{"id":2576,"date":"2014-01-31T16:10:34","date_gmt":"2014-01-31T15:10:34","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=2576"},"modified":"2025-02-10T13:56:46","modified_gmt":"2025-02-10T12:56:46","slug":"petite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/01\/petite\/","title":{"rendered":"La Petite Fille aux allumettes"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La Petite Fille aux allumettes<\/h2>\n\n\n<p>d\u2019apr\u00e8s Hans Christian Andersen \/ mise en sc\u00e8ne Julie Annen \/ Petit Th\u00e9\u00e2tre de Lausanne \/ du 29 janvier au 16 f\u00e9vrier \/ Critiques par Cecilia Galindo, Suzanne Balharry, Jonas Guyot.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 janvier 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Et si on changeait la fin de l\u2019histoire ?<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"531\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/02\/petite_8.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9618\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/02\/petite_8.jpg 531w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/02\/petite_8-113x170.jpg 113w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/02\/petite_8-133x200.jpg 133w\" sizes=\"auto, (max-width: 531px) 100vw, 531px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 P\u00e9n\u00e9lope Henriod<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Dans la derni\u00e8re cr\u00e9ation de Julie Annen, une version lumineuse de&nbsp;<\/em>La Petite Fille aux allumettes<em>, quatre com\u00e9diens racontent et jouent les mirages d\u2019une petite fille victime du froid et de l\u2019indiff\u00e9rence. A la fin du conte, Hans Christian Andersen soufflait sur la vie de l\u2019enfant comme sur une bougie \u00e0 la flamme vacillante, mais qu\u2019en pensent les enfants ?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Deux r\u00e9verb\u00e8res, uniques objets du d\u00e9cor, s\u2019allument alors que la salle s\u2019assombrit. \u00ab Chut, \u00e7a commence ! \u00bb, les spectateurs sont tout ou\u00efe. A travers des enregistrements sonores, on entend des enfants s\u2019exprimer au sujet de ce conte populaire et de son d\u00e9nouement tragique : certaines oreilles innocentes n\u2019acceptent pas la mort de la fillette et se demandent si la fin ne m\u00e9riterait pas quelques modifications. Mais avant de parler de la fin, revenons au d\u00e9but. Les com\u00e9diens apparaissent sur la sc\u00e8ne et se placent en ligne, face au public. Une voix de petite fille raconte sa situation, devenue pr\u00e9caire du jour au lendemain, et fait part de la mission que son p\u00e8re lui a donn\u00e9e : braver le froid et aller dans la petite ville trouver des allumettes. A partir de l\u00e0, les quatre com\u00e9diens prennent le relai et se partagent la narration de ce conte d\u2019une nuit d\u2019hiver.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Du r\u00e9el\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour sa r\u00e9\u00e9criture de&nbsp;<em>La Petite Fille aux allumettes<\/em>, Julie Annen a m\u00eal\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire originale des touches de r\u00e9el qui appartiennent \u00e0 sa propre enfance. Ainsi, la jeune fille sans nom d\u2019entr\u00e9e \u00e9voque de sa voix fluette la crise et la pr\u00e9carit\u00e9 soudaine, le camping-car comme nouvelle maison et enfin le d\u00e9sarroi de ses parents, qui sont repr\u00e9sentatifs d\u2019une situation que la metteuse en sc\u00e8ne a bien connu durant plusieurs mois lorsqu\u2019elle avait quatorze ans. \u00ab La pr\u00e9carit\u00e9, l\u2019isolement, la honte et les questions sans r\u00e9ponse compr\u00e9hensible ont \u00e9t\u00e9 mon quotidien pendant ces quelques mois \u00bb, confie-t-elle. En partant d\u2019\u00e9v\u00e9nements plus ou moins r\u00e9cents ancr\u00e9s dans la r\u00e9alit\u00e9, Julie Annen offre alors aux spectateurs du Petit th\u00e9\u00e2tre de Lausanne une version moderne du conte \u2013 les allumettes sont d\u2019ailleurs remplac\u00e9es par un briquet \u2013 qui invite \u00e9videmment \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur des probl\u00e8mes actuels.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2026\u00e0 l\u2019imaginaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si le r\u00e9el fait partie int\u00e9grante du processus d\u2019\u00e9criture, l\u2019imaginaire s\u2019engouffre dans la mise en sc\u00e8ne pour notre plus grand plaisir. Avec trois fois rien, les com\u00e9diens donnent \u00e0 voir la neige, la dinde de No\u00ebl, le po\u00eale \u00e0 bois fumant ou encore la for\u00eat angoissante. En plus d\u2019incarner des personnages humains, tels ceux d\u2019une grosse femme, d\u2019un journaliste ou du maire de la ville, ils s\u2019investissent aussi dans des r\u00f4les plus fous pour donner vie par exemple \u00e0 la dinde dor\u00e9e, qui chante et danse joyeusement, ou \u00e0 Monsieur le sapin de No\u00ebl. Et la petite fille ? Outre le visage form\u00e9 par une constellation de points lumineux (une sorte de guirlande qui relie un r\u00e9verb\u00e8re \u00e0 l\u2019autre), elle n\u2019est pas l\u00e0 sur sc\u00e8ne. Cependant, on per\u00e7oit sa pr\u00e9sence non seulement gr\u00e2ce \u00e0 sa petite voix, mais aussi \u00e0 travers le regard parfois fuyant des personnages. La metteuse en sc\u00e8ne a \u00e9galement veill\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer au spectacle le fruit de l\u2019imagination et certains ressentis d\u2019enfants belges, suisses et fran\u00e7ais, auxquels il avait \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 d\u2019imaginer une fin alternative. Ce seront leurs propositions qui concluront le spectacle, parmi lesquelles surgit une v\u00e9rit\u00e9 am\u00e8re : si on l\u2019avait \u00e9cout\u00e9e, cette petite fille ne serait probablement pas morte de froid.<\/p>\n\n\n\n<p>Un spectacle qui pla\u00eet aux petits, et qui touche les plus grands. A voir jusqu\u2019au 16 f\u00e9vrier 2014 au Petit Th\u00e9\u00e2tre de Lausanne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 janvier 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 janvier 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/suzanne-balharry\/\">Suzanne Balharry<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Dure actualit\u00e9 et narration f\u00e9\u00e9rique<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"533\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/02\/petite_11.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9617\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/02\/petite_11.jpg 533w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/02\/petite_11-113x170.jpg 113w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/02\/petite_11-133x200.jpg 133w\" sizes=\"auto, (max-width: 533px) 100vw, 533px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 P\u00e9n\u00e9lope Henriod<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>La tristesse de&nbsp;<\/em>La Petite Fille aux allumettes<em>&nbsp;fond comme la neige sous les lumi\u00e8res f\u00e9\u00e9riques et les musiques joyeuses de cette cr\u00e9ation de Pan ! (La Compagnie). L\u2019histoire est triste, et il ne faut pas oublier qu\u2019elle raconte une dure r\u00e9alit\u00e9, mais on peut la raconter avec douceur.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9sir de mettre en sc\u00e8ne le conte de Hans Christian Andersen est venu \u00e0 Julie Annen apr\u00e8s la lecture de l\u2019histoire avec son fils, avec le d\u00e9sir de r\u00e9pondre aux nombreuses questions qu\u2019\u00e9veillait en lui la fin tragique. Sa mise en sc\u00e8ne se passe aujourd\u2019hui et s\u2019inspire notamment de ses propres souvenirs d\u2019enfance. Quand elle avait quatorze ans, sa famille a \u00e9t\u00e9 plong\u00e9e dans la pr\u00e9carit\u00e9 et s\u2019est vue forc\u00e9e d\u2019emm\u00e9nager dans un camping-car. Elle souligne donc dans son adaptation du conte, avec humour et douceur, combien l\u2019histoire de la petite fille est d\u2019actualit\u00e9 et combien la situation est grave pour ceux que la pauvret\u00e9 exclut, plonge dans l\u2019isolement, et que nul ne souhaite plus voir.<\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e9nographie propose comme simple d\u00e9cor deux lampadaires, une guirlande de no\u00ebl et un plateau nu qui mettent en valeur la performance des com\u00e9diens. Ceux-ci donnent vie aux diff\u00e9rents tableaux de l\u2019histoire par des chor\u00e9graphies imag\u00e9es qui illustrent \u00e0 la fois les rencontres de la petite fille avec des personnages et avec des objets anim\u00e9s qu\u2019elle imagine. Ils jouent ainsi non seulement la grand-m\u00e8re ou le journaliste, mais aussi le sapin de no\u00ebl et l\u2019incroyable dinde dor\u00e9e qui danse le cancan sur un air de Marie-Paule Belle. Ces sc\u00e8nes pleines de magie sont cadr\u00e9es par la narration du conte par la voix de la petite fille elle-m\u00eame, qui confie ses inqui\u00e9tudes au sujet du sort de ses parents et s\u2019interroge sur la meilleure mani\u00e8re d\u2019\u00e9chapper au froid.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les premiers instants puis \u00e0 la toute fin de la pi\u00e8ce, des enregistrements de voix d\u2019enfants commentent l\u2019histoire. Rencontr\u00e9s par Julie Annen en Belgique, en France et en Suisse, ces enfants expliquent avec des mots simples mais pleins de justesse ce qu\u2019ils ressentent notamment par rapport \u00e0 la fin tragique de la fillette, qui les attriste mais qu\u2019il faut accepter puisque tout le monde meurt un jour. Ces commentaires, parfaitement clairs pour les petits, font r\u00e9fl\u00e9chir les plus grands sur la mani\u00e8re dont on explique la violence du monde aux enfants. Ils ouvrent, comme le souhaite la metteure en sc\u00e8ne, un espace de dialogue et de questionnement autour de l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Julie Annen a une douzaine de pi\u00e8ces \u00e0 son actif, dont&nbsp;<em>La Sorci\u00e8re du Placard aux Balais<\/em>&nbsp;(2005),&nbsp;<em>La Temp\u00eate<\/em>&nbsp;(2007),&nbsp;<em>Messieurs les enfants<\/em>&nbsp;(2008) et&nbsp;<em>Ceux qui courent<\/em>&nbsp;(2009). Son adaptation chaleureuse et r\u00e9aliste de&nbsp;<em>La Petite Fille aux allumettes<\/em>&nbsp;est \u00e0 voir au Petit Th\u00e9\u00e2tre de Lausanne jusqu\u2019au 16 f\u00e9vrier.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 janvier 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/suzanne-balharry\/\">Suzanne Balharry<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 janvier 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/jonas-guyot\/\">Jonas Guyot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le briquet remplace les allumettes<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"796\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/petite_5.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9597\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/petite_5.jpg 1200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/petite_5-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/petite_5-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/petite_5-768x509.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/petite_5-1024x679.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/petite_5-624x414.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 P\u00e9n\u00e9lope Henriod<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Dans une version tr\u00e8s contemporaine de&nbsp;<\/em>La Petite Fille aux allumettes<em>, Julie Annen se penche sur une histoire qui marque les enfants depuis de nombreuses g\u00e9n\u00e9rations. Cette r\u00e9\u00e9criture pleine de fantaisie et de r\u00e9f\u00e9rences au monde contemporain a su pr\u00e9server l\u2019esprit du texte original. Si la question de la mis\u00e8re mat\u00e9rielle reste la pr\u00e9occupation majeure de l\u2019histoire, Julie Annen n\u2019aborde pas cette th\u00e9matique comme une fatalit\u00e9.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Deux lampadaires diffusent une p\u00e2le lumi\u00e8re sur la sc\u00e8ne. Sous ces deux faisceaux lumineux apparaissent quatre personnages. De leurs poches, ils sortent des flocons de neige. Une fine pellicule blanche recouvre peu \u00e0 peu le sol. La lumi\u00e8re et la neige sont l\u00e0, il ne manque plus que la petite fille et ses allumettes.<\/p>\n\n\n\n<p>La petite fille, nous ne la verrons pas, seule sa voix marquera sa pr\u00e9sence. L\u2019absence physique du personnage renforce efficacement le sentiment d\u2019indiff\u00e9rence des habitants du village \u00e0 son \u00e9gard. Tout le monde ignore cette enfant ; la grosse dame est bien trop occup\u00e9e \u00e0 cuisiner une app\u00e9tissante dinde derri\u00e8re sa fen\u00eatre, le maire \u2013 pourtant un ami de ses parents \u2013 ne fait rien pour l\u2019aider \u00e0 trouver les fameuses allumettes qui permettraient de r\u00e9chauffer sa m\u00e8re. Le seul qui lui apporte un peu de r\u00e9confort, c\u2019est Diego, une \u00ab racaille \u00bb qui se cache dans les bois avec sa bande de brigands. Avec ce voleur au c\u0153ur tendre, Julie Annen insuffle un peu de solidarit\u00e9 dans l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>A d\u00e9faut d\u2019allumettes, Diego offre un briquet \u00e0 la petite fille. Cette r\u00e9\u00e9criture veut signifier que, aujourd\u2019hui, la mis\u00e8re n\u2019a pas encore disparu : elle a seulement chang\u00e9 de forme. Julie Annen, en s\u2019inspirant notamment d\u2019un \u00e9pisode de sa propre vie, adapte l\u2019histoire \u00e0 notre \u00e9poque. Elle transforme ainsi le miteux appartement sous les toits du r\u00e9cit d\u2019Andersen en une vieille caravane pleine de trous. La petite fille n\u2019est pas n\u00e9e pauvre, elle l\u2019est devenue \u00e0 la suite de la faillite de son p\u00e8re. Ce conte trouve donc un \u00e9cho dans une p\u00e9riode d\u2019incertitude financi\u00e8re o\u00f9 la crise et la hausse du ch\u00f4mage peuvent briser des familles.<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce que propose Julie Annen pr\u00e9sente des personnages hauts en couleur et des chansons amusantes formant une ambiance l\u00e9g\u00e8re et lumineuse. La fin tragique du conte ne diff\u00e8re pourtant pas de celle d\u2019Andersen. Cependant, si cette fin demeure dramatique, elle n\u2019a pas pour but d\u2019accabler et de culpabiliser le public. A la fin du spectacle, \u00e0 travers quelques extraits sonores, Julie Annen donne la parole aux enfants afin qu\u2019ils proposent des solutions pour transformer le funeste destin de la petite fille en une fin heureuse. Le public ressortira de ce spectacle en \u00e9tant conscient que la mis\u00e8re frappe encore des familles, tout en restant confiant en l\u2019avenir.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 janvier 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/jonas-guyot\/\">Jonas Guyot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p>Voir la page du spectacle <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>d\u2019apr\u00e8s Hans Christian Andersen \/ mise en sc\u00e8ne Julie Annen \/ Petit Th\u00e9\u00e2tre de Lausanne \/ du 29 janvier au 16 f\u00e9vrier \/ Critiques par Cecilia Galindo, Suzanne Balharry, Jonas Guyot.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9597,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,4,38],"tags":[37,24,36],"class_list":["post-2576","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-le-petit-theatre","category-spectacle","tag-cecilia-galindo","tag-jonas-guyot","tag-suzanne-balharry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2576","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2576"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2576\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21803,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2576\/revisions\/21803"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9597"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2576"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2576"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2576"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}