{"id":4971,"date":"2014-10-02T17:09:32","date_gmt":"2014-10-02T15:09:32","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=4971"},"modified":"2025-02-10T13:47:24","modified_gmt":"2025-02-10T12:47:24","slug":"les-filles-du-roi-lear-ou-la-veritable-histoire-de-rihanna","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/10\/les-filles-du-roi-lear-ou-la-veritable-histoire-de-rihanna\/","title":{"rendered":"Les filles du Roi Lear ou la v\u00e9ritable histoire de Rihanna"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Les filles du Roi Lear ou la v\u00e9ritable histoire de Rihanna<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte et mise en sc\u00e8ne Marielle Pinsard \/ du 26 septembre au 4 octobre 2014 \/ Arsenic\u00a0\/ Critique par Amandie Rosset. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 septembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a title=\"Amandine Rosset\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/amandine-rosset\/\">Amandine Rosset<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les filles du Roi Lear \u00e0 la sauce XXIe si\u00e8cle<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"498\" height=\"373\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/10\/LEAR2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-9737\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/10\/LEAR2.png 498w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/10\/LEAR2-227x170.png 227w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/10\/LEAR2-267x200.png 267w\" sizes=\"auto, (max-width: 498px) 100vw, 498px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Copyright : Isabelle Meister<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Marielle Pinsard propose une r\u00e9interpr\u00e9tation tr\u00e8s libre du grand classique de Shakespeare o\u00f9 l\u2019\u0153uvre \u00e9lisab\u00e9thaine rencontre la culture du XXIe si\u00e8cle. La pi\u00e8ce m\u00e9lange mythologie, faits divers, humour, drame et pop culture avec une \u00e9tonnante subtilit\u00e9. L\u2019auteur d\u00e9veloppe le point de vue des trois filles du Roi qui se retrouvent en comp\u00e9tition pour le tr\u00f4ne, dans une relation avec leur p\u00e8re de plus en plus ambigu\u00eb.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre inspir\u00e9e de l\u2019<em>Andromaque<\/em> de Racine pour sa pi\u00e8ce <em>Pyrrhus Hilton<\/em> en 2005, l\u2019auteur et metteur en sc\u00e8ne Marielle Pinsard reprend \u00e0 sa mani\u00e8re la th\u00e9matique d\u2019un autre classique du th\u00e9\u00e2tre, <em>Le Roi Lear<\/em>. Alors que la trag\u00e9die de Shakespeare est plut\u00f4t centr\u00e9e sur le personnage du Roi, la r\u00e9interpr\u00e9tation de Pinsard s\u2019int\u00e9resse \u00e0 ses trois filles. La situation de d\u00e9part est la m\u00eame&nbsp;: le Roi Lear d\u00e9cide d\u2019abdiquer et de laisser son tr\u00f4ne \u00e0 l\u2019une de celles-ci. Il organise alors une comp\u00e9tition pour d\u00e9terminer qui saura exprimer au mieux son amour pour son \u00ab&nbsp;father king&nbsp;\u00bb. Pourtant, l\u2019histoire se complique rapidement, car le roi reste tr\u00e8s vague sur les termes exacts de la comp\u00e9tition et sur la r\u00e9compense qui attend vraiment la gagnante. Que cherche-t-il r\u00e9ellement \u00e0 faire&nbsp;? Assurer un bon successeur \u00e0 la t\u00eate de son royaume ou ses motivations seraient-elles de natures plus perverses&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9cor est simple et sombre. L\u2019espace est d\u00e9limit\u00e9 par quelques parois fonc\u00e9es sur lesquelles apparaissent parfois des ombres de silhouettes encapuchonn\u00e9es. La modernit\u00e9 fait incursion quand l\u2019un des murs se transforme en \u00e9cran d\u2019ordinateur, dont le roi se sert lors d\u2019une longue et complexe d\u00e9finition de l\u2019amour au d\u00e9but du spectacle. Le reste de la pi\u00e8ce oscillera sans cesse entre atmosph\u00e8re \u00e9lisab\u00e9thaine et XXIe si\u00e8cle, passant sans cesse, par exemple, de l\u2019anglais utilis\u00e9 \u00e0 la Cour au fran\u00e7ais moderne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce Roi Lear d\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration appara\u00eet d\u2019abord comme un personnage \u00e0 la fois comique et fou, mais plus ses filles parlent de lui en son absence, plus son c\u00f4t\u00e9 obscur, ambigu et m\u00eame pervers appara\u00eet. Comment d\u00e9finir la relation qu\u2019il entretient avec chacune d\u2019elles&nbsp;? C\u2019est le myst\u00e8re que les spectateurs tenteront de percer durant toute la pi\u00e8ce. L\u2019aigreur des deux plus grandes s\u0153urs et leurs propos, ainsi que l\u2019ambiance sombre et tendue qui r\u00e8gne sur l\u2019ensemble de la pi\u00e8ce, nous am\u00e8nent dans un univers rappelant des faits divers comme la dramatique affaire Josef Fritzl, ce p\u00e8re qui avait enferm\u00e9 sa fille dans une cave durant 24 ann\u00e9es et avec qui il avait engendr\u00e9 sept enfants. La com\u00e9die se transforme alors peu \u00e0 peu en drame familial. Des doutes apparaissent sur les r\u00e9elles motivations du roi pour ce concours. Chercherait-il vraiment \u00e0 pousser l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de sa relation avec ses filles jusqu\u2019\u00e0 trouver un pr\u00e9texte pour se marier avec celle qu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me de la transmission, pr\u00e9sent dans l\u2019\u0153uvre de Shakespeare, est ici d\u00e9velopp\u00e9 sous l\u2019angle de l\u2019inceste qui n\u2019est que sugg\u00e9r\u00e9 dans la pi\u00e8ce originale.&nbsp;La tension n\u2019est pas uniquement pr\u00e9sente dans la relation entre le p\u00e8re et ses enfants, elle se fait aussi sentir entre les trois s\u0153urs. Qui est la pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e&nbsp;? Elles se battront, verbalement et m\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9p\u00e9e, et durant leurs disputes fr\u00e9quentes, elles r\u00e9v\u00e9leront des d\u00e9tails intimes et troublants sur leur relation avec leur p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autant qu\u2019une autre histoire se cache encore derri\u00e8re tous ces myst\u00e8res. Qui est cette Rihanna qui serait prisonni\u00e8re dans un labyrinthe&nbsp;? La v\u00e9ritable fille pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e du roi&nbsp;? Une chose est certaine dans cette sous-histoire de la pi\u00e8ce, c\u2019est que le nom de ce personnage qui n\u2019appara\u00eetra pas sur sc\u00e8ne, est \u00e9vocateur. Rihanna, \u00e0 l\u2019envers, c\u2019est \u00ab&nbsp;Ariane&nbsp;\u00bb, comme la c\u00e9l\u00e8bre fille du roi Minos, celle qui de son fameux fil aida Th\u00e9s\u00e9e \u00e0 sortir du labyrinthe. Cette Rihanna est pr\u00e9sente, malgr\u00e9 son absence sc\u00e9nique, tout au long du spectacle. On ne peut prononcer son nom devant le roi sans que cela ne lui soit fatidique. Les multiples \u00e9vocations du labyrinthe se joignent aux paroles et \u00e0 la musique de la c\u00e9l\u00e8bre chanteuse de R&amp;B du m\u00eame nom, omnipr\u00e9sente elle aussi.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pi\u00e8ce repose, on l\u2019a dit, sur un grand nombre de m\u00e9langes. Tout abord un m\u00e9lange des langues, les personnages passant du vieux fran\u00e7ais au fran\u00e7ais moderne et \u00e0 un anglais parfois tr\u00e8s scolaire&nbsp;; un univers musical tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9roclite puisque les quatre chanteurs qui apparaissent de temps \u00e0 autres sur sc\u00e8ne chantent aussi bien des chants de Cour \u00e9lisab\u00e9thains que le g\u00e9n\u00e9rique du film \u00ab&nbsp;La Boum&nbsp;\u00bb. M\u00e9lange des genres, aussi&nbsp;: les spectateurs peuvent rire une bonne partie de la pi\u00e8ce, mais certaines sc\u00e8nes surprennent, d\u00e9rangent et peuvent m\u00eame choquer. Dans tous les cas, cette pi\u00e8ce qui est \u00e0 d\u00e9couvrir jusqu\u2019au 4 octobre 2014 \u00e0 l\u2019Arsenic ne laissera certainement pas indiff\u00e9rent&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 septembre 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a title=\"Amandine Rosset\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/amandine-rosset\/\">Amandine Rosset<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.arsenic.ch\/programme\/les-filles-du-roi-lear-ou-la-veritable-histoire-de-rihanna\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte et mise en sc\u00e8ne Marielle Pinsard \/ du 26 septembre au 4 octobre 2014 \/ Arsenic\u00a0\/ Critique par Amandie Rosset.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9737,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[30],"class_list":["post-4971","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-amandine-rosset"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4971","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4971"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4971\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21685,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4971\/revisions\/21685"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9737"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4971"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4971"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4971"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}