{"id":6435,"date":"2015-05-31T12:04:55","date_gmt":"2015-05-31T10:04:55","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=6435"},"modified":"2025-02-10T14:34:13","modified_gmt":"2025-02-10T13:34:13","slug":"festival-le-printemps-des-compagnies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/05\/festival-le-printemps-des-compagnies\/","title":{"rendered":"Festival Le Printemps des compagnies"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Festival Le Printemps des compagnies<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Le Printemps des compagnies \/ du 22 au 31 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Fribourg) \/ Critiques par Nicolas Joray, Jonathan Hofer et Deborah Strebel. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>22 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nicolas-joray\/\">Nicolas Joray<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ouvertures livresques (<em>Ma Solange, comment t\u2019\u00e9crire mon d\u00e9sastre <\/em>et <em>L\u2019Interrogatoire<\/em>)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><em>Ma Solange, comment t\u2019\u00e9crire mon d\u00e9sastre, Alex Roux (\u00e9pisode 1) \/<\/em>&nbsp;de No\u00eblle Renaude \/ mise en sc\u00e8ne Fran\u00e7ois Gremaud \/ du 22 au 31 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemps Des Compagnies) \/&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/ma-solange-comment-tecrire-mon-desastre-alex-roux\">plus d\u2019infos<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019Interrogatoire&nbsp;<\/em>\/ de Jacques Chessex \/ mise en sc\u00e8ne Laurent Gachoud \/ du 22 au 24 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemps Des Compagnies) \/&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/linterrogatoire\">plus d\u2019infos<\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft is-resized\" id=\"attachment_6432\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/IMG_7494.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/IMG_7494-300x200.jpg\" alt=\"L'Interrogatoire, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses\" class=\"wp-image-6432\" style=\"width:300px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">L\u2019Interrogatoire, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Place \u00e0 \u00ab&nbsp;la cr\u00e9ation d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;\u00bb au Th\u00e9\u00e2tre des Osses&nbsp;! Sur les planches du centre dramatique fribourgeois, des livres&nbsp;: objets embl\u00e9matiques de deux des spectacles donnant le coup d\u2019envoi \u00e0 cette premi\u00e8re \u00e9dition du Printemps Des Compagnies. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, quatre com\u00e9diennes se font les porte-voix modulables d\u2019un ouvrage de No\u00eblle Renaude \u2013 pr\u00e9sente par ailleurs dans la salle. De l\u2019autre r\u00e9sonnent les propos d\u2019un illustre absent, Jacques Chessex, incarn\u00e9s pour le coup par un duo.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Chacune des actrices du premier \u00e9pisode de&nbsp;<em>Ma Solange, comment t\u2019\u00e9crire mon d\u00e9sastre, Alex Roux&nbsp;<\/em>poss\u00e8de un exemplaire du texte de la dramaturge, \u00e9crit de 1994 \u00e0 1998. De chacun des quatre livres d\u00e9passe une couronne de post-its roses, verts, bleus. C\u2019est que les com\u00e9diennes piochent dans cette pi\u00e8ce-fleuve (un \u00ab&nbsp;feuilleton th\u00e9\u00e2tral&nbsp;\u00bb de plus de 350 pages&nbsp;!) pour en faire jaillir des fragments. Le projet&nbsp;? Donner \u00e0 entendre en six \u00e9pisodes \u00ab&nbsp;la petite musique de nos vies (elles aussi fragment\u00e9es)&nbsp;\u00bb. Entre le public et les quatre femmes, une table parsem\u00e9e de multiples objets&nbsp;: quelques figurines Playmobil repr\u00e9sentant une poign\u00e9e de personnages de cette \u00e9pop\u00e9e (il y en aurait \u00ab&nbsp;deux mille&nbsp;\u00bb en tout)&nbsp;; des clochettes et une radio, un m\u00e9tronome et un piano dont s\u2019emparent les com\u00e9diennes pour produire la bande-son&nbsp;; un chien noir en peluche \u00e0 la t\u00eate qui dodeline ou un chalet miniature qui s\u2019anime. Les variations des voix et les objets insolites enrichissent les multiples histoires qui se d\u00e9ploient.<\/p>\n\n\n\n<p>Une heure \u00e0 fl\u00e2ner entre 19h30 et 20h30, puis retour au th\u00e9\u00e2tre pour<em>&nbsp;L\u2019Interrogatoire.&nbsp;<\/em>Ici aussi, une table. Des livres, \u00e0 nouveau. Cette fois, ils sont tr\u00e8s nombreux&nbsp;: serait-ce l\u2019\u0153uvre int\u00e9grale de Chessex&nbsp;? Ordonn\u00e9s d\u2019abord sagement sur cette table, les ouvrages sont bouscul\u00e9s \u00e0 mesure que les th\u00e8mes (sexe, suicide, alcool, jalousie) sont abord\u00e9s. Le d\u00e9cor (des rouleaux de papier blanc d\u00e9roul\u00e9s du plafond au sol) est d\u00e9chir\u00e9 alors que l\u2019\u00ab&nbsp;interrogateur&nbsp;\u00bb se mue en \u00ab&nbsp;inquisiteur&nbsp;\u00bb. Au fil du texte, la saintet\u00e9 revendiqu\u00e9e fait place au vice avou\u00e9. Afin de \u00ab&nbsp;montrer l\u2019homme derri\u00e8re l\u2019\u00e9crivain&nbsp;\u00bb, Laurent Gachoud a choisi de camper le personnage du c\u00e9l\u00e8bre auteur suisse en proie \u00e0 ses propres interrogations dans deux corps, ceux de Nora Steinig et de Laurent Sandoz. Jacques Chessex semble ainsi exp\u00e9rimenter un cache-cache avec lui m\u00eame&nbsp;: les questions sont tant\u00f4t esquiv\u00e9es, les silhouettes parfois dissimul\u00e9es. Une interrogation restera&nbsp;: certaines propositions de mise en sc\u00e8ne ne sont-elles pas trop timides&nbsp;? Une cuvette de toilettes dans laquelle est renvers\u00e9e une bouteille d\u2019alcool ne fait-elle pas \u00e9cho de mani\u00e8re un peu l\u00e9g\u00e8re aux pratiques sexuelles du po\u00e8te&nbsp;? Une robe \u00e0 moiti\u00e9 entrouverte suffit-elle \u00e0 rendre compte des \u00e9bats que d\u00e9crivent les voix&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Les chants \u00e0 caract\u00e8re religieux, pr\u00e9sents dans les deux spectacles, cristallisent \u00e0 merveille le traitement diff\u00e9rent du rapport au spectateur propos\u00e9 par ces deux projets Dans&nbsp;<em>L\u2019Interrogatoire,&nbsp;<\/em>le public fera rapidement sens de ces morceaux de musique&nbsp;: ceux-ci sont en effet une d\u00e9clinaison parmi d\u2019autres de la th\u00e9matique du sacr\u00e9, pr\u00e9sente tant dans le texte (questionnements explicites du personnage \u00e0 propos de ses influences protestantes) que dans les choix de mise en sc\u00e8ne (proposition de parsemer l\u2019espace de lumi\u00e8res en douche faisant \u00e9cho \u00e0 une forme de verticalit\u00e9 du divin). Confortable et agr\u00e9able, le si\u00e8ge du spectateur. Mais comment faire sens des chants d\u2019\u00e9glise polyphoniques brillamment ex\u00e9cut\u00e9s par les protagonistes de&nbsp;<em>Ma Solange,<\/em>&nbsp;alors que le th\u00e8me n\u2019est ici pas explicit\u00e9&nbsp;? Il semblerait que ce soit le fait que ces chants reviennent qui justifie leur existence. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, on est d\u2019abord noy\u00e9 dans des histoires disparates et sans liens apparents. Ensuite, on rep\u00e8re des constantes \u2013 post-its pour spectateurs&nbsp;: les aventures de Bernadette Fouineau sont toujours coupl\u00e9es avec le son du m\u00e9tronome&nbsp;; les bruits d\u2019un restaurant sans cesse reproduits \u00e0 l\u2019aide de tintements de crayons contre les verres&nbsp;; le r\u00e9cit d\u2019une personne \u00e2g\u00e9e qui a \u00ab&nbsp;encore toute sa t\u00eate&nbsp;\u00bb est cependant toujours identique. La r\u00e9p\u00e9tition est un gage, fragile peut-\u00eatre, de signification. L\u2019\u00e9quilibre de la place du spectateur est ici plus pr\u00e9caire, car les liens sont \u00e0 construire en permanence. En t\u00e9moigne le jeu comique avec l\u2019\u00e9ternuement d\u2019un membre du public, improvis\u00e9 avec brio par Val\u00e9rie Liengme alors que son propre personnage \u00e9ternuait. R\u00e9p\u00e9tition toujours.<\/p>\n\n\n\n<p>Si&nbsp;<em>L\u2019Interrogatoire&nbsp;<\/em>nous tend la main, c\u2019est \u00e0 nous d\u2019aller chercher les significations de&nbsp;<em>Ma Solange<\/em>. Selon sa sensibilit\u00e9, on regrettera un soup\u00e7on de timidit\u00e9 ou l\u2019on saluera la limpidit\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9. De l\u2019autre, on bl\u00e2mera un brin d\u2019opacit\u00e9 ou l\u2019on applaudira la t\u00e9m\u00e9rit\u00e9. Quoi qu\u2019il en soit, on s\u2019inclinera devant des projets aboutis dont les bibles, les voix et les corps nourriront pour s\u00fbr l\u2019assistance d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre. Le Printemps des Compagnies, c\u2019est parti&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>22 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nicolas-joray\/\">Nicolas Joray<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>22 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nicolas-joray\/\">Nicolas Joray<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong>\u00c9clair\u00e9s jusqu&rsquo;aux Osses (<em>Le jour o\u00f9 j\u2019ai tu\u00e9 un chat<\/em> , <em>Ma Solange, comment t\u2019\u00e9crire mon d\u00e9sastre<\/em> et <em>Zazous Zaz<\/em>)<\/strong><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><em><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/03\/le-jour-ou-jai-tue-un-chat\/\">Le jour o\u00f9 j\u2019ai tu\u00e9 un chat<\/a><\/em>&nbsp;\/ de Laetitia Barras \/ du 22 au 24 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemps Des Compagnies) \/&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/le-jour-ou-jai-tue-un-chat\">plus d\u2019infos<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ma Solange, comment t\u2019\u00e9crire mon d\u00e9sastre, Alex Roux (\u00e9pisode 3) \/<\/em>&nbsp;de No\u00eblle Renaude \/ mise en sc\u00e8ne Fran\u00e7ois Gremaud \/ du 22 au 31 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemps Des Compagnies) \/&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/ma-solange-comment-tecrire-mon-desastre-alex-roux\">plus d\u2019infos<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>Zazous Zaz&nbsp;<\/em>\/ de Maud Heinzer, Jonas Marmy et Fabienne Barras \/ du 22 au 24 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemps Des Compagnies) \/&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/zazous-zaz\">plus d\u2019infos<\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft is-resized\" id=\"attachment_6444\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/FILAGE_CHAT_058_EQ9P2519.jpeg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/FILAGE_CHAT_058_EQ9P2519-300x200.jpeg\" alt=\"Le jour o\u00f9 j'ai tu\u00e9 un chat, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses\" class=\"wp-image-6444\" style=\"width:300px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le jour o\u00f9 j\u2019ai tu\u00e9 un chat, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Restobar, Studio, Atelier de construction&nbsp;: le festival qui se tient au Th\u00e9\u00e2tre des Osses se targue d\u2019investir \u00ab&nbsp;tous les lieux possibles&nbsp;\u00bb du centre dramatique fribourgeois. En ce dimanche, les lieux semblent programmatiques des spectacles qui s\u2019y d\u00e9roulent. Au menu&nbsp;: spectacle musical divertissant, \u00e9pisode hilarant, agencement de listes \u00e9patant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Lumi\u00e8re tamis\u00e9e. Il est vingt-trois heures vingt et la soir\u00e9e touche \u00e0 sa fin dans le foyer du th\u00e9\u00e2tre qui a rev\u00eatu pendant plus d\u2019une heure des allures de music-hall.&nbsp;<em>Zazous Zaz&nbsp;<\/em>proposait un plongeon historique dans l\u2019univers des zazous, un type qui s\u2019est r\u00e9pandu, apprend-on, aux alentours des ann\u00e9es 1940. Ses caract\u00e9ristiques&nbsp;? Un attrait pour ce qui swingue. Pour le jazz. Une propension \u00e0 faire la f\u00eate \u2013 revendiqu\u00e9e comme \u00ab&nbsp;acte de r\u00e9sistance&nbsp;\u00bb. Le parti pris de la mise en sc\u00e8ne est celui de la reconstitution historique&nbsp;: costumes de l\u2019\u00e9poque (jupes et pantalon bariol\u00e9s, costards et cravates)&nbsp;; chansons entra\u00eenantes, de l\u2019\u00e9poque encore (de Cab Calloway \u00e0 Boris Vian en passant par Marie Bizet)&nbsp;; journaux, de l\u2019\u00e9poque toujours. On salue la coh\u00e9rence aboutie de ce projet \u2013 de m\u00eame que la g\u00e9n\u00e9reuse \u00e9nergie des trois jeunes acteurs-chanteurs, m\u00eame si on peut se demander si un tel parti pris parlera aux plus jeunes spectateurs, qui n\u2019auraient par exemple pas les chansons en t\u00eate. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, ceux qui cherchent dans le th\u00e9\u00e2tre questionnements et r\u00e9f\u00e9rences issues du monde d\u2019aujourd\u2019hui resteront sur leur faim&nbsp;; les autres savoureront sans doute la charmante nostalgie de&nbsp;<em>Zazous Zaz.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Quelques heures auparavant, perch\u00e9 dans les hauteurs du Studio, on continuait de scruter des fragments d\u2019existences \u00e0 travers le troisi\u00e8me volet de&nbsp;<em>Ma Solange, comment t\u2019\u00e9crire mon d\u00e9sastre, Alex Roux<\/em>. Les nouveaux venus \u00e0 bord de cette barque aux allures de feuilleton th\u00e9\u00e2tral ont pu s\u2019immerger dans une banalit\u00e9 dr\u00f4le, celle des multiples personnages de cette \u00e9pop\u00e9e du quotidien. Pour reprendre une formule du texte de No\u00eblle Renaude&nbsp;: \u00ab&nbsp;je regarde le monde me passer devant&nbsp;\u00bb. Ceux qui suivent de mani\u00e8re plus assidue ce feuilleton voient leur regard s\u2019enrichir de leurs r\u00e9f\u00e9rences pass\u00e9es qui ressurgissent \u2013 c\u2019est aussi l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une telle proposition artistique&nbsp;: on retrouve une femme ployant sous ses propres plaintes, d\u00e9licieusement interpr\u00e9t\u00e9e par Anne-Marie Yerly&nbsp;; un autre personnage jou\u00e9 par Stefania Pinnelli continue d\u2019accrocher sur un mur des photos de personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es. Mais les nouveaut\u00e9s sont d\u2019autant plus appr\u00e9ci\u00e9es qu\u2019elles apportent au feuilleton une certaine fra\u00eecheur&nbsp;: les coups de poing sur la table d\u2019un protagoniste incarn\u00e9 par Heidi Kipfer font sursauter de mani\u00e8re hilarante les autres personnages&nbsp;; le spectacle est volontairement retard\u00e9 par les bruitages en coulisses d\u2019un homme de chantier en combinaison orange interpr\u00e9t\u00e9 par Anne-Marie Yerly affubl\u00e9e d\u2019une moustache, vision cocasse s\u2019il en est.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce chantier de l\u2019ordinaire \u00e9tait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une usine po\u00e9tique. En effet, le coup d\u2019envoi fracassant de cette soir\u00e9e th\u00e9\u00e2trale a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par le spectacle \u00e9crit et mis en sc\u00e8ne par Laetitia Barras. C\u2019est dans l\u2019Atelier de construction du th\u00e9\u00e2tre, improvis\u00e9 pour le coup en salle de spectacle, que s\u2019est d\u00e9ploy\u00e9&nbsp;<em>Le jour o\u00f9 j\u2019ai tu\u00e9 un chat,&nbsp;<\/em>une m\u00e9canique humaine bien huil\u00e9e. Faisant \u00e9cho aux tournevis et autres perceuses bordant le lieu, les quatre acteurs se transforment en machine \u00e0 brasser journaux et mots. Place \u00e0 une esth\u00e9tique de la liste&nbsp;! \u00ab&nbsp;En g\u00e9n\u00e9ral, je passe assez vite d\u2019un article \u00e0 un autre quand je lis le journal&nbsp;\u00bb, affirme un personnage. Le public, lui, est contraint de passer assez vite d\u2019une r\u00e9plique \u00e0 une autre&nbsp;: on nous parle de faire l\u2019amour, puis de ne pas aimer la langue de b\u0153uf&nbsp;; on passe de l\u2019autom\u00e9dication \u00e0 l\u2019ingurgitation d\u2019antidouleurs, des paires de claques aux paires de chaussures. Les fils d\u2019actualit\u00e9 de Facebook, Twitter et autres r\u00e9seaux sociaux ne semblent pas si loin. \u00ab&nbsp;Est-ce qu\u2019un jour on aura \u00e9crit tous les mots&nbsp;?&nbsp;\u00bb En \u00e9puisant le quotidien, la Compagnie \u00dcberrunter le sublime. C\u2019est que de l\u2019amoncellement surgit parfois le lyrisme. En t\u00e9moigne un final verbal frissonnant coupl\u00e9 \u00e0 un morceau classique solennel&nbsp;: \u00ab&nbsp;j\u2019aime l\u2019odeur du caf\u00e9 le matin&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;j\u2019aime r\u00e9p\u00e9ter un mot jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il n\u2019ait plus de sens&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;j\u2019aime l\u2019odeur de l\u2019herbe fra\u00eechement coup\u00e9e&nbsp;\u00bb. L\u2019un des personnages d\u00e9clarait que l\u2019art contemporain le laissait parfois perplexe. Cette forme de th\u00e9\u00e2tre contemporain laissera, elle, admiratif.<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, l\u2019obscurit\u00e9 n\u2019est pas venue \u00e0 bout des spectateurs de cette troisi\u00e8me soir\u00e9e du Printemps Des Compagnies. Les quelques spots braqu\u00e9s sur le public du troisi\u00e8me volet de&nbsp;<em>Ma Solange&nbsp;<\/em>transformaient \u00e0 nouveau celui-ci en acteur \u00e9clair\u00e9. Et alors que les ombres des visages des spectateurs de&nbsp;<em>Zazous Zaz&nbsp;<\/em>vacillaient sous l\u2019effet des bougies, l\u2019assistance de&nbsp;<em>Le jour o\u00f9 j\u2019ai tu\u00e9 un chat&nbsp;<\/em>baignait dans une resplendissante lumi\u00e8re diurne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>22 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nicolas-joray\/\">Nicolas Joray<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>22 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonathan-hofer\/\">Jonathan Hofer<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong><strong>Quand Chessex subit l&rsquo;interrogatoire (<em>L\u2019Interrogatoire<\/em>)<\/strong><\/strong><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><em>L&rsquo;Interrogatoire<\/em> \/ de Jacques Chessex \/ Mise en sc\u00e8ne Laurent Gachoud \/ du 22 au 24 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemps Des Compagnies) \/ <a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/linterrogatoire\">plus d&rsquo;infos<\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft is-resized\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/IMG_7494.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/IMG_7494-300x200.jpg\" alt=\"L'Interrogatoire, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses\" class=\"wp-image-6432\" style=\"width:300px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">L&rsquo;Interrogatoire, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Les lumi\u00e8res s\u2019\u00e9teignent, l\u2019Ogre raisonne et r\u00e9sonne. Pendant pr\u00e8s d\u2019une heure et demi, la confrontation fait rage, elle bouscule, elle chamboule. Le d\u00e9cor se d\u00e9chire. Laisse place \u00e0 la nudit\u00e9, au rire, \u00e0 la haine, au vide.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La voix profonde s\u00e9duit tout de suite. Le physique, d\u2019une ressemblance frappante avec celui de l\u2019auteur, impressionne par sa prestance. Dans une salle peu \u00e9clair\u00e9e, la voix soliloque. Le spectateur reconna\u00eet les th\u00e8mes \u00ab&nbsp;chesseiens&nbsp;\u00bb familiers&nbsp;: religion, \u00e9criture, sexualit\u00e9, \u2026 Soudain, en contraste total avec cette premi\u00e8re figure, une jeune femme gracieuse (l\u2019interrogateur) intervient. Elle remet en question, creuse, cherche \u00e0 savoir les fondements de la pens\u00e9e, brise le cadre bien install\u00e9, se moque de tout \u2026 <em>L\u2019Interrogatoire<\/em>, c\u2019est la confrontation entre un Chessex auto-fictif et son <em>alter ego<\/em>, ici f\u00e9minin, bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 chambouler la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 du plateau.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette interpr\u00e9tation, cr\u00e9\u00e9e l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re par la Compagnie de l\u2019Oranger, le public assiste \u00e0 une partie de cache-cache entre les deux personnages. Chacun prend tant\u00f4t le r\u00f4le du tortionnaire, tant\u00f4t le r\u00f4le du supplici\u00e9. Ils se cherchent, s\u2019\u00e9vitent et se m\u00ealent parfois dans une sensualit\u00e9 aussi touchante par sa simplicit\u00e9 que perturbante par son ambigu\u00eft\u00e9 quasi incestueuse. La prestation ne comporte pas d\u2019\u00ab&nbsp;Ogre&nbsp;\u00bb. Le personnage de Chessex, souvent tourn\u00e9 en ridicule par sa part f\u00e9minine, n\u2019arrive pas \u00e0 maintenir une position ferme.<\/p>\n\n\n\n<p>Saluons le travail sur les lumi\u00e8res r\u00e9alis\u00e9 pour le spectacle. Les jeux et le dynamisme qu\u2019elles cr\u00e9ent dirigent le spectateur, le transportent d\u2019un coin \u00e0 l\u2019autre de la sc\u00e8ne. Certaines fois fixes, certaines fois en mouvement, lueur d\u2019une simple ampoule ou projecteur aveuglant dirig\u00e9 vers le public, elles fascinent par la diversit\u00e9 de leurs emplois. En accompagnement, la musique charme le spectateur, elle aussi \u00e0 travers des registres diff\u00e9rents, sensuelle ou matraquante. La prestation joue sur une panoplie de registres et de rythmes&nbsp;: l\u2019ambiance transporte.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques interrogations, d\u00e9ceptions peut-\u00eatre, demeurent. Comme toujours chez Chessex, la sexualit\u00e9 joue un r\u00f4le dominant. L\u2019\u00e9crivain romand prend d\u2019ailleurs plaisir \u00e0 d\u00e9crire de quelle fa\u00e7on le sexe f\u00e9minin, les l\u00e8vres et leur sillon en particulier, le passionnent. Dans une sc\u00e8ne d\u2019une splendeur et d\u2019une sensualit\u00e9 inou\u00efes, l\u2019interrogateur se fait d\u00e9shabiller par le personnage de Chessex, un air de guitare planant dans l\u2019air, il la caresse de ses mains, sans jamais la toucher r\u00e9ellement, mais tout finit par s\u2019\u00e9craser dans un paroxysme \u00e9trange. Est-il pertinent d\u2019illustrer les fantasmes si cr\u00fbment d\u00e9crits par l\u2019auteur \u00e0 travers une cuill\u00e8re de marmelade sur un dos nu&nbsp;? Si le rapprochement entre nourriture et d\u00e9sir charnel est pertinent, le geste appliqu\u00e9 semble quelque peu timide. Pourquoi ne pas r\u00e9pandre cette confiture, la l\u00e9cher&nbsp;? D\u00e9vorer ce corps f\u00e9minin qui semble si affamant, si irr\u00e9sistiblement attirant&nbsp;? En somme&nbsp;: une ambiance prenante et un spectacle qui aurait pu convaincre, si la folie du geste avait servi la folie du texte. resplendissante lumi\u00e8re diurne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>22 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonathan-hofer\/\">Jonathan Hofer<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nicolas-joray\/\">Nicolas Joray<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong><strong>Les brumes du soi et de l&rsquo;Histoire (<em>Les Ogres <\/em>et <em>Y penser sans cesse<\/em>)<\/strong><\/strong><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><em>Les Ogres<\/em>&nbsp;\/ de Anna Van Br\u00e9e \/ du 29 au 31 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemps Des Compagnies) \/&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/les-ogres\">plus d\u2019infos<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>Y penser sans cesse \/<\/em>&nbsp;de Marie Ndiaye \/ mise en sc\u00e8ne Nalini Selvadorey \/ 29 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemps Des Compagnies) \/&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/y-penser-sans-cesse\">plus d\u2019infos<\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft is-resized\" id=\"attachment_6481\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Ogres-1.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Ogres-1-150x200.jpg\" alt=\"Les Ogres, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses\" class=\"wp-image-6481\" style=\"width:auto;height:300px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Les Ogres, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Vendredi soir&nbsp;: voici venue la seconde salve de spectacles en ce dernier week-end du Printemps Des Compagnies. Parmi ceux-ci, tant&nbsp;<\/em>Les Ogres&nbsp;<em>de Anna Van Br\u00e9e que&nbsp;<\/em>Y penser sans cesse&nbsp;<em>mis en sc\u00e8ne par Nalini Selvadorey tentent une rencontre entre un soi et un moment de l\u2019Histoire. Pour le premier, la Seconde Guerre Mondiale&nbsp;; \u00ab&nbsp;les fant\u00f4mes de Berlin&nbsp;\u00bb pour l\u2019autre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Par deux fois, la vision des spectateurs est troubl\u00e9e. Dans&nbsp;<em>Les Ogres,&nbsp;<\/em>une toile tendue \u00e0 moiti\u00e9 transparente s\u00e9pare le public du plateau aux multiples objets&nbsp;: un chalet miniature illumin\u00e9, des chandelles \u00e9teintes puis allum\u00e9es, un sapin de No\u00ebl, des photos de famille notamment. Dans&nbsp;<em>Y penser sans&nbsp;<\/em>cesse, de la fum\u00e9e jaillit d\u2019une machine. Elle brouille un instant les regards du public de l\u2019Atelier de construction du Th\u00e9\u00e2tre des Osses. Comme dans un r\u00eave, le regard est embrum\u00e9. L\u2019assistance est confront\u00e9e par deux fois \u00e0 un personnage au visage barbouill\u00e9 de noir. Dans le premier cas, repr\u00e9sente-t-il un individu victime de la colonisation belge, \u00e9voqu\u00e9e dans le texte&nbsp;? Ou la \u00ab&nbsp;nounou malienne&nbsp;\u00bb de la ni\u00e8ce de la narratrice, abattue en pleine rue d\u2019Anvers par un extr\u00e9miste de droite&nbsp;? Dans le spectacle de Nalini Selvadorey, qui est ce personnage masqu\u00e9 qui se fait l\u2019\u00e9cho de questionnements d\u2019un enfant ou compare les mots \u00e0 des bouts de viande trop gros&nbsp;? Comme dans un r\u00eave, les identit\u00e9s sont fluctuantes. Des micros et haut-parleurs amplifient les paroles par deux fois. Ici et l\u00e0, les voix des protagonistes se conjuguent aux enregistrements, voire au texte qui d\u00e9file sur un \u00e9cran pour&nbsp;<em>Y penser sans cesse<\/em>. Comme dans un r\u00eave, des litanies.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment r\u00e9sumer les th\u00e9matiques abord\u00e9es dans ces spectacles, si ce n\u2019est par le fragment&nbsp;?&nbsp;<em>Les Ogres<\/em>&nbsp;conjugue notamment le pass\u00e9 familial au futur, l\u2019histoire de soi \u00e0 la guerre et au colonialisme, le rapport \u00e0 ses proches aux discours sur le r\u00f4le des p\u00e8res et autres incursions risqu\u00e9es dans les diff\u00e9rence de genre (\u00ab&nbsp;maintenant que les hommes suivent, les femmes commencent&nbsp;\u00bb), le pass\u00e9 belge de la narratrice \u00e0 son pr\u00e9sent suisse. De son c\u00f4t\u00e9,&nbsp;<em>Y penser sans cesse&nbsp;<\/em>travaille entre autres les rapports entre enfants et parents, les souvenirs d\u2019une ville (Berlin), le c\u00f4toiement des langues (allemand et fran\u00e7ais).<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les diff\u00e9rences entres les deux projets, la sc\u00e9nographie. Si&nbsp;<em>Les Ogres&nbsp;<\/em>respecte la s\u00e9paration conventionnelle entre la sc\u00e8ne et la salle, le spectacle conceptualis\u00e9 par Nalini Selvadorey s\u2019attache \u00e0 briser cette fronti\u00e8re&nbsp;: les spectateurs prennent place de fa\u00e7on d\u00e9sordonn\u00e9e dans un espace entour\u00e9 de projecteurs&nbsp;; ils sont \u00e9galement amen\u00e9s \u00e0 se d\u00e9placer, voire \u00e0 s\u2019asseoir, selon les endroits o\u00f9 se d\u00e9roulent les sc\u00e8nes. C\u2019est la force de cette proposition. Car la faiblesse de ces deux spectacles r\u00e9side aussi dans le fait qu\u2019il s\u2019av\u00e8re parfois ardu d\u2019interpr\u00e9ter clairement ce qui est donn\u00e9 \u00e0 voir ou \u00e0 entendre. De la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019il est \u00e9galement difficile de donner sens \u00e0 un r\u00eave (certains vont d\u2019ailleurs jusqu\u2019\u00e0 payer cher pour tenter l\u2019exp\u00e9rience). Et quitte \u00e0 faire le deuil d\u2019une compr\u00e9hension totale, autant se trouver \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019espace mystique plut\u00f4t que de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la toile. Dans l\u2019esprit des r\u00eaveurs plut\u00f4t que dans l\u2019espace des r\u00e9veill\u00e9s. Quoi qu\u2019il en soit, les plus f\u00e9rus de propositions exp\u00e9rimentales appr\u00e9cieront certainement les suspensions de sens propos\u00e9es au Th\u00e9\u00e2tre des Osses. Et se feront, pour un temps, les psychanalystes attentifs de ces spectacles d\u00e9routants.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nicolas-joray\/\">Nicolas Joray<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonathan-hofer\/\">Jonathan Hofer<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong><strong><strong>Une pens\u00e9e pour eux (<em>Y penser sans cesse<\/em>)<\/strong><\/strong><\/strong><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><em>Y penser sans cesse<\/em> \/ de Marie Ndiaye \/ mise en sc\u00e8ne Nalini Selvadorey \/ le 29 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemps Des Compagnies) \/ <a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/y-penser-sans-cesse\">plus d&rsquo;infos<\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft is-resized\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/IMG_Nalini.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/IMG_Nalini-193x200.jpg\" alt=\"Y penser sans cesse , \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses\" class=\"wp-image-6479\" style=\"width:auto;height:300px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Y penser sans cesse , \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>D\u00e9pays\u00e9, meurtri, abandonn\u00e9. Grandir dans un pays qui n\u2019est pas le sien, dans une langue qui n\u2019est pas la sienne. <\/em>Y penser sans cesse<em> s\u2019ancre dans un paysage berlinois et, comme les stolpersteine, le texte fait ressurgir les m\u00e9moires des victimes de la guerre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Moiti\u00e9 sup\u00e9rieure d\u2019un visage noir, robe noire, pieds nus, \u00e9clairages sous des angles diff\u00e9rents, un peu de fum\u00e9e, une montagne de tabourets pliants, un texte d\u00e9filant sur un \u00e9cran et une pianiste. Voici tout ce que la proposition de Nalini Selvadorey donne \u00e0 voir. Mais tendez l\u2019oreille, laissez vous prendre, bercer par la musique du texte. Port\u00e9e par la diction irr\u00e9prochable de Dominique Gubser, la plume de Marie Ndiaye prenait forme dans l\u2019atelier du th\u00e9\u00e2tre des Osses hier soir.<em> Y penser sans cesse<\/em> est un hommage aux m\u00e8res et aux enfants, victimes des guerres \u00e0 travers le monde. Difficile de raconter l\u2019histoire de la \u00ab&nbsp;pi\u00e8ce&nbsp;\u00bb. Des dialogues entre une m\u00e8re et son fils, des lieux, des souvenirs, la vision d\u2019une langue perdue face \u00e0 la langue d\u2019adoption&nbsp;: \u00ab&nbsp;Gehen wir nach Hause&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Par une forme mixte, entre po\u00e9sie et th\u00e9\u00e2tre, le texte se destinait d\u2019abord \u00e0 la lecture. Une forme r\u00e9utilis\u00e9e dans la performance \u00e0 travers les mots d\u00e9filant sur un \u00e9cran ou l\u2019\u00e9puration de la mise en sc\u00e8ne. La litanie berce pendant une petite demi-heure qui s\u2019\u00e9teint tranquillement sur le <em>Clair de lune <\/em>de Debussy. On manque d\u2019ailleurs parfois de s\u2019y endormir&nbsp;: la complexit\u00e9 du texte et l\u2019absence d\u2019accroches sc\u00e9niques emp\u00eachent de se rattacher facilement \u00e0 quelque chose jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019\u00e9cran. Le d\u00e9placement demand\u00e9 au public vise \u00e9galement \u00e0 le rendre moins passif.<\/p>\n\n\n\n<p>Que dire de plus&nbsp;? Le spectacle est un coup de poing po\u00e9tique. Court, intense&nbsp;: le public en prend plein la t\u00eate. Malgr\u00e9 la difficult\u00e9 d\u2019approche, personne n\u2019en ressort indemne et en quittant le th\u00e9\u00e2tre, on est quelque peu chamboul\u00e9 par cette prestation qui, assur\u00e9ment, vaut le d\u00e9tour.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonathan-hofer\/\">Jonathan Hofer<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>24 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong><strong><strong><strong>Hilarant choc de civilisations (<em>R\u00f6stigraben<\/em>)<\/strong><\/strong><\/strong><\/strong><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><em><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/03\/rostigraben\/\">R\u00f6stigraben ou Le Stage<\/a><\/em> \/ d\u2019Antoine Jaccoud et Guy Krneta \/ mise en sc\u00e8ne de Nicolas Rossier \/ le 24 ou 31 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemps des Compagnies) \/ <a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/roestigraben-ou-le-stage-1\">plus d&rsquo;infos<\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft is-resized\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/DSC_0002.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/DSC_0002-300x200.jpg\" alt=\"R\u00f6stigraben, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses\" class=\"wp-image-6480\" style=\"width:300px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">R\u00f6stigraben, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le festival \u00ab&nbsp;Le Printemps des Compagnies&nbsp;\u00bb a propos\u00e9 \u00e0 deux reprises un joyeux d\u00eener-spectacle dominical. Alors que sur sc\u00e8ne on essaie tant bien que mal de franchir la \u00ab&nbsp;R\u00f6stigraben&nbsp;\u00bb, dans la salle on d\u00e9guste justement une assiette de r\u00f6stis.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Com\u00e9die en deux actes, le premier d\u2019une dur\u00e9e d\u2019un quart d\u2019heure et le second d\u2019une vingtaine de minutes, entrecoup\u00e9s par un repas, <em>R\u00f6stigraben ou le stage<\/em> raconte la premi\u00e8re rencontre entre Daisy Golay et Niklaus Fischer. Suite \u00e0 la d\u00e9cision du Conseil F\u00e9d\u00e9ral d\u2019imposer \u00e0 chaque citoyen un stage annuel dans une autre r\u00e9gion linguistique, la jeune femme romande est sur le point d\u2019accueillir un compatriote suisse-al\u00e9manique. Elle s\u2019affaire alors aux derniers pr\u00e9paratifs&nbsp;: d\u00e9poussi\u00e8re \u00e9nergiquement le luminaire, nettoie le sol, quand soudain un homme charg\u00e9 de valises tente de se frayer un chemin dans le public en marmonnant quelques \u00ab&nbsp;Exg\u00fcse&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle sera bilingue, comme le titre le sugg\u00e8re. Il \u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9crit \u00e0 quatre mains&nbsp;: deux romandes, celles d\u2019Antoine Jaccoud, dramaturge entre 1996 et 2005 de la compagnie \u00ab&nbsp;Th\u00e9\u00e2tre en Flammes&nbsp;\u00bb, fond\u00e9e par Denis Maillefer et plus connu r\u00e9cemment pour sa collaboration avec Ursula Meier pour les films \u00ab&nbsp;Home&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;L\u2019Enfant d\u2019en-haut&nbsp;\u00bb&nbsp;; et deux al\u00e9maniques, celles de Guy Krneta, heureux laur\u00e9at d\u2019origine bernoise du prix suisse de litt\u00e9rature en 2015. Le premier s\u2019est charg\u00e9 de cr\u00e9er le personnage de Daisy et le deuxi\u00e8me s\u2019est occup\u00e9 de celui de Niklaus. Ce processus de r\u00e9daction \u00ab&nbsp;est relativement \u00e9trange&nbsp;\u00bb, confie Antoine Jaccoud et \u00ab&nbsp;implique de l\u00e2cher prise au moins pour un moment&nbsp;\u00bb. Jaccoud proposait des situations en envoyant \u00e0 son coll\u00e8gue quelques r\u00e9pliques, sur lesquelles ce dernier rebondissait aussit\u00f4t. Bien que les deux auteurs se connaissent bien (ils collaborent fr\u00e9quemment dans le cadre de \u00ab&nbsp;Bern ist \u00fcberall&nbsp;\u00bb, collectif promouvant la production de textes sc\u00e9niques dans toutes les langues nationales), ils ne se comprennent pas toujours compl\u00e8tement. Le metteur en sc\u00e8ne Nicolas Pasquier annonce \u00e9galement volontiers que lors des r\u00e9p\u00e9titions chacun n\u2019a pas \u00e9norm\u00e9ment appris la langue de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>La fiction ici refl\u00e8te la r\u00e9alit\u00e9, car la trame de l\u2019histoire tourne justement autour d\u2019incompr\u00e9hensions comiques, et pas uniquement sur le plan linguistique. Alors que l\u2019invit\u00e9 b\u00e2lois a apport\u00e9 des douceurs issues de la c\u00e9l\u00e9brissime confiserie \u00ab&nbsp;Spr\u00fcngli&nbsp;\u00bb, probablement comme cadeau de remerciement, l\u2019h\u00f4tesse lausannoise frise la vexation et imagine d\u2019embl\u00e9e qu\u2019il a pris avec lui des r\u00e9serves alimentaires par peur de mal manger, un peu \u00e0 l\u2019image des Hollandais dont un lieu commun voudrait qu\u2019ils ne voyagent jamais sans emporter avec eux toutes leurs victuailles. La pi\u00e8ce \u00e9voque ainsi de nombreux clich\u00e9s tellement connus de tous qu\u2019ils ne peuvent que faire sourire les spectateurs. \u00c0 la non ma\u00eetrise de la langue s\u2019ajoute la m\u00e9connaissance de la r\u00e9gion de l\u2019autre. Terroris\u00e9e, enfant, par la menace (entendue par de nombreux petits welches) d\u2019\u00eatre envoy\u00e9e au fin fond d\u2019une ferme en Suisse allemande si elle ne cessait pas de bavarder, Daisy imagine alors l\u2019outre Sarine comme un endroit recul\u00e9 rempli d\u2019ogres munis de dentiers mal ajust\u00e9s. Mais en fin de compte, gr\u00e2ce \u00e0 la venue de son stagiaire, elle aura envie de d\u00e9couvrir cette contr\u00e9e fantasm\u00e9e et voudra visiter les usines de L\u00e4ckerlis, les laboratoires de Rivella ou encore les centres de tris des petits pots \u00ab&nbsp;Hero&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Savoureux et court spectacle, cette commande \u00e0 l\u2019origine ins\u00e9r\u00e9e dans le concept \u00ab&nbsp;Midi, th\u00e9\u00e2tre&nbsp;!&nbsp;\u00bb d\u00e9j\u00e0 exp\u00e9riment\u00e9 dans plusieurs th\u00e9\u00e2tres romands durant le mois de mars dernier, a encore une fois remport\u00e9 un vif succ\u00e8s aupr\u00e8s des festivaliers du Printemps des compagnies, r\u00e9unissant romands et al\u00e9maniques pour une bonne heure de rire., vaut le d\u00e9tour.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>24 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong><strong><strong><strong><strong>Le juste prix (<em>Haute-Autriche<\/em>)<\/strong><\/strong><\/strong><\/strong><\/strong><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><em>Haute-Autriche \/ d<\/em>e Franz-Xaver Kroetz \/ mise en sc\u00e8ne J\u00e9r\u00f4me Richer \/ du 29 au 31 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemp des Compagnies) \/ <a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/haute-autriche\">plus d&rsquo;infos<\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/MG_2027.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/MG_2027-292x200.jpg\" alt=\"Haute-Autriche, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses\" class=\"wp-image-6493\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Haute-Autriche, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Haute-Autriche <em>pr\u00e9sente un couple dont la vie est r\u00e9gie par la soci\u00e9t\u00e9 de consommation. Leur bonheur pr\u00e9con\u00e7u tend \u00e0 s\u2019effriter avec l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un enfant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Assis c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, Heinz et Anni semblent hypnotis\u00e9s. Silencieux, ils observent droit devant eux et sont travers\u00e9s par une s\u00e9rie de sentiments que leurs expressions et gestuelles laissent parfaitement entrevoir. Leurs regards sont en r\u00e9alit\u00e9 fix\u00e9s sur un t\u00e9l\u00e9viseur qui n\u2019est pas repr\u00e9sent\u00e9 sur la sc\u00e8ne. Nous sommes dans les ann\u00e9es 1970, ce jeune couple issu de la classe ouvri\u00e8re vit inconsciemment sous l\u2019emprise de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation \u00e0 un degr\u00e9 tel qu\u2019apr\u00e8s avoir vu une \u00e9mission sur Vienne, Anni souhaite vivement s\u2019y rendre tandis que, suite \u00e0 la lecture d\u2019une annonce pour la vente de piscines, Heinz a soudain envie de s\u2019en procurer une. Ce quotidien pr\u00e9fabriqu\u00e9 est boulevers\u00e9 lorsqu\u2019Anni r\u00e9v\u00e8le sa grossesse. Cette annonce coupe le souffle \u00e0 Heinz. L\u2019arriv\u00e9e d\u2019un enfant a forc\u00e9ment des cons\u00e9quences sur le budget familial. Toutes les d\u00e9penses sont list\u00e9es. Ce recomptage pr\u00e9figure de multiples sacrifices. Au-del\u00e0 de ces craintes financi\u00e8res, Heinz r\u00e9alise qu\u2019il n\u2019est pas pr\u00eat et qu\u2019il n\u2019est peut-\u00eatre pas celui qu\u2019il a voulu \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Pi\u00e8ce en trois actes, \u00e9crite par Franz Xaver Kroetz, jou\u00e9e pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Heidelberg en 1972, <em>Haute-Autriche<\/em> marque un tournant au sein de la production dramatique de l\u2019auteur allemand&nbsp;: il d\u00e9laisse alors les marginaux pour s\u2019int\u00e9resser cette fois-ci aux petites gens. J\u00e9r\u00f4me Richer, depuis la cr\u00e9ation de sa Compagnie des Ombres en 2005, a mis en sc\u00e8ne de nombreuses pi\u00e8ces de Pier Paolo Pasolini, Falk Richter ou encore Dario Fo mais a \u00e9galement propos\u00e9 d\u2019int\u00e9ressantes cr\u00e9ations engag\u00e9es politiquement ou \u00e9voquant l\u2019actualit\u00e9 dont <em>Je me m\u00e9fie de l\u2019homme occidental (encore plus quand il est de gauche)<\/em> (2011) et <em>La Ville et les ombres<\/em> (2008) en lien avec l\u2019\u00e9vacuation du squatt Rhino \u00e0 Gen\u00e8ve. Cela fait quelques ann\u00e9es que ce fran\u00e7ais \u00e9tabli en Suisse souhaitait monter <em>Haute-Autriche<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alisant ce projet, il se frotte au th\u00e9\u00e2tre du quotidien sans pour autant tomber dans le documentaire. Prouesse r\u00e9ussie sans doute gr\u00e2ce \u00e0 la sc\u00e9nographie qui refuse un r\u00e9alisme trop \u00e9vident. Le d\u00e9cor est compos\u00e9 d\u2019un grand rectangle blanc perc\u00e9 au centre et accueillant un petit \u00e9l\u00e9ment mobile. Cet \u00eelot g\u00e9om\u00e9trique sch\u00e9matise la maison des personnages. A l\u2019arri\u00e8re-sc\u00e8ne un \u00e9cran re\u00e7oit, lors des sc\u00e8nes ext\u00e9rieures, des vid\u00e9os de paysages venant sugg\u00e9rer po\u00e9tiquement diverses ambiances&nbsp;: la douce chaleur d\u2019un \u00e9t\u00e9 avec un beau panorama l\u00e9manique ou la m\u00e9lancolie d\u2019une journ\u00e9e nuageuse avec une place de jeu vide. Le jeu parvient aussi \u00e0 s\u2019\u00e9loigner du r\u00e9el en adoptant des mouvements rigides et brusques \u00e0 l\u2019image des automates.<\/p>\n\n\n\n<p>On note aussi une filiation bienvenue avec Benno Besson, sugg\u00e9r\u00e9e surtout par les masques que portent les deux com\u00e9diens, inspir\u00e9s de ceux que confectionnait Werner Strub. J\u00e9r\u00f4me Richer explique que le recours \u00e0 ces fines cagoules de tissus donne aux personnages \u00ab&nbsp;une dimension arch\u00e9typale et facilite l\u2019identification des spectateurs&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9j\u00e0 repr\u00e9sent\u00e9 une quarantaine de fois dans toute la Suisse romande, ce spectacle traitant de la tyrannie exerc\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 de consommation (ou par \u00ab&nbsp;le nouveau fascisme&nbsp;\u00bb comme l\u2019appelait Pasolini), rythm\u00e9 par la m\u00e9lodie ent\u00eatante de la valse n\u00b02 de Dimitri Chostakovitch, est l\u2019occasion de d\u00e9couvrir, dans le cadre du Printemps des Compagnies au Th\u00e9\u00e2tre des Osses, une mani\u00e8re po\u00e9tique de repr\u00e9senter le th\u00e9\u00e2tre du quotidien.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nicolas-joray\/\">Nicolas Joray<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong>D\u00e9j\u00e0 l&rsquo;automne des compagnies (<em>R\u00f6stigraben<\/em>, <em>Ma Solange, comment te d\u00e9crire mon d\u00e9sastre<\/em> et <em>Haute-Autriche<\/em>)<\/strong><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><em>R\u00f6stigraben ou Le stage<\/em>&nbsp;\/ d\u2019Antoine Jaccoud et Guy Krneta \/ mise en sc\u00e8ne Nicolas Rossier \/ 24 et 31 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemps Des Compagnies) \/&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/roestigraben-ou-le-stage-1\">plus d\u2019infos<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ma Solange, comment t\u2019\u00e9crire mon d\u00e9sastre, Alex Roux (\u00e9pisode 6) \/<\/em>&nbsp;de No\u00eblle Renaude \/ mise en sc\u00e8ne Fran\u00e7ois Gremaud \/ du 22 au 31 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemps Des Compagnies) \/&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/ma-solange-comment-tecrire-mon-desastre-alex-roux\">plus d\u2019infos<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>Haute-Autriche \/<\/em>&nbsp;de Franz-Xaver Kroetz \/ mise en sc\u00e8ne J\u00e9rome Richer \/ du 29 au 31 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Festival Le Printemps Des Compagnies) \/&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/haute-autriche\">plus d\u2019infos<\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft is-resized\" id=\"attachment_6505\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/3_____@_____inconnu.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/06\/3_____@_____inconnu-298x200.jpg\" alt=\"Solange, comment te d\u00e9crire mon d\u00e9sastre Alex Roux, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses\" class=\"wp-image-6505\" style=\"width:300px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Solange, comment te d\u00e9crire mon d\u00e9sastre Alex Roux, \u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>En ce dimanche soir, le rideau tombe sur la premi\u00e8re \u00e9dition du Printemps des Compagnies. Cette journ\u00e9e de cl\u00f4ture a vu d\u00e9filer notamment trois spectacles instituant chacun un rapport aux identit\u00e9s&nbsp;: jouant avec elles, pour le premier&nbsp;; les multipliant, pour le second&nbsp;; s\u2019interrogeant sur leur oppression, pour le dernier. Dr\u00f4le, riche et grin\u00e7ant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le cadre rouge d\u2019une porte est la fronti\u00e8re qui s\u00e9pare deux mondes&nbsp;: la Romandie de Daisy Golay et la Suisse al\u00e9manique de Niklaus Fischer, interpr\u00e9t\u00e9s respectivement par Genevi\u00e8ve Pasquier et Niklaus Talman. L\u2019histoire est simple et efficace&nbsp;: chaque citoyen suisse, muni d\u2019une charte d\u2019int\u00e9gration, devra effectuer un stage d\u2019une ann\u00e9e de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du R\u00f6stigraben. Le but&nbsp;? \u00ab&nbsp;Nous comprendre&nbsp;\u00bb, tonitrue Daisy Golay, v\u00e9ritable moulin \u00e0 paroles qui se lance \u00e9perdument dans une ode \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9. \u00ab&nbsp;Sie sprecht schnell&nbsp;\u00bb, d\u00e9clare au public un Niklaus Fischer sceptique. Face \u00e0 ce fragment de Babylone helv\u00e9tique mis en sc\u00e8ne par Nicolas Rossier \u00e9clatent les rires. L\u2019\u00e9criture, un quatre main bilingue de Antoine Jaccoud et Guy Krneta, est simple et dr\u00f4le (\u00ab&nbsp;Et dans un an, je suis moi-m\u00eame un Welsch&nbsp;\u00bb). Le jeu, volontairement exag\u00e9r\u00e9&nbsp;: aussi naturel en somme que le sont les pr\u00e9jug\u00e9s donn\u00e9s en p\u00e2ture aux spectateurs. R\u00e9aliser un spectacle dont le fond de commerce repose sur les identit\u00e9s territoriales (en l\u2019occurrence linguistiques), c\u2019est s\u2019aventurer sur un terrain glissant&nbsp;: on risque \u00e0 tout moment de renforcer les conceptions simplistes, de figer les pr\u00e9jug\u00e9s. Faire le pari du rire, c\u2019est peut-\u00eatre prendre une distance bienvenue par rapport \u00e0 ces visions. Le m\u00e9canisme peut s\u2019exporter. \u00ab&nbsp;\u00c9tudiant guin\u00e9en&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;petite Malgache&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;stagiaire argovien&nbsp;\u00bb&nbsp;: m\u00eame combat.&nbsp;<em>R\u00f6stigraven ou Le stage&nbsp;<\/em>: jouer avec les fables identitaires. Jusqu\u2019\u00e0 les d\u00e9jouer&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques heures plus tard, les quatre com\u00e9diennes de&nbsp;<em>Ma Solange, comment t\u2019\u00e9crire mon d\u00e9sastre, Alex Roux&nbsp;<\/em>mettaient un terme \u00e0 six \u00e9pisodes (parmi d\u2019autres) du texte de No\u00eblle Renaude. \u00c0 nouveau, les identit\u00e9s multiples de personnages&nbsp;<em>a priori&nbsp;<\/em>sans histoire (c\u2019est justement le propos&nbsp;!) sont donn\u00e9es \u00e0 voir. \u00c0 nouveau, le personnage interpr\u00e9t\u00e9 par Stefania Pinnelli est consol\u00e9 par deux camarades, apr\u00e8s avoir accroch\u00e9 aux murs des photos d\u2019individus ayant quitt\u00e9 ce monde \u00ab&nbsp;sans fanfare&nbsp;\u00bb. \u00c0 nouveau, une entr\u00e9e hilarante de Anne-Marie Yerly, au moins autant attendue par ses trois comp\u00e8res qu\u2019inattendue pour le public. Cette fois-ci, la robe rose donne \u00e0 la com\u00e9dienne des allures de Princesse Peach, se livrant pour le coup \u00e0 un num\u00e9ro de pole dance tr\u00e8s s\u00e9rieux. Les lignes directrices sont \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames, les d\u00e9tails changent.&nbsp;<em>Ma Solange,&nbsp;<\/em>une s\u00e9rie th\u00e9\u00e2trale qui \u00e9vite de justesse la routine en m\u00eame temps qu\u2019elle l\u2019encense.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 dix-sept heures trente, c\u2019est au tour de la Compagnie des Ombres de nous faire d\u00e9couvrir un couple masqu\u00e9 en proie \u00e0 son identit\u00e9 de classe sociale&nbsp;: Anni et Heinz gagnent peu d\u2019argent et chaque d\u00e9pense est r\u00e9fl\u00e9chie. L\u2019esth\u00e9tique coh\u00e9rente de jeu tire du c\u00f4t\u00e9 de la poup\u00e9e m\u00e9canique&nbsp;: les mouvements sont saccad\u00e9s, les personnages parfois bloqu\u00e9s. En t\u00e9moigne une sc\u00e8ne de copulation machinale entre les deux individus. Et un jour, c\u2019est le bonheur pour Anni, le drame pour Heinz&nbsp;: la femme est enceinte. Mais le mari ne supporte pas l\u2019id\u00e9e d\u2019un enfant qui regarde son p\u00e8re sans fiert\u00e9&nbsp;: il veut d\u2019abord davantage d\u2019argent et un meilleur travail. Avorter&nbsp;? Les sombres tergiversations du couple se d\u00e9veloppent au fur et \u00e0 mesure de la pi\u00e8ce. La noirceur m\u00e9canique de la mise en sc\u00e8ne fait \u00e9cho au texte tourment\u00e9 de Franz-Xaver Kroetz. Un th\u00e9\u00e2tre alternatif et critique, certes. Mais entre le couple pauvre et le pauvre couple, il n\u2019y a qu\u2019un pas. Le risque \u00e9tant de proposer un regard quelque peu condescendant sur des individus d\u00e9shumanis\u00e9s. Est-ce le but&nbsp;? Si c\u2019est le cas, on passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la complexit\u00e9 des \u00eatres humains.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, le rideau tombe sur le Th\u00e9\u00e2tre des Osses. Les sentences \u00e9galement. Le public s\u2019est prononc\u00e9 pour la fra\u00eecheur du projet de la Compagnie \u00dcberrunter intitul\u00e9&nbsp;<em>Le jour o\u00f9 j\u2019ai tu\u00e9 un chat<\/em>. Le jury, lui, a tranch\u00e9 en faveur de la forme particuli\u00e8re et de l\u2019inventivit\u00e9 de&nbsp;<em>Ma Solange, comment t\u2019\u00e9crire mon d\u00e9sastre, Alex Roux<\/em>. Quoi qu\u2019il en soit, ce Printemps des Compagnies a le m\u00e9rite d\u2019avoir propuls\u00e9 sur sc\u00e8ne un large spectres de spectacles&nbsp;: du divertissant au conceptuel&nbsp;; de l\u2019exp\u00e9rimental au plus conventionnel&nbsp;; du grin\u00e7ant \u00e0 l\u2019hilarant. Le festival s\u2019offre, pour terminer, quelques derniers pas de danses enjou\u00e9es lors du bal. Rideau, cette fois.u\u2019il en soit, on s\u2019inclinera devant des projets aboutis dont les bibles, les voix et les corps nourriront pour s\u00fbr l\u2019assistance d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre. Le Printemps des Compagnies, c\u2019est parti\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>22 mai 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nicolas-joray\/\">Nicolas Joray<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Printemps des compagnies \/ du 22 au 31 mai 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Fribourg) \/ Critiques par Nicolas Joray, Jonathan Hofer et Deborah Strebel.<\/p>\n","protected":false},"author":1001119,"featured_media":9974,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[32,34,11,38],"tags":[31,141,128],"class_list":["post-6435","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-des-osses","category-spectacle","tag-deborah-strebel","tag-jonathan-hofer","tag-nicolas-joray"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6435","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001119"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6435"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6435\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22058,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6435\/revisions\/22058"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9974"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6435"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6435"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6435"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}