{"id":23707,"date":"2026-11-04T19:03:02","date_gmt":"2026-11-04T18:03:02","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23707"},"modified":"2026-11-04T19:03:04","modified_gmt":"2026-11-04T18:03:04","slug":"sacre-saoule","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2026\/11\/sacre-saoule\/","title":{"rendered":"Sacr\u00e9 Saoul\u00e9"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Sacr\u00e9 Saoul\u00e9<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Mise en sc\u00e8ne par Oscar M. Damianaki \/ Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Usine (Gen\u00e8ve) \/ du 29 octobre au 1er novembre 2026 \/ critique par H\u00e9lo\u00efse Margot . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Voyeurisme\u00a0: corps et relations mis \u00e0 nu<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">4 novembre 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/heloise-margot\/\" data-type=\"page\" data-id=\"23592\">H\u00e9lo\u00efse Margot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/11\/copy-yoshiko-kusano1-1024x683.jpg\" alt=\"\u00a9 yoshiko kusano(1)\" class=\"wp-image-23709\" style=\"width:300px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/11\/copy-yoshiko-kusano1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/11\/copy-yoshiko-kusano1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/11\/copy-yoshiko-kusano1-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/11\/copy-yoshiko-kusano1-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/11\/copy-yoshiko-kusano1-1536x1025.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/11\/copy-yoshiko-kusano1.jpg 1799w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Yoshiko Kusano<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><em>Deux corps, un plateau et beaucoup de regards. Dans sa mise en sc\u00e8ne chor\u00e9graphique, Oscar M. Daminaki propose d\u2019explorer une relation intime jusque dans ses retranchements, o\u00f9 l\u2019\u00e9rotisme et la violence s\u2019entrem\u00ealent. Les corps des danseurs se substituent aux mots pour exprimer une passion d\u00e9vorante. Ces m\u00eames corps sont expos\u00e9s et malmen\u00e9s dans une intimit\u00e9 rendue presque insoutenable par la multiplication des regards. Dans un dispositif bi-frontal, les spectateurs regardent autant qu\u2019ils sont regard\u00e9s. Les spectateurs sont ainsi amen\u00e9s \u00e0 s\u2019interroger sur leur propre rapport aux corps, aux relations et aux regards.<\/em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Deux hommes, deux gradins&nbsp;: com\u00e9diens et publics se regardent et se jaugent. Le public est dispos\u00e9 de part et d\u2019autre du plateau, dans un dispositif en bi-frontalit\u00e9 cernant les deux danseurs. Ils les regardent mais voient \u00e9galement les autres spectateurs. La danse ressemble \u00e0 un jeu de domination, de s\u00e9duction d\u2019emprise entre les deux danseurs. La sobri\u00e9t\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne, la r\u00e9p\u00e9tition des mouvements et la simplicit\u00e9 des costumes font des corps, de leurs mouvements et de leurs interactions le c\u0153ur du spectacle. La mise en sc\u00e8ne souligne ainsi l\u2019intimit\u00e9 partag\u00e9e par les danseurs, mais aussi l\u2019intimit\u00e9 dans laquelle s\u2019introduit le public. la proximit\u00e9 est au centre du propos de la performance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les costumes d\u00e9voilent beaucoup les corps, les torses sont nus. Les jambes sont un peu plus couvertes&nbsp;: l\u2019un des danseurs porte une jupe satin\u00e9e, fluide et fendue, laissant ainsi appara\u00eetre partiellement ses jambes, l\u2019autre porte des shorts d\u00e9voilant \u00e9galement en partie ses jambes. Ainsi les costumes des danseurs, en laissant appara\u00eetre leur peau, jouant d\u2019une nudit\u00e9 partielle et de mat\u00e9riaux tels que le satin ou le latex, redouble la teneur \u00e9rotique du spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019intimit\u00e9 qui caract\u00e9rise la relation entre les deux danseurs est \u00e9galement en constante tension avec la pr\u00e9sence du (double) public&nbsp;: les spectateurs observent les deux danseurs, qui se regardent eux-m\u00eames et qui regardent en retour leur public. Celui-ci, dans le dispositif bi-frontal propos\u00e9, s\u2019observe en quelque sorte \u00e0 son tour lui-m\u00eame, questionnant ainsi le rapport entre regard\u00e9s et regardants. Alors le public n\u2019est plus prot\u00e9g\u00e9 par son statut de regardant, il n\u2019est plus dans le noir, inconnu, mais au contraire il est plong\u00e9 d\u2019abord dans la m\u00eame lumi\u00e8re que les danseur: il est, lui aussi, regard\u00e9. Le voyeurisme devient ici en quelque sorte r\u00e9ciproque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur le plateau, la relation repr\u00e9sent\u00e9e montre un jeu entre l\u2019intimit\u00e9 partag\u00e9e entre ces deux corps et leur rejet mutuel, caract\u00e9ris\u00e9 par une certaine violence. Ils dansent ensemble en faisant des mouvements synchronis\u00e9s et communs, montrant une convergence, une coh\u00e9sion entre eux et parfois ils s\u2019entrechoquent, se frappent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les moments o\u00f9 leurs corps se heurtent l\u2019un \u00e0 l\u2019autre r\u00e9v\u00e8lent la part de violence de leur relation. Ainsi, la performance se lit comme la monstration d\u2019une relation passionnelle entre deux \u00eatres, faite d\u2019intimit\u00e9, mais aussi de violence. La pose finale en t\u00e9moigne&nbsp;: les deux danseurs sont accroupis enlac\u00e9s front contre front dans une proximit\u00e9 qui ne saurait mieux exprimer l\u2019intimit\u00e9 qu\u2019ils partagent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le jeu de lumi\u00e8re redouble \u00e0 son tour l\u2019alternance entre intimit\u00e9 et violence. Tout d\u2019abord, la lumi\u00e8re \u00e9claire l\u2019entier du plateau d\u00e9nu\u00e9, unifiant l\u2019espace des danseurs et les deux gradins occup\u00e9s par les spectateurs. Puis, elle s\u2019att\u00e9nue et se concentre sur les danseurs \u00e0 mesure que la violence entre eux s&rsquo;intensifie. La lumi\u00e8re, tout en laissant appara\u00eetre la violence, semble l\u2019att\u00e9nuer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi cette performance donne \u00e0 voir une relation dans toute son intimit\u00e9 et ses extr\u00e9mit\u00e9s, de l\u2019\u00e9rotisme \u00e0 la violence. Elle propose, \u00e9galement une r\u00e9flexion sur l\u2019importance du regard, son ambiguit\u00e9, et interroge ainsi la place, voire le r\u00f4le du spectateur : Qui regarde&nbsp;?&nbsp; Qui est regard\u00e9&nbsp;? Le public est t\u00e9moin de cette relation intime, tout en \u00e9tant d\u00e9log\u00e9 du confort de son anonymat&nbsp;habituel : ici, il est un voyeur vu.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">4 novembre 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/heloise-margot\/\" data-type=\"page\" data-id=\"23592\">H\u00e9lo\u00efse Margot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.theatredelusine.ch\/spectacle\/sacre-saoule\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mise en sc\u00e8ne par Oscar M. 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