{"id":3990,"date":"2014-03-10T14:42:47","date_gmt":"2014-03-10T13:42:47","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=3990"},"modified":"2025-02-10T13:55:42","modified_gmt":"2025-02-10T12:55:42","slug":"scenes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/03\/scenes\/","title":{"rendered":"Sc\u00e8nes de la vie conjugale"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Sc\u00e8nes de la vie conjugale<\/h2>\n\n\n<p>d\u2019apr\u00e8s Ingmar Bergman \/ mise en sc\u00e8ne et interpr\u00e9tation par la Compagnie tg STAN \/ Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais \u00e0 Gen\u00e8ve \/ du 27 f\u00e9vrier au 8 mars 2014\u00a0 \/ Critique par Jonas Parson.\u00a0<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 mars 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonas-parson\/\">Jonas Parson<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Sc\u00e8nes de la vie th\u00e9\u00e2trale<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"798\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/03\/scenes_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9667\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/03\/scenes_1.jpg 1200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/03\/scenes_1-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/03\/scenes_1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/03\/scenes_1-768x511.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/03\/scenes_1-1024x681.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/03\/scenes_1-624x415.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Dylan Piaser<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Sexe, violence et d\u00e9ception. Dans cette adaptation des&nbsp;<\/em>Sc\u00e8nes de la vie conjugale<em>, s\u00e9rie r\u00e9alis\u00e9e par Ingmar Bergman pour la t\u00e9l\u00e9vision su\u00e9doise en 1972, c\u2019est un portrait sans fard de la vie de couple, en 6 sc\u00e8nes, que dresse la compagnie belge tg STAN jusqu\u2019au 8 mars au th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais. Plongeant dans les incoh\u00e9rences, les peurs et la tendresse qui constituent souvent la vie en couple, Ruth Vega Fernandez et Frank Vercruyssen nous offrent un moment magique.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les deux com\u00e9diens c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, face au public, la pi\u00e8ce se cl\u00f4t telle qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait ouverte. Mais du couple parfait aux divorc\u00e9s devenus \u00e0 nouveau amants adult\u00e8res, la roue a tourn\u00e9 sans revenir \u00e0 la m\u00eame place. Car cette pi\u00e8ce ne parle pas tant du d\u00e9litement d\u2019un couple face \u00e0 ses propres failles, que du fait que les ruptures ne sont jamais aussi nettes que l\u2019on le voudrait, et la raison s\u2019efface souvent devant les \u00e9motions. Devant la difficult\u00e9 d\u2019oublier tant d\u2019ann\u00e9es et de projets communs, il s\u2019agit de d\u00e9m\u00ealer et ren\u00e9gocier une nouvelle forme de rapport \u00e0 l\u2019autre. Amiti\u00e9, haine, violence et amour se m\u00e9langent et font tourner la t\u00eate aux deux personnages, coinc\u00e9s dans leurs espoirs, leurs d\u00e9ceptions et leurs d\u00e9sirs.<\/p>\n\n\n\n<p>A les en croire, Johann et Marianne \u2013 mari\u00e9s depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, deux enfants, venant de la bourgeoisie ais\u00e9e \u2013 sont l\u2019exemple d\u2019un couple parfait. Aucun coup de foudre n\u2019est intervenu entre eux. Ils se sont mari\u00e9s car c\u2019\u00e9tait un choix tout \u00e0 fait raisonnable.&nbsp; D\u00e9cisions rationnelles et utilitaires qui&nbsp; dictent une vie de convenance, importance de la famille, absence de passion, ce portrait des valeurs bourgeoises ne m\u00e9nage pas son propos.<\/p>\n\n\n\n<p>Leur mariage finit par voler en \u00e9clat, et la communication parfaite sur laquelle semblait fond\u00e9e leur relation s\u2019av\u00e8re un leurre quand Johann d\u00e9clare qu\u2019il m\u00e9prise ses enfants et r\u00eave de partir depuis quatre ans. Mais les s\u00e9parations ne sont jamais aussi propres et d\u00e9finitives, et les retrouvailles espac\u00e9es des deux anciens \u00e9poux se jouent entre la haine et le d\u00e9sir. Vingt ans apr\u00e8s leur mariage, Marianne s\u2019est remari\u00e9e, et ils sont devenus amants. Alors seulement, ils semblent enfin pouvoir se parler sans mensonges, honn\u00eatement et sans pr\u00e9tention.&nbsp; Ayant abandonn\u00e9 la convention et le bon sens de leur premi\u00e8re rencontre, ils se sont retrouv\u00e9s \u00e0 travers la passion et l\u2019irrationalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La cie tg STAN- un acronyme pour \u00ab&nbsp;Stop Thinking About Names&nbsp;\u00bb a un rapport particulier au th\u00e9\u00e2tre et au jeu, y apportant une fra\u00eecheur et une vitalit\u00e9 incroyables. Cr\u00e9\u00e9e il y a 25 ans en Belgique, cette troupe refuse la dictature d\u2019un metteur en sc\u00e8ne, travaillant en collectif autour d\u2019un texte que les com\u00e9diens r\u00e9p\u00e8tent tr\u00e8s peu. La pi\u00e8ce se monte \u00e0 travers un \u00e9change intense autour de la lecture du texte. Mais la particularit\u00e9 de ce collectif est cette volont\u00e9 de marquer l\u2019acte de repr\u00e9sentation qu\u2019est le jeu th\u00e9\u00e2tral. Ainsi, il ne s\u2019agit pas de donner au public l\u2019illusion d\u2019une r\u00e9alit\u00e9, mais de lui faire voir un com\u00e9dien, sur un plateau, qui \u00e9prouve le texte et les autres com\u00e9diens. Le com\u00e9dien ne s\u2019efface pas derri\u00e8re son r\u00f4le, mais interagit avec le public \u2013 ils sont d\u00e9j\u00e0 sur sc\u00e8ne lorsque le public rentre, l\u2019accueillant, riant avec lui, abolissant la traditionnelle s\u00e9paration entre la sc\u00e8ne et la salle. Cette non-s\u00e9paration est d\u2019ailleurs marqu\u00e9e par les lumi\u00e8res qui restent allum\u00e9es du c\u00f4t\u00e9 du public, associant ainsi ce dernier \u00e0 l\u2019espace sc\u00e9nique, cr\u00e9ant une complicit\u00e9 avec les com\u00e9diens.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux-ci oscillent entre jeu et description des actions, passant d\u2019une r\u00e9plique \u00e0 l\u2019\u00e9nonciation d\u2019une didascalie sans changer de ton, annon\u00e7ant la fin de la sc\u00e8ne et expliquant le titre de la suivante. Il s\u2019agit ainsi de sortir d\u2019un r\u00e9alisme qui n\u2019est qu\u2019une illusion, pour offrir quelque chose de&nbsp; vrai. Ce rapport \u00e0 l\u2019illusion s\u2019illustre \u00e0 merveille dans la sc\u00e8ne o\u00f9 les personnages d\u00e9cident de passer \u00e0 table. Plut\u00f4t que de jouer une sc\u00e8ne de repas, les com\u00e9diens jouent le dialogue qui l\u2019accompagne, tout en s\u2019affairant \u00e0 cr\u00e9er une image de table apr\u00e8s un repas- des assiettes avec des restes dedans, des verres sales et des serviettes chiffonn\u00e9es, permettant ainsi tant aux personnages- \u00e0 travers le dialogue- qu\u2019aux com\u00e9diens- \u00e0 travers l\u2019installation du plateau- d\u2019\u00eatre pr\u00e9sents en m\u00eame temps. Un peu plus tard, une sc\u00e8ne de violence conjugale se d\u00e9roule de la m\u00eame mani\u00e8re. Nous expliquant que les deux personnages commencent \u00e0 se battre tr\u00e8s violemment, ils se griment sur sc\u00e8ne, affichant visages ensanglant\u00e9s et tum\u00e9fi\u00e9s, habits d\u00e9chir\u00e9s. La sc\u00e8ne de combat, comme celle du repas, est figur\u00e9e par une action visant \u00e0 donner l\u2019effet final de la sc\u00e8ne. Ce proc\u00e9d\u00e9 joue ainsi sur les effets techniques utilis\u00e9s dans le th\u00e9\u00e2tre pour donner une sensation de r\u00e9alit\u00e9, transformant les sc\u00e8nes en des tableaux quasi abstraits.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour appr\u00e9cier la facture du masque, il s\u2019agit de le montrer comme masque, comme factice, et dans un jeu constant entre la r\u00e9alit\u00e9 et le jeu, cr\u00e9er un univers fascinant. La cie tg STAN r\u00e9ussit ainsi \u00e0 offrir une pi\u00e8ce l\u00e9g\u00e8re et amusante par sa forme, tout en \u00e9tant touchante et tr\u00e8s forte par son fond.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans sacrifier le fond \u00e0 la forme, cette pi\u00e8ce offre un portrait sans piti\u00e9 de la vie de couple et du mariage, peignant des personnages faibles et inquiets, ridicules et touchants \u00e0 travers un jeu d\u2019une justesse incroyable \u2013 Ruth Vega Fernandez est \u00e0 couper le souffle en femme fragile et d\u00e9vast\u00e9e- pour deux heures et demi de pur plaisir.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 mars 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonas-parson\/\">Jonas Parson<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.saintgervais.ch\/programme\/detail\/scenes-de-la-vie-conjugale\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>d\u2019apr\u00e8s Ingmar Bergman \/ mise en sc\u00e8ne et interpr\u00e9tation par la Compagnie tg STAN \/ Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais \u00e0 Gen\u00e8ve \/ du 27 f\u00e9vrier au 8 mars 2014\u00a0 \/ Critique par Jonas Parson.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9667,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,8,38],"tags":[27],"class_list":["post-3990","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-maison-saint-gervais","category-spectacle","tag-jonas-parson"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3990","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3990"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3990\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21763,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3990\/revisions\/21763"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9667"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3990"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3990"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3990"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}