{"id":4161,"date":"2014-03-13T08:30:13","date_gmt":"2014-03-13T07:30:13","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=4161"},"modified":"2025-02-10T13:55:11","modified_gmt":"2025-02-10T12:55:11","slug":"biches","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/03\/biches\/","title":{"rendered":"Les Biches"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les Biches<\/h2>\n\n\n<p>conception et jeu Fran\u00e7oise Boillat, Rachel Esseiva Heger et Johanne Kneub\u00fchler \u2013 Cie du Gaz \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \u00e0 Lausanne \/ du 13 au 16 mars 2014 \/ Critique par Deborah Strebel.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 mars 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Voyage au bout de la nuit<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"897\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/03\/biches_4.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9640\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/03\/biches_4.jpg 897w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/03\/biches_4-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/03\/biches_4-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/03\/biches_4-768x514.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/03\/biches_4-624x417.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 897px) 100vw, 897px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Xavier Voirol<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Entre th\u00e9\u00e2tre et performance,&nbsp;<\/em>Les Biches<em>&nbsp;propose une exp\u00e9rience aussi angoissante que fascinante, \u00e0 la crois\u00e9e de l\u2019effroi et de l\u2019empathie et au c\u0153ur de l\u2019univers d\u00e9rang\u00e9 des tueurs en s\u00e9rie. Davantage r\u00e9flexion artistique sur un lugubre sujet que simple divertissement, cette cr\u00e9ation emm\u00e8ne le spectateur au sein des plus obscurs tr\u00e9fonds de l\u2019\u00e2me humaine.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les portes s\u2019ouvrent sur une musique festive. Les spectateurs entrent dans la salle le sourire aux l\u00e8vres en entendant cet air entra\u00eenant. Une fois \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la petite et sombre salle 1 du th\u00e9\u00e2tre 2.21, ils d\u00e9chantent pourtant aussit\u00f4t en se retrouvant directement confront\u00e9s \u00e0 trois corps de jeunes femmes dispers\u00e9s sur la sc\u00e8ne, culottes baiss\u00e9es. Plus proche de celle d\u2019une cave obscure o\u00f9 gisent trois cadavres que de celle d\u2019un espace de divertissement, l\u2019atmosph\u00e8re devient alors fort d\u00e9rangeante. Sur le mur sont projet\u00e9es des citations de tueurs en s\u00e9rie r\u00e9els \u2013 toujours accompagn\u00e9es de cette ent\u00eatante chanson de vari\u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement enjou\u00e9e. Tout le spectacle sera ainsi construit, alternant instants frisant l\u2019horreur et moments l\u00e9gers au ton licencieux compos\u00e9s de plaisanteries grivoises. L\u2019humour noir semble en effet indispensable ici pour acc\u00e9der \u00e0 l\u2019univers complexe et perturb\u00e9 des&nbsp;<em>serials killers.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Car c\u2019est bien ce monde ambigu qu\u2019a voulu explorer la Compagnie du Gaz. Fond\u00e9e en 2003 pour la cr\u00e9ation d\u2019un feuilleton th\u00e9\u00e2tral intitul\u00e9&nbsp;<em>Dysfonctions et Maltraitances<\/em>, jou\u00e9 l\u2019ann\u00e9e suivante \u00e0 La Chaux-de-Fonds, elle s\u2019\u00e9tait alors d\u00e9j\u00e0 sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019humour noir. A pr\u00e9sent, la m\u00eame compagnie a choisi de traiter un sujet macabre et h\u00e9las toujours actuel&nbsp;: les&nbsp;assassins r\u00e9cidivistes. Terrifiants mais captivants, ils sont omnipr\u00e9sents dans les romans ou films policiers et sp\u00e9cialement visibles dans plusieurs nouvelles s\u00e9ries am\u00e9ricaines telles que&nbsp;<em>Dexter<\/em>&nbsp;(Showtime) ou plus r\u00e9cemment&nbsp;<em>Hannibal<\/em>(NBC). N\u00e9anmoins, ce n\u2019est pas dans le but de \u00ab&nbsp;faire peur&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;se faire peur&nbsp;\u00bb que les trois conceptrices du projet, Fran\u00e7oise Boillat, Rachel Esseiva Heger et Johanne Kneub\u00fchler, ont d\u00e9cid\u00e9 de travailler sur cette th\u00e9matique. Elles proposent uniquement une r\u00e9flexion, se demandant comment un \u00eatre humain peut commettre des actes aussi abjects que la torture, le viol ou le cannibalisme. Elles placent ainsi le spectateur dans une situation d\u00e9sagr\u00e9able et g\u00eanante, \u00e0 mi-chemin entre le d\u00e9go\u00fbt et la fascination, entre le rejet et la piti\u00e9. Pour y parvenir, un long travail de pr\u00e9paration a \u00e9t\u00e9 entrepris, dont la mati\u00e8re principale a \u00e9t\u00e9 les t\u00e9moignages v\u00e9ridiques de tueurs en s\u00e9rie et de certains rescap\u00e9s. Les \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es par St\u00e9phane Bourgoin, \u00e9crivain fran\u00e7ais et libraire sp\u00e9cialis\u00e9 dans la criminologie, dont la femme a par ailleurs \u00e9t\u00e9 sauvagement abus\u00e9e avant d\u2019\u00eatre assassin\u00e9e, sont venues compl\u00e9ter les sources. En r\u00e9sulte une pr\u00e9sentation de divers psychopathes, admirablement interpr\u00e9t\u00e9s, \u00e9voquant leur premi\u00e8re exp\u00e9rience sexuelle d\u00e9viante ou leur meurtre d\u2019une mani\u00e8re atrocement banale. Ils racontent comment ils ont tu\u00e9, d\u00e9coup\u00e9 et m\u00eame ingurgit\u00e9 leur victime d\u2019un air naturel et innocent. Ce d\u00e9calage entre la violence extr\u00eame des faits expos\u00e9s et le ton d\u00e9contract\u00e9 des intervenants glace le sang.<\/p>\n\n\n\n<p>Heureusement, entre ces redoutables monologues, d\u2019autres sc\u00e8nes plus l\u00e9g\u00e8res apportent donc un peu d\u2019oxyg\u00e8ne et de d\u00e9contraction. Comme ce passage sur la pr\u00e9paration du cocktail \u00ab&nbsp;Le Petit Gr\u00e9gory&nbsp;\u00bb, compos\u00e9 d\u2019une \u00ab&nbsp;larme de gin&nbsp;\u00bb et d\u2019une \u00ab&nbsp;rivi\u00e8re de tonique&nbsp;\u00bb, o\u00f9 l\u2019on plonge un morceau de sucre attach\u00e9 \u00e0 une olive. Le nom du breuvage fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019affaire Gr\u00e9gory, ce meurtre d\u2019un jeune gar\u00e7on de quatre ans dont le corps a \u00e9t\u00e9 jet\u00e9 dans la rivi\u00e8re la Vologne en 1984. Cette sc\u00e8ne, jou\u00e9e dans&nbsp;<em>Les Biches<\/em>&nbsp;par les trois actrices, est en r\u00e9alit\u00e9 extraite du film&nbsp;<em>C\u2019est arriv\u00e9 pr\u00e8s de chez vous<\/em>, le premier long-m\u00e9trage de Beno\u00eet Poelvoorde sorti en 1992. Clin d\u2019\u0153il \u00e0 cet incontournable reportage fictif qui raconte l\u2019histoire d\u2019un tueur \u00e0 gages non sans humour noir, cette sc\u00e8ne reprend mot pour mot le savoureux dialogue d\u00e9cal\u00e9 clam\u00e9 autrefois par l\u2019acteur et r\u00e9alisateur belge.<\/p>\n\n\n\n<p>Indispensable outil pour acc\u00e9der au monde malade et malsain des tueurs en s\u00e9rie, l\u2019humour grin\u00e7ant permet ainsi de guider le public. Voyage dans les tr\u00e9fonds de l\u2019\u00e2me humaine,&nbsp;<em>Les Biches<\/em>&nbsp;bouscule afin de susciter des sentiments vari\u00e9s, allant de la col\u00e8re au d\u00e9go\u00fbt, en passant par la fascination voire par une \u00e9ventuelle compassion coupable. Que de frissons, face \u00e0 ces r\u00e9cits fragment\u00e9s des c\u00e9l\u00e8bres meurtriers multir\u00e9cidivistes, dont le vampire de Brooklyn, l\u2019ogre de Santa Cruz ou encore le sadique de Romont&nbsp;! A exp\u00e9rimenter sans attendre au th\u00e9\u00e2tre 2.21 jusqu\u2019au 16 mars.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 mars 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatre221.ch\/spectacles\/75\/les-biches\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>conception et jeu Fran\u00e7oise Boillat, Rachel Esseiva Heger et Johanne Kneub\u00fchler \u2013 Cie du Gaz \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \u00e0 Lausanne \/ du 13 au 16 mars 2014 \/ Critique par Deborah Strebel.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9640,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,120],"tags":[31],"class_list":["post-4161","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-2-21-lausanne","tag-deborah-strebel"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4161","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4161"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4161\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21752,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4161\/revisions\/21752"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9640"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4161"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4161"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4161"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}