{"id":6298,"date":"2015-05-01T23:27:50","date_gmt":"2015-05-01T21:27:50","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=6298"},"modified":"2024-12-29T15:34:34","modified_gmt":"2024-12-29T14:34:34","slug":"festival-fecule-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/05\/festival-fecule-2015\/","title":{"rendered":"Festival F\u00e9cule 2015"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Festival F\u00e9cule 2015<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Festival F\u00e9cule 2015 \/ du 20 avril au 3 mai 2015 \/ Grange de Dorigny (Lausanne) \/ Critiques par Alice Bottarelli, Deborah Strebel et Fr\u00e9d\u00e9ric Guignard . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 avril 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/alice-bottarelli\/\">Alice Bottarelli<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>The Forest of Athens<\/em>\u00a0:\u00a0<\/strong>Songe d\u2019une soir\u00e9e de printemps, ou<em><strong>\u00a0As You Like Shakespeare<\/strong><\/em><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"190\" height=\"278\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2015-03-30-a\u0300-14.21.32.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-9940\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2015-03-30-a\u0300-14.21.32.png 190w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2015-03-30-a\u0300-14.21.32-116x170.png 116w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2015-03-30-a\u0300-14.21.32-137x200.png 137w\" sizes=\"auto, (max-width: 190px) 100vw, 190px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 F\u00e9cule 2015\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Vous croyiez conna\u00eetre vos classiques, ma\u00eetriser Shakespeare sur le bout du doigt&nbsp;? Et pourtant un doute vous saisit&nbsp;: le grand homme aurait-il vraiment \u00e9crit cette com\u00e9die d\u00e9jant\u00e9e et d\u00e9cal\u00e9e, o\u00f9 les f\u00e9es sont addicts \u00e0 l\u2019opium, o\u00f9 les sorci\u00e8res mijotent des potions improbables et cumulent des fiascos innombrables, o\u00f9 un acteur ivre et d\u00e9chu fait l\u2019objet de toutes les amours, surtout les plus embarrassantes&nbsp;? La r\u00e9\u00e9criture, ou plut\u00f4t la parodie l\u00e9g\u00e8re et espi\u00e8gle que propose Elizabeth Leemann au Festival de th\u00e9\u00e2tre non professionnel F\u00e9cule \u00e0 la Grange de Dorigny, fait rejaillir sous un jour nouveau les ressorts comiques d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouv\u00e9s, et toujours efficaces, des pi\u00e8ces shakespeariennes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Theo, ancien gar\u00e7on de cuisine chez le duc d\u2019Ath\u00e8nes, d\u00e9barque dans le pub du coin pour f\u00eater sa r\u00e9cente d\u00e9mission, et se lancer vers de nouveaux horizons. Il y apprend que les bois alentours regorgent de f\u00e9es aux pouvoirs tr\u00e8s profitables \u2013 selon les dires d\u2019un acteur sur la touche passablement so\u00fbl, et qui le restera. Theo, qui se sent l\u2019\u00e2me chevaleresque et aventureuse, emm\u00e8ne donc derechef avec lui la serveuse du pub, sceptique mais intrigu\u00e9e, vers la for\u00eat. Il ne se doute pas de ce qui l\u2019y attend.<\/p>\n\n\n\n<p>Les allusions se mettent alors \u00e0 foisonner. L\u2019\u00e9criture d\u2019Elizabeth Leemann parvient \u00e0 saisir un esprit shakespearien, et \u00e0 redessiner au vol les sch\u00e9mas narratifs et les d\u00e9tails singuliers de ses com\u00e9dies les plus c\u00e9l\u00e8bres. Le cadre de la for\u00eat suscite cette dimension magique, parfois m\u00eame \u00e9trange, o\u00f9 des f\u00e9es capricieuses exercent leurs charmes sur le premier venu. Les quiproquos s\u2019encha\u00eenent et s\u2019emm\u00ealent jusqu\u2019\u00e0 former des n\u0153uds qui se d\u00e9font d\u2019un coup de la mani\u00e8re la plus \u00e9tonnamment ais\u00e9e qui soit. La course-poursuite qui, \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce, r\u00e9unit presque tous les personnages dans une chasse \u00e9perdue o\u00f9 plus personne ne sait qui il doit poursuivre et par qui il est poursuivi, illustre ce bouillonnement burlesque qui se r\u00e9sout en un tournemain sous la baguette d\u2019Oberon, car \u00e9videmment,&nbsp;<em>all\u2019s well that ends well.&nbsp;<\/em>Les \u00e9v\u00e8nements v\u00e9cus transforment constamment les personnages, et les deux sexes s\u2019intervertissent pour donner naissance \u00e0 des ardeurs \u00e9quivoques. Chacun finit, plus ou moins \u00e0 son gr\u00e9, par trouver sa place, mais seulement apr\u00e8s avoir rus\u00e9 et dup\u00e9 tous les autres. Et ce pour le plus grand plaisir des litt\u00e9raires depuis longtemps conquis par la prose du dramaturge anglais. Le jeu des reprises, renversements et travestissements fonctionne \u00e0 merveille dans le cadre de ce festival universitaire, o\u00f9 les connaissances partag\u00e9es permettent au texte de trouver son public. Ce qui ne signifie pas que la pi\u00e8ce est inaccessible aux spectateurs moins familiers de notre ami William&nbsp;; au contraire, ceux-ci auront la possibilit\u00e9 de le d\u00e9couvrir sous un \u00e9clairage in\u00e9dit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les com\u00e9diens, plus ou moins d\u00e9butants, ajoutent aux nombreux gags du texte leurs propres inventions corporelles, et le comique de leurs gestes et mimiques contribue au ton d\u2019absurdit\u00e9 propre \u00e0 un certain humour anglais qui r\u00e8gne sur sc\u00e8ne. Apr\u00e8s avoir vu au F\u00e9cule&nbsp;<em>Macbeth&nbsp;<\/em>et une r\u00e9adaptation d\u2019<em>Alice in Wonderland,&nbsp;<\/em>on est heureux de retrouver les trois sorci\u00e8res de la&nbsp;<em>Scottish Play<\/em>&nbsp;dansant des gigues proprement envo\u00fbtantes dans une ambiance de douce d\u00e9mence \u00e0 la Lewis Carroll, o\u00f9 l\u2019on ne sera d\u00e8s lors gu\u00e8re \u00e9tonn\u00e9 de voir un prince indien gonfler des ballons d\u2019anniversaire au beau milieu d\u2019une for\u00eat grecque. Malgr\u00e9 une certaine in\u00e9galit\u00e9 de jeu entre les acteurs et un rythme qui, explosif pendant les sc\u00e8nes jou\u00e9es, a tendance \u00e0 retomber lors des changements de d\u00e9cors,<em>&nbsp;The Forest of Athens&nbsp;<\/em>contribue \u00e0 alimenter le dynamisme d\u2019un festival qui se distingue par sa diversit\u00e9 et sa vivacit\u00e9. Le th\u00e9\u00e2tre amateur a cela de charmant qu\u2019une \u00e9nergie insoup\u00e7onn\u00e9e s\u2019en d\u00e9gage souvent&nbsp;: com\u00e9diens et metteurs en sc\u00e8ne, soud\u00e9s autour d\u2019un projet commun, forment une troupe solide et solidaire, et le soir de la premi\u00e8re, malgr\u00e9 les in\u00e9vitables couacs, l\u2019adr\u00e9naline ach\u00e8ve de donner \u00e0 la pi\u00e8ce ce p\u00e9tillant qui se communique si bien au public.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 avril 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/alice-bottarelli\/\">Alice Bottarelli<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 avril 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>DH2<\/em>\u00a0: Deux impros pour un d\u00e9nouement<\/strong><br><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"190\" height=\"278\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2015-03-30-a\u0300-14.21.32.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-9940\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2015-03-30-a\u0300-14.21.32.png 190w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2015-03-30-a\u0300-14.21.32-116x170.png 116w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2015-03-30-a\u0300-14.21.32-137x200.png 137w\" sizes=\"auto, (max-width: 190px) 100vw, 190px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 F\u00e9cule 2015\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le Pool d\u2019Improvisation du Poly quitte les auditoires de l\u2019EPFL pour envahir deux soirs de suite le th\u00e9\u00e2tre de la Grange de Dorigny. Bonne humeur et belle \u00e9nergie sont au rendez-vous.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le Pool d\u2019Improvisation du Poly (P.I.P.) propose cette ann\u00e9e deux soir\u00e9es dans le cadre du festival des cultures universitaires&nbsp;<em>F\u00e9cule<\/em>&nbsp;et cl\u00f4t ainsi la saison du th\u00e9\u00e2tre sur une touche comique et d\u00e9jant\u00e9e. Impliqu\u00e9 habituellement dans des matchs de ligue amateur suisse, le P.I.P., bas\u00e9 \u00e0 l\u2019EPFL, multiplie les projets, explorant le champ des possibilit\u00e9s de l\u2019improvisation th\u00e9\u00e2trale et se produisant dans des lieux insolites. Apr\u00e8s avoir fait son \u00ab&nbsp;cin\u00e9ma&nbsp;\u00bb au&nbsp;<em>Zin\u00e9ma<\/em>, salle cin\u00e9matographique alternative lausannoise, la troupe amateur a \u00e9galement propos\u00e9 un spectacle au mus\u00e9e cantonal de zoologie. Cette fois, elle se produit dans une vraie salle de th\u00e9\u00e2tre et profite pleinement du mat\u00e9riel \u00e0 disposition, notamment des micros. Avant le \u00ab&nbsp;festin improvis\u00e9&nbsp;\u00bb concoct\u00e9 le 3 mai, elle a repris le samedi 2 mai un concept original, d\u00e9j\u00e0 essay\u00e9 une premi\u00e8re fois dans un autre contexte.<\/p>\n\n\n\n<p><em>DH2,&nbsp;<\/em>imagin\u00e9 par Vishal Joneja, se d\u00e9roule en trois temps. Tout d\u2019abord, l\u2019ensemble des acteurs est divis\u00e9 en deux \u00e9quipes&nbsp;: les bleus reconnaissables gr\u00e2ce \u00e0 un bandana et les rouges munis de n\u0153uds papillon paillet\u00e9s. Le public choisit un personnage et une action pour chacune des \u00e9quipes, qui disposent alors de vingt minutes pour lancer leur intrigue. Les histoires se chevauchent&nbsp;: chaque joueur entre et sort de sc\u00e8ne quand il le souhaite, c\u00e9dant ainsi son tour \u00e0 l\u2019autre \u00e9quipe. Apr\u00e8s l\u2019entracte, le ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie demande aux spectateurs de choisir un objet. Chaque&nbsp;<em>team<\/em>&nbsp;devra inclure cet \u00e9l\u00e9ment dans son r\u00e9cit. Enfin, dans l\u2019ultime partie, les deux \u00e9quipes doivent jouer ensemble et proposer une fin commune aux deux intrigues.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir-l\u00e0, alors que chez les bleus, un roi fou, horrifi\u00e9 par les dragons est persuad\u00e9 que ces sauriens cracheurs de feu ont enlev\u00e9 sa fille ador\u00e9e, chez les rouges, un pianiste alcoolique se d\u00e9m\u00e8ne pour concilier tant bien que mal vie professionnelle et vie priv\u00e9e. Deux r\u00e9cits que tout semble opposer, produits dans des genres distincts et sur des th\u00e9matiques qui n\u2019ont rien de commun, devront n\u00e9anmoins se fondre l\u2019un dans l\u2019autre&nbsp;: cela cr\u00e9e des situations compl\u00e8tement absurdes d\u00e9clenchant chez les spectateurs de grands fous rires. L\u2019ensemble est port\u00e9 par une musique jou\u00e9e en direct. Install\u00e9 \u00e0 cour, le jeune pianiste parvient avec excellence \u00e0 sugg\u00e9rer des ambiances sonores en observant ce qui se passe sur sc\u00e8ne, du g\u00e9n\u00e9rique de la c\u00e9l\u00e8bre s\u00e9rie \u00ab&nbsp;Game of Thrones&nbsp;\u00bb \u00e0 des morceaux de blues.<\/p>\n\n\n\n<p>Concept int\u00e9ressant bien qu\u2019un peu compliqu\u00e9 \u00e0 suivre, le&nbsp;<em>DH2<\/em>&nbsp;a r\u00e9ussi lors de cette soir\u00e9e \u00e0 m\u00ealer&nbsp;<em>fantasy<\/em>&nbsp;et m\u00e9lodrame dans un joyeux bazar parfois d\u00e9cousu qui s\u2019est h\u00e9las termin\u00e9 avec une sc\u00e8ne difficilement compr\u00e9hensible \u2026mais tr\u00e8s dr\u00f4le.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 avril 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 avril 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/frederic-guignard\/\">Fr\u00e9d\u00e9ric Guignard<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Macbeth\u00a0<\/em>et<em>\u00a0The Forest of Athens<\/em>\u00a0: Shakespeare au F\u00e9cule<br><\/strong><br><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"190\" height=\"278\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2015-03-30-a\u0300-14.21.32.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-9940\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2015-03-30-a\u0300-14.21.32.png 190w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2015-03-30-a\u0300-14.21.32-116x170.png 116w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/05\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2015-03-30-a\u0300-14.21.32-137x200.png 137w\" sizes=\"auto, (max-width: 190px) 100vw, 190px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 F\u00e9cule 2015\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>En mati\u00e8re de th\u00e9\u00e2tre, il semblerait que seules deux choses soient ind\u00e9passables: la dichotomie entre trag\u00e9die et com\u00e9die, qui n\u2019a gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 que reformul\u00e9e au travers des si\u00e8cles \u2013 et Shakespeare. C\u2019est en tout cas ce que semble confirmer le F\u00e9cule (Festival des cultures universitaires), et en particulier les toujours f\u00e9conds \u00e9tudiants-com\u00e9diens en langue et litt\u00e9rature anglaise, \u00e0 travers deux pi\u00e8ces magistrales \u2013&nbsp;<\/em>Macbeth<em>&nbsp;et&nbsp;<\/em>The Forest of Athens<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La tr\u00e8s sorci\u00e8resque Florence Rivero (elle s\u2019est en effet gard\u00e9 sans doute le r\u00f4le le plus jouissif) a ainsi pu mettre en sc\u00e8ne un&nbsp;<em>Macbeth<\/em>&nbsp;inventif et efficace, qui aura catharsis\u00e9 les passions les plus inf\u00e2mes, tandis qu\u2019Elizabeth Leemann aura fait rire aux larmes les plus sceptiques des spectateurs avec&nbsp;<em>The Forest of Athens<\/em>, une com\u00e9die originale shakespearo-pop.<\/p>\n\n\n\n<p>On ne pr\u00e9sente bien entendu plus&nbsp;<em>Macbeth<\/em>, tant le personnage \u00e9ponyme, son \u00e9pouse machiav\u00e9lique au moins aussi c\u00e9l\u00e8bre que lui et leur sanglante accession au tr\u00f4ne font partie de l\u2019imaginaire tragique occidental. Le parti pris assum\u00e9, visible, comme souvent avec les longues pi\u00e8ces shakespeariennes, dans le choix des sc\u00e8nes coup\u00e9es, de se focaliser sur Lord et non sur Lady Macbeth permet d\u2019\u00e9purer l\u2019intrigue, de d\u00e9diaboliser une figure f\u00e9minine rendue g\u00e9n\u00e9ralement coupable de tous les maux et de mettre en exergue la folie du anti-h\u00e9ros, avec une jubilation non contenue. Le d\u00e9cor sobre \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne (du mobilier pour repr\u00e9senter \u00e0 gauche une salle \u00e0 manger, lieu des sc\u00e8nes de groupe, et \u00e0 droite une espace plus intime, o\u00f9 se d\u00e9roulent les face-\u00e0-face) est contrast\u00e9 par un imposant tr\u00f4ne en arri\u00e8re-plan peut-\u00eatre sous-utilis\u00e9 mais qui figure d\u00e8s les premiers instants l\u2019enjeu de la pi\u00e8ce, soit la volont\u00e9 maladive d\u2019acc\u00e9der au pouvoir, comme si l\u2019issue \u00e9tait contenue dans la situation initiale \u2013 comme une trag\u00e9die, quoi.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce d\u00e9cor tr\u00e8s classique est alors peu \u00e0 peu d\u00e9structur\u00e9, \u00e0 l\u2019image de l\u2019occupant des lieux, un Macbeth l\u00e9g\u00e8rement surjou\u00e9 par Rapha\u00ebl Meyer mais qui convainc rapidement, d\u00e9molissant les objets tangibles \u00e0 d\u00e9faut de pouvoir d\u00e9truire les fant\u00f4mes qui le hantent. L\u2019interaction entre visible et invisible (voix off lugubres, masques appos\u00e9s sur le visage de convives r\u00e9els pour faire vivre l\u2019hallucination, sorci\u00e8re au singulier, la distribution ne permettant probablement pas d\u2019en avoir trois, mais quelle sorci\u00e8re!) est inventive et cr\u00e9dible, de m\u00eame que les sc\u00e8nes de violence, qui laissent transpirer une atmosph\u00e8re ambigu\u00eb. En effet, la superposition de sc\u00e8nes de cour r\u00e9alistes et d\u2019interludes inqui\u00e9tants nous laisse cette sensation bien connue, lorsqu\u2019un malheur survient, quand le r\u00e9el ne s\u2019accorde pas aux faits, se pla\u00eet \u00e0 contredire le drame par son immuabilit\u00e9. C\u2019est pourquoi Macbeth tente de briser ce qui est pour \u00e9viter d\u2019affronter ce qui a \u00e9t\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 un final o\u00f9 la folie quasi-comique offre la seule issue possible \u00e0 telle schizophr\u00e9nie. La mort subs\u00e9quente n\u2019est ensuite qu\u2019anecdotique.<\/p>\n\n\n\n<p>Changement radical de tonalit\u00e9 pour&nbsp;<em>The Forest of Athens<\/em>, qui r\u00e9sonne pourtant tr\u00e8s bien avec la pi\u00e8ce pr\u00e9c\u00e9dente. C\u2019est que cette com\u00e9die propos\u00e9e en exclusivit\u00e9 \u00e0 la Grange de Dorigny b\u00e2tit son intrigue, ses personnages et ses ressorts humoristiques sur le mod\u00e8le shakespearien. La pi\u00e8ce s\u2019ouvre ainsi sur une sc\u00e8ne inaugurale de losers alcoolis\u00e9s atemporels servis par une barmaid tout aussi d\u00e9sabus\u00e9e. L\u2019\u00e9chappatoire au r\u00e9el d\u00e9ceptif est cette fois le moteur du d\u00e9but de l\u2019intrigue, non pas de son terme, et lance l\u2019aventure. Cette derni\u00e8re a pour cadre une for\u00eat \u00e9minemment shakespearienne, dans laquelle cr\u00e9atures fantastiques c\u00f4toient&nbsp;<em>clowns<\/em>&nbsp;ou magiciens rat\u00e9s en un pot-pourri d\u2019<em>As You Like It<\/em>,&nbsp;<em>A Midsummer Night\u2019s Dream<\/em>&nbsp;ou m\u00eame&nbsp;<em>Macbeth<\/em>, les terribles sorci\u00e8res devenant \u00e9l\u00e8ves potaches. Les gags s\u2019encha\u00eenent en sayn\u00e8tes entrecoup\u00e9es par de trop longs noirs, les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la pop culture sont parfois lourdes mais le tout fonctionne et contribue \u00e0 remuer le terreau \u00e9lisab\u00e9thain. Une v\u00e9ritable intrigue est maintenue malgr\u00e9 le d\u00e9coupage, une qu\u00eate pseudo-h\u00e9ro\u00efque et burlesque qui captive le spectateur. Le jeu sur les diff\u00e9rents types de comique, l\u2019inversion des genres comme motif humoristique et narratif, les quiproquos en cha\u00eene se r\u00e9v\u00e8lent v\u00e9ritablement intemporels. Ce qui semblait&nbsp;<em>a priori<\/em>&nbsp;une entreprise trop ambitieuse et risquant le mauvais go\u00fbt \u2013 comment marier de grandes pi\u00e8ces et de la com\u00e9die musicale sans risque? \u2013 impressionne par la simplicit\u00e9 des m\u00e9canismes apparents et la richesse de l\u2019intertexte avec l\u2019univers shakespearien.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux metteuses en sc\u00e8ne ont en somme su transcender les nombreuses contraintes financi\u00e8res, mat\u00e9rielles et distributives pour offrir de v\u00e9ritables \u0153uvres \u00e0 un public qui \u00e9tait simplement venu voir des pi\u00e8ces. Rarement le barde de Stratford aura trouv\u00e9 une meilleure utilisation de son mat\u00e9riau initial et du potentiel de troupes pourtant amatrices et circonstancielles. On a d\u00e9j\u00e0 h\u00e2te de les retrouver en 2016, pour autant qu\u2019elles se produisent \u00e0 nouveau \u2013&nbsp;<em>As They Like It<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 avril 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/frederic-guignard\/\">Fr\u00e9d\u00e9ric Guignard<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/fecule\/\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Festival F\u00e9cule 2015 \/ du 20 avril au 3 mai 2015 \/ Grange de Dorigny (Lausanne) \/ Critiques par Alice Bottarelli, Deborah Strebel et Fr\u00e9d\u00e9ric Guignard .<\/p>\n","protected":false},"author":1001119,"featured_media":9940,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[20,31,140],"class_list":["post-6298","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-alice-bottarelli","tag-deborah-strebel","tag-frederic-guignard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6298","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001119"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6298"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6298\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21378,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6298\/revisions\/21378"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9940"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6298"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6298"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6298"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}