{"id":5521,"date":"2014-12-01T01:02:47","date_gmt":"2014-12-01T00:02:47","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=5521"},"modified":"2025-02-10T13:41:40","modified_gmt":"2025-02-10T12:41:40","slug":"encore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/12\/encore\/","title":{"rendered":"Encore"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Encore<\/h2>\n\n\n<p>de Eug\u00e9nie Rebetez \/ du 28 novembre au 6 d\u00e9cembre 2014 \/ La Grange de Dorigny \/ Critiques par Nicolas Joray et Laura Pall\u00f9.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>1 d\u00e9cembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nicolas-joray\/\">Nicolas Joray<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les deux faces du tapis rouge<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"533\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/12\/encore_augustin_rebetez_HR_11.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9790\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/12\/encore_augustin_rebetez_HR_11.jpg 533w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/12\/encore_augustin_rebetez_HR_11-113x170.jpg 113w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/12\/encore_augustin_rebetez_HR_11-133x200.jpg 133w\" sizes=\"auto, (max-width: 533px) 100vw, 533px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Augustin Rebetez<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Dans son spectacle solo, Eug\u00e9nie Rebetez explore et met en sc\u00e8ne de mani\u00e8re ironique, burlesque et touchante son rapport \u00e0 sa pratique artistique.&nbsp;<\/em>Encore<em>&nbsp;d\u00e9borde les fronti\u00e8res de la danse pour mieux y revenir.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s des \u00e9tudes de danse en Belgique et en Hollande, Eug\u00e9nie Rebetez revient en Suisse en 2008. Apr\u00e8s diverses collaborations avec les artistes Zimmermann et de Perrot, elle cr\u00e9e en 2010&nbsp;<em>Gina<\/em>, son premier&nbsp;<em>one woman show<\/em>. De Zurich \u00e0 Paris, en passant par son Jura natal, le succ\u00e8s est au rendez-vous.<\/p>\n\n\n\n<p>Tapis rouge, veston \u00e0 paillettes, musique de Vivaldi, sac \u00e0 main haute couture, envol\u00e9e lyrique sur&nbsp;<em>My Heart Will Go On<\/em>&nbsp;de C\u00e9line Dion, lumi\u00e8res color\u00e9es sur des rideaux de th\u00e9\u00e2tre mobiles, utilisation appuy\u00e9e de l\u2019anglais&nbsp;: une isotopie de la gloire se d\u00e9ploie sur la sc\u00e8ne. Dans&nbsp;<em>Encore<\/em>, la danseuse pose un regard r\u00e9trospectif sur sa r\u00e9ussite (celle de son premier spectacle notamment) et aborde, de mani\u00e8re plus large, le th\u00e8me du succ\u00e8s dans les mondes de l\u2019art. Mais la r\u00e9interpr\u00e9tation du titre de la chanteuse canadienne ne se montre ni tout \u00e0 fait convaincue ni convaincante, l\u2019anglais minaud\u00e9 tranche de fa\u00e7on plaisante avec l\u2019accent jurassien d\u2019Eug\u00e9nie Rebetez lorsqu\u2019elle s\u2019exprime en fran\u00e7ais, et entre les num\u00e9ros de danse brillamment ex\u00e9cut\u00e9s surgissent les \u00ab&nbsp;OK, on y va&nbsp;!&nbsp;\u00bb d\u2019un personnage un peu cruche ou quelques \u00ab&nbsp;vous me suivez jusque l\u00e0&nbsp;?&nbsp;\u00bb h\u00e9sitants. L\u2019ironie fonctionne assur\u00e9ment comme l\u2019un des moteurs centraux de ce spectacle. L\u00e0 o\u00f9 le strass et le clinquant sont pr\u00e9sents, le doute et la fragilit\u00e9 ne sont jamais loin. En soulevant le tapis rouge, la chor\u00e9graphe exhibe avec brio la poussi\u00e8re dissimul\u00e9e dessous. Habituellement cach\u00e9s dans l\u2019univers du spectacle, voire refoul\u00e9s, la peur et l\u2019\u00e9chec deviennent ses mat\u00e9riaux de jeu.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en effet d\u2019un jeu qu\u2019il s\u2019agit dans&nbsp;<em>Encore<\/em>. Entre l\u2019artiste qui brille et celle qui tr\u00e9buche, mais \u00e9galement entre la danseuse et le public. Gr\u00e2ce aux nombreux ressorts du&nbsp;<em>one (wo)man show<\/em>, une relation de complicit\u00e9 avec les spectateurs est instaur\u00e9e&nbsp;: Eug\u00e9nie Rebetez offre une poign\u00e9e de main \u00e0 quelques \u00e9lus du premier rang, d\u00e9clenche le rire en adressant directement au public certains gags \u00ab&nbsp;faciles&nbsp;\u00bb (comparant par exemple son pied de micro \u00e0 une \u0153uvre de Giacometti ou faisant de son corps un Iphone grotesque qu\u2019elle frotte et dit \u00ab&nbsp;tactile&nbsp;\u00bb), demande \u00e0 quelques personnes de participer \u00e0 sa prestation leur donnant la mission de projeter contre elle un ballon de gymnastique. Le traditionnel num\u00e9ro de chapeau y passe \u00e9galement, dans lequel son personnage, en se d\u00e9battant avec le couvre-chef trop grand qui lui tombe sur les \u00e9paules, rev\u00eat des apparences de h\u00e9ros de dessin anim\u00e9. Avec&nbsp;<em>Encore<\/em>, l\u2019ironie se double de comique.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Eug\u00e9nie Rebetez n\u2019en reste pas l\u00e0. Il arrive qu\u2019une incursion dans le registre de l\u2019intime soit donn\u00e9e \u00e0 voir sur le plateau. Alors les rires deviennent silence, le personnage s\u2019assied sur une chaise, muni d\u2019un petit piano \u00e9lectronique (presque un jouet). Quelques accords simples, et cette voix fragile qui \u00e9merge et fredonne&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je suis la fille qui parle avec mon corps, mais j\u2019aime aussi ouvrir ma gueule&nbsp;\u00bb. Un seul projecteur douche la chanteuse fragile, parant cette sc\u00e8ne des allures de la confidence. En quelques paroles, elle \u00e9voque, de mani\u00e8re tr\u00e8s personnelle semble-t-il, son rapport \u00e0 la danse, au spectacle, au public. De mani\u00e8re \u00e9mouvante cette fois, le tapis rouge est \u00e0 nouveau soulev\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce corps et cette voix qui chantent, affirment, dansent, doutent, rient, questionnent et crient sont \u00e0 d\u00e9couvrir jusqu\u2019au 6 d\u00e9cembre entre les murs de la Grange de Dorigny.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>1 d\u00e9cembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nicolas-joray\/\">Nicolas Joray<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>1 d\u00e9cembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laura-pallu\/\">Laura Pall\u00f9<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La fille qui joue avec son corps<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"533\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/12\/encore_augustin_rebetez_HR_11.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9790\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/12\/encore_augustin_rebetez_HR_11.jpg 533w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/12\/encore_augustin_rebetez_HR_11-113x170.jpg 113w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/12\/encore_augustin_rebetez_HR_11-133x200.jpg 133w\" sizes=\"auto, (max-width: 533px) 100vw, 533px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Augustin Rebetez<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>De la pointe des cheveux jusqu\u2019au bout des orteils, Eug\u00e9nie Rebetez joue sur sc\u00e8ne avec son corps, en laissant les gestes et les sons nous parler d\u2019elle. Elle le dit en chantant : \u00ab&nbsp;Je suis la fille qui parle avec son corps et j\u2019aime ouvrir ma gueule\u2026 chaque fois c\u2019est comme si je jouais avec ma vie\u2026 N\u2019est-ce important que pour moi&nbsp;? Tout cela ne serait-il que mon r\u00eave&nbsp;?\u2026 Je me sens un petit peu nulle\u2026 Je suis ce que je suis\u2026&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Danseuse, chor\u00e9graphe, chanteuse et actrice comique, la talentueuse artiste aux multiples facettes m\u00e9lange dans ses spectacles plusieurs formes d\u2019expression th\u00e9\u00e2trale comme la danse, le mime, la pantomime, le chant et le clown. Apr\u00e8s&nbsp;<em>Gina<\/em>, elle retourne sur sc\u00e8ne avec&nbsp;<em>Encore<\/em>, prolongement de son premier spectacle, dans lequel elle se r\u00e9affirme dans toute son originalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur une sc\u00e8ne d\u00e9pouill\u00e9e, habill\u00e9e en courte veste moulante et talons de coquette, Eug\u00e9nie Rebetez se d\u00e9voile corps et \u00e2me dans un&nbsp;<em>one woman show<\/em>&nbsp;plein d\u2019humour et de po\u00e9sie. On d\u00e9couvre le personnage d\u2019une artiste sensible et pleine de r\u00eaves de r\u00e9ussite. Son corps voluptueux ne correspond pas aux canons de beaut\u00e9 des superstars de notre \u00e9poque et sa forte personnalit\u00e9, qui doute et qui s\u2019\u00e9meut trop facilement, n\u2019est pas compatible avec le monde cruel du spectacle. Le portrait qu\u2019elle dresse d\u2019elle-m\u00eame est celui d\u2019une anti-star, qui surprend pourtant par sa capacit\u00e9 \u00e0 tirer le mieux d\u2019elle-m\u00eame. Le contraste entre son corps indisciplin\u00e9 et sa grande ma\u00eetrise de la danse et des mouvements lui donne un charme unique. La sinc\u00e9rit\u00e9 avec laquelle elle d\u00e9voile ses imperfections est dr\u00f4le et \u00e9mouvante. Son exc\u00e8s de r\u00eaves et de fantasmes est exploit\u00e9 sur sc\u00e8ne pour divertir le public et dialoguer avec lui. Ce qui frappe dans cette performance, c\u2019est la simplicit\u00e9 et l\u2019originalit\u00e9 avec laquelle l\u2019artiste transpose en gestes, en sons et en danse, ses \u00e9motions, ses pens\u00e9es et sa personnalit\u00e9 artistique. Elle avoue que \u00ab&nbsp;le corps, c\u2019est tout ce qu\u2019on a&nbsp;\u00bb et c\u2019est avec beaucoup de joie qu\u2019elle utilise le sien sur sc\u00e8ne. Oui, car quand on la voit, on ressent sa joie et son propre amusement de nous amuser. Tout le long du spectacle on reste hypnotis\u00e9&nbsp;: ses clowneries ex\u00e9cut\u00e9es avec autant de gr\u00e2ce et de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 divertiront tout type de public.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>1 d\u00e9cembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laura-pallu\/\">Laura Pall\u00f9<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/grangededorigny\/2014\/06\/encore\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>de Eug\u00e9nie Rebetez \/ du 28 novembre au 6 d\u00e9cembre 2014 \/ La Grange de Dorigny \/ Critiques par Nicolas Joray et Laura Pall\u00f9. <\/p>\n","protected":false},"author":1001020,"featured_media":9790,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[115,128],"class_list":["post-5521","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-laura-pallu","tag-nicolas-joray"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5521","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001020"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5521"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5521\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21575,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5521\/revisions\/21575"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9790"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5521"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5521"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5521"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}