{"id":5463,"date":"2014-11-17T04:30:32","date_gmt":"2014-11-17T03:30:32","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=5463"},"modified":"2025-02-10T13:42:42","modified_gmt":"2025-02-10T12:42:42","slug":"jan-karski-mon-nom-est-une-fiction","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/11\/jan-karski-mon-nom-est-une-fiction\/","title":{"rendered":"Jan Karski (Mon nom est une fiction)"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Jan Karski (Mon nom est une fiction)<\/h2>\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s le roman de Yannick Haenel \/ mise en sc\u00e8ne et adaptation d\u2019Arthur Nauzyciel \/ du 13 au 22 novembre 2014 \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ Critique par Deborah Strebel.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 novembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Noble transmission pour un saisissant t\u00e9moignage<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"789\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/JAN_KARSKI_3\u00a9-Fre\u0301de\u0301ric-Nauzyciel.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9765\" style=\"width:300px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/JAN_KARSKI_3\u00a9-Fre\u0301de\u0301ric-Nauzyciel.jpg 1200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/JAN_KARSKI_3\u00a9-Fre\u0301de\u0301ric-Nauzyciel-250x164.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/JAN_KARSKI_3\u00a9-Fre\u0301de\u0301ric-Nauzyciel-300x197.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/JAN_KARSKI_3\u00a9-Fre\u0301de\u0301ric-Nauzyciel-768x505.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/JAN_KARSKI_3\u00a9-Fre\u0301de\u0301ric-Nauzyciel-1024x673.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/JAN_KARSKI_3\u00a9-Fre\u0301de\u0301ric-Nauzyciel-624x410.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Fr\u00e9d\u00e9ric Nauzyciel<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em><strong>Poignant t\u00e9moignage d\u2019un messager de la R\u00e9sistance polonaise ayant d\u00e9couvert de ses yeux l\u2019inconcevable horreur du ghetto de Varsovie,&nbsp;<\/strong><\/em><strong>Jan Karski (Mon nom est une fiction)<\/strong><em><strong>&nbsp;reconvoque les plus sordides \u00e9pisodes de l\u2019histoire du XX<\/strong><\/em><sup><em><strong>e<\/strong><\/em><\/sup><em><strong>&nbsp;si\u00e8cle. Quand le th\u00e9\u00e2tre devient comm\u00e9moration.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au milieu de la sc\u00e8ne se trouve un immense tableau carr\u00e9, repr\u00e9sentant un gros plan du visage de la statue de la Libert\u00e9. Une lueur verte \u00e9claire la sc\u00e8ne et une partie du public. Cette couleur jade \u00e9voque le cuivre de la c\u00e9l\u00e8bre sculpture, symbole du monde libre. Des voix aux sonorit\u00e9s slaves retentissent et s\u2019estompent peu \u00e0 peu pour laisser entendre des bruits de chemin de fer. L\u2019\u00e9clairage devient rouge vif pour s\u2019\u00e9teindre ensuite compl\u00e8tement, laissant un angoissant noir s\u2019installer. Lorsque la lumi\u00e8re se rallume, un homme assis, le metteur en sc\u00e8ne Arthur Nauzyciel, commence \u00e0 \u00e9voquer le captivant r\u00e9cit de Jan Karski.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 en 1914, Jan Karski, de son vrai nom Jan Kozielewski, aspire \u00e0 devenir diplomate. En 1939, alors qu\u2019il est employ\u00e9 au minist\u00e8re polonais des Affaires \u00e9trang\u00e8res, il est fait prisonnier par les Sovi\u00e9tiques puis par les Allemands. En novembre de la m\u00eame ann\u00e9e, il parvient \u00e0 s\u2019\u00e9chapper lors d\u2019un transport de d\u00e9tenus. D\u00e8s lors, il rejoint la R\u00e9sistance et participe aux missions de liaison avec le gouvernement polonais en exil \u00e0 Angers. \u00c0 nouveau arr\u00eat\u00e9 en 1940, par la Gestapo, il s\u2019\u00e9vade d\u2019un h\u00f4pital en Slovaquie. En 1942, toujours au service de la R\u00e9sistance, il entre deux fois clandestinement dans le ghetto de Varsovie. Charg\u00e9 d\u2019effectuer un compte-rendu de la situation en Pologne au gouvernement polonais install\u00e9 \u00e0 Londres, il dissimule des microfilms dans le manche d\u2019un rasoir. Ces documents arrivent entre les mains de son gouvernement d\u00e8s le 17 novembre 1942. Depuis ses deux incursions dans le ghetto de Varsovie, toute la vie de Jan Karski sera consacr\u00e9e \u00e0 transmettre le message de cette extermination, et \u00e0 tenter par le t\u00e9moignage de se purger un faible instant de ses visions insoutenables. De l\u2019Angleterre aux \u00c9tats-Unis, son rapport voyagera, mais ne sera pas entendu. Jan Karski rencontre m\u00eame le Pr\u00e9sident Roosevelt le 28 juillet 1943. Face \u00e0 la passivit\u00e9 du chef d\u2019\u00c9tat envers l\u2019an\u00e9antissement total de tout le peuple juif par les Allemands, il se sent des plus d\u00e9munis&nbsp;: \u00ab&nbsp;la surdit\u00e9 n\u2019est qu\u2019une ruse du mal&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Arthur Nauzyciel a \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9 par la personnalit\u00e9 hors norme de ce r\u00e9sistant polonais. Son oncle, lui-m\u00eame d\u00e9port\u00e9 \u00e0 Auschwitz Birkenau de 1942 \u00e0 1945, lui a tr\u00e8s t\u00f4t racont\u00e9 son v\u00e9cu concentrationnaire. Troubl\u00e9 par le livre de Yannick Haenel, \u00e9crit en 2009, Nauzyciel d\u00e9cide de l\u2019adapter fid\u00e8lement au th\u00e9\u00e2tre, reprenant les trois axes d\u00e9velopp\u00e9s dans le roman&nbsp;: la parole film\u00e9e de Jan Karski, son autobiographie, et la \u00ab&nbsp;fiction&nbsp;\u00bb (le romancier imaginant la parole du h\u00e9ros au pr\u00e9sent).<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce, tripartite, se concentre ainsi sur le r\u00e9cit de la sombre exp\u00e9rience varsovienne et d\u00e9cline la th\u00e9matique de l\u2019abandon. Tout d\u2019abord, Arthur Nauzyciel \u00e9voque lui-m\u00eame, tout comme le fait Heanel dans son livre, un entretien film\u00e9 de Jan Karski pour le film documentaire&nbsp;<em>Shoah<\/em>&nbsp;(1985) de Claude Lanzmann. Il raconte \u00e0 la troisi\u00e8me personne cette interview, avec un profond respect et une vive \u00e9motion. Puis un film, con\u00e7u par le c\u00e9l\u00e8bre sculpteur et artiste vid\u00e9o polonais Miroslaw Balka et d\u00e9voilant les plans du mur du ghetto, est projet\u00e9. La voix monocorde aux accents allemands de Marthe Keller accompagne les images et reprend la description des deux atroces visites de Karski au ghetto. Enfin, dans l\u2019ultime partie du spectacle, le talentueux com\u00e9dien Laurent Poitrenaux incarne Jan Karski. Dans un monumental d\u00e9cor sugg\u00e9rant les antichambres d\u2019une \u00e9ventuelle maison blanche ou alors les couloirs d\u2019un op\u00e9ra, il raconte comment il doit lutter contre ses insoutenables fant\u00f4mes juifs polonais. Le corps raidi, le regard fixant le vide, il encha\u00eene les mots sur des tons allant du malaise \u00e0 la rage.<\/p>\n\n\n\n<p>Cent ans apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, alors que les derniers survivants de la Shoah disparaissent, le th\u00e9\u00e2tre reprend ici le devoir de la transmission. Non plus lieu de simple divertissement, il est le lieu de la m\u00e9moire. Il demeure n\u00e9cessaire et capital de lutter contre l\u2019oubli, de faire conna\u00eetre les plus terrifiants \u00e9pisodes historiques du XXe si\u00e8cle aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations. Avec ce projet, Arthur Nauzyciel parvient \u00e0 l\u00e9guer cette histoire dont il porte l\u2019h\u00e9ritage avec intelligence et dignit\u00e9. Il prolonge ainsi brillamment la mission de Jan Karski quatorze ans apr\u00e8s sa mort. Poignant r\u00e9cit parfois lourd, ce spectacle se termine sur un r\u00e9el moment de gr\u00e2ce, r\u00e9alis\u00e9 par une talentueuse danseuse dont le short muni d\u2019\u00e9toiles rend hommage au peuple juif. Donnant la parole pendant presque trois heures \u00e0 un t\u00e9moin qui demeure actif par-del\u00e0 sa mort, cette exp\u00e9rience intense et poignante est \u00e0 vivre jusqu\u2019au 22 novembre \u00e0 Vidy.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 novembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.vidy.ch\/jan-karski-mon-nom-est-une-fiction\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s le roman de Yannick Haenel \/ mise en sc\u00e8ne et adaptation d\u2019Arthur Nauzyciel \/ du 13 au 22 novembre 2014 \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ Critique par Deborah Strebel.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9777,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[31],"class_list":["post-5463","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-deborah-strebel"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5463","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5463"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5463\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21581,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5463\/revisions\/21581"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9777"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5463"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5463"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5463"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}