{"id":4296,"date":"2014-04-03T17:09:31","date_gmt":"2014-04-03T15:09:31","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=4296"},"modified":"2025-02-10T13:52:56","modified_gmt":"2025-02-10T12:52:56","slug":"requiem","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/04\/requiem\/","title":{"rendered":"Requiem de Salon"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Requiem de Salon<\/h2>\n\n\n<p>mise en sc\u00e8ne Andrea Novicov \/ TPR \u00e0 la Chaux-de-fonds \/ du 1 au 4 avril \/ Critique par Deborah Strebel.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 avril 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une smala en \u00e9bullition<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"533\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/requiem_3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9693\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/requiem_3.jpg 533w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/requiem_3-113x170.jpg 113w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/04\/requiem_3-133x200.jpg 133w\" sizes=\"auto, (max-width: 533px) 100vw, 533px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Marc Vanappelghem<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Dynamique huis clos familial,&nbsp;<\/em>Requiem de Salon<em>&nbsp;est une foisonnante cr\u00e9ation cumulant les r\u00e9f\u00e9rences et m\u00e9langeant les registres. Au sein d\u2019un espace restreint, une fratrie enti\u00e8re s\u2019agite autour de la figure centrale de la m\u00e8re fantasque. Abordant avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 des th\u00e9matiques universelles telles que le mensonge, l\u2019absence ou les rapports familiaux en g\u00e9n\u00e9ral, le spectacle offre un charmant divertissement.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tel un \u00eelot isol\u00e9 au milieu d\u2019un vaste oc\u00e9an noir, un salon bourgeois \u00e9carlate s\u2019illumine au centre de la sc\u00e8ne. Au sol, plusieurs tapis dispos\u00e9s les uns sur les autres dessinent un grand carr\u00e9 rouge. Par dessus, sont dispos\u00e9s une table, un canap\u00e9 et un piano. Chaque meuble est rectangulaire. Le mur, lui aussi de forme carr\u00e9e, est recouvert de photographies, d\u2019esquisses et d\u2019autres souvenirs. Chaque \u00e9l\u00e9ment est encadr\u00e9, pr\u00e9cis\u00e9ment comme l\u2019est un portrait de famille \u2013 celui auquel nous assisterons.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9unis \u00e0 l\u2019appel de leur m\u00e8re mourante, les quatre enfants se rendent \u00e0 son chevet. L\u2019attachante matriarche exhibant \u00e0 son cou un \u00e9tincelant collier-spirale dor\u00e9 digne de ceux port\u00e9s par les \u00ab femmes-girafes \u00bb padaungs, semble vivre ses derniers instants. Elle est d\u2019ailleurs v\u00eatue d\u2019un manteau vert, ce qui selon l\u2019ancienne superstition issue du milieu th\u00e9\u00e2tral n\u2019est pas bon signe : Moli\u00e8re portait cette couleur juste avant de mourir, lors de son ultime interpr\u00e9tation du&nbsp;<em>Malade imaginaire<\/em>&nbsp;en 1673. Suffocante par moments mais aussi visit\u00e9e par de grands \u00e9lans lyriques, la veuve se souvient de son mari artiste et h\u00e9ros r\u00e9volutionnaire. Elle continue \u00e0 entretenir son mythe en relatant ses nombreux exploits devant ses enfants. Ces derniers, blas\u00e9s par ces r\u00e9cits et surtout lass\u00e9s d\u2019\u00eatre \u00e0 nouveau convoqu\u00e9s afin d\u2019assister pour la \u00e9ni\u00e8me fois \u00e0 la mort \u00ab surjou\u00e9e \u00bb de leur m\u00e8re, tentent de trouver tous les stratag\u00e8mes possibles pour mettre rapidement fin au supplice et vaquer \u00e0 nouveau \u00e0 leurs occupations du weekend. Mais c\u2019est sans compter l\u2019esprit vif de la vieille dame, qui parvient \u00e0 les garder aupr\u00e8s d\u2019elle. De l\u2019a\u00een\u00e9e, forte de caract\u00e8re, au fils intellectuel, en passant par la fille musicienne et confuse sans oublier la cadette r\u00eaveuse, tous les membres de la fratrie finissent par demeurer ensemble, une fois encore.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019origine, Andrea Novicov, l\u2019ancien directeur du th\u00e9\u00e2tre Arc-en-sc\u00e8nes, avait pr\u00e9vu de travailler sur une autre pi\u00e8ce. Malheureusement, au dernier moment, alors que la distribution \u00e9tait achev\u00e9e et que plus d\u2019une dizaine de th\u00e9\u00e2tres \u00e9taient convaincus, il n\u2019a pas obtenu les droits pour la repr\u00e9senter. C\u2019est alors qu\u2019il a command\u00e9&nbsp;<em>in extremis<\/em>&nbsp;un texte in\u00e9dit aux deux auteurs Marie Fourquet et Camille Rebetez. Les seules consignes de d\u00e9part \u00e9taient de concevoir un projet facile \u00e0 jouer dans diff\u00e9rents endroits. De plus, l\u2019histoire devait \u00eatre simple, le but \u00e9tant de permettre au spectateur de s\u2019identifier facilement aux personnages. C\u2019est la raison pour laquelle surgissent ici des th\u00e8mes universels comme celui de la famille, la dialectique entre l\u2019absence et la pr\u00e9sence, le mensonge. S\u2019en est suivi un v\u00e9ritable travail collectif. Les auteurs ont imagin\u00e9 une trame sommaire ; les com\u00e9diens s\u2019en sont empar\u00e9s et ont improvis\u00e9. Leurs diverses trouvailles lors des r\u00e9p\u00e9titions ont permis de r\u00e9\u00e9crire les dialogues.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9sultat de cette bouillonnante collaboration est dense. Le spectacle varie les formes th\u00e9\u00e2trales. Il a par exemple recours \u00e0 un proc\u00e9d\u00e9 de th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre mais pratique \u00e9galement le th\u00e9\u00e2tre chant\u00e9, genre un peu boud\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Il \u00e9voque aussi les codes du classicisme en r\u00e9interpr\u00e9tant, \u00e0 sa mani\u00e8re, la r\u00e8gle des trois unit\u00e9s. Enfin texte et musique m\u00e9langent les registres. Lors de son monologue, une jeune auxiliaire de vie chantonne un titre de Joe Dassin et r\u00e9cite une chanson de L\u00e9o Ferr\u00e9 comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un po\u00e8me tandis que Grace, la seule fille \u00e0 vivre encore aupr\u00e8s de sa m\u00e8re, joue inlassablement un requiem classique. Cette confrontation entre la \u00ab high culture \u00bb et la \u00ab low culture \u00bb est \u00e9galement pr\u00e9sente au sein m\u00eame des r\u00e9pliques. La m\u00e8re impatiente de recevoir ses enfants peut ainsi dire \u00e0 son aide soignante russe : \u00ab Envoyez Herm\u00e8s et qu\u2019il me ram\u00e8ne un sac \u00bb, r\u00e9unissant non sans humour mythologie grecque et soci\u00e9t\u00e9 de consommation.<\/p>\n\n\n\n<p>Spectacle riche en allusions et en personnages typ\u00e9s,&nbsp;<em>Requiem de Salon<\/em>&nbsp;parvient \u00e0 faire passer les spectateurs du rire aux larmes. \u00c9tonnant et abondant projet transfrontalier, la pi\u00e8ce, con\u00e7ue l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier et jou\u00e9e pour la premi\u00e8re fois au Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Orangerie \u00e0 Gen\u00e8ve, a tourn\u00e9 par la suite en France. Elle revient d\u00e9sormais en Suisse jusqu\u2019au 4 avril pour le plus grand plaisir du public neuch\u00e2telois.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 avril 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.arcenscenes.ch\/programme\/saison-2013-2014\/detail\/spectacle\/requiem-de-salon\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>mise en sc\u00e8ne Andrea Novicov \/ TPR \u00e0 la Chaux-de-fonds \/ du 1 au 4 avril \/ Critique par Deborah Strebel.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9694,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,121],"tags":[31],"class_list":["post-4296","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-arc-en-scenes-chaux-de-fonds","tag-deborah-strebel"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4296","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4296"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4296\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21666,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4296\/revisions\/21666"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9694"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4296"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4296"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4296"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}