{"id":5129,"date":"2014-10-12T04:37:30","date_gmt":"2014-10-12T02:37:30","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=5129"},"modified":"2025-02-10T13:46:23","modified_gmt":"2025-02-10T12:46:23","slug":"lillusion-comique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/10\/lillusion-comique\/","title":{"rendered":"L\u2019Illusion comique"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">L\u2019Illusion comique<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">de Pierre Corneille \/ mise en sc\u00e8ne Genevi\u00e8ve Pasquier et Nicolas Rossier \/ du 26 septembre au 23 novembre 2014 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses, Givisiez \/ Critique par Ma\u00eblle Andrey. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 septembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Ma\u00eblle Andrey\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/maelle-andrey\/\">Ma\u00eblle Andrey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Dr\u00f4le d\u2019illusion<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/10\/Illusion_comique2_19_09_2014_231-1024x680.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9735\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/10\/Illusion_comique2_19_09_2014_231.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/10\/Illusion_comique2_19_09_2014_231-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/10\/Illusion_comique2_19_09_2014_231-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/10\/Illusion_comique2_19_09_2014_231-768x510.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/10\/Illusion_comique2_19_09_2014_231-624x414.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Copyright : Th\u00e9\u00e2tre des Osses<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>L\u2019Illusion comique,<em>&nbsp;\u00ab&nbsp;\u00e9trange monstre&nbsp;\u00bb corn\u00e9lien, est empreinte d\u2019une grande libert\u00e9 et d\u2019une certaine folie, qui sont tr\u00e8s bien exploit\u00e9es dans cette mise en sc\u00e8ne p\u00e9tillante, m\u00ealant le style classique \u00e0 la modernit\u00e9, l\u2019alexandrin aux onomatop\u00e9es, les personnages de Corneille \u00e0 ceux de bandes dessin\u00e9es\u2026 Projections, musique et bruitages, vitres sans tain et drap\u00e9s nous font entrer dans l\u2019illusion de la mani\u00e8re la plus plaisante qui soit.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le vent souffle. La neige tombe tout autour des spectateurs. Derri\u00e8re eux, les com\u00e9diens entrent en sc\u00e8ne. Pridamant (Laurent Sandoz) est \u00e0 la recherche de son fils Clindor (Simon Romang), qu\u2019il n\u2019a pas revu depuis dix ans. Son ami Dorante (Marc Zuchello) l\u2019accompagne dans cette exp\u00e9dition. Un chemin montagneux les m\u00e8ne \u00e0 la grotte du magicien Alcandre (Edmond Vuillioud), dot\u00e9 de multiples pouvoirs, dont celui qui permet de faire d\u00e9filer la vie de Clindor sous les yeux de son p\u00e8re. Il s\u2019agit d\u2019une mise en abyme th\u00e9\u00e2trale&nbsp;: Pridamant et Alcandre sont spectateurs de ce qui se joue dans la vie de Clindor mais aussi sur la sc\u00e8ne\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en 1636 que Corneille m\u00e9lange les genres et les styles&nbsp;dans cette pi\u00e8ce libre et folle. Genevi\u00e8ve Pasquier et Nicolas Rossier, qui viennent de reprendre les r\u00eanes du Th\u00e9\u00e2tre des Osses \u00e0 Givisiez, reprennent \u00e9galement ce m\u00e9lange. Genevi\u00e8ve Pasquier, com\u00e9dienne et metteure en sc\u00e8ne, a re\u00e7u une formation \u00e0 l\u2019Ecole des Beaux-Arts et au Conservatoire de Lausanne. Nicolas Rossier, acteur en Suisse, France et Belgique, s\u2019est form\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole du Th\u00e9\u00e2tre national de Strasbourg. Ensemble, en 1991, ils fondent la compagnie \u00ab&nbsp;Pasquier-Rossier&nbsp;\u00bb et mettent en sc\u00e8ne une vingtaine de pi\u00e8ces, dont&nbsp;<em>Ubu Roi<\/em>&nbsp;(1997),&nbsp;<em>Le Corbeau \u00e0 quatre pattes<\/em>&nbsp;(2000),&nbsp;<em>L\u00e9kombinaQueneau<\/em>&nbsp;(2010) et&nbsp;<em>Le Ravissement d\u2019Ad\u00e8le<\/em>&nbsp;(2013). Pour cette premi\u00e8re cr\u00e9ation dans leur propre \u00e9tablissement, ils souhaitent s\u2019attaquer \u00e0 ce monument du th\u00e9\u00e2tre classique pour perp\u00e9tuer la tradition du r\u00e9pertoire aux Osses.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Zwosh, Blam, Zop&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/strong>&nbsp;Appara\u00eet Matamore (Jean-Paul Favre), soldat fanfaron, dont Clindor est le suivant. Cape noire de super h\u00e9ros, costume jaune, casque surmont\u00e9 de deux antennes, lunettes futuristes&nbsp;: pr\u00e9sent\u00e9 comme un v\u00e9ritable personnage de BD ou de jeu vid\u00e9o, il est encadr\u00e9 par un panneau du d\u00e9cor (case de BD). Ses premi\u00e8res paroles se projettent \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, dans des phylact\u00e8res. La musique et les bruitages, r\u00e9alis\u00e9s sur commande des metteurs en sc\u00e8ne par le musicien fribourgeois Fran\u00e7ois Gendre, sont un bel acc\u00e8s \u00e0 l\u2019illusion.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sol de la sc\u00e8ne est mou, mouvant, r\u00e9ceptionnant en douceur les cascades des protagonistes hyperactifs. Sept com\u00e9diens (douze personnages) et sept panneaux amovibles, \u00e0 la fois miroirs, vitres sans tain, r\u00e9fl\u00e9chissants, opaques, transparents, color\u00e9s. Ces panneaux, anim\u00e9s par les pouvoirs d\u2019Alcandre, contribuent \u00e0 renforcer l\u2019illusion. Perdu dans un palais des glaces, entour\u00e9 de multiples reflets (dont ceux du public), dans une partie de cache-cache, le personnage se perd&nbsp;; le public est dup\u00e9. La projection vid\u00e9o, con\u00e7ue par les fr\u00e8res Fr\u00e9d\u00e9ric et Samuel Guillaume, r\u00e9alisateurs de&nbsp;<em>Max &amp; Co<\/em>&nbsp;(2008) ou encore de&nbsp;<em>La nuit de l\u2019Ours<\/em>&nbsp;(2012),&nbsp;permet le mirage des multiples disparitions et apparitions. La com\u00e9die de Corneille, cin\u00e9ma avant l\u2019heure, se pr\u00eate parfaitement \u00e0 un traitement qui flirte avec l\u2019animation. La projection vid\u00e9o ne rel\u00e8ve pas ici d\u2019un simple ph\u00e9nom\u00e8ne de mode r\u00e9pandu dans l\u2019art sc\u00e9nique contemporain&nbsp;: elle s\u2019impose par l\u2019intrigue, quitte \u00e0 devenir elle-m\u00eame intrigue.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectateur est envo\u00fbt\u00e9 par la magie de cette illusion. Tout un jeu sur la vue s\u2019orchestre, sous les fantastiques mains d\u2019Alcandre, v\u00e9ritable ma\u00eetre de ce jeu. Est-ce le com\u00e9dien sur sc\u00e8ne&nbsp;? Est-ce une projection&nbsp;? Une image&nbsp;? Un reflet&nbsp;? Une ombre&nbsp;? Un spectre&nbsp;? Que laisse-t-on voir&nbsp;? Que cache-t-on&nbsp;? Que permet-on d\u2019entrevoir&nbsp;? D\u2019imaginer ?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet univers fantaisiste, le s\u00e9rieux maintient toutefois sa place, notamment lors des monologues respectant la m\u00e9trique la plus pure d\u2019Isabelle (Rachel Gordy), aim\u00e9e de Clindor et Matamore, ou dans les tirades de Lise (C\u00e9line Cesa) ou de Clindor emprisonn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre com\u00e9die et trag\u00e9die, le spectacle fait passer des \u00e9clats de rire \u00e0 une r\u00e9ception s\u00e9rieuse, dans ce v\u00e9ritable hommage au th\u00e9\u00e2tre que souhaitent rendre les metteurs en sc\u00e8ne. Le monologue d\u2019Alcandre, \u00e0 la fin de la repr\u00e9sentation, r\u00e9sonne comme une apologie du m\u00e9tier de com\u00e9dien et un v\u00e9ritable plaidoyer du th\u00e9\u00e2tre au sein de la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Cessez de vous en plaindre. A pr\u00e9sent le th\u00e9\u00e2tre<\/em><br><em>Est en un point si haut que chacun l\u2019idol\u00e2tre.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019illusion est, au XVIIe si\u00e8cle comme aujourd\u2019hui, une des forces principales du th\u00e9\u00e2tre. Les mots de Corneille, la remarquable mise en sc\u00e8ne de Pasquier-Rossier, l\u2019exceptionnel jeu des com\u00e9diens, l\u2019animation visuelle et sonore, produisent cette \u00e9vasion dans l\u2019illusion \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Enfants, ados, adultes, puristes ou non, cette exp\u00e9rience illusionniste, fid\u00e8le \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Corneille et color\u00e9e d\u2019anachronismes et d\u2019\u00e9l\u00e9ments \u00ab&nbsp;pop&nbsp;\u00bb, est \u00e0 vivre absolument jusqu\u2019au 23 novembre 2014 au Th\u00e9\u00e2tre des Osses \u00e0 Fribourg, puis en tourn\u00e9e en Romandie.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 septembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Ma\u00eblle Andrey\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/maelle-andrey\/\">Ma\u00eblle Andrey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/saison-14-15\/lillusion-comique\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>de Pierre Corneille \/ mise en sc\u00e8ne Genevi\u00e8ve Pasquier et Nicolas Rossier \/ du 26 septembre au 23 novembre 2014 \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses, Givisiez \/ Critique par Ma\u00eblle Andrey.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9736,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,11,38],"tags":[126],"class_list":["post-5129","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-des-osses","category-spectacle","tag-maelle-andrey"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5129","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5129"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5129\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21647,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5129\/revisions\/21647"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9736"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5129"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5129"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5129"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}