{"id":5422,"date":"2014-11-08T20:13:08","date_gmt":"2014-11-08T19:13:08","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=5422"},"modified":"2025-02-10T13:43:23","modified_gmt":"2025-02-10T12:43:23","slug":"la-seconde-surprise-de-lamour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/11\/la-seconde-surprise-de-lamour\/","title":{"rendered":"La Seconde Surprise de l\u2019amour"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La Seconde Surprise de l\u2019amour<\/h2>\n\n\n<p align=\"JUSTIFY\">De Marivaux \/ mise en sc\u00e8ne de Valentin Rossier \/ du 6 novembre au 9 novembre 2014 \/ La Grange de Dorigny \/ Critique par Lisa Tagliabue.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 novembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lisa-tagliabue\/\">Lisa Tagliabue<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un Marivaux au go\u00fbt moderne<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"534\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/rossier.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9780\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/rossier.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/rossier-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/rossier-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/rossier-768x513.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/rossier-624x417.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Marc Vanappleghem<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em><strong>Dans&nbsp;<\/strong><\/em><strong>La Seconde Surprise de l\u2019amour<\/strong><em><strong>, pi\u00e8ce de Marivaux en trois actes et en prose repr\u00e9sent\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 1727, deux personnages trop orgueilleux peinent \u00e0 s\u2019avouer clairement leurs sentiments amoureux. Valentin Rossier travaille ici avec pr\u00e9cision la question des limites, celles des discours et celles de la sc\u00e8ne.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La com\u00e9die de Marivaux parle d\u2019amour, et des difficult\u00e9s que l\u2019amour peut rencontrer sur son chemin. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, il y a la Marquise, belle et jeune veuve qui pleure son mari trop vite perdu, de l\u2019autre il y a le Chevalier, lui aussi d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 par la perte de sa ma\u00eetresse Ang\u00e9lique. Tous deux de noir habill\u00e9s, ils sont convaincus de ne jamais pouvoir \u00eatre r\u00e9confort\u00e9s. Leurs deux serviteurs, la p\u00e9tillante Lisette et Lubin, le valet du Chevalier, tentent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de les sortir de leur m\u00e9lancolie, et de leur faire avouer leurs sentiments r\u00e9ciproques. Le Chevalier et la Marquise sont en effet trop orgueilleux pour admettre que ce qu\u2019ils ressentent l\u2019un pour l\u2019autre est bien plus qu\u2019un simple sentiment d\u2019amiti\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Valentin Rossier propose une lecture tr\u00e8s contemporaine de cette com\u00e9die du d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle. La langue de Marivaux, complexe et raffin\u00e9e, notamment dans la bouche des personnages haut-plac\u00e9s, sort ici vive et moderne. Les discours entre la Marquise et le Chevalier se chargent d\u2019\u00e9motions gr\u00e2ce au jeu de Marie Druc et de Valentin Rossier ; ils prennent vie entre leurs mains. Avec un langage moins sophistiqu\u00e9 que celui de leurs ma\u00eetres, Anna Pieri (la malicieuse Lisette) et Paolo Dos Santos (un Lubin en version \u00ab&nbsp;vacances \u00e0 la plage&nbsp;\u00bb) donnent du peps aux dialogues. Ils cr\u00e9ent un langage contemporain par le biais de leurs mouvements et de leurs interactions.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019aspect le plus int\u00e9ressant de cette mise en sc\u00e8ne est sans doute le sentiment d\u2019incompl\u00e9tude qui domine dans toute la pi\u00e8ce. Les non-dits entre la Marquise et le Chevalier, leurs sentiments non avou\u00e9s, trouvent un \u00e9cho dans le d\u00e9cor, qui est intentionnellement inachev\u00e9 et ind\u00e9fini&nbsp;: un non-lieu o\u00f9 tous les endroits sont possibles. Des panneaux qui rappellent des \u00e9crans de Shoji, typiques des maisons japonaises, encadrent la sc\u00e8ne. Par terre, une esp\u00e8ce de mat\u00e9riau rouge \u00e9voque les terrains de jeu ou de tennis. Et un rideau transparent au fond, derri\u00e8re lequel on aper\u00e7oit un lampadaire pompeux. Les brefs intervalles entre les actes concourent \u00e0 procurer cette sensation d\u2019ind\u00e9fini. La sc\u00e8ne est plong\u00e9e dans l\u2019obscurit\u00e9, mais celle-ci n\u2019est pas totale. On aper\u00e7oit ainsi les personnages et leurs gestes. L\u2019impression de s\u00e9paration nette et pr\u00e9cise entre les actes n\u2019est pas compl\u00e8te. Il y a un effet de continuit\u00e9, une rupture inachev\u00e9e entre les trois actes. Les images des actes pr\u00e9c\u00e9dents demeurent dans les suivants.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne de Valentin Rossier est fid\u00e8le au texte de Marivaux tout en relevant d\u2019un parti-pris contemporain, o\u00f9 les limites ne sont plus si clairement d\u00e9finies, o\u00f9 la s\u00e9paration entre la repr\u00e9sentation et le r\u00e9el, entre la sc\u00e8ne proprement dite et le reste du th\u00e9\u00e2tre, n\u2019est pas radicale&nbsp;: une pi\u00e8ce classique qui parvient \u00e0 se d\u00e9tacher de l\u2019univers strict de son auteur, le monde de Marivaux avec l\u2019expressivit\u00e9 et la libert\u00e9 d\u2019un th\u00e9\u00e2tre moderne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 novembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lisa-tagliabue\/\">Lisa Tagliabue<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/grangededorigny\/2014\/06\/la-seconde-surprise-de-lamour\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Marivaux \/ mise en sc\u00e8ne de Valentin Rossier \/ du 6 novembre au 9 novembre 2014 \/ La Grange de Dorigny \/ Critique par Lisa Tagliabue.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9780,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[119],"class_list":["post-5422","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-lisa-tagliabue"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5422","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5422"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5422\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21592,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5422\/revisions\/21592"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9780"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5422"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5422"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5422"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}