{"id":4714,"date":"2014-06-24T10:08:54","date_gmt":"2014-06-24T08:08:54","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=4714"},"modified":"2025-02-10T13:48:09","modified_gmt":"2025-02-10T12:48:09","slug":"macbeth","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/06\/macbeth\/","title":{"rendered":"Macbeth (the notes)"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Macbeth (the notes)<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">d\u2019apr\u00e8s Shakespeare \/ adaptation et mise en sc\u00e8ne Dan Jemmett \/ Th\u00e9\u00e2tre du Jorat \u00e0 M\u00e9zi\u00e8res \/ vendredi 27 juin 2014 \/ Critiques par Joanna P\u00f6tz, Jonas Guyot et Cecilia Galindo. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 juin 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Joanna P\u00f6tz\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/joanna-potz\/\">Joanna P\u00f6tz<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">One Man Show<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"528\" height=\"260\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/07\/macbeth_notes_49.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9728\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/07\/macbeth_notes_49.jpg 528w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/07\/macbeth_notes_49-250x123.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/07\/macbeth_notes_49-300x148.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 528px) 100vw, 528px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">MACBETH (THE NOTES) (Dan Jemmett 2014)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Entre \u00ab stand up comedy \u00bb et pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, <\/em>Macbeth (the notes)<em>, con\u00e7u par Dan Jemmett et jou\u00e9 par David Ayala, jette un regard ac\u00e9r\u00e9 sur la c\u00e9l\u00e8bre pi\u00e8ce de Shakespeare et sur notre conception du th\u00e9\u00e2tre.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019ouverture, sur la sc\u00e8ne g\u00e9n\u00e9reusement \u00e9clair\u00e9e, il n\u2019y a qu\u2019une chaise et, dans un coin, une table. L\u2019unique personnage de la pi\u00e8ce appara\u00eet : il s\u2019agit du metteur en sc\u00e8ne d\u2019un <em>Macbeth<\/em>. Il commence \u00e0 commenter, f\u00e9liciter un peu, et critiquer beaucoup ses com\u00e9diens \u2013 Roger, Jean-Marc, St\u00e9phanie, Marco, etc. \u2013 fictivement incarn\u00e9s par le public. Au fil de sa revue de la \u00ab pi\u00e8ce \u00e9cossaise \u00bb, il alterne critiques aux acteurs, franchement comiques, et interpr\u00e9tations du texte de Shakespeare, \u00e0 donner la chair de poule. Il joue tour \u00e0 tour plusieurs personnages, importants ou secondaires, comme Macbeth, Lady Macbeth, ou Malcom. Peu \u00e0 peu, il se prend au jeu, s\u2019anime et manifeste plus de v\u00e9h\u00e9mence dans ses remarques. Devenu fou \u00e0 l\u2019instar du personnage dont il raconte l\u2019histoire, il finira par se d\u00e9shabiller, s\u2019installer dans une baignoire (celle dans laquelle Duncan est assassin\u00e9), se barbouiller de sang, en ressortir et d\u00e9clamer une derni\u00e8re tirade de Shakespeare.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette mise en sc\u00e8ne de <em>Macbeth<\/em>, on l\u2019a compris, est totalement originale : plut\u00f4t que d\u2019\u00eatre une version de la pi\u00e8ce, elle rel\u00e8ve le pari d\u2019en \u00eatre une r\u00e9flexion. Elle met en lumi\u00e8re sur un mode humoristique les \u00e9cueils qui menacent ceux qui s\u2019attaquent \u00e0 la mise en sc\u00e8ne d\u2019un monument shakespearien. Il y a par exemple les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la techniques \u2013 bandes sons et bruitages ridicules \u2013 ou ceux qui peuvent \u00eatre li\u00e9s au jeu des acteurs \u2013 un ivrogne peu convaincant, le mauvais usage du corps et de la pr\u00e9sence sur sc\u00e8ne. Ce spectacle d\u00e9voile ainsi les dessous du th\u00e9\u00e2tre et les conceptions qui l\u2019entourent, en laissant voir au spectateur comment se monte une pi\u00e8ce. Comment faire pour que le spectateur croie \u00e0 ce qu\u2019il voit sur sc\u00e8ne ? Est-ce d\u2019ailleurs important ? On sent derri\u00e8re cela une r\u00e9flexion autour des grandes th\u00e9ories aristot\u00e9liciennes, celles aussi du th\u00e9\u00e2tre classique, ou encore les th\u00e9ories brechtiennes. Comme l\u2019a soulev\u00e9 David Ayala dans la discussion qui a suivi la repr\u00e9sentation, ces moments sont les plus sinc\u00e8res car ils sont inspir\u00e9s de son exp\u00e9rience et de celle de Jemmett en tant que metteur en sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette mise en sc\u00e8ne offre \u00e9galement un regard particulier sur le th\u00e9\u00e2tre de Shakespeare que Jemmett et Ayala connaissent bien pour avoir mis en sc\u00e8ne et jou\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es plusieurs de ses pi\u00e8ces (notamment <em>La Com\u00e9die des erreurs<\/em> entre 2010-2012). Le metteur en sc\u00e8ne, personnage du spectacle, met en lumi\u00e8re les moments-cl\u00e9s de la pi\u00e8ce originale, ceux qui poussent par exemple Macbeth vers la folie. Il insiste ainsi sur le moment o\u00f9 Macbeth re\u00e7oit la nouvelle de l\u2019arriv\u00e9e du roi Duncan, ce qui le pousse au meurtre. La cr\u00e9ation rel\u00e8ve \u00e9galement du registre de la \u00ab stand up comedy \u00bb, une sorte de <em>one man show<\/em> improvis\u00e9 r\u00e9pandu dans le monde anglophone. Cela permet de cr\u00e9er une connivence particuli\u00e8re avec le public et de laisser une grande part d\u2019improvisation dans le spectacle &#8211; comme dans le th\u00e9\u00e2tre \u00e9lisab\u00e9thain, lorsque le texte dramatique en tant que tel n\u2019existait pas. En outre, les \u00e9l\u00e9ments de \u00ab stand up comedy \u00bb permettent d\u2019allier comique et tragique : autre caract\u00e9ristique du th\u00e9\u00e2tre shakespearien. La pi\u00e8ce propose ainsi un travail vivant et original autour de <em>Macbeth<\/em>. Pari r\u00e9ussi.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 juin 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Joanna P\u00f6tz\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/joanna-potz\/\">Joanna P\u00f6tz<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 juin 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Jonas Guyot\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonas-guyot\/\">Jonas Guyot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00ab\u00a0Impossible\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas th\u00e9\u00e2tral<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"528\" height=\"260\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/07\/macbeth_notes_49.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9728\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/07\/macbeth_notes_49.jpg 528w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/07\/macbeth_notes_49-250x123.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/07\/macbeth_notes_49-300x148.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 528px) 100vw, 528px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">MACBETH (THE NOTES) (Dan Jemmett 2014)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Apr\u00e8s la virevoltante <\/em>Com\u00e9die des erreurs<em>, le metteur en sc\u00e8ne Dan Jemmett et le com\u00e9dien David Ayala reviennent au Th\u00e9\u00e2tre du Jorat avec un nouveau spectacle. <\/em>Macbeth (the notes)<em> revisite le chef d\u2019\u0153uvre de Shakespeare, \u00e0 travers les commentaires d\u2019un metteur en sc\u00e8ne. Entre com\u00e9die et trag\u00e9die, le spectacle r\u00e9v\u00e8le les m\u00e9andres de la cr\u00e9ation d\u2019une repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Seules une chaise et une table occupent le grand plateau de la \u00ab Grange Sublime \u00bb. Un immense rideau cache le fond de la sc\u00e8ne. Il ne r\u00e9v\u00e9lera son secret qu\u2019\u00e0 la toute fin du spectacle. C\u2019est dans ce d\u00e9cor extr\u00eamement sobre que David Ayala endosse avec brio le r\u00f4le d\u2019un metteur en sc\u00e8ne. Apr\u00e8s avoir assist\u00e9 \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale de son <em>Macbeth<\/em>, il s\u2019adresse aux com\u00e9diens \u2013 en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la salle. Durant deux heures et gr\u00e2ce \u00e0 quelques notes prises sur un cahier, il commente chaque d\u00e9tail de la repr\u00e9sentation qui vient d\u2019avoir lieu \u2013 de l\u2019interpr\u00e9tation des acteurs, en passant par les motifs du costume de Lady Macbeth, et jusqu\u2019aux effets de lumi\u00e8re. A travers ses notes, il rejoue, \u00e0 lui tout seul, la pi\u00e8ce enti\u00e8re. D\u00e8s lors, le spectateur assiste \u00e0 un tourbillon de r\u00e9f\u00e9rences th\u00e9\u00e2trales mais \u00e9galement picturales, cin\u00e9matographiques, philosophiques et romanesques sur lesquelles ce metteur en sc\u00e8ne s\u2019appuie pour expliquer \u00e0 ses com\u00e9diens ce qu\u2019il attend d\u2019eux. Ces explications donnent lieu, le plus souvent, \u00e0 des situations irr\u00e9sistiblement cocasses.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son spectacle, Dan Jemmett interroge surtout la figure du metteur en sc\u00e8ne. Avec beaucoup de tendresse et d\u2019humour, il livre au spectateur tous ses petits travers : une exigence qui flirte avec la cruaut\u00e9, un discours tellement imag\u00e9 qu\u2019il appara\u00eet parfois inintelligible et des contradictions qui donnent lieu \u00e0 des situations hilarantes. <em>Macbeth (the notes)<\/em> est un hommage \u00e0 cette figure d\u00e9miurgique, mais il s\u2019agit \u00e9galement de montrer, \u00e0 travers ses doutes, les limites de son pouvoir. Le personnage avouera d\u2019ailleurs qu\u2019il n\u2019a pas \u00ab la science infuse \u00bb. Le spectateur prend alors conscience de la t\u00e2che colossale qui incombe au metteur en sc\u00e8ne : demander aux com\u00e9diens une interpr\u00e9tation que lui-m\u00eame ne peut pas fournir. Pour ce faire, le personnage accompagnera ses d\u00e9monstrations d\u2019un \u00ab je le fais mal, mais dans l\u2019id\u00e9e c\u2019est \u00e7a que je veux \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 son r\u00f4le de metteur en sc\u00e8ne, David Ayala endosse \u00e0 quelques reprises celui du personnage de Macbeth et m\u00eame celui de sa femme. Le fil des notes est alors brusquement interrompu. Durant ces br\u00e8ves incursions du texte classique, le registre comique laisse place au tragique de la pi\u00e8ce shakespearienne. David Ayala, \u00e9clair\u00e9 par un faisceau lumineux, incarne sa propre vision des personnages. Apr\u00e8s avoir mis en \u00e9vidence les nombreux pi\u00e8ges que rec\u00e8le cette pi\u00e8ce et la difficult\u00e9 de l\u2019interpr\u00e9ter, il accepte de se mettre en danger en endossant notamment le r\u00f4le de lady Macbeth, consid\u00e9r\u00e9, dans le milieu th\u00e9\u00e2tral, comme l\u2019un des personnages f\u00e9minins les plus difficiles \u00e0 jouer du r\u00e9pertoire occidental. Par ce geste, il prouve que le th\u00e9\u00e2tral est un art complexe \u00e0 la limite de l\u2019impossible. L\u2019excellente prestation de David Ayala montre que le d\u00e9fi m\u00e9rite d\u2019\u00eatre tent\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 juin 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Jonas Guyot\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonas-guyot\/\">Jonas Guyot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 juin 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Cecilia Galindo\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Macbeth, argile entre les mains du metteur en sc\u00e8ne<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"528\" height=\"260\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/07\/macbeth_notes_49.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9728\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/07\/macbeth_notes_49.jpg 528w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/07\/macbeth_notes_49-250x123.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/07\/macbeth_notes_49-300x148.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 528px) 100vw, 528px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">MACBETH (THE NOTES) (Dan Jemmett 2014)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Donner \u00e0 voir la fameuse trag\u00e9die de Shakespeare \u00e0 travers les retours et commentaires d\u2019un metteur en sc\u00e8ne hyst\u00e9rique : voici ce que le duo Dan Jemmett et David Ayala proposait au public du Th\u00e9\u00e2tre du Jorat vendredi dernier avec son adaptation comique de <\/em>Macbeth<em>. Rebaptis\u00e9e <\/em>Macbeth (the notes)<em>, cette version de la \u00ab pi\u00e8ce \u00e9cossaise \u00bb offre une perspective originale et invite les spectateurs \u00e0 d\u00e9couvrir les coulisses du monde th\u00e9\u00e2tral. Rires et frissons au rendez-vous.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la salle, il ne fait pas tout \u00e0 fait nuit. Sur la sc\u00e8ne, il n\u2019y a presque rien, hormis une chaise et une table c\u00f4t\u00e9 jardin. On attend quelques secondes, en silence. Soudain, un homme fait son entr\u00e9e d\u2019un pas vif, un cahier \u00e0 la main. L\u2019air concentr\u00e9, il s\u2019adresse au public et pr\u00e9tend \u00eatre ravi de ce qu\u2019il vient de voir sur sc\u00e8ne. Puis il confesse qu\u2019il y a encore beaucoup de travail \u00e0 faire avant d\u2019\u00eatre d\u00e9finitivement pr\u00eats pour la premi\u00e8re. Ce personnage, c\u2019est celui du metteur en sc\u00e8ne, qui occupera seul le plateau durant tout le spectacle. Il parle \u00e0 des com\u00e9diens qui joueront <em>Macbeth<\/em> (et qu\u2019on ne verra pas), commente leur jeu et ne garde aucune critique pour lui. Il sait exactement ce qu\u2019il veut et fera tout pour arriver \u00e0 la mise en sc\u00e8ne dont il r\u00eave. Jusqu\u2019\u00e0 en perdre son sang-froid.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le spectacle semble au d\u00e9part n\u2019avoir rien gard\u00e9 de la pi\u00e8ce originale, il r\u00e9serve toutefois quelques surprises au fur et \u00e0 mesure que se succ\u00e8dent les notes du metteur en sc\u00e8ne. En effet, le texte de Shakespeare refait surface de temps en temps, \u00e0 travers l\u2019apparition de divers personnages incarn\u00e9s par l\u2019unique com\u00e9dien. Comme pour interrompre le flot de commentaires, toutes les lumi\u00e8res de la salle s\u2019\u00e9teignent ? \u00e0 l\u2019exception d\u2019un projecteur qui \u00e9claire le visage de David Ayala. Celui-ci, parfois dans la peau de Macbeth, parfois dans celle de la Lady, d\u00e9clame les vers shakespeariens avec une intensit\u00e9 frissonnante. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9 et l\u2019\u00e9cho de la voix du com\u00e9dien, le public est transport\u00e9 dans un univers sombre et grave, celui de la trag\u00e9die. Puis les lumi\u00e8res se rallument, et le personnage principal fait son retour, reprenant son discours l\u00e0 o\u00f9 il l\u2019avait laiss\u00e9. Le spectacle oscille ainsi entre des moments d\u2019humour, durant lesquels le metteur en sc\u00e8ne d\u00e9veloppe son hyst\u00e9rie et ses clowneries, et des moments tragiques, qui racontent la culpabilit\u00e9 de Macbeth, la folie meurtri\u00e8re des personnages et le poids du destin.<br>En plus d\u2019\u00eatre une mani\u00e8re originale et comique d\u2019aborder la trag\u00e9die de Shakespeare, <em>Macbeth (the notes)<\/em> est un moyen pour le public d\u2019acc\u00e9der aux coulisses du spectacle ainsi qu\u2019au processus de cr\u00e9ation. Le metteur en sc\u00e8ne s\u2019adresse aux spectateurs comme s\u2019ils \u00e9taient des com\u00e9diens ? il n\u2019h\u00e9site d\u2019ailleurs pas \u00e0 descendre dans le public pour parler intimement \u00e0 l\u2019un d\u2019eux ? et mentionne diff\u00e9rents aspects directement li\u00e9s au monde du spectacle. Au fil de ses commentaires, les r\u00e9f\u00e9rences th\u00e9\u00e2trales et artistiques surgissent, allant d\u2019Artaud \u00e0 Klein, en passant m\u00eame par les Looney Tunes. Les critiques ne sont pas appr\u00e9ci\u00e9s (\u00ab il faut tuer le critique qui est en vous \u00bb, dira-t-il \u00e0 ses com\u00e9diens) et les mises en sc\u00e8ne \u00ab concurrentes \u00bb sont \u00e9voqu\u00e9es avec beaucoup d\u2019amertume. Mais l\u2019homme de th\u00e9\u00e2tre, un peu m\u00e9galomane, discutera surtout de sa propre mise en sc\u00e8ne et de ses id\u00e9es fantasques : les combinaisons en lycra sur lesquelles seront projet\u00e9es des images, les hologrammes et autres joies technologiques, la baignoire remplie de sang ou encore le hors-sc\u00e8ne sur sc\u00e8ne. Tant de descriptions, qui nous font sourire par leur c\u00f4t\u00e9 exag\u00e9r\u00e9 et st\u00e9r\u00e9otypique du th\u00e9\u00e2tre contemporain, mais qui finalement nous permettent de visualiser mentalement cette mise en sc\u00e8ne in\u00e9dite de <em>Macbeth<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant environ deux heures, le com\u00e9dien David Alaya joue, mime, danse et improvise dans un mouvement quasiment ininterrompu et fait rire le public aussi bien qu\u2019il le bouscule. Ses m\u00e9tamorphoses sont impressionnantes et apportent une r\u00e9elle dynamique au spectacle, qui en fin de compte repose presque uniquement sur son discours. Apr\u00e8s <em>La Com\u00e9die des erreurs<\/em> en 2012, Dan Jemmett et David Ayala ont su s\u00e9duire \u00e0 nouveau le public du Th\u00e9\u00e2tre du Jorat avec <em>Macbeth (the notes<\/em>). On se r\u00e9jouit d\u00e9j\u00e0 de leur prochaine visite.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 juin 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Cecilia Galindo\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatredujorat.ch\/spectacles\/macbeth-the-notes.html\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>d\u2019apr\u00e8s Shakespeare \/ adaptation et mise en sc\u00e8ne Dan Jemmett \/ Th\u00e9\u00e2tre du Jorat \u00e0 M\u00e9zi\u00e8res \/ vendredi 27 juin 2014 \/ Critiques par Joanna P\u00f6tz, Jonas Guyot et Cecilia Galindo.<\/p>\n","protected":false},"author":1420,"featured_media":9709,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,13],"tags":[37,28,24],"class_list":["post-4714","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-du-jorat","tag-cecilia-galindo","tag-joanna-potz","tag-jonas-guyot"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4714","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1420"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4714"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4714\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21692,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4714\/revisions\/21692"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9709"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4714"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4714"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4714"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}