{"id":4574,"date":"2014-05-11T09:08:22","date_gmt":"2014-05-11T07:08:22","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=4574"},"modified":"2025-02-10T13:50:26","modified_gmt":"2025-02-10T12:50:26","slug":"galilee-le-mecano","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/05\/galilee-le-mecano\/","title":{"rendered":"Galil\u00e9e, le m\u00e9cano"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Galil\u00e9e, le m\u00e9cano<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">de Francesco Niccolini, Marco Paolini et Michela Signori \/ mise en sc\u00e8ne Charles Tordjman \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \u00e0 Lausanne \/ du 7 au 31 mai 2014 \/ Critique par Lisa Tagliabue. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>7 mai 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Lisa Tagliabue\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lisa-tagliabue\/\">Lisa Tagliabue<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Quand la commedia dell\u2019arte et la science se rencontrent<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/05\/galilee_6-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9699\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/05\/galilee_6-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/05\/galilee_6-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/05\/galilee_6-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/05\/galilee_6-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/05\/galilee_6-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/05\/galilee_6.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Mario del Curto<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Galil\u00e9e, le m\u00e9cano<em> est une com\u00e9die fascinante, un monologue vif. Deux heures de spectacle qui passent en une seconde. Marco Paolini nous raconte, \u00e0 sa mani\u00e8re, l\u2019histoire de Galileo Galilei, le fameux scientifique italien du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, mais il \u00e9voque aussi l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre, de son th\u00e9\u00e2tre, en Italie. Dans les mains de cet incroyable acteur-auteur-metteur en sc\u00e8ne, la vie de Galil\u00e9e devient l\u2019objet &nbsp;d\u2019une repr\u00e9sentation dr\u00f4le et satirique.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous savons tous qui est Galil\u00e9e, et l\u2019importance qu\u2019il a eue pour la science et pour la compr\u00e9hension du syst\u00e8me solaire. Certains d\u2019entre nous ont peut-\u00eatre aussi eu l\u2019occasion de lire le c\u00e9l\u00e8bre ouvrage de Bertolt Brecht <em>La Vie de Galil\u00e9e<\/em>, compos\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1930. Cependant, m\u00eame avec toutes ces connaissances, le Galil\u00e9e de Paolini r\u00e9ussit \u00e0 nous surprendre et \u00e0 nous stup\u00e9fier.<\/p>\n\n\n\n<p>Le com\u00e9dien est seul en sc\u00e8ne. Un piano et une \u00e9trange construction m\u00e9tallique en forme d\u2019ellipse \u2013 incarne-t-elle l\u2019univers&nbsp;? \u2013 lui tiennent compagnie. Paolini est l\u00e0, devant nous tous, concret et vivant. D\u00e8s les premiers moments, son habilet\u00e9 et sa qualit\u00e9 transparaissent d\u2019une mani\u00e8re totale et sublime. Tout d\u2019abord \u00e0 travers sa mani\u00e8re de s\u2019exprimer. Il passe du fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019italien de mani\u00e8re si d\u00e9sinvolte et comique que m\u00eame lors des r\u00e9pliques dans la langue de Dante, tout le monde rit. Il arrive \u00e0 parler en florentin, en v\u00e9nitien, \u00e0 prendre un accent plus m\u00e9ridional, et en m\u00eame temps \u00e0 prononcer des phrases rapides en fran\u00e7ais, le tout sans jamais ennuyer et laisser personne indiff\u00e9rent. La force de Paolini et de cet extraordinaire monologue th\u00e9\u00e2tral est l\u00e0. Il \u00e9voque les anecdotes de la vie de Galil\u00e9e, ses recherches et les probl\u00e8mes qui les suivirent, il tient m\u00eame un petit cours sur l\u2019histoire de la philosophie, et cela en gardant toujours un esprit comique, propre aux plus grands com\u00e9diens <em>dell\u2019arte<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Son Galil\u00e9e, ses inquisiteurs, ses <em>dogi<\/em> sont tous, comme lui-m\u00eame le dit, des <em>maschere.<\/em> Nous aurions donc pu croire que pour r\u00e9ussir \u00e0 faire passer des personnages si diff\u00e9rents et m\u00eame si tragiques, il aurait d\u00fb garder une distance avec eux. Mais l\u2019aspect \u00e9tonnant de cette pi\u00e8ce est qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 c\u2019est l\u2019exact contraire. Il se fond et confond, de fa\u00e7on absolue et magistrale, avec Galil\u00e9e et les autres personnages, en conservant toujours sa th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 comique. Paolini et Galil\u00e9e deviennent ainsi une seule personne. Galil\u00e9e prend vie \u00e0 travers l\u2019acteur, et ce dernier parle de la <em>commedia dell\u2019arte<\/em>, de son m\u00e9tier, \u00e0 travers Galil\u00e9e. Dans <em>Galil\u00e9e, le m\u00e9cano<\/em>, une fusion totale se produit entre science et com\u00e9die.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette assimilation entre science et com\u00e9die, entre acteur et personnage, n\u2019est d\u2019ailleurs pas la seule \u00e0 avoir lieu pendant les deux heures du spectacle. Marco Paolini dialogue constamment avec le public pr\u00e9sent. Sa mani\u00e8re de s\u2019adresser au public et d\u2019instaurer avec celui-ci des liens imm\u00e9diats est stup\u00e9fiante. D\u00e8s le d\u00e9but, en effet, les spectateurs comprennent que ce qu\u2019ils s\u2019appr\u00eatent \u00e0 voir n\u2019est pas une simple pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, mais plut\u00f4t une conversation avec eux, sur Galil\u00e9e et son livre, <em>Dialogue sur les deux grands syst\u00e8mes du monde<\/em>. Le spectacle s\u2019ouvre en effet par une simple sollicitation. Paolini demande \u00e0 la salle de faire \u00ab&nbsp;une minute de r\u00e9volution&nbsp;\u00bb. Certains se mettent donc \u00e0 crier, d\u2019autres sifflent, d\u2019autres encore chantent <em>Bandiera Rossa <\/em>et ainsi de suite. Si <em>Galil\u00e9e, le m\u00e9cano<\/em> est un monologue et s\u2019il n\u2019y a qu\u2019un seul acteur sur sc\u00e8ne, les spectateurs font eux aussi partie int\u00e9grante de la pi\u00e8ce. Le com\u00e9dien donne ainsi une nouvelle interpr\u00e9tation et un nouveau visage au dialogue imagin\u00e9 par Galil\u00e9e dans le <em>Dialogue sur les deux grands syst\u00e8mes du monde. <\/em>Les protagonistes ne sont plus Salviati, Simplicio et Sagredo, mais Marco Paolini et les spectateurs. La sc\u00e8ne n\u2019est plus uniquement l\u2019endroit physiquement marqu\u00e9 comme tel, mais la globalit\u00e9 de la salle Ren\u00e9 Gonzalez du Th\u00e9\u00e2tre de Vidy. Paolini et Galil\u00e9e sont tous les deux des artistes de la <em>commedia dell\u2019arte<\/em>, l\u2019un \u00e0 ses d\u00e9buts et l\u2019autre aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Paolini invite le public \u00e0 devenir une voix dans son monologue th\u00e9\u00e2tral autour de la figure de Galileo Galilei. Il propose un th\u00e9\u00e2tre de narration dr\u00f4le et par moment satirique. Amants du th\u00e9\u00e2tre, de la <em>commedia <\/em>ou passionn\u00e9s par la science, <em>Galil\u00e9e, le m\u00e9cano<\/em> est \u00e0 voir au Th\u00e9\u00e2tre de Vidy jusqu\u2019\u00e0 fin mai.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>7 mai 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Lisa Tagliabue\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lisa-tagliabue\/\">Lisa Tagliabue<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.vidy.ch\/galilee-le-mecano\">Voir la page du spectacle<\/a>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>de Francesco Niccolini, Marco Paolini et Michela Signori \/ mise en sc\u00e8ne Charles Tordjman \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \u00e0 Lausanne \/ du 7 au 31 mai 2014 \/ Critique par Lisa Tagliabue.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9699,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[119],"class_list":["post-4574","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-lisa-tagliabue"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4574","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4574"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4574\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21710,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4574\/revisions\/21710"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9699"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4574"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4574"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4574"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}