{"id":4344,"date":"2014-04-08T09:17:50","date_gmt":"2014-04-08T07:17:50","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=4344"},"modified":"2025-02-10T13:52:07","modified_gmt":"2025-02-10T12:52:07","slug":"cafe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/04\/cafe\/","title":{"rendered":"Le Caf\u00e9 des voyageurs"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le Caf\u00e9 des voyageurs<\/h2>\n\n\n<p>inspir\u00e9 de la nouvelle de Corinna Bille \/ Cie la.la.la \/ Petith\u00e9\u00e2tre de Sion \/ du 3 au 13 avril \/ Critiques par Suzanne Balharry et Alice Bottarelli.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 avril 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/suzanne-balharry\/\">&nbsp;Suzanne Balharry<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un jeu pour se souvenir<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"774\" height=\"514\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/cafe_4.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9685\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/cafe_4.jpg 774w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/cafe_4-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/cafe_4-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/cafe_4-768x510.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/cafe_4-624x414.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 774px) 100vw, 774px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Micha\u00ebl Abbet<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Fragile, troublante, la situation dans laquelle nous plonge cette pi\u00e8ce pleine de po\u00e9sie est aussi pleine de douceur et de compassion. Il s\u2019agit d\u2019un jeu auquel chaque personnage accepte de jouer pour aider les autres \u00e0 porter le poids d\u2019un souvenir. Une fiction qui les d\u00e9livre de la r\u00e9alit\u00e9, comme s\u2019ils jouaient tous une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une femme, dont le fils est mort dans un accident alors qu\u2019il rentrait aupr\u00e8s d\u2019elle, a convenu de pr\u00e9tendre un jour par an que l\u2019accident n\u2019a jamais eu lieu. Elle accueille donc le temps d\u2019un repas, dans un plan d\u2019appartement qui repr\u00e9sente celui qu\u2019elle habitait, un inconnu. Pour marquer la distance entre la r\u00e9alit\u00e9 et le jeu auquel elle se pr\u00eate, elle demande que chacun parle de soi-m\u00eame \u00e0 la troisi\u00e8me personne.<\/p>\n\n\n\n<p>La douce folie de cette femme jou\u00e9e par Anne-Fr\u00e9d\u00e9rique Rochat impose un d\u00e9cor, un langage et une histoire aux autres personnages, qui se pr\u00eatent finalement tous au jeu. Ils sont tout comme elle parfois \u00e0 deux doigts de s\u2019y perdre, avec tant de douceur qu\u2019il est tentant de les y suivre. Les sc\u00e8nes entre Margot (Marika Dreistadt) et Germain (Jean-Baptiste Roybon) nous plongent notamment dans cette tendresse. Ces trois personnages sont encadr\u00e9s par le domestique de Madame, v\u00e9ritable metteur en sc\u00e8ne du jeu et qui en tire un grand plaisir. L\u2019acteur qui incarne ce personnage est Ren\u00e9-Claude Emery, dont les mimiques rappellent parfois Jack Nicholson et dont le jeu empli de contrastes est un plaisir \u00e0 regarder.<\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e9nographie, sign\u00e9e Adrien Moretti, pr\u00e9sente au centre de la sc\u00e8ne un simple plan de l\u2019appartement dessin\u00e9 \u00e0 la craie et qui rappelle les films de Lars von Trier. L\u2019aspect \u00e9ph\u00e9m\u00e8re du dessin permet un jeu constant sur les proportions et l\u2019existence m\u00eame du d\u00e9cor. Il rappelle aussi au public que se laisser enchanter par la magie du th\u00e9\u00e2tre est un choix conscient o\u00f9 l\u2019incr\u00e9dulit\u00e9 est jet\u00e9e aux oubliettes. La sc\u00e8ne est un plateau de jeu, sur lequel chaque personnage accepte de venir tenir un r\u00f4le, endosser un costume, un maquillage, et aider les autres \u00e0 porter le poids de la situation.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019utilisation de la troisi\u00e8me personne du singulier au lieu de la premi\u00e8re, permet elle aussi une conscience du jeu, autant pour les personnages qui choisissent de jouer que pour le public. Cette pi\u00e8ce, adapt\u00e9e d\u2019une nouvelle de l\u2019auteure valaisanne Corinna Bille, est \u00e9crite et mise en sc\u00e8ne par Coline Ladetto. Dans la continuit\u00e9 de son travail sur la fronti\u00e8re entre forme th\u00e9\u00e2trale et romanesque, la metteure en sc\u00e8ne nous propose un spectacle fragile et troublant, \u00e0 voir jusqu\u2019au 13 avril au Petith\u00e9\u00e2tre de Sion.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 avril 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/suzanne-balharry\/\">&nbsp;Suzanne Balharry<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 avril 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/alice-bottarelli\/\">Alice Bottarelli<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Stupeur et affolements<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"509\" height=\"677\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/cafe_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9682\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/cafe_1.jpg 509w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/cafe_1-128x170.jpg 128w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/cafe_1-150x200.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 509px) 100vw, 509px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Micha\u00ebl Abbet<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Dans l\u2019espace \u00e9triqu\u00e9 et irr\u00e9el de l\u2019appartement de Madame Victoire se pr\u00e9pare une sc\u00e8ne maintes fois rejou\u00e9e : un d\u00eener de famille f\u00eatant le retour du fils. Pierre, parti faire ses \u00e9tudes de droit, \u00e9tait attendu par sa m\u00e8re et par son amante enceinte, il y a longtemps de cela. Pierre n\u2019est jamais revenu. Un tragique et si banal accident de train. Gliss\u00e9 sur une plaque de glace. Depuis toutes ces ann\u00e9es, les deux femmes et leur domestique Robert r\u00e9interpr\u00e8tent avidement ces retrouvailles qui n\u2019eurent jamais lieu. Et pourtant, depuis toutes ces ann\u00e9es, il ne s\u2019est encore jamais pass\u00e9 ce qui se passera aujourd\u2019hui.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une fine averse de neige s\u2019\u00e9miette au fond de la sc\u00e8ne. Elle a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9limit\u00e9 un espace, au sol. Un grand cercle noir sur les bords duquel elle s\u2019est amass\u00e9e, rivage blanc \u00e0 la ligne parfaite. Au centre, Victoire. Madame Victoire. Elle regarde droit devant elle, assise sur son tabouret minuscule, parle d\u2019une femme et de sa biblioth\u00e8que, et de la poussi\u00e8re, qui est tomb\u00e9e dessus. Elle porte une robe bleue na\u00efve, bleu ciel comme on en voit pendre aux \u00e9paules des princesses ou des poup\u00e9es. Robert, le domestique en gilet jaune et chemise blanche, s\u2019approche muni d\u2019une grande r\u00e8gle au bout d\u2019un manche, d\u2019un long pinceau, d\u2019un r\u00e9cipient \u00e0 peinture, et tire des traits par terre. Patiemment, m\u00e9ticuleusement, autour de Madame Victoire immobile, qui liste tout aussi minutieusement ses ouvrages enfouis dans l\u2019oubli. Robert d\u00e9limite. Dessine le plan de l\u2019appartement, absurdement petit. Comme si l\u2019espace imaginaire qu\u2019il d\u00e9marque ainsi devait \u00eatre, spatialement du moins, restreint, \u00e9triqu\u00e9, strict, net. Toute la pi\u00e8ce sera question de limites. De celles qu\u2019on peut franchir, outrepasser, effacer m\u00eame, et de celles qu\u2019on ne peut pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rituel commence. Victoire et Robert, de concert, inventent, d\u00e9cident de l\u2019heure et de la saison, pr\u00e9parent le d\u00eener \u00e0 venir, aussi app\u00e9tissant qu\u2019inexistant. Le verbe les fait d\u00e9miurges. Leurs actes de langage sculptent la r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019ils choisissent de fonder. Le temps de cette journ\u00e9e, qui fait c\u00e9der la porte des au-del\u00e0s, tout leur est possible, tout est permis. Robert part \u00e0 la gare chercher l\u2019inconnu qui se verra attribuer, plus ou moins contre son gr\u00e9, le r\u00f4le du fils tant aim\u00e9. Victoire, elle, attend.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Douleur et d\u00e9raillement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019entre la jeune femme, c\u2019est pour sortir du jeu. Margot n\u2019en peut plus de rejouer tous les ans les amoureuses \u00e9plor\u00e9es. Cette fois, elle s\u2019est r\u00e9solue \u00e0 quitter cet engrenage \u00e9puisant et \u00e9puis\u00e9, ce syst\u00e8me sans faille o\u00f9 il faut parler avec la distance d\u2019un \u00ab elle \u00bb, quitte \u00e0 s\u2019y oublier. Mais les d\u00e9marcations de Robert, la force centrip\u00e8te de Victoire, son propre besoin, \u00e0 elle, de se saouler de cet \u00e9puisement en essorant une fois de plus le tissu de son drame, la poussent \u00e0 rester. Ob\u00e9ir \u00e0 nouveau aux r\u00e8gles, se remaquiller pour entrer en sc\u00e8ne, remettre son sac \u00e0 dos jaune sur le devant, en guise d\u2019absurde ventre rond, vide.<br>Cette m\u00e9lancolique com\u00e9die sans \u00ab je \u00bb que se cr\u00e9ent les protagonistes, \u00e9trange, unheimlich, mais rassurante aussi par son cadre clair, par ce d\u00e9tachement qui permet ensuite de revenir au quotidien sans se perdre, va trouver un \u00e9cueil in\u00e9dit ce soir-l\u00e0. Le retour du m\u00eame. Non pas le retour pr\u00e9vu de cette figure du fils sous le visage d\u2019un \u00e9tranger, qu\u2019on fait mine de croire identique chaque fois que l\u2019ann\u00e9e a boucl\u00e9 son tour, mais l\u2019apparition d\u2019un homme \u00e0 la ressemblance si troublante qu\u2019il fait entrer un r\u00e9el impr\u00e9vu dans la fiction bien rouill\u00e9e. Le retour du m\u00eame sera plut\u00f4t, et de fa\u00e7on bien plus dangereuse, l\u2019entr\u00e9e en sc\u00e8ne de cette alt\u00e9rit\u00e9 si pareille et si proche qu\u2019elle s\u2019immisce dans le syst\u00e8me pour l\u2019effilocher de l\u2019int\u00e9rieur. L\u2019inconnu fait alors \u00e9clater les fronti\u00e8res autrefois impeccables. Les sentiments effac\u00e9s refont irruption avec une violence qui fracasse les garde-fous. Et les folies ne sont donc plus gard\u00e9es. Peu \u00e0 peu, fiction et raison se voient menac\u00e9es par une d\u00e9mence bien r\u00e9elle, contamin\u00e9es par la cassure des codes \u00e0 laquelle les soumettent tour \u00e0 tour les personnages.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019importance des formes, la question des conventions arbitraires et pourtant respect\u00e9es, la relation du soi \u00e0 un avatar fictionnel ou social, sont autant de pr\u00e9occupations qui jaillissent de l\u2019\u00e9criture de Coline Ladetto. Inspir\u00e9, mais d\u00e9tach\u00e9, d\u2019une nouvelle de Corinna Bille,&nbsp;<em>Le Caf\u00e9 des voyageurs<\/em>&nbsp;joue avec finesse sur l\u2019ivresse du m\u00e9ta-th\u00e9\u00e2tre. Le th\u00e8me sans \u00e2ge de la r\u00e9surrection (ou du fils-revenant, ou de l\u2019Ulysse rendu \u00e0 sa patrie) renvoie par \u00e9cho au proc\u00e9d\u00e9 m\u00eame de la r\u00e9\u00e9criture. De la m\u00eame mani\u00e8re, le personnage de Victoire, qui tisse sa trame en m\u00eame temps qu\u2019elle s\u2019y prend au pi\u00e8ge, questionne la posture de l\u2019auteur. En somme, la pi\u00e8ce interroge l\u2019impact et les risques d\u2019une fiction perm\u00e9able, que la vie cr\u00e9e comme \u00e9chappatoire, mais qui laisse aussi, par la m\u00eame fen\u00eatre, entrer l\u2019\u00e9garement et le vertige.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rigueur et d\u00e9ploiement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9cor, d\u2019abord sobre et propre, subit au fil du spectacle l\u2019impulsion de d\u00e9sordre ressentie par les personnages. Un d\u00e9sordre visc\u00e9ral, impulsif, salvateur \u2013 ou du moins, lib\u00e9rateur. Un choix de mise en sc\u00e8ne habile : le plateau devient un terreau organique o\u00f9 se dessinent les contacts et conflits qui cr\u00e9pitent entre les personnages. Ceux-ci, de par le jeu aiguis\u00e9 des quatre com\u00e9diens, pr\u00e9sentent une complexit\u00e9 qui, m\u00eame apr\u00e8s la fin de la repr\u00e9sentation, ne se laisse pas r\u00e9duire \u00e0 quelques traits ou une interpr\u00e9tation univoque, mais continue d\u2019\u00e9voquer, de faire \u00e9cho.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet de Coline Ladetto repose donc en grande partie sur un jeu formel, subtil et bien men\u00e9, mais loin d\u2019\u00eatre \u00e9vident d\u2019embl\u00e9e. Il s\u2019agit d\u00e8s lors d\u2019un pari ambitieux, vis-\u00e0-vis du spectateur qui ne se voit pas servir le sens sur un plateau, mais de qui l\u2019on requiert un certain engagement interpr\u00e9tatif (ou du moins cognitif). Peut-\u00eatre difficiles \u00e0 saisir au d\u00e9but pour qui n\u2019a pas une id\u00e9e pr\u00e9alable de l\u2019intrigue, les enjeux et les codes d\u00e9ploy\u00e9s au fil de la pi\u00e8ce s\u2019\u00e9veillent petit \u00e0 petit dans toute leur ampleur, et l\u2019apparente opacit\u00e9 du texte fait place \u00e0 un foisonnement de lectures possibles. D\u00e8s lors, c\u2019est avec grand plaisir qu\u2019on s\u2019immerge dans cet affolement des limites, aussi rapidement bris\u00e9es que remplac\u00e9es par d\u2019autres. On ressent, \u00e0 voir ployer le r\u00e9el, \u00e0 voir les fictions se plier et se d\u00e9plier autour de personnages aussi \u00e9tourdis que nous par leur vacillement, une sensation de trouble captiv\u00e9. Et la pi\u00e8ce de continuer de r\u00e9sonner bien apr\u00e8s les applaudissements. Peut-\u00eatre est-ce cela, la&nbsp;<em>catharsis<\/em>&nbsp;postmoderne ?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 avril 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/alice-bottarelli\/\">Alice Bottarelli<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.petitheatre.ch\/_janvier_juin_14\/10_cafe\/cafe.php\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>inspir\u00e9 de la nouvelle de Corinna Bille \/ Cie la.la.la \/ Petith\u00e9\u00e2tre de Sion \/ du 3 au 13 avril \/ Critiques par Suzanne Balharry et Alice Bottarelli.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9684,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[32,34,122,38],"tags":[20,36],"class_list":["post-4344","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-petitheatre-sion","category-spectacle","tag-alice-bottarelli","tag-suzanne-balharry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4344","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4344"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4344\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21646,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4344\/revisions\/21646"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9684"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4344"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4344"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4344"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}