute les paroles que prof\u00e8re Julie Tavert \u00e0 certains spectateurs du cercle. Comme dans un po\u00e8me, je ne comprends pas tout. Elle s\u2019approche d\u2019un spectateur qui se situe pr\u00e8s de moi, lui prend les mains et lui demande&nbsp;: \u00ab&nbsp;qu\u2019est-ce que le regard&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Le timbre est doux, frise le religieux. Quelques mont\u00e9es en puissance sonores et corporelles toutefois. Mais la rupture avec un registre contemplatif est d\u00e9finitive lorsque je sors du b\u00e2timent pour me rendre sur son toit. Assis dans les gradins, je vois Damien Droin d\u00e9barquer dans l\u2019ar\u00e8ne v\u00eatu d\u2019un short \u00ab&nbsp;Billabong&nbsp;\u00bb vert, d\u2019un polo rouge et violet et de simples baskets. La tenue de ce gladiateur d\u00e9contract\u00e9 tranche avec la sobri\u00e9t\u00e9 des costumes pr\u00e9c\u00e9dents. Le jeu aussi, puisque les deux artistes donnent \u00e0 voir une partie de tennis aux allures de guerre. Le public est pris \u00e0 parti, invit\u00e9 \u00e0 applaudir ou \u00e0 huer. Le sport de balle fait place aux boules de feu imaginaires que s\u2019envoient les combattants. C\u00e9sures surprenantes et rebondissements stimulants.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Tair<\/em>, c\u2019est aussi un balancement entre ombres et lumi\u00e8res&nbsp;: l\u2019obscurit\u00e9 du d\u00e9but du spectacle, l\u2019apparition dans un cercle illumin\u00e9 du premier acrobate, la projection des ombres des circassiens contre les parois de la salle, leurs silhouettes qui fuient vers un autre lieu \u00e0 la fin des tableaux, la lampe de poche qui \u00e9claire les visages des spectateurs, la lumi\u00e8re vacillante des bougies, les lueurs d\u2019un cr\u00e9puscule, l\u2019ar\u00e8ne baignant dans les derniers rayons de soleil, le reflet \u00e9blouissant de l\u2019astre solaire sur le toit d\u2019un immeuble de Gen\u00e8ve. Exactement au moment o\u00f9 retentissent les derniers applaudissements, les rayons du soleil qui \u00e9clairaient la fa\u00e7ade arri\u00e8re de l\u2019ar\u00e8ne font eux aussi leurs adieux. Co\u00efncidence&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 juin 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nicolas-joray\">Nicolas Joray<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.amstramgram.ch\/#tair\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mise en sc\u00e8ne de Fabrice Melquiot \/ d\u2019apr\u00e8s un po\u00e8me de Philippe Jaccottet \/ du 2 au 7 juin 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre Am Stram Gram (Gen\u00e8ve) \/ Critiques par Jonas Guyot et Nicolas Joray .<\/p>\n","protected":false},"author":1001119,"featured_media":9998,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,143],"tags":[24,128],"class_list":["post-6507","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-am-stram-gram-geneve","tag-jonas-guyot","tag-nicolas-joray"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6507","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001119"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6507"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6507\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21355,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6507\/revisions\/21355"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9998"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6507"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6507"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6507"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}