{"id":337,"date":"2013-10-25T09:44:54","date_gmt":"2013-10-25T07:44:54","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=337"},"modified":"2025-02-10T13:36:38","modified_gmt":"2025-02-10T12:36:38","slug":"trois-monsieur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2013\/10\/trois-monsieur\/","title":{"rendered":"Monsieur Chasse !"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Monsieur Chasse !<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">de G.\u00a0Feydeau \/ mise en sc\u00e8ne Robert Sandoz \/ Th\u00e9\u00e2tre du Jorat \u00e0 M\u00e9zi\u00e8res \/ du 3 au 6 octobre 2013 \/ Critiques par Aitor Gosende, Cecilia Galindo et Suzanne Balharry. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/aitor-gosende\">Aitor Gosende<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Ciel, quel Feydeau !<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"480\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-1024x480.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21917\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-1024x480.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-300x141.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-250x117.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-768x360.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-1536x720.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Le Th\u00e9\u00e2tre du Jorat avait d\u00e9j\u00e0 accueilli en 2003 et 2004 deux spectacles de Feydeau. Le ma\u00eetre des vaudevilles semble bien \u00eatre une valeur s\u00fbre et ce n\u2019est pas ce Monsieur Chasse&nbsp;! d\u2019une efficacit\u00e9 redoutable qui nous fera dire le contraire. A l\u2019aide d\u2019un d\u00e9cor astucieux, Robert Sandoz, audacieux metteur en sc\u00e8ne neuch\u00e2telois, nous offre une com\u00e9die bien ficel\u00e9e qui ne manquera pas de faire rire m\u00eame les plus aust\u00e8res d\u2019entre nous.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si cette pi\u00e8ce est dot\u00e9e d\u2019une \u00e9nergie extraordinaire, elle demande forc\u00e9ment \u00e0 ce que les com\u00e9diens en aient tout autant. De ce point de vue-l\u00e0, c\u2019est simplement et parfaitement r\u00e9ussi. On remarquera notamment Samuel Churin, que Robert Sandoz avait d\u00e9j\u00e0 choisi pour jouer dans l\u2019\u00e9tonnant Oc\u00e9an mer, et qui incarne ici Duchotel, mari cocufiant puis cocufi\u00e9. Laurence Iseli, impeccable en \u00e9pouse b\u00e9casse et ind\u00e9cise. Enfin, Joan Mompart incarne Moricet, l\u2019amant, mais quel amant&nbsp;! Le romand d\u2019origine catalane vole au-dessus de la sc\u00e8ne, tant\u00f4t cach\u00e9 sous un lit, tant\u00f4t sautant par la fen\u00eatre, il aura sans nul doute servi la performance la plus \u00e9poustouflante de la soir\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir relev\u00e9 en 2002 le d\u00e9fi de La Servante d\u2019Olivier Py, spectacle-fleuve d\u2019une dur\u00e9e de 24h (!), guid\u00e9 plus de quatre-vingts com\u00e9diens dans Oc\u00e9an mer en 2007, les deux pi\u00e8ces repr\u00e9sent\u00e9es au Th\u00e9\u00e2tre du Passage \u00e0 Neuch\u00e2tel, Robert Sandoz \u00e0 pour le moins l\u2019habitude des mises en sc\u00e8ne grandioses et innovantes. Il ne d\u00e9roge pas \u00e0 la r\u00e8gle dans son dernier spectacle. Bien que les personnages soient seulement au nombre de six et que la pi\u00e8ce ne dure pas plus de deux heures, le neuch\u00e2telois insuffle sa magie dans un d\u00e9cor bourr\u00e9 d\u2019inventivit\u00e9. L\u2019armoire \u2013 cachette de l\u2019amant, le lit \u2013 lieu du cocufiage, la fen\u00eatre \u2013 \u00e9chappatoire nocturne, tous les \u00e9l\u00e9ments chers au vaudeville sont pr\u00e9sents et servent formidablement le comique de la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce Monsieur Chasse&nbsp;!, c\u2019est un vaudeville classique, c\u2019est une \u00e9quipe de com\u00e9diens fabuleux, c\u2019est un metteur en sc\u00e8ne inspir\u00e9, c\u2019est deux heures de rire et de bonheur. Le Th\u00e9\u00e2tre du Jorat accueillera cette excellente prestation encore deux soirs, le vendredi et le dimanche. Allez-y les yeux ferm\u00e9s, c\u2019est tout ce qu\u2019on aime et m\u00eame un peu plus.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/aitor-gosende\">Aitor Gosende<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Monsieur chasse, Madame se f\u00e2che, l\u2019amant tombe la chemise\u2026 et le pantalon\u00a0!<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"480\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-1024x480.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21917\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-1024x480.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-300x141.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-250x117.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-768x360.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-1536x720.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>La derni\u00e8re cr\u00e9ation du metteur en sc\u00e8ne neuch\u00e2telois Robert Sandoz, lecture originale et dynamique du vaudeville de Feydeau&nbsp;<\/em>Monsieur chasse&nbsp;!<em>, a fait trembler les murs du Th\u00e9\u00e2tre du Jorat vendredi soir. Les rires des spectateurs font partie de cette agitation, mais ce ne sont pas les seuls.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un coup de feu retentit et fait vibrer la salle&nbsp;: la saison de la chasse est ouverte, le spectacle peut commencer.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9cor est sobre, un mur de ton clair au motif \u00e9cossais assorti au sol de la sc\u00e8ne et au canap\u00e9, qui est l\u2019unique pi\u00e8ce de mobilier apparent \u00e0 l\u2019ouverture du spectacle. L\u2019abondance et la richesse des \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9cor dont Feydeau fait la liste d\u00e9taill\u00e9e dans ses didascalies en d\u00e9but de chaque acte ont \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9es. Ici, on ne garde que le n\u00e9cessaire pour faire ressurgir l\u2019essentiel, et si un objet ne sert plus, on le fait dispara\u00eetre. C\u2019est le d\u00e9but d\u2019un spectacle qui s\u2019av\u00e8rera mouvement\u00e9 et ponctu\u00e9 d\u2019apparitions inattendues.<\/p>\n\n\n\n<p>On l\u2019aura devin\u00e9, la sc\u00e9nographie, sign\u00e9e Nicole Gr\u00e9dy, n\u2019\u00e9voque plus grand-chose du luxe de la Belle \u00e9poque. Il en va de m\u00eame pour l\u2019apparence des personnages&nbsp;: disparus les corsets et les moustaches en pointe, le style rappelle d\u00e9sormais les ann\u00e9es 1950. Sans oublier la r\u00e9currence du motif \u00e0 carreaux, qui s\u2019affiche non seulement dans le d\u00e9cor, mais aussi sur les v\u00eatements et m\u00eame jusqu\u2019aux sous-v\u00eatements.<\/p>\n\n\n\n<p>Robert Sandoz propose donc une version \u00e9tonnante de la pi\u00e8ce de Feydeau, accordant une importance visuelle toute particuli\u00e8re aux personnages, qui se d\u00e9marquent avec nettet\u00e9 et relief de cet environnement minimaliste et uniformis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019accent est \u00e9galement mis sur la gestuelle, les com\u00e9diens se d\u00e9pla\u00e7ant avec \u00e9l\u00e9gance et pr\u00e9cision, comme des danseurs s\u2019appliqueraient \u00e0 pr\u00e9senter une chor\u00e9graphie ma\u00eetris\u00e9e. Mention sp\u00e9ciale pour le com\u00e9dien suisse Joan Mompart, qui en est \u00e0 deux collaborations avec le metteur en sc\u00e8ne neuch\u00e2telois et la compagnie&nbsp;<em>L\u2019outil de la ressemblance<\/em>&nbsp;(<em>Le Combat oridnaire<\/em>, 2012), dont les gestes accompagnent le texte avec beaucoup d\u2019humour.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les com\u00e9diens ne sont pas les seuls \u00e0 se mouvoir, puisque les objets, eux aussi, se d\u00e9placent. En effet, les caract\u00e8res ludique et mobile du d\u00e9cor ? le canap\u00e9 qui coulisse, la table qui glisse, les portes et fen\u00eatres qui apparaissent et disparaissent ? ajoutent \u00e0 la pi\u00e8ce un dynamisme qui s\u2019accorde plut\u00f4t bien avec la tonicit\u00e9 du jeu des com\u00e9diens. Tout est en mouvement, m\u00eame les murs, qui bougent et d\u00e9voilent parfois des ouvertures secr\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais de quoi s\u2019agit-il au fond&nbsp;?&nbsp;<em>Monsieur chasse&nbsp;!<\/em>&nbsp;, comme le titre l\u2019indique, c\u2019est d\u2019abord une histoire de chasse. Non, c\u2019est plut\u00f4t une histoire de portes, qui s\u2019ouvrent et se ferment. Ou peut-\u00eatre est-ce une histoire de pantalon. C\u2019est probablement tout cela \u00e0 la fois. Mais&nbsp;<em>Monsieur chasse&nbsp;!<\/em>, c\u2019est surtout une repr\u00e9sentation du comportement de l\u2019humain, lorsque celui-ci se retrouve confront\u00e9 \u00e0 un dilemme entre le d\u00e9sir et la raison. Comme l\u2019explique le metteur en sc\u00e8ne, \u00ab&nbsp;les personnages de Feydeau sont des funambules en \u00e9quilibre entre leurs pulsions et leur volont\u00e9 de confort&nbsp;\u00bb, deux p\u00f4les au milieu desquels la d\u00e9finition de l\u2019amour est remise en question. L\u00e9ontine aime son mari et n\u2019est pas pr\u00eate \u00e0 le tromper, malgr\u00e9 les avances de Moricet, lui-m\u00eame ami dudit mari. Mais lorsqu\u2019elle apprend que son \u00e9poux pr\u00e9texte une partie de chasse pour aller retrouver sa ma\u00eetresse, Madame envisage l\u2019adult\u00e8re par vengeance. Jusqu\u2019\u00e0 ce que la culpabilit\u00e9 s\u2019installe 40 rue d\u2019Ath\u00e8nes et dirige l\u2019intrigue vers une histoire polici\u00e8re, un trait que Robert Sandoz souligne, en partie \u00e0 travers une musique de film noir et un jeu de lumi\u00e8res efficace.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il s\u2019agit d\u2019un vaudeville et les quiproquos ainsi que les \u00e9v\u00e9nements cocasses sont au rendez-vous, ce qui permet d\u2019aborder le sujet avec une certaine l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Certains passages sont bien \u00e9videmment attendus mais l\u2019on parvient tout de m\u00eame \u00e0 s\u2019en d\u00e9lecter, et ceci notamment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation convaincante des six com\u00e9diens.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ceux qui n\u2019ont pas encore eu l\u2019occasion de voir ce Feydeau revisit\u00e9, la pi\u00e8ce sera jou\u00e9e une derni\u00e8re fois au Th\u00e9\u00e2tre du Jorat le dimanche 6 octobre pour clore en feu d\u2019artifice la saison de cette \u00ab&nbsp;sc\u00e8ne \u00e0 la campagne&nbsp;\u00bb, ou le 18 octobre \u00e0 la salle CO2 de Bulle. Pr\u00e9sent\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en janvier 2011, la pi\u00e8ce a d\u00e9j\u00e0 visit\u00e9 de nombreux th\u00e9\u00e2tres suisses et fran\u00e7ais, ce qui en dit beaucoup sur le succ\u00e8s rencontr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/suzanne-balharry\">Suzanne Balharry<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Trompera bien qui trompera le dernier<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"480\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-1024x480.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21917\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-1024x480.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-300x141.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-250x117.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-768x360.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03-1536x720.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/ASB-2013-03.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Les canap\u00e9s roulent \u00e0 travers la sc\u00e8ne, les portes claquent et le mur se d\u00e9compose en une cascade de fen\u00eatres. Madame d\u00e9couvre l\u2019adult\u00e8re de son mari avec une rage explosive. Dans sa transposition du vaudeville de Feydeau aux ann\u00e9es cinquante, Robert Sandoz l\u2019accompagne par un d\u00e9cor surprenant et des jeux de lumi\u00e8re dramatiques. A l\u2019abri dans le public, on en redemande.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il surprend tout d\u2019abord, le choix de mise en sc\u00e8ne de cette pi\u00e8ce du XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, loin de d\u00e9naturer la pi\u00e8ce, fait surgir tout le dynamisme des dialogues d\u00e9cha\u00een\u00e9s de Monsieur Chasse&nbsp;!, jou\u00e9 ce week-end au Th\u00e9\u00e2tre du Jorat de M\u00e9zi\u00e8res. Monsieur se voit naturellement toujours oblig\u00e9 de fuir l\u2019appartement de sa ma\u00eetresse par la fen\u00eatre, mais les \u00e9l\u00e9ments des ann\u00e9es cinquante ajoutent \u00e9galement une libert\u00e9 de mouvement \u00e0 la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p>Les costumes, jupes et pantalons, rendent en effet facile m\u00eame pour les femmes de bondir sur les lits. Sur le mur \u00e0 carreaux burberrys, les trappes et les placards disparaissent et r\u00e9apparaissent sans qu\u2019on puisse tout \u00e0 fait les discerner. Quant \u00e0 la radio, elle permet la soudaine interruption des acteurs par un reportage sur la fid\u00e9lit\u00e9 des animaux. La propret\u00e9 carr\u00e9e du motif et les meubles qui glissent sur la sc\u00e8ne donnent une impression de confort et de s\u00e9curit\u00e9 que les pulsions de Monsieur et la col\u00e8re de Madame d\u00e9truisent pour notre plus grand plaisir.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette transposition souligne par ailleurs le fait que le th\u00e8me de la pi\u00e8ce est d\u2019actualit\u00e9 \u00e0 toutes les \u00e9poques, et si au XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle il est difficile pour une \u00e9pouse de ne pas choisir sa r\u00e9putation plut\u00f4t que la vengeance, la premi\u00e8re grande mise en sc\u00e8ne du neuch\u00e2telois &nbsp;nous montre des personnages entiers et imp\u00e9tueux comme cette \u00e9pouse forte qui, m\u00eame lorsqu\u2019elle pardonne, n\u2019oublie pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Les acteurs romands jouent les dialogues avec un naturel convaincant qui donne une cr\u00e9dibilit\u00e9 aux personnages m\u00eame lorsqu\u2019ils incarnent des st\u00e9r\u00e9otypes, tels que celui du mari infid\u00e8le jou\u00e9 par Samuel Churin, qui s\u2019enfonce avec ent\u00eatement dans des mensonges plus aberrants les uns que les autres. Aux c\u00f4t\u00e9s de la femme fid\u00e8le jou\u00e9e par Laurence Iseli, on trouve aussi, dans le r\u00f4le de l\u2019amoureux transi tentant de la s\u00e9duire, l\u2019irr\u00e9sistible acteur et metteur en sc\u00e8ne Joan Mompart, qui tenait \u00e9galement le r\u00f4le principal dans l\u2019adaptation pour le th\u00e9\u00e2tre qu\u2019avait faite Robert Sandoz en f\u00e9vrier dernier de la bande dessin\u00e9e Le Combat ordinaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Joan Mompart contribue grandement au rythme prenant du vaudeville, surtout lorsqu\u2019il ponctue les arguments l\u00e2ch\u00e9s \u00e0 demi-mots par des expressions faciales hilarantes et des d\u00e9placements \u00e9nergiques tels que le saut qu\u2019on d\u00e9couvre sur l\u2019affiche. La pi\u00e8ce se d\u00e9roule telle une partition, et on reste m\u00eame absorb\u00e9s pendant les changements de sc\u00e8ne, o\u00f9 les techniciens d\u00e9placent les d\u00e9cors en dansant le chachacha.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Th\u00e9\u00e2tre du Jorat se pr\u00eate parfaitement \u00e0 l\u2019\u00e9nergie de la pi\u00e8ce. A l\u2019abri au milieu de pr\u00e8s de sept cent personnes, nous d\u00e9couvrons les explosions de la sc\u00e8ne, servies par une excellente acoustique. Monsieur Chasse&nbsp;! est le dernier spectacle de la saison du th\u00e9\u00e2tre d\u2019\u00e9t\u00e9, et nous nous r\u00e9jouissons que commence la prochaine.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/suzanne-balharry\">Suzanne Balharry<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/archive.theatredujorat.ch\/spectacle\/monsieur-chasse\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>de G.\u00a0Feydeau \/ mise en sc\u00e8ne Robert Sandoz \/ Th\u00e9\u00e2tre du Jorat \u00e0 M\u00e9zi\u00e8res \/ du 3 au 6 octobre 2013 \/ Critiques par Aitor Gosende, Cecilia Galindo et Suzanne Balharry.<\/p>\n","protected":false},"author":1420,"featured_media":21916,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,13],"tags":[23,37,36],"class_list":["post-337","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-du-jorat","tag-aitor-gosende","tag-cecilia-galindo","tag-suzanne-balharry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/337","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1420"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=337"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/337\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21918,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/337\/revisions\/21918"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21916"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=337"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=337"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=337"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}