{"id":4463,"date":"2014-05-01T09:11:26","date_gmt":"2014-05-01T07:11:26","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=4463"},"modified":"2025-02-10T13:51:45","modified_gmt":"2025-02-10T12:51:45","slug":"paradise-now","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/05\/paradise-now\/","title":{"rendered":"Paradise Now !"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Paradise Now !<\/h2>\n\n\n<p>Cr\u00e9ation Cie Voix Publique \/ Centre Pluriculturel et social d\u2019Ouchy \/ du 29 avril au 11 mai 2014 \/ Critique par Jonas Parson.\u00a0<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>1 mai 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonas-parson\/\">Jonas Parson<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le bonheur mis \u00e0 la question<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"465\" height=\"643\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/05\/paradise.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9705\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/05\/paradise.jpg 465w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/05\/paradise-123x170.jpg 123w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/05\/paradise-145x200.jpg 145w\" sizes=\"auto, (max-width: 465px) 100vw, 465px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Centre Pluriculturel et social d\u2019Ouchy<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le bonheur, c\u2019est quoi? Un g\u00e8ne&nbsp;? Un ventre plat, des vacances \u00e0 la plage, des solutions miracles comme en proposent les magazines bien-\u00eatre ? Peut-on le trouver gr\u00e2ce aux th\u00e9ories philosophiques d\u2019Aristote, Locke ou Bentham ? Ou encore \u00e0 travers J\u00e9sus ou dans le travail? Dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l\u2019injonction \u00e0 \u00eatre heureux est omnipr\u00e9sente, la cie Voix Publique fait voler en \u00e9clat les st\u00e9r\u00e9otypes et lieux communs qui entourent cette notion, dans un tourbillon chaotique d\u2019\u00e9nergie et de rire. Un vrai moment de bonheur (sic!) \u00e0 appr\u00e9cier jusqu\u2019au 11 mai au Centre Pluriculturel d\u2019Ouchy.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Mon amour, mon ch\u00e9ri, my darling \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Affubl\u00e9s de perruques peroxyd\u00e9es sorties tout droit d\u2019une autre \u00e9poque, Vincent Bonillo et Fanny Pelichet avancent l\u2019un vers l\u2019autre au ralenti. L\u2019accent anglais avec lequel ils se couvrent de mots d\u2019amour est encore plus factice que leurs cheveux. Factices&nbsp;: c\u2019est bien le point commun \u00e0 toutes les formes de bonheur qui sont pr\u00e9sent\u00e9es dans ce spectacle&nbsp;. Avec une ironie jouissive, les lieux communs qui entourent l\u2019id\u00e9e de bonheur sont \u00e9num\u00e9r\u00e9s jusqu\u2019au trop-plein, apparaissant ainsi dans toute leur futilit\u00e9. Phrases toutes faites des amoureux, liste des id\u00e9aux du bonheur (attention, ceux-ci changent selon que l\u2019on est un homme de 60 ans, une femme ou un millionnaire), d\u00e9clarations qui sonnent comme des unes de magazines \u00ab&nbsp;wellness&nbsp;\u00bb&nbsp;: l\u2019accumulation elle-m\u00eame marque l\u2019artificialit\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments \u00e9num\u00e9r\u00e9s. Une fausset\u00e9 tellement grande qu\u2019elle semble m\u00eame contaminer&nbsp; le jeu des com\u00e9diens, qui ne croient visiblement plus \u00e0 ce qu\u2019ils sont en train de dire, dans un d\u00e9calage ironique avec leur texte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;John, il a ouvert la porte, mais c\u2019est J\u00e9r\u00e9my qui fout le feu&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A la limite du th\u00e9\u00e2tre de mouvement et de la performance musicale,&nbsp;<em>Paradise Now&nbsp;!<\/em>&nbsp;est aussi un objet hybride par la mati\u00e8re utilis\u00e9e. Les com\u00e9diens proposent une br\u00e8ve histoire des th\u00e9ories du bonheur, d\u2019Aristote \u00e0 Jeremy Bentham et \u00e0 l\u2019utilitarisme, en passant par John Locke. Mais ces consid\u00e9rations th\u00e9oriques sont mises \u00e0 mal par la performance d\u2019exercices de fitness lors de leur \u00e9nonciation, l\u2019essoufflement cr\u00e9\u00e9 par les gestes g\u00eanant la parole. La validit\u00e9 d\u2019une approche utilitariste qui pose le bonheur comme l\u2019accumulation de moments de plaisir est mise en question, mais aussi la validit\u00e9 d\u2019une approche th\u00e9orique, le corps reprenant ici ses droits. Plus loin, ce sont les th\u00e9ories g\u00e9n\u00e9tiques sur le bonheur qui sont \u00e9voqu\u00e9es. Saviez-vous que c\u2019\u00e9tait un g\u00e8ne&nbsp;? Bient\u00f4t, on pourra se greffer du bonheur de ch\u00e8vre, nous assure-t-on sur sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Mettant \u00e0 profit une multitude de jeux sc\u00e9niques diff\u00e9rents, Vincent Bonillo et Fanny Pelichet cr\u00e9ent une pi\u00e8ce d\u2019une riche h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 formelle, et qui ne perd jamais son souffle. La forme vient commenter (souvent ironiquement) le propos,&nbsp; comme dans ce moment o\u00f9 le public a droit \u00e0 deux t\u00e9moignages existentiels en simultan\u00e9&nbsp;; la d\u00e9couverte de la religion par l\u2019un, les merveilles du travail en entreprise pour l\u2019autre. Racont\u00e9es en m\u00eame temps, ces deux histoires se r\u00e9pondent, cr\u00e9ant des interf\u00e9rences qui renforcent le sentiment de faux qui s\u2019en d\u00e9gage.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un bonheur possible&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sans jamais poser de jugement, ni faire de morale, le tableau que nous offre la cie Voix Publique n\u2019est pas tr\u00e8s r\u00e9jouissant. Quel paradis, quel bonheur, quand tout ce qui touche au discours sur le bonheur n\u2019est que st\u00e9r\u00e9otypes et lieux communs&nbsp;? S\u2019enfoncer dans son travail \u2013 malgr\u00e9 les n\u00e9ons qui g\u00eanent, s\u2019abrutir devant J\u00e9sus ne semblent pas \u00eatre des solutions non plus. Constat sans complaisance qui ne se voile pas la face sur l\u2019\u00e9tat du monde aujourd\u2019hui. Mais malgr\u00e9 ces conclusions d\u00e9sillusionn\u00e9es, une lueur d\u2019espoir est rallum\u00e9e. La pi\u00e8ce se cl\u00f4t sur le t\u00e9moignage du fils de 7 ans de Vincent Bonillo, enregistr\u00e9 sur son t\u00e9l\u00e9phone : \u00ab&nbsp;le bonheur, c\u2019est quand on s\u2019est bien amus\u00e9, bien d\u00e9pens\u00e9, et qu\u2019il n\u2019y a pas eu de bagarres&nbsp;\u00bb. Un bonheur non factice serait donc possible&nbsp;? Tout ce que l\u2019on peut dire c\u2019est que vous trouverez du bonheur au Centre pluriculturel d\u2019Ouchy, et ce jusqu\u2019au 11 mai.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>1 mai 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonas-parson\/\">Jonas Parson<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.cpo-ouchy.ch\/dynpages\/programme.cfm#.U1ohy1V_vFE\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cr\u00e9ation Cie Voix Publique \/ Centre Pluriculturel et social d\u2019Ouchy \/ du 29 avril au 11 mai 2014 \/ Critique par Jonas Parson.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9705,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[123,32,34,38],"tags":[27],"class_list":["post-4463","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-centre-pluriculturel-et-social-douchy","category-critique","category-expired","category-spectacle","tag-jonas-parson"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4463","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4463"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4463\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21640,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4463\/revisions\/21640"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9705"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4463"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4463"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4463"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}