{"id":5349,"date":"2014-11-02T18:26:07","date_gmt":"2014-11-02T17:26:07","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=5349"},"modified":"2025-02-10T13:44:22","modified_gmt":"2025-02-10T12:44:22","slug":"king-kong-theorie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/11\/king-kong-theorie\/","title":{"rendered":"King Kong Th\u00e9orie"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">King Kong Th\u00e9orie<\/h2>\n\n\n<p>de Virginie Despentes \/ mise en sc\u00e8ne d\u2019Emilie Charriot \/ du 28 octobre au 2 novembre \/ Arsenic \/ Critique Sabrina Roh.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 novembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sabrina-roh\/\">Sabrina Roh<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Trouver sa place<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"498\" height=\"373\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/Val\u00e9riane.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9769\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/Val\u00e9riane.jpg 498w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/Val\u00e9riane-227x170.jpg 227w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/11\/Val\u00e9riane-267x200.jpg 267w\" sizes=\"auto, (max-width: 498px) 100vw, 498px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Pauline Amez-Droz<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em><strong>Avec<\/strong><\/em><strong>&nbsp;King Kong Th\u00e9orie<\/strong><em><strong>, Virginie Despentes signait en 2006 un essai qui ouvrait les portes du n\u00e9o-f\u00e9minisme. Emilie Charriot y a vu une grande th\u00e9\u00e2tralit\u00e9. A l\u2019Arsenic, elle propose une mise en sc\u00e8ne en duo qui d\u00e9voile les profondeurs de ce texte.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nu, l\u2019espace sc\u00e9nique ne s\u2019habille que de lumi\u00e8re. Deux femmes prennent possession de la sc\u00e8ne. Jamais, mis \u00e0 part \u00e0 la toute fin de la repr\u00e9sentation, elles ne se retrouvent ensemble sous les projecteurs. Parfois, leur ombre, immense, prend possession des murs de la salle, donnant au lieu une tout autre dimension.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s \u00e9pur\u00e9e que propose Emilie Charriot. Cette jeune com\u00e9dienne fran\u00e7aise dipl\u00f4m\u00e9e de la Haute Ecole de Th\u00e9\u00e2tre de Suisse Romande endosse pour la premi\u00e8re fois, avec&nbsp;<em>King Kong Th\u00e9orie<\/em>, le r\u00f4le de metteuse en sc\u00e8ne. Il y a quatre ans de cela, elle est tr\u00e8s troubl\u00e9e par le texte de Virginie Despentes. Depuis, l\u2019id\u00e9e de l\u2019amener sur les planches ne la quitte plus. Mettre en sc\u00e8ne un essai&nbsp;? Si le texte de Virginie Despentes se d\u00e9tache de la tradition acad\u00e9mique, il ne semble cependant pas \u00e9vident de l\u2019extraire de ses pages. Emilie Charriot y voit pourtant une v\u00e9ritable oralit\u00e9.&nbsp;<em>King Kong Th\u00e9orie<\/em>&nbsp;donne l\u2019impression que son auteure y a d\u00e9vers\u00e9 un flot de pens\u00e9es, d\u2019une traite. On s\u2019attendrait donc \u00e0 une repr\u00e9sentation furieusement \u00e9nergique. Or la jeune metteuse en sc\u00e8ne mise plut\u00f4t sur une sobri\u00e9t\u00e9 de jeu et sur des silences parfois tr\u00e8s longs. Pour elle, ce qui compte, c\u2019est de faire passer le message de Virginie Despentes. Julia Perazzini joue donc avec une immense puissance mod\u00e9r\u00e9e. Comme une femme qui reviendrait sur un pass\u00e9 douloureux, certes, mais avec lequel elle a appris \u00e0 vivre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Duo dissoci\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le projet d\u2019Emilie Charriot donne naissance \u00e0 une repr\u00e9sentation \u00e0 deux voix. Julia Perazzini est accompagn\u00e9e de la danseuse G\u00e9raldine Chollet. Dire qu\u2019elles sont en interaction serait un peu exag\u00e9r\u00e9. Peut-\u00eatre se compl\u00e8tent-elles&nbsp;? La com\u00e9dienne d\u00e9clame un texte tr\u00e8s cons\u00e9quent. Face au public, elle ne bouge que tr\u00e8s peu. Parfois, une main se crispe ou un poing se ferme. Mais ces soubresauts ne sont que tr\u00e8s peu perceptibles car l\u2019ombre envahit presque enti\u00e8rement la jeune femme. Seul le haut de son corps reste dans la lumi\u00e8re. Danseuse, G\u00e9raldine Chollet incarne quant \u00e0 elle un rapport au corps tout \u00e0 fait diff\u00e9rent. D\u2019ailleurs, dans la derni\u00e8re partie de la repr\u00e9sentation, elle est seule sur sc\u00e8ne tandis que la voix de Julia Perazzini nous parvient de loin, amplifi\u00e9e par un micro. G\u00e9raldine incarnerait-elle alors le corps absent de la com\u00e9dienne&nbsp;? Il semble qu\u2019elle adopte plut\u00f4t une attitude d\u2019\u00e9coute.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un trait\u00e9 pour la femme ou pour l\u2019\u00eatre humain&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La danseuse \u00e9coute le manifeste f\u00e9ministe de Virginie Despentes. Virginie Despentes qui \u00e9crit \u00ab&nbsp;pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides&nbsp;\u00bb mais aussi pour les \u00ab&nbsp;mal bais\u00e9es, les imbaisables, les hyst\u00e9riques, les tar\u00e9es&nbsp;\u00bb. L\u2019auteure tomberait-elle dans ce qu\u2019elle tente d\u2019\u00e9viter, \u00e0 savoir, la cat\u00e9gorisation&nbsp;? Non. Par l\u00e0 elle cherche \u00e0 dire que le type de la femme parfaite d\u00e9peint par la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019existe pas. Celui de l\u2019homme parfait non plus, d\u2019ailleurs. Tout le monde sort du cadre, personne n\u2019a sa place. Dans sa mise en sc\u00e8ne, Emilie Charriot montre avec brio cet autre aspect du texte&nbsp;<em>King Kong Th\u00e9orie<\/em>. Dans la premi\u00e8re partie de la repr\u00e9sentation, G\u00e9raldine Chollet incarne cette madame tout-le-monde qui ne sait pas o\u00f9 se positionner. Dans un naturel \u00e0 couper le souffle, cette danseuse \u00e9m\u00e9rite exprime le doute tant dans son discours que dans sa gestuelle. Puis elle esquisse quelques pas de danse, d\u00e9voilant une gr\u00e2ce sans pareil. Mais comment une femme qui danse aussi bien peut-elle se sentir aussi \u00ab&nbsp;inad\u00e9quate&nbsp;\u00bb, selon ses mots&nbsp;? On comprend alors que les autres ont toujours l\u2019air plus convenables que nous. Mais, convenable, qui l\u2019est vraiment&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 novembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sabrina-roh\/\">Sabrina Roh<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.arsenic.ch\/programme\/king-kong-theorie\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>de Virginie Despentes \/ mise en sc\u00e8ne d\u2019Emilie Charriot \/ du 28 octobre au 2 novembre \/ Arsenic \/ Critique Sabrina Roh.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9770,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[29],"class_list":["post-5349","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-sabrina-roh"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5349","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5349"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5349\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21607,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5349\/revisions\/21607"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9770"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5349"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5349"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5349"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}