{"id":6101,"date":"2015-03-22T19:30:34","date_gmt":"2015-03-22T18:30:34","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=6101"},"modified":"2025-01-15T15:54:55","modified_gmt":"2025-01-15T14:54:55","slug":"saga","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/03\/saga\/","title":{"rendered":"Saga"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Saga<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et mise en sc\u00e8ne par Jonathan Capdevielle \/ du 18 au 20 mars 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Arsenic (Lausanne) \/ Critique par Alice Bottarelli . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>18 mars 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/alice-bottarelli\/\">Alice Bottarelli<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Sagacit\u00e9 de gosse<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"960\" height=\"721\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/03\/saga3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9894\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/03\/saga3.jpg 960w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/03\/saga3-226x170.jpg 226w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/03\/saga3-266x200.jpg 266w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/03\/saga3-768x577.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/03\/saga3-624x469.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Estelle Hanania<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Jonathan Capdevielle renoue avec le gamin qu\u2019il \u00e9tait, \u00e0 la fois sauvageon libre et imaginatif, \u00e0 la fois petit \u00eatre ch\u00e9tif et sans cesse bouscul\u00e9 par ses proches.&nbsp;<\/em>Saga&nbsp;<em>est un patchwork d\u2019\u00e9pisodes familiaux plus ou moins romanc\u00e9s, qui adviennent par fragments r\u00e9v\u00e9lateurs de tout un monde, dont il nous fait partager le souvenir. Ces mille morceaux de dialogues r\u00e9sonnent aux micros des com\u00e9diens, alors qu\u2019ils se d\u00e9placent et interagissent sans lien direct avec le texte. Une sorte de chor\u00e9graphie abstraite se dessine sous nos yeux, tandis que les phrases \u00e9chang\u00e9es nous permettent de recoudre les aventures d\u2019une enfance fantasm\u00e9e.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Sur un \u00e9cran se d\u00e9ploie un texte tap\u00e9 \u00e0 la machine. Il nous d\u00e9crit le trac\u00e9 d\u2019une route sinueuse, passant \u00e0 travers villages et for\u00eats. Puis il dispara\u00eet, au profit de voix qui se r\u00e9pondent dans l\u2019obscurit\u00e9. C\u2019est notre imagination qui fa\u00e7onnera, du d\u00e9but \u00e0 la fin, le cadre de la fiction. La route nous a amen\u00e9s \u00e0 une b\u00e2tisse recul\u00e9e. Ici on entre comme dans un moulin \u2013 sauf qu\u2019il s\u2019agit du stade d\u2019apr\u00e8s, puisque nous nous trouvons dans une boulangerie. \u00c7a parle, \u00e7a crie, \u00e7a chante, \u00e7a court \u00e0 tort et \u00e0 travers l\u00e0-dedans. La sonnette, que de toute mani\u00e8re on n\u2019entendrait peut-\u00eatre m\u00eame pas, ne fonctionne plus et ce sont donc les aboiements du chien qui la remplacent. Une famille dans son quotidien, plein de vie, d\u2019amour et d\u2019engueulades. Ce qui se passe vraiment dans cette grande maison et ses alentours verdoyants, \u00e0 proprement parler on ne le voit pas. La lumi\u00e8re monte sur la sc\u00e8ne, mais pour r\u00e9v\u00e9ler un univers en d\u00e9calage de ce qu\u2019on s\u2019\u00e9tait invent\u00e9 dans le noir. Les com\u00e9diens n\u2019illustrent pas de leurs gestes le texte qui file de toutes parts. Ils laissent sonner et rebondir leurs dialogues au micro, et se meuvent ind\u00e9pendamment dans un d\u00e9cor sobre et volumineux, un monticule brun qui semble \u00eatre un croisement entre une cha\u00eene de montagnes et un grand corps d\u2019ours allong\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce se d\u00e9roule, on le comprend vite, dans les Hautes Pyr\u00e9n\u00e9es. Jusque l\u00e0 rien de trop d\u00e9paysant&nbsp;: les montagnes, on conna\u00eet. Mais on est vite d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9 lorsque surgit un homme en costume d\u2019ours brun, lorsque les com\u00e9diens se mettent \u00e0 nu sur sc\u00e8ne ou adoptent de longues poses en habits de rugbymen. Le d\u00e9calage s\u2019installe, on rit de l\u2019incongruit\u00e9 des situations. On se laisse porter par les conversations parcellaires qui s\u2019\u00e9miettent de-ci de-l\u00e0, rendues piquantes et vives par un fort accent tarbais. On se laisse voguer dans cet oc\u00e9an de paroles sur fond imaginaire de sommets enneig\u00e9s ou couverts de for\u00eats&nbsp;: un voyage&nbsp;<em>mare e monti,&nbsp;<\/em>o\u00f9 les ambiances s\u2019entrechoquent selon les m\u00e9diums utilis\u00e9s. \u00ab&nbsp;La mati\u00e8re du r\u00e9cit est constitu\u00e9e de textes narratifs, de vid\u00e9os, de dialogues et aussi de chansons&nbsp;\u00bb, note Jonathan Capdevielle. Autant de moyens de revisiter un pass\u00e9 en le racontant ou en le r\u00e9interpr\u00e9tant. \u00ab&nbsp;Le va et vient entre la narration et les sc\u00e8nes rejou\u00e9es rend compte du caract\u00e8re tout \u00e0 la fois euphorique, ludique, m\u00e9lancolique et sombre de ces \u00e9pisodes de vie th\u00e9\u00e2tralis\u00e9e.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Car c\u2019est sa propre histoire, modifi\u00e9e au gr\u00e9 des possibilit\u00e9s de l\u2019autofiction, que Jonathan Capdevielle nous transmet avec ses trois compagnons de sc\u00e8ne, qui font revivre membres de la famille et connaissances en tous genres. C\u2019est sa m\u00e9moire d\u2019enfant, pleine de trous, dont il ne reste que des bribes, encore tr\u00e8s vives ou d\u00e9j\u00e0 d\u00e9color\u00e9es. \u00ab&nbsp;Nous vivions dans une aire de jeux, o\u00f9 se c\u00f4toyaient les brigands, Bonnie &amp; Clyde, les week-ends \u00e0 la plage, des reconstitutions de films d\u2019horreur, des r\u00e9p\u00e9titions du&nbsp;<em>Lac des cygnes<\/em>, des s\u00e9ances de spiritisme, mes premiers pas au th\u00e9\u00e2tre.&nbsp;\u00bb \u00c0 tout cela, les montagnes servent de toile de fond aussi bien que de lignes de force&nbsp;: dans l\u2019isolement des hauteurs, les Capdevielle traversent des moments rocambolesques, autant de hauts et de bas. Petits malfrats attendrissants, cachant dans l\u2019arri\u00e8re-salle de leur boulangerie une ribambelle d\u2019armes, une planche \u00e0 billets artisanale et un placard \u00e0 balais plein de faux ch\u00e9quiers, ils nous invitent dans un univers mi-l\u00e9gendaire mi-r\u00e9aliste, doux-amer. L\u2019\u00e9parpillement de cette histoire d\u00e9cousue, dont il est vain de vouloir retrouver l\u2019ordre chronologique ou le fil narratif, finit par nous s\u00e9duire, lorsqu\u2019on admet qu\u2019une vie n\u2019est pas un r\u00e9cit lin\u00e9aire, ni toujours compr\u00e9hensible. On finit par s\u2019attacher \u00e0 ce gosse du Sud-Ouest qui semble comprendre bien plus qu\u2019il ne devrait ce qui se passe dans ce monde d\u2019adultes, o\u00f9 on demande toujours au petit \u00ab&nbsp;Jojo&nbsp;\u00bb de se taire. Apr\u00e8s sa pr\u00e9c\u00e9dente pi\u00e8ce \u00ab Adishatz\/Adieu \u00bb, cr\u00e9\u00e9e en 2009, Jonathan Capdevielle continue de s\u2019engager dans un chemin introspectif, mais cherche cette fois \u00e0 faire \u00e9merger la part d\u2019\u00e9pop\u00e9e et de richesse patrimoniale qui fait de sa saga familiale une mati\u00e8re fertile, pr\u00e9cieuse et p\u00e9renne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>18 mars 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/alice-bottarelli\/\">Alice Bottarelli<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/arsenic.ch\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et mise en sc\u00e8ne par Jonathan Capdevielle \/ du 18 au 20 mars 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Arsenic (Lausanne) \/ Critique par Alice Bottarelli . <\/p>\n","protected":false},"author":1001119,"featured_media":9894,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[20],"class_list":["post-6101","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-alice-bottarelli"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6101","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001119"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6101"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6101\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21414,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6101\/revisions\/21414"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9894"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6101"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6101"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6101"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}