{"id":5454,"date":"2014-11-14T17:02:02","date_gmt":"2014-11-14T16:02:02","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=5454"},"modified":"2025-02-10T13:42:55","modified_gmt":"2025-02-10T12:42:55","slug":"vie-de-gundling","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/11\/vie-de-gundling\/","title":{"rendered":"Vie de Gundling Fr\u00e9d\u00e9ric de Prusse Sommeil r\u00eave cri de Lessing"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vie de Gundling Fr\u00e9d\u00e9ric de Prusse Sommeil r\u00eave cri de Lessing<\/h2>\n\n\n<p>De Heiner M\u00fcller \/ mise en sc\u00e8ne de Jean Jourdheuil \/ du 11 au 30 novembre 2014 \/ Com\u00e9die \/ Th\u00e9\u00e2tre du Loup \/ Critique par Deborah Strebel.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>14 novembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Explosion de tableaux historiques<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"504\" height=\"320\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/lavie1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9778\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/lavie1.jpg 504w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/lavie1-250x159.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/lavie1-300x190.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 504px) 100vw, 504px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Th\u00e9\u00e2tre du Loup<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em><strong>Collage multicouche r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l\u2019aide de fragments tant\u00f4t historiques tant\u00f4t fantaisistes,&nbsp;<\/strong><\/em><strong>Vie de Gundling Fr\u00e9d\u00e9ric de Prusse Sommeil r\u00eave cri&nbsp;<\/strong><em><strong>propose une vision distanc\u00e9e de l\u2019Allemagne du XVIII<\/strong><\/em><sup><em><strong>e<\/strong><\/em><\/sup><em><strong>&nbsp;au XX<\/strong><\/em><sup><em><strong>e<\/strong><\/em><\/sup><em><strong>&nbsp;si\u00e8cle. Foisonnant spectacle, cette bombe th\u00e9\u00e2trale \u00e9blouit par la densit\u00e9 de son contenu.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019espace sc\u00e9nique, dans un dispositif bifrontal, forme une sorte de couloir ouvert sur les deux c\u00f4t\u00e9s. Des personnages de diverses \u00e9poques le traversent au cours du spectacle. Rang\u00e9s de part et d\u2019autre de la sc\u00e8ne dans des armoires au milieu des cintres, entre deux costumes, ils entrent et sortent selon les annonces de l\u2019\u00ab&nbsp;auteur&nbsp;\u00bb, assis \u00e0 son bureau derri\u00e8re sa machine \u00e0 \u00e9crire. Lorsqu\u2019une sc\u00e8ne se termine, une nouvelle est annonc\u00e9e et valid\u00e9e au moyen d\u2019un rapide et sec coup de sonnette donn\u00e9 par cet Heiner M\u00fcller, incarn\u00e9 ici par Armen Godel, \u00e9crivain et grand monument du th\u00e9\u00e2tre. Cette juxtaposition \u00e9voque le roman-collage exp\u00e9riment\u00e9 par Max Ernst au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9el va-et-vient dans le temps, avec des sc\u00e8nes se d\u00e9roulant au XVIII<sup>e<\/sup>, entrecoup\u00e9es par des \u00e9pisodes datant du XX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle et de petites insertions dans l\u2019actualit\u00e9, la pi\u00e8ce ne suit pas du tout un ordre chronologique. Afin de guider les spectateurs dans ces diff\u00e9rents sauts temporels, des peintures sont projet\u00e9es. Elles servent de rep\u00e8res \u00ab&nbsp;artistiques&nbsp;\u00bb, de Rubens et son \u00ab&nbsp;L\u00e9da et le cygne&nbsp;\u00bb (1601-1602) jusqu\u2019aux s\u00e9rigraphies par Andy Warhol des bo\u00eetes de soupe Cambell et de Marylin Monroe qui symbolisent les ann\u00e9es 1960, en passant par Goya avec \u00ab&nbsp;El tres Mayos 1808&nbsp;\u00bb (1814). Plus que de simples indices pour comprendre \u00e0 quel moment se situe la sc\u00e8ne, ces chefs-d\u2019oeuvre sont \u00e9galement montr\u00e9s pour soutenir des th\u00e9matiques particuli\u00e8res, comme celle de la pers\u00e9cution. La musique, elle aussi, accompagne cet assemblage h\u00e9t\u00e9roclite. Aux solennels airs de clavecin viennent s\u2019ajouter&nbsp;<em>Welcome the machine<\/em>&nbsp;des Pink Floyd ou encore le&nbsp;<em>Girls<\/em>&nbsp;de Beyonc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean Jourdheuil, le metteur en sc\u00e8ne qui, apr\u00e8s \u00eatre all\u00e9 \u00e0 la rencontre de Heiner M\u00fcller en RDA en 1976, a traduit trois de ses pi\u00e8ces (<em>Mauser, Horace&nbsp;<\/em>et<em>&nbsp;Vie de Gundling Fr\u00e9d\u00e9ric de Prusse Sommeil r\u00eave cri<\/em>), nomme ces juxtapositions non chronologiques des \u00ab&nbsp;couches g\u00e9ologiques&nbsp;\u00bb. Chaque couche repr\u00e9sente une p\u00e9riode temporelle&nbsp;: l\u2019une est ici relative au XVIIIe si\u00e8cle, autrement dit au contexte prussien, une autre correspond aux deux guerres mondiales \u00e9voquant notamment le nazisme&nbsp;; la derni\u00e8re fait allusion \u00e0 l\u2019Allemagne des ann\u00e9es 1960-1970. L\u2018\u00e9poque prussienne, pr\u00e9sent\u00e9e comme un \u00e2ge d\u2019or, a souvent servi de pass\u00e9 fondateur dans l\u2019imaginaire national germanique. Ici elle est incarn\u00e9e par des beuveries et humiliations impos\u00e9es par Fr\u00e9d\u00e9ric-Guillaume Ier de Prusse \u00e0 son fils ou \u00e0 l\u2019historien Jacob Paul von Gundling, ou encore par des moments d\u2019enfance et extraits de la vie adulte de Fr\u00e9d\u00e9ric II de Prusse. Au sein de cette premi\u00e8re \u00ab&nbsp;couche&nbsp;\u00bb se dessine d\u00e9j\u00e0 la suivante&nbsp;: aux pas rythm\u00e9s des soldats prussiens se superposent les marches cadenc\u00e9es des militaires nazis et aux sons des fusils \u00e0 pompes succ\u00e8dent ceux des bombardements.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce collage de diff\u00e9rentes p\u00e9riodes historiques allemandes s\u2019exprime dans un m\u00e9lange de styles. Des marionnettes, des projections, des chants, des danses compl\u00e8tent ce foisonnant assemblage, qui produit un \u00e9clatement de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<p>Heiner M\u00fcller s\u2019\u00e9tait attir\u00e9 les foudres en 1961 avec&nbsp;<em>La D\u00e9plac\u00e9e ou la vie \u00e0 la campagne<\/em>, chronique interrogeant les contradictions entre les discours et la r\u00e9alit\u00e9. Le spectacle avait \u00e9t\u00e9 interdit en Allemagne de l\u2019Est aussit\u00f4t apr\u00e8s la premi\u00e8re repr\u00e9sentation. Le dramaturge avait d\u00e8s lors \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab&nbsp;r\u00e9actionnaire&nbsp;\u00bb, surnomm\u00e9 aussi le \u00ab&nbsp;Beckett de l\u2019Est&nbsp;\u00bb, et s\u2019\u00e9tait vu mis au ban de la soci\u00e9t\u00e9. C\u2019est entre 1975 et 1976, lors d\u2019un voyage aux Etats-Unis qu\u2019il r\u00e9dige la&nbsp;<em>Vie de Gundling Fr\u00e9d\u00e9ric de Prusse sommeil r\u00eave cri de Lessing<\/em>. La pi\u00e8ce est censur\u00e9e pendant une dizaine d\u2019ann\u00e9es \u00e0 cause de sa dimension satirique.<\/p>\n\n\n\n<p>Bombe th\u00e9\u00e2trale faisant intervenir avec humour les nobles penseurs europ\u00e9ens dont Voltaire, Friedrich Schiller, Heinrich von Kleist et autres illustres rois allemands,&nbsp;<em>Vie de Gundling Fr\u00e9d\u00e9ric de Prusse sommeil r\u00eave cri de Lessing<\/em>&nbsp;\u00e9blouit par l\u2019\u00e9clatement de la repr\u00e9sentation en mille morceaux vari\u00e9s. Multipliant autant les styles que les allusions artistiques ou historiques, le spectacle dense aux \u00e9lans parfois fantaisistes \u00e9tonne par la richesse de son propos et par son caract\u00e8re clairvoyant examinant une histoire qui ne cesse de se r\u00e9p\u00e9ter.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>14 novembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.comedie.ch\/spectacle\/vie-de-gundling-frederic-de-prusse-sommeil-reve-cri-de-lessing\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Heiner M\u00fcller \/ mise en sc\u00e8ne de Jean Jourdheuil \/ du 11 au 30 novembre 2014 \/ Com\u00e9die \/ Th\u00e9\u00e2tre du Loup \/ Critique par Deborah Strebel.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9779,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,10,38,6],"tags":[31],"class_list":["post-5454","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-comedie","category-spectacle","category-theatre-du-loup","tag-deborah-strebel"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5454","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5454"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5454\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21585,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5454\/revisions\/21585"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9779"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5454"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5454"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5454"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}