{"id":5733,"date":"2015-01-12T11:27:47","date_gmt":"2015-01-12T10:27:47","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=5733"},"modified":"2025-02-10T13:39:24","modified_gmt":"2025-02-10T12:39:24","slug":"lavare","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/01\/lavare\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Avare"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;Avare<\/h2>\n\n\n<p>de Moli\u00e8re \/ mise en sc\u00e8ne Gianni Schneider \/ du 9 janvier au 1<sup>er<\/sup> f\u00e9vrier 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carouge \/ Critique par Cecilia Galindo.\u00a0<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 janvier 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Amour en mer, avare amer<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"533\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/01\/LAvare-AlinePaley-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9794\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/01\/LAvare-AlinePaley-2.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/01\/LAvare-AlinePaley-2-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/01\/LAvare-AlinePaley-2-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/01\/LAvare-AlinePaley-2-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/01\/LAvare-AlinePaley-2-624x416.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Nuithonie<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Sous des airs de croisi\u00e8re,&nbsp;<\/em>L\u2019Avare<em>&nbsp;de Moli\u00e8re dans la relecture que propose ici Gianni Schneider est transpos\u00e9 en pleine mer, dans un contexte qui nous est proche. Une mise en sc\u00e8ne originale qui fonctionne et n\u2019enl\u00e8ve rien au comique de la pi\u00e8ce.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les rideaux s\u2019ouvrent sur un d\u00e9cor maritime: sur le plateau s\u2019\u00e9rige la poupe d\u2019un yacht, sobre et immacul\u00e9e, alors qu\u2019en fond de sc\u00e8ne l\u2019image du sillage \u00e0 la lueur de la lune est projet\u00e9e en grand \u00e9cran. Au milieu de ce paysage nocturne, Harpagon observe le ciel avec sa longue-vue en marmonnant. Sur une musique de berceuse, il semble compter les \u00e9toiles avec \u00e9merveillement, un peu comme le businessman du&nbsp;<em>Petit Prince<\/em>&nbsp;faisait le compte de tous les astres avec avidit\u00e9. On croit entendre les vrombissements sourds du moteur. Puis il se tourne vers le public et l\u2019observe de la m\u00eame mani\u00e8re, jusqu\u2019\u00e0 ce que, comme pris d\u2019un doute, il ressente le besoin d\u2019aller v\u00e9rifier si son tr\u00e9sor est toujours \u00e0 sa place. Alors qu\u2019il dispara\u00eet de la sc\u00e8ne pour rejoindre sa cabine, une musique \u00e9lectro et sensuelle se fait entendre&nbsp;; l\u2019image du clair de lune laisse place aux visages de deux amants qui roucoulent sous les draps. Il s\u2019agit d\u2019\u00c9lise et Val\u00e8re, qui cachent leur passion au capitaine Harpagon.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouverture de la pi\u00e8ce marque d\u00e9j\u00e0 l\u2019opposition entre deux visions: d\u2019un c\u00f4t\u00e9 l\u2019avare, homme solitaire et suspicieux, qui aime l\u2019argent plus que ses enfants et qui n\u2019envisage de les marier que si le contrat est financi\u00e8rement avantageux. De l\u2019autre, \u00c9lise et Cl\u00e9ante, soumis \u00e0 l\u2019avarice de leur p\u00e8re, contraints d\u2019amener avec d\u00e9licatesse l\u2019annonce de leur bonheur amoureux respectif. \u00c9lise aime Val\u00e8re, un gentilhomme d\u00e9guis\u00e9 en intendant, tandis que Cl\u00e9ante s\u2019est \u00e9pris de Mariane, dont il sait la fortune maigre. Mais les \u00e9v\u00e9nements se g\u00e2tent lorsqu\u2019Harpagon d\u00e9cide qu\u2019\u00c9lise \u00e9pousera Anselme, homme m\u00fbr et de bonne fortune, et que lui-m\u00eame prendra pour femme la jeune Mariane, celle-l\u00e0 m\u00eame que son fils convoite. Entre quiproquos et situations d\u00e9licates, l\u2019avarice d\u2019un p\u00e8re mettra ainsi \u00e0 rude \u00e9preuve les liens familiaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s&nbsp;<em>La Pierre<\/em>&nbsp;(janvier 2014, \u00e0 la Grange de Dorigny), le metteur en sc\u00e8ne Gianni Schneider s\u2019est port\u00e9 une fois encore vers une pi\u00e8ce qui traite, entre autres, des relations familiales, un th\u00e8me qui lui est cher. Avec&nbsp;<em>L\u2019Avare<\/em>&nbsp;(1668), Schneider s\u2019engage dans un travail d\u2019actualisation, reconnaissant dans le texte des similitudes avec la soci\u00e9t\u00e9 du XXI<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, qui selon lui est \u00abavare dans la plupart des domaines o\u00f9 le th\u00e8me de l\u2019argent, bien qu\u2019omnipr\u00e9sent et r\u00e9gulant la plupart de nos \u00e9changes, reste toutefois relativement tabou\u00bb. Pour rendre plus visible cette lecture qu\u2019il fait du texte, il choisit une esth\u00e9tique sobre et contemporaine. Le d\u00e9cor, selon la sc\u00e9nographie sign\u00e9e Nina Wetzel, se r\u00e9sume \u00e0 ce pont du yacht, o\u00f9 les personnages se d\u00e9voilent et font affaire en plein air. Pour \u00e9voquer l\u2019ext\u00e9rieur, un grand \u00e9cran en fond de sc\u00e8ne diffuse l\u2019image mouvante du ciel et de la mer, qui changera en fonction des \u00e9v\u00e9nements. Si le choix de faire d\u2019Harpagon le propri\u00e9taire d\u2019un yacht, objet de luxe par excellence, peut sembler contradictoire, elle fait sens. En effet, affubl\u00e9 d\u2019un petit drapeau qui repr\u00e9sente (semble-t-il) la croix maltaise, le yacht \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire la maison d\u2019Harpagon ? \u00e9voque \u00e0 la fois l\u2019\u00e9vasion fiscale et la contrainte d\u2019un luxe li\u00e9 \u00e0 sa situation sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeu des com\u00e9diens ajoute, lui aussi, une certaine modernit\u00e9 \u00e0 la pi\u00e8ce. Tant\u00f4t film\u00e9s en direct dans le hors-sc\u00e8ne, tant\u00f4t occupant la sc\u00e8ne, les com\u00e9diens se permettent par exemple avec naturel la sensualit\u00e9 ou l\u2019adresse au public et jouent avec cet effet d\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 et de proximit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour sa premi\u00e8re au Th\u00e9\u00e2tre de Carouge, la mise en sc\u00e8ne de Gianni Schneider (cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Kl\u00e9ber-M\u00e9leau en d\u00e9cembre 2014) et sa troupe ont re\u00e7u des applaudissements m\u00e9rit\u00e9s, qui furent redoubl\u00e9s lorsqu\u2019au moment des saluts est apparu sur l\u2019\u00e9cran en fond de sc\u00e8ne un \u00abJe suis Charlie\u00bb en grosses lettres. Une autre actualit\u00e9 qu\u2019on ne pouvait nier.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 voir jusqu\u2019au 1<sup>er<\/sup>&nbsp;f\u00e9vrier \u00e0 Carouge, ou en tourn\u00e9e le 5 f\u00e9vrier au Th\u00e9\u00e2tre Benno Besson et le 12 f\u00e9vrier au Th\u00e9\u00e2tre du Crochetan.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 janvier 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/tcag.ch\/saison\/piece\/lavare\/4\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>de Moli\u00e8re \/ mise en sc\u00e8ne Gianni Schneider \/ du 9 janvier au 1er f\u00e9vrier 2015 \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carouge \/ Critique par Cecilia Galindo.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":1001119,"featured_media":9796,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,7],"tags":[37],"class_list":["post-5733","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-carouge","tag-cecilia-galindo"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5733","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001119"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5733"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5733\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21523,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5733\/revisions\/21523"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9796"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5733"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5733"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5733"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}