{"id":5475,"date":"2014-11-17T04:45:34","date_gmt":"2014-11-17T03:45:34","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=5475"},"modified":"2025-02-10T13:42:26","modified_gmt":"2025-02-10T12:42:26","slug":"manger-seul-larsenic","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/11\/manger-seul-larsenic\/","title":{"rendered":"Manger seul"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Manger seul <\/h2>\n\n\n<p>de Fabrice Gorgerat \/ Cie Jours Tranquilles \/ du 11 au 19 novembre 2014 \/ L&rsquo;Arsenic \/ Critique Jonas Guyot.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 novembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonas-guyot\/\">Jonas Guyot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Quand l\u2019art se confronte au savoir<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/CieJoursTranquilles_MangerSeul_141021_144_carre_Philippe-Weissbrodt.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9764\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/CieJoursTranquilles_MangerSeul_141021_144_carre_Philippe-Weissbrodt.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/CieJoursTranquilles_MangerSeul_141021_144_carre_Philippe-Weissbrodt-170x170.jpg 170w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/CieJoursTranquilles_MangerSeul_141021_144_carre_Philippe-Weissbrodt-200x200.jpg 200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/CieJoursTranquilles_MangerSeul_141021_144_carre_Philippe-Weissbrodt-768x768.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/CieJoursTranquilles_MangerSeul_141021_144_carre_Philippe-Weissbrodt-624x624.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Philippe Weissbrodt<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Apr\u00e8s&nbsp;<\/em>M\u00e9d\u00e9e\/Fukushima<em>, Fabrice Gorgerat et la Compagnie Jours tranquilles reviennent \u00e0 L\u2019Arsenic pour interroger notre rapport \u00e0 la nourriture et au corps. Pour aborder ce questionnement, le metteur en sc\u00e8ne s\u2019entoure d\u2019experts du monde acad\u00e9mique afin de m\u00ealer point de vue artistique et apport scientifique.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e8ne est divis\u00e9e en trois espaces. C\u00f4t\u00e9 jardin, une cuisine dans laquelle un homme mange seul, face au four \u00e0 micro-ondes. Le regard vague, ses gestes sont lents, il semble se nourrir m\u00e9caniquement. Au centre une femme dresse la table. Puis, discr\u00e8tement, sans pr\u00e9venir, elle couche une tasse \u00e0 caf\u00e9 qui r\u00e9pand son contenu sur la nappe blanche. La tache annonce une faille dans la mise en place du repas. D\u00e8s lors, tout se d\u00e9r\u00e8gle. La femme apporte une poubelle qu\u2019elle lib\u00e8re de ses d\u00e9chets, les disposant un \u00e0 un sur la table&nbsp;: des grappes de raisin, des sachets de sucre, de vieilles serviettes en papier, des fruits. Dans une sorte de mouvement inverse, les d\u00e9chets deviennent aliments. C\u00f4t\u00e9 cour, une femme s\u2019active en se nettoyant les dents \u00e0 l\u2019aide d\u2019un fil dentaire. \u00c0 grand renfort de grimaces et de gestes amples, cette activit\u00e9 en vient rapidement \u00e0 \u00e9voquer un besoin obsessionnel de se nettoyer le corps apr\u00e8s le repas. D\u00e8s les premi\u00e8res minutes du spectacle, le constat est sans appel&nbsp;: le rapport que l\u2019homme entretient avec la nourriture est totalement d\u00e9r\u00e9gl\u00e9. Le plaisir a disparu, le repas n\u2019est plus partag\u00e9 et devient m\u00eame une corv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de ce constat, le spectacle&nbsp;<em>Manger seul<\/em>&nbsp;interroge la probl\u00e9matique de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9. Avec quelques touches d\u2019humour et sans mesquinerie, un homme raconte ses exp\u00e9riences sexuelles avec deux femmes ob\u00e8ses tout en cuisinant dans une casserole des bonbons Haribo. Il explique qu\u2019en ce qui concerne la s\u00e9duction, \u00ab&nbsp;tout est dans le regard&nbsp;\u00bb. Il ne tombe pas pour autant dans le clich\u00e9 de la beaut\u00e9 int\u00e9rieure, puisqu\u2019il n\u2019\u00e9carte pas toutes les difficult\u00e9s physiques que peut entra\u00eener l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 dans les rapports sexuels. Difficult\u00e9s physiques qui transparaissent \u00e9galement dans les d\u00e9placements lents et fatigu\u00e9s d\u2019une personne ob\u00e8se. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre scotch\u00e9 sur le corps des aliments emball\u00e9s dans du plastique et s\u2019\u00eatre v\u00eatu d\u2019un pantalon et d\u2019une chemise XXL, l\u2019homme qui mangeait dans la cuisine se transforme \u00e0 vue d\u2019\u0153il.<\/p>\n\n\n\n<p>Les anecdotes et les repr\u00e9sentations de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 se m\u00ealent alors au mythe&nbsp;; celui de Thyeste qui, abus\u00e9 par son fr\u00e8re, Atr\u00e9e, entreprend de manger ses fils. Ce r\u00e9cit, repris par les psychologues, sert aujourd\u2019hui \u00e0 d\u00e9signer les personnes sujettes \u00e0 un rapport conflictuel avec la nourriture. Un des personnages de la pi\u00e8ce explique ainsi ce qu\u2019est le syndrome de Thyeste en racontant une anecdote familiale. Apr\u00e8s avoir fait manger \u00e0 sa fille et ses copines des boulettes de viande \u00e0 l\u2019italienne, il leur explique qu\u2019elles sont compos\u00e9es de cervelle de veau. Suite \u00e0 la r\u00e9action peu enthousiaste des jeunes filles, le p\u00e8re est convoqu\u00e9 par la psychologue familiale qui lui annonce que sa fille est atteinte du syndrome de Thyeste. Le d\u00e9calage entre la situation anecdotique racont\u00e9e par ce personnage et le constat alarmiste de la psychologue montre la focalisation que notre soci\u00e9t\u00e9 exerce sur notre alimentation. Le travail de Fabrice Gorgerat et de sa compagnie consiste \u00e0 cr\u00e9er des spectacles qui m\u00ealent recherches scientifiques et travail artistique. En s\u2019entourant d\u2019experts du monde acad\u00e9mique, le metteur en sc\u00e8ne ne se prive cependant pas de pr\u00e9senter un point de vue parfois ironique sur le savoir humain, lorsque ce dernier est confront\u00e9 \u00e0 l\u2019anecdotique.&nbsp;<em>Manger seul<\/em>&nbsp;n\u2019est donc pas une conf\u00e9rence sur l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 et ses dangers, mais une v\u00e9ritable prise de position sur un sujet dans le traitement duquel l\u2019art a toute sa place.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 novembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonas-guyot\/\">Jonas Guyot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.arsenic.ch\/programme\/manger-seul\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>de Fabrice Gorgerat \/ Cie Jours Tranquilles \/ du 11 au 19 novembre 2014 \/ L&rsquo;Arsenic \/ Critique Jonas Guyot.<\/p>\n","protected":false},"author":1001020,"featured_media":9764,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[24],"class_list":["post-5475","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-jonas-guyot"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5475","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001020"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5475"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5475\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21578,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5475\/revisions\/21578"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9764"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5475"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5475"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5475"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}