{"id":5414,"date":"2014-11-06T18:56:53","date_gmt":"2014-11-06T17:56:53","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=5414"},"modified":"2025-02-10T13:43:40","modified_gmt":"2025-02-10T12:43:40","slug":"douze-hommes-en-colere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/11\/douze-hommes-en-colere\/","title":{"rendered":"Douze Hommes en Col\u00e8re"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Douze Hommes en Col\u00e8re<\/h2>\n\n\n<p>de R\u00e9ginald Rose \/ mise en sc\u00e8ne Julien Schmutz \/ Le Magnifique Th\u00e9\u00e2tre \/ du 5 au 15 novembre 2014 \/ Nuithonie, Villars-sur-Gl\u00e2ne \/ Critique par Ma\u00eblle Andrey.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>6 novembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/maelle-andrey\/\">Ma\u00eblle Andrey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Huis clos<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"630\" height=\"320\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/image-spectacles-crop67.jpg__630x320_q90_crop-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9776\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/image-spectacles-crop67.jpg__630x320_q90_crop-1.jpg 630w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/image-spectacles-crop67.jpg__630x320_q90_crop-1-250x127.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/image-spectacles-crop67.jpg__630x320_q90_crop-1-300x152.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/image-spectacles-crop67.jpg__630x320_q90_crop-1-624x317.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Le Magnifique Th\u00e9\u00e2tre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em><strong>Quel verdict pour cet adolescent accus\u00e9 du meurtre de son p\u00e8re ? Faut-il lui laisser la vie ? Lui donner la mort ? Son sort tient entre les mains de douze hommes, douze jur\u00e9s qui confrontent leurs certitudes et leurs doutes, dans une mise en sc\u00e8ne d\u2019une grande intensit\u00e9. Un v\u00e9ritable suspense psychologique sur un th\u00e8me humaniste et actuel\u2026<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9cor rel\u00e8ve d\u2019une esth\u00e9tique contemporaine : une salle de d\u00e9lib\u00e9ration encadr\u00e9e par trois parois compos\u00e9es de bandes plus ou moins \u00e9troites. Ces derni\u00e8res dessinent de grandes lignes diagonales blanches, qui s\u2019entrem\u00ealent, telle une imposante toile d\u2019araign\u00e9e. Ce lieu hypnotisant \u00e9voque l\u2019\u00e9touffement, la chaleur, la proximit\u00e9, l\u2019intimit\u00e9, la tension. Douze hommes v\u00eatus de gris entrent, les uns apr\u00e8s les autres, en annon\u00e7ant leur num\u00e9ro de jur\u00e9. Ils s\u2019int\u00e8grent dans la composition visuelle, \u00e9voquant la peinture am\u00e9ricaine de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle : comme dans un Pollock, ces touches grises pars\u00e8ment alors le fond abstrait, noir et blanc. Tous sont bien diff\u00e9rents : \u00e2ges, habillement, allures, comportements, mani\u00e8res, expressions. Ils entrent, se saluent, se familiarisent avec le lieu, encore ouvert sur l\u2019ext\u00e9rieur. Une fois la totalit\u00e9 du jury pr\u00e9sente sur sc\u00e8ne, les bandes du d\u00e9cor se resserrent, enfermant ainsi les protagonistes pour lesquels plus aucune \u00e9chappatoire n\u2019est possible jusqu\u2019\u00e0 ce que soit prononc\u00e9 un verdict \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9. Ce verdict concerne l\u2019avenir du jeune gar\u00e7on accus\u00e9 d\u2019avoir poignard\u00e9 son p\u00e8re \u00e0 mort. L\u2019issue semble \u00e9vidente. Cependant, contre toute attente, le jur\u00e9 num\u00e9ro 8 souhaite revoir le dossier pour \u00eatre certain de ne pas faire d\u2019erreur en envoyant l\u2019adolescent \u00e0 la chaise \u00e9lectrique. Une vie est en jeu. L\u2019humain et la recherche de la v\u00e9rit\u00e9 sont au centre de la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cloisonnement spatial des jur\u00e9s se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre pour eux un enfermement int\u00e9rieur, une confrontation \u00e0 soi. Tous se retrouvent, seuls, face \u00e0 leurs convictions, leurs pr\u00e9jug\u00e9s, leurs observations, leurs interpr\u00e9tations et leurs points de vue, relatifs \u00e0 leur exp\u00e9rience. Les douze hommes, qui manifestent leur col\u00e8re de diverses mani\u00e8res, souhaitent rompre l\u2019isolement pesant et sortir de la salle. Mais c\u2019est d\u2019eux-m\u00eames, de leurs gonds, qu\u2019ils finissent par sortir, chacun leur tour. Leurs douze personnalit\u00e9s se dessinent alors : l\u2019un est imposant, un autre autoritaire, violent, sensible, introverti, r\u00e9fl\u00e9chi, impulsif, discret, vulgaire, comique\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Seul contre onze. Neuf contre trois. Huit contre quatre. Six \u00e0 six. Egalit\u00e9, puis basculement. Dix contre deux et onze contre un. Unanimit\u00e9. Au fil des d\u00e9lib\u00e9rations et des verdicts successifs, la tension monte, renforc\u00e9e par les jeux de lumi\u00e8res, l\u2019ambiance sonore et les vibrations du d\u00e9cor. D\u00e8s les pr\u00e9misses de la pi\u00e8ce, un suspense haletant hypnotise le public. Frissons, sueurs froides, rires, r\u00e9flexions et prises de positions\u2026 Le spectateur, embarqu\u00e9 dans une illusion proche de celle du septi\u00e8me art, n\u2019a qu\u2019une envie : se prononcer, intervenir afin de donner son propre avis sur la dramatique affaire en cours.<\/p>\n\n\n\n<p>Le metteur en sc\u00e8ne Julien Schmutz est fils de juriste et a entrepris des \u00e9tudes de Droit \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg avant de se consacrer pleinement au th\u00e9\u00e2tre. Il per\u00e7oit de nombreuses similitudes entre le monde de la jurisprudence et celui du th\u00e9\u00e2tre, entre l\u2019interpr\u00e9tation de la justice humaine et le jeu de l\u2019acteur, notamment au niveau comportemental. Form\u00e9 \u00e0 l\u2019Ecole Nationale de Th\u00e9\u00e2tre du Canada \u00e0 Montr\u00e9al, il monte ici la pi\u00e8ce palpitante de Reginald Rose,&nbsp;<em>Twelve angry men<\/em>, \u00e9crite en 1953 et dont Sidney Lumet, quatre ans plus tard, avait fait un film culte (avec Henry Fonda). Il souhaite exprimer et d\u00e9montrer sur sc\u00e8ne que le doute l\u00e9gitime est humain.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation de la troupe Le Magnifique Th\u00e9\u00e2tre \u2013 active depuis 2007 entre la Suisse et le Qu\u00e9bec \u2013 est exceptionnelle. Jean-Luc Borgeat, Bernard Escalon, Lionel Fr\u00e9sard, Fran\u00e7ois Florey, Olivier Havran, Roger Jendly, Yves Jenny, Michel Lavoie, Olivier P\u00e9riat, Guillaume Prin, Vincent Rime, Diego Todeschini et Antoine Mozer offrent au public un jeu rapide, physique et complexe. R\u00e9v\u00e9lant la psychologie sp\u00e9cifique de chacun des personnages, leur performance prend le spectateur aux tripes. Le public est, au m\u00eame titre que les com\u00e9diens, enferm\u00e9 dans l\u2019atmosph\u00e8re oppressante de la salle. Il semble former le quatri\u00e8me mur : et on le sait, les murs ont des yeux et des oreilles\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Un grand moment th\u00e9\u00e2tral \u00e0 vivre absolument\u2026 \u00e0 huis clos, jusqu\u2019au 15 novembre \u00e0 l\u2019Espace Nuithonie, puis au Th\u00e9\u00e2tre du Crochetan (VS), au Th\u00e9\u00e2tre de Benno Besson (VD), au Bicubuc (FR) et au Th\u00e9\u00e2tre du Passage (NE).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>6 novembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/maelle-andrey\/\">Ma\u00eblle Andrey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.equilibre-nuithonie.ch\/fr\/14-15\/spectacles\/314\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>de R\u00e9ginald Rose \/ mise en sc\u00e8ne Julien Schmutz \/ Le Magnifique Th\u00e9\u00e2tre \/ du 5 au 15 novembre 2014 \/ Nuithonie, Villars-sur-Gl\u00e2ne \/ Critique par Ma\u00eblle Andrey.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9776,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,131,34,38],"tags":[126],"class_list":["post-5414","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-equilibre-nuithonie","category-expired","category-spectacle","tag-maelle-andrey"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5414","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5414"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5414\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21596,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5414\/revisions\/21596"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9776"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5414"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5414"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5414"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}