{"id":4687,"date":"2014-06-05T09:19:35","date_gmt":"2014-06-05T07:19:35","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=4687"},"modified":"2025-02-10T13:48:22","modified_gmt":"2025-02-10T12:48:22","slug":"nobody","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/06\/nobody\/","title":{"rendered":"Nobody dies in dreamland"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Nobody dies in dreamland<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">par la Cie Love Love Hou ! en collaboration avec la Cie Latitude45 \/ mise en sc\u00e8ne Attilio Sandro Palese \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \u00e0 Lausanne \/ du 3 au 8 juin 2014 \/ Critiuqes par Cecilia Galindo, Lisa Tagliabue et Laura Pall\u00f9. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 juin 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Cecilia Galindo\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le n\u00e9ant \u00e0 la lueur des n\u00e9ons<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-1024x680.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9711\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-768x510.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-624x414.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Attilio Sandro Palese<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Quelque part entre la r\u00e9alit\u00e9 et l\u2019illusion, la derni\u00e8re cr\u00e9ation d\u2019Attilio Sandro Palese, <\/em>Nobody Dies in Dreamland<em>, invite le spectateur \u00e0 suivre le parcours chaotique de deux couples \u00e0 la recherche d\u2019un paradis perdu, qu\u2019ils ne trouveront pas. Un sujet grave trait\u00e9 avec humour et d\u00e9calage, menant \u00e0 un spectacle qui heurte par sa violence et r\u00e9jouit par sa fantaisie.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Vir\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;: le mot est \u00e9crit \u00e0 la main, en lettres majuscules, sur une feuille de papier que Luca tient entre ses doigts. L\u2019homme affiche sa nouvelle \u00e9tiquette au public pendant quelques secondes puis la r\u00e9duit en boule de papier et la jette \u00e0 terre. Au m\u00eame moment, \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne, un personnage excentrique enclenche une petite radio portable pour diffuser une musique \u00e9lectronique rythm\u00e9e ? <em>Hey boy, hey girl<\/em> des Chemical Brothers ? qui retentira \u00e0 plusieurs reprises durant le spectacle. Un autre homme entre en sc\u00e8ne, depuis le public. Il s\u2019agit de Rapha\u00ebl, en cravate et chaussures de ville. Il raconte ses vacances en Tha\u00eflande dans un monologue effr\u00e9n\u00e9 et s\u2019applique \u00e0 dire \u00e0 quel point son s\u00e9jour a \u00e9t\u00e9 sublime. On d\u00e9couvre alors successivement l\u2019histoire de Luca et Myriam, puis de Rapha\u00ebl et Barbara, deux couples, deux \u00e9chantillons de r\u00e9alit\u00e9s sociales oppos\u00e9es dont les chemins se rejoignent en un point&nbsp;: une profonde solitude.<\/p>\n\n\n\n<p>Luca et Myriam connaissent des difficult\u00e9s financi\u00e8res. Depuis que Luca a perdu son emploi, il boit beaucoup et Myriam, caissi\u00e8re \u00e0 plein temps, ne le supporte pas. Elle cherche de l\u2019aide aupr\u00e8s du r\u00e9v\u00e9rend Richie, un pasteur faux et peu recommandable dont le discours spirituel fait sourire tant il d\u00e9rive vers le cruel et l\u2019absurde. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, il y a Rapha\u00ebl et Barbara, qui m\u00e8nent une vie ais\u00e9e. Rapha\u00ebl a un job stable et un salaire suffisamment \u00e9lev\u00e9 pour payer la nouvelle poitrine de sa femme et s\u2019offrir des vacances au soleil. Mais leur voyage en Tha\u00eflande, con\u00e7ue comme une terre de r\u00eave, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 aussi merveilleux qu\u2019il le pr\u00e9tend. Rapha\u00ebl et Barbara ne se comprennent plus, ils suivent une th\u00e9rapie de couple. Et au milieu de leur discorde, le \u00ab&nbsp;solaire&nbsp;\u00bb D\u00e9d\u00e9, patron de Rapha\u00ebl et meilleur ami de Barbara, s\u00e8me le trouble.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la mise en sc\u00e8ne de cette \u00ab&nbsp;com\u00e9die sur le vide&nbsp;\u00bb, Attilio Sandro Palese, metteur en sc\u00e8ne de la <em>Cie Love Hou Hou&nbsp;!<\/em> depuis 2009, propose d\u2019ancrer l\u2019histoire dans un espace non-identifi\u00e9 o\u00f9 n\u00e9ons, guirlandes et projecteurs, enclench\u00e9s par les com\u00e9diens eux-m\u00eames, dessinent des ambiances particuli\u00e8res sugg\u00e9rant par exemple le bord d\u2019une piscine, une bo\u00eete de nuit ou encore le r\u00eave, voire le cauchemar. On ne cherche pas le r\u00e9alisme, au contraire le spectateur est souvent appel\u00e9 \u00e0 garder une certaine distance vis-\u00e0-vis de l\u2019illusion th\u00e9\u00e2trale, notamment lorsqu\u2019un com\u00e9dien crie \u00ab&nbsp;lumi\u00e8re&nbsp;!&nbsp;\u00bb pour obtenir un changement d\u2019\u00e9clairage sur le plateau, ou lorsqu\u2019il scande une phrase d\u2019une voix soutenue, syllabe apr\u00e8s syllabe. Lorsque Rapha\u00ebl et Barbara sont suppos\u00e9s faire bronzette au bord de l\u2019eau, ils sont dans la p\u00e9nombre et tout habill\u00e9s, ce qui provoque \u00e9galement un effet de distanciation. Tout comme ce personnage qui meurt dans une sc\u00e8ne, et se rel\u00e8ve l\u2019instant d\u2019apr\u00e8s sous nos yeux. Non, <em>nobody dies in dreamland<\/em>. Cet espace o\u00f9 se succ\u00e8dent sans transition distincte dialogues et monologues semble donc \u00eatre une pi\u00e8ce vide, une place de jeu dans laquelle peuvent se c\u00f4toyer r\u00e9alisme et imaginaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la question du r\u00e9el confront\u00e9 \u00e0 l\u2019illusion appara\u00eet \u00e9galement dans le th\u00e8me central de la pi\u00e8ce. Pour chaque couple, la recherche d\u2019une vie meilleure est une priorit\u00e9, mais il s\u2019av\u00e8re que leurs efforts les m\u00e8nent vers un paradis artificiel et insatisfaisant. Ils se heurtent \u00e0 des id\u00e9aux illusoires qu\u2019ils confondent avec la r\u00e9alit\u00e9. La terre promise ressemble \u00e0 une Tha\u00eflande touristique pour les uns, \u00e0 un Los Angeles boursoufl\u00e9 de n\u00e9ons pour les autres, soit des lieux o\u00f9 la r\u00e9alit\u00e9 est fabriqu\u00e9e de toutes pi\u00e8ces. De plus, par certains aspects tels que la fr\u00e9n\u00e9sie du r\u00e9v\u00e9rend Richie, l\u2019engagement pseudo-h\u00e9ro\u00efque de Luca dans l\u2019arm\u00e9e et la r\u00e9currence de termes en anglais, on aurait envie de situer l\u2019intrigue dans une Am\u00e9rique obs\u00e9d\u00e9e par la r\u00e9ussite sociale et gangr\u00e9n\u00e9e par des bonheurs artificiels, un contexte qui correspondrait aux personnalit\u00e9s confuses d\u00e9peintes dans la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Nobody Dies in Dreamland<\/em>, ce n\u2019est pas Disneyland. Le langage est parfois cr\u00fb, les situations souvent sordides et le constat plut\u00f4t amer. Cependant, gr\u00e2ce \u00e0 une \u00e9criture m\u00ealant tragique et absurde et un jeu men\u00e9 par cinq com\u00e9diens investis, on parvient \u00e0 rire de ces mis\u00e8res humaines et on ne d\u00e9croche pas du spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>A voir et appr\u00e9cier au Th\u00e9\u00e2tre 2.21 jusqu\u2019au 8 juin 2014.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 juin 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Cecilia Galindo\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 juin 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Lisa Tagliabue\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lisa-tagliabue\/\">Lisa Tagliabue<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">V\u00e9rit\u00e9 douteuse. Masque d\u2019apparence. Rien n\u2019\u00e9chappe au destin.<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-1024x680.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9711\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-768x510.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-624x414.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Attilio Sandro Palese<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Nobody dies in Dreamland<em> est une trag\u00e9die shakespearienne contemporaine sur fond de n\u00e9ons froids, de musique techno et de personnages compliqu\u00e9s et comiques \u00e0 la fois. Il y a deux histoires d\u2019amour et deux drames. Une sorte de double <\/em>Rom\u00e9o et Juliette<em> du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 Luca et Myriam, pauvres, en qu\u00eate constante de travail et d\u2019argent. De l\u2019autre, Rapha\u00ebl et sa femme, un couple heureux, du moins en apparence, et ais\u00e9. Deux couples aux antipodes l\u2019un de l\u2019autre r\u00e9unis par un destin cruel qui fait tout pour les s\u00e9parer.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Rapha\u00ebl prononce un monologue sans fin sur ses vacances en Tha\u00eflande, la terre du kitsch et du <em>fake<\/em>. Il raconte le bien-\u00eatre du soleil, de la mer, du <em>dolce far niente<\/em>. Aussit\u00f4t, toutes ces belles paroles, ces belles images, trop belles pour \u00eatre vraies, font surgir en nous une question&nbsp;: ne cache-t-il pas par ce discours un profond malheur ? Rapha\u00ebl n\u2019est pas la personne qu\u2019il veut montrer. Il se sent mal dans ses baskets. Il ne cesse pas de se comparer \u00e0 ses coll\u00e8gues, notamment \u00e0 D\u00e9d\u00e9, un vieux et tr\u00e8s cher ami d\u2019enfance de sa femme, qui est aussi, par malheur, son sup\u00e9rieur. Chez sa femme, le discours est le m\u00eame. Elle est attirante, en pleine forme, s\u00fbre d\u2019elle. Mais derri\u00e8re cette apparence, elle aussi cache autre chose. Elle est \u00e0 la recherche continuelle de l\u2019approbation des autres. Elle craint le jugement d\u2019autrui plus que la vieillesse et la mort. N\u2019est-elle pas un exemple parfait de la soci\u00e9t\u00e9 actuelle&nbsp;? D\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui n\u2019a plus de besoins vitaux r\u00e9els, mais des exigences d\u00e9sormais plus profondes, destructives et dangereuses, comme la volont\u00e9 de para\u00eetre toujours parfaits et heureux&nbsp;aux yeux des autres&nbsp;? Rapha\u00ebl et sa femme sont le clich\u00e9 du couple de cette soci\u00e9t\u00e9 superficielle fond\u00e9e sur l\u2019image.<\/p>\n\n\n\n<p>En face, Luca et sa femme. Elle, forte, grande gueule, un peu punk, un peu gar\u00e7on manqu\u00e9. C\u2019est elle qui ram\u00e8ne l\u2019argent \u00e0 la maison. Lui, alcoolique, sans travail, toujours en train de \u00ab&nbsp;glander&nbsp;\u00bb, avec un d\u00e9sir constant d\u2019aider sa famille et une toute aussi constante incapacit\u00e9 \u00e0 le faire. Cela jusqu\u2019au jour o\u00f9 il s\u2019engage dans l\u2019arm\u00e9e. Luca quitte sa famille avec la volont\u00e9 de devenir enfin le mari et le p\u00e8re qu\u2019il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9. C\u2019est \u00e0 partir de ce moment que les choses empirent. Elle, d\u00e9sormais seule, s\u2019appuie sur un pr\u00eatre (devrait-on plut\u00f4t l\u2019appeler un Dieu, vu les airs qu\u2019il se donne&nbsp;?). Luca est confront\u00e9 au m\u00eame d\u00e9mon-dieu que sa ch\u00e8re Myriam. Le couple est mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve. Comme les deux <em>amanti di Verona<\/em>, \u00e9voqu\u00e9s et incarn\u00e9s explicitement, ils doivent surmonter les \u00e9preuves de la vie pour pouvoir finalement \u00eatre heureux et \u00e9viter de succomber aux machinations du pr\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez Luca, ainsi que chez Rapha\u00ebl, la question du destin est primordiale. Ils sont plus proches que ce qui appara\u00eet \u00e0 premi\u00e8re vue. Tous deux tentent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment d\u2019\u00e9chapper au destin, \u00e0 ce dessein divin, qui peut \u00eatre plus cruel qu\u2019un couteau point\u00e9 dans le dos. Ils essaient de changer les choses, de s\u2019enfuir du r\u00f4le qui leur a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9. Arriveront-ils \u00e0 le faire&nbsp;? Ou vont-ils c\u00e9der face \u00e0 une force plus grande qu\u2019eux&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Si vous \u00eates intrigu\u00e9s par les questions profondes qui sous-tendent ce spectacle, <em>Nobody dies in Dreamland<\/em> est \u00e0 voir jusqu\u2019\u00e0 dimanche 8 juin au Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \u00e0 Lausanne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 juin 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Lisa Tagliabue\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lisa-tagliabue\/\">Lisa Tagliabue<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 juin 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Laura Pallu\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laura-pallu\/\">Laura Pall\u00f9<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les paradis artificiels<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-1024x680.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9711\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-768x510.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59-624x414.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/06\/nobody_59.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Attilio Sandro Palese<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Un couple de prol\u00e9taires rock and roll qui s\u2019adresse \u00e0 un pr\u00eatre militant fanatique et corrompu pour sauver son \u00e2me&nbsp;; un autre couple, plus ais\u00e9, qui pratique une spiritualit\u00e9 new age, mais vit de mat\u00e9rialisme et d\u2019apparences. <\/em>Nobody dies in dreamland<em> montre l\u2019\u00e9garement des hommes entre r\u00e9alit\u00e9 et croyances.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans une soci\u00e9t\u00e9 scientifique comme la n\u00f4tre, bas\u00e9e sur la raison, il y a encore des choses que nous ne comprenons pas et qu\u2019on ne peut pas contr\u00f4ler. Souvent, face \u00e0 son existence, l\u2019homme se retrouve perdu sans savoir m\u00eame les raisons de ce sentiment, comme les protagonistes de cette pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p>Luca et Rapha\u00ebl se retrouvent \u00e0 un point de leur vie o\u00f9 ils doivent faire face aux incertitudes de leur destin. Luca peine \u00e0 communiquer avec sa femme qui le m\u00e9prise, et Rapha\u00ebl n\u2019arrive pas \u00e0 trouver un boulot \u00e0 cause de ses probl\u00e8mes d\u2019alcool. Puisque la raison ne peut pas les aider dans ce type de probl\u00e8mes, les protagonistes cherchent de l\u2019aide aupr\u00e8s d\u2019une autorit\u00e9 ext\u00e9rieure, l\u2019un chez un pr\u00eatre, l\u2019autre chez un psychoth\u00e9rapeute&nbsp;: deux&nbsp; sortes de guides spirituels. Mais cette recherche de spiritualit\u00e9 n\u2019est-elle pas une fa\u00e7on d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, risquant de cr\u00e9er davantage de confusion ? Dans la pi\u00e8ce, en effet, Luca ne r\u00e9sout pas ses probl\u00e8mes de couple en pratiquant de la m\u00e9ditation avec sa femme, ni en partant avec elle pour des vacances de r\u00eave en Tha\u00eflande. Quant \u00e0 Rapha\u00ebl, en travaillant pour le pr\u00eatre qui lui promet de sauver son \u00e2me, il ne gagne rien de bon pour sa famille. Tous deux se sont fait attirer par des paradis artificiels, qui t\u00f4t ou tard se r\u00e9v\u00e8lent trompeurs, et ils devront faire face \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des faits. Il est difficile de savoir si nos actions sont vraiment d\u00e9termin\u00e9es par nous-m\u00eames ou si, quoi que l\u2019on fasse, on reste seulement des marionnettes soumises \u00e0 la volont\u00e9 de forces plus puissantes que nous. La pi\u00e8ce semble sugg\u00e9rer que, dans le doute, il vaut la peine d\u2019essayer de se rebeller.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pi\u00e8ce n\u2019aborde pas seulement le sujet de la spiritualit\u00e9 de l\u2019\u00e9poque contemporaine et des illusions. Il y est aussi question de fanatisme, de probl\u00e8mes de couple, de probl\u00e8mes du monde du travail, ainsi que des in\u00e9galit\u00e9s sociales. C\u2019est une com\u00e9die engag\u00e9e, dense et d\u00e9lirante, avec de longs dialogues. La vision critique de notre \u00e9poque que propose Palese ne vous laissera pas indiff\u00e9rents. Son analyse de la soci\u00e9t\u00e9 se distingue par une approche de fin psychologue de la nature humaine et d\u2019attentif observateur des relations entre les hommes. La force de cette com\u00e9die satirique r\u00e9side surtout dans le jeu dense et violent des com\u00e9diens, sans grande attention pr\u00eat\u00e9e au d\u00e9cor qui, dans la salle du bar du th\u00e9\u00e2tre 2.21, se limitait \u00e0 des effets de lumi\u00e8res color\u00e9es permettant de donner plus ou moins d\u2019intensit\u00e9 aux diff\u00e9rents moments. La tension du spectacle \u00e9tait donc surtout v\u00e9hicul\u00e9e par le texte de la pi\u00e8ce. Malgr\u00e9 une mise-en-sc\u00e8ne parfois excessivement brutale et d\u00e9lirante, un regard tr\u00e8s lucide et v\u00e9ridique sur l\u2019actualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 juin 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Laura Pallu\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laura-pallu\/\">Laura Pall\u00f9<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatre221.ch\/spectacles\/78\/nobody-dies-in-dreamland\">Voir la page du spectacle<\/a><br><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par la Cie Love Love Hou ! en collaboration avec la Cie Latitude45 \/ mise en sc\u00e8ne Attilio Sandro Palese \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \u00e0 Lausanne \/ du 3 au 8 juin 2014 \/ Critiuqes par Cecilia Galindo, Lisa Tagliabue et Laura Pall\u00f9.<\/p>\n","protected":false},"author":1420,"featured_media":9710,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,120],"tags":[37,115,119],"class_list":["post-4687","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-2-21-lausanne","tag-cecilia-galindo","tag-laura-pallu","tag-lisa-tagliabue"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4687","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1420"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4687"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4687\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21694,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4687\/revisions\/21694"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9710"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4687"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4687"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4687"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}