{"id":2369,"date":"2014-01-22T15:40:16","date_gmt":"2014-01-22T14:40:16","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=2369"},"modified":"2025-02-10T13:57:34","modified_gmt":"2025-02-10T12:57:34","slug":"immortels","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2014\/01\/immortels\/","title":{"rendered":"Immortels"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Immortels<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">de Nasser Djema\u00ef \/ mise en sc\u00e8ne Nasser Djema\u00ef \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \u00e0 Lausanne \/\u00a0du 21 janvier au 2 f\u00e9vrier 2014 \/ Critiques pas Jonas Guyot, Cecilia Galindo et Jonas Parson. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>21 janvier 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Jonas Guyot\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/jonas-guyot\/\">Jonas Guyot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La jeunesse en qu\u00eate d\u2019une identit\u00e9<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9588\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Mario Del Curto<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Apr\u00e8s le spectacle&nbsp;<\/em>Invisibles<em>, qui s\u2019int\u00e9ressait aux immigr\u00e9s maghr\u00e9bins du troisi\u00e8me \u00e2ge install\u00e9s en France, Nasser Djema\u00ef se penche sur les nombreuses questions que se posent les adolescents et les r\u00e9flexions qui traversent leur esprit. En partant d\u2019une histoire contemporaine \u2013 un drame qui frappe un groupe d\u2019amis \u2013, le dramaturge pr\u00e9sente avec beaucoup de justesse les nombreuses facettes de la jeunesse.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Du fond de la sc\u00e8ne surgissent plusieurs adolescents plong\u00e9s dans la p\u00e9nombre. Une image du ciel est projet\u00e9e derri\u00e8re ces jeunes qui forment un bloc. Le groupe avance vers l\u2019avant-sc\u00e8ne alors que les nuages blancs et roses filent dans leurs dos en sens inverse. Cette jeunesse nage \u00e0 contre-courant. Soudain, ce groupe compact se d\u00e9lite. Plusieurs voix surgissent, formant un patchwork de r\u00e9flexions et d\u2019interrogations. La jeunesse n\u2019est pas une entit\u00e9 unique&nbsp;: elle est une multitude d\u2019identit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La recherche de l\u2019identit\u00e9 est pr\u00e9cis\u00e9ment au c\u0153ur du texte de Nasser Djema\u00ef. L\u2019intrigue se d\u00e9roule autour du personnage de Joachim qui va \u00e0 la rencontre du groupe d\u2019amis de son grand fr\u00e8re Samuel, r\u00e9cemment d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans un accident. Il cherche des r\u00e9ponses \u00e0 cette mort si inattendue et brutale. Tout allait si bien dans la vie de Samuel. Pourquoi est-il tomb\u00e9 ? A chaque rencontre, Joachim en apprend un peu plus, chacun ayant ses propres r\u00e9ponses et ses silences sur la question. Il d\u00e9couvre notamment l\u2019engagement politique de son fr\u00e8re et la haine du syst\u00e8me bancaire qu\u2019il partageait avec ses amis. Dans cette qu\u00eate de la v\u00e9rit\u00e9, Joachim s\u2019enfonce de plus en plus dans la vie de Samuel au point de se confondre avec lui. Le grand fr\u00e8re est constamment ramen\u00e9 \u00e0 la vie par les discours de ses amis. Cette omnipr\u00e9sence est symbolis\u00e9e sur sc\u00e8ne par son blouson qui colle si bien \u00e0 la peau de son cadet. M\u00eame lorsque celui-ci tente de l\u2019enlever, le v\u00eatement s\u2019anime et rejoint \u00e0 nouveau ses \u00e9paules. La mise en sc\u00e8ne de Nasser Djema\u00ef met l\u2019accent sur le c\u00f4t\u00e9 oppressant du souvenir de cet \u00eatre disparu. Un grand \u00e9cran projette des images floues semblant appartenir aux souvenirs de Joachim ; il y a notamment ce petit film o\u00f9 l\u2019on retrouve une m\u00e8re et ses deux fils. L\u2019un des deux se trouve dans les bras de la m\u00e8re et requiert toute son attention, laissant l\u2019autre de c\u00f4t\u00e9. Dans une autre image, elle jette un regard accusateur sur son fils cadet. Dans le discours de Joachim, tout donne \u00e0 penser que cette m\u00e8re a une pr\u00e9f\u00e9rence pour le fr\u00e8re a\u00een\u00e9. Ces projections accentuent l\u2019atmosph\u00e8re \u00e9touffante dans laquelle Joachim tente de survivre en construisant sa propre existence.<\/p>\n\n\n\n<p>A travers la qu\u00eate d\u2019identit\u00e9 de Joachim, chacun des membres du groupe tente \u00e0 son tour de comprendre quelle est sa place dans l\u2019humanit\u00e9 : la qu\u00eate devient universelle. Linda s\u2019interroge sur le rapport qu\u2019elle entretient aves son corps. Isaac cache ses doutes derri\u00e8re son humour. Fausto s\u2019explique sur son incapacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer les conflits. William et Mona se radicalisent dans leur combat contre un syst\u00e8me dont ils refusent les r\u00e8gles. Chlo\u00e9, la r\u00eaveuse, se tourne vers les \u00e9toiles. L\u2019union du groupe, si marquante au d\u00e9but de la pi\u00e8ce, entre petit \u00e0 petit en tension avec l\u2019individualit\u00e9 de chacun. La diversit\u00e9 de leurs personnalit\u00e9s se cristallise notamment autour de leurs conceptions diff\u00e9rentes de la r\u00e9volte. Certains envisagent un durcissement de leur engagement alors que d\u2019autres se tournent vers les voies de la non-violence et du compromis. L\u2019\u00e9cart se creuse \u00e9galement entre les rapports qu\u2019ils \u00e9tablissent avec Joachim. Alors que certains veulent voir leur ami Samuel ressusciter dans la peau de son fr\u00e8re, d\u2019autres acceptent le deuil et accueillent un nouvel \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte de Nasser Djema\u00ef, dans la bouche de ces jeunes com\u00e9diens, sonne incroyablement juste. Le dramaturge r\u00e9ussit le pari de reproduire un langage qui n\u2019est pas caricatural en pr\u00e9sentant une jeunesse multiple et dont les pr\u00e9occupations sont universelles. Le metteur en sc\u00e8ne nous replonge dans cette p\u00e9riode de la vie o\u00f9 chacun pourra se reconna\u00eetre \u00e0 travers ces questions existentielles qui pr\u00e9occupent particuli\u00e8rement les individus au seuil de leur vie d\u2019adulte.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>21 janvier 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Jonas Guyot\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/jonas-guyot\/\">Jonas Guyot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>21 janvier 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Cecilia Galindo\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Exister \u00e0 tout prix<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9588\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_2.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Mario Del Curto<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Apr\u00e8s&nbsp;<\/em>Invisibles<em>&nbsp;en 2011 \u00e0 la MC2 de Grenoble, le metteur en sc\u00e8ne fran\u00e7ais Nasser Djema\u00ef revient avec un spectacle dr\u00f4le et touchant qui s\u2019int\u00e9resse aux probl\u00e8mes et aux doutes d\u2019une jeunesse en mal identitaire. Sur un fond d\u2019enqu\u00eate polici\u00e8re, sept jeunes (quatre hommes et trois femmes) questionnent leur existence \u00e0 travers leurs souvenirs d\u2019enfance, leur sexualit\u00e9, leur id\u00e9e du risque, de l\u2019injustice ou encore de la mort.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Noir complet. Quelques secondes s\u2019\u00e9coulent et rien ne se passe, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019une musique inqui\u00e9tante surgisse, lente, avec une intensit\u00e9 progressive. Nos yeux commencent \u00e0 s\u2019habituer \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9 lorsqu\u2019une lueur bleue appara\u00eet en fond de sc\u00e8ne, s\u2019agrandissant au fur et \u00e0 mesure que s\u2019ouvrent des rideaux noirs. Il s\u2019agit d\u2019un \u00e9cran sur lequel sont projet\u00e9es des images du ciel et devant lequel des silhouettes d\u2019hommes et de femmes d\u00e9filent lentement. Ces ombres humaines se rejoignent au centre pour devenir une masse unique et s\u2019immobilisent un instant. Ne formant d\u00e9sormais qu\u2019un seul corps, elles s\u2019avancent au ralenti vers le devant de la sc\u00e8ne, tandis que des voix diverses murmurent des vers de Victor Hugo \u00e9voquant le mythe de Ca\u00efn. Puis le motif du malaise existentiel s\u2019insinue dans le discours, et les silhouettes se d\u00e9tachent et se dispersent de tous les c\u00f4t\u00e9s, toujours \u00e0 un rythme mod\u00e9r\u00e9. Il ne reste qu\u2019un jeune homme au centre de la sc\u00e8ne, pr\u00eat \u00e0 parler. Et l\u2019on est pr\u00eat \u00e0 l\u2019\u00e9couter.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela fait un an que Joachim, 19 ans, doit vivre avec le deuil de son fr\u00e8re a\u00een\u00e9, Samuel. Il ne sait pas grand-chose de la mort de Sam&nbsp;: chute accidentelle depuis un toit et taux d\u2019alcool \u00e9lev\u00e9 dans le sang, d\u2019apr\u00e8s le rapport de la police. Mais pourquoi s\u2019aventurer sur un toit, et surtout pourquoi consommer de l\u2019alcool \u00e0 outrance alors qu\u2019on y est \u00ab&nbsp;allergique&nbsp;\u00bb&nbsp;? Joachim a des doutes, il veut en savoir plus pour avancer, se construire. Il d\u00e9cide alors d\u2019aller trouver les amis proches de Samuel afin de briser le silence et son \u00ab&nbsp;haleine de m\u00e9tal&nbsp;\u00bb. Mais entrer dans le cercle de ces six amis s\u2019av\u00e8re difficile&nbsp;: certains l\u2019esquivent alors que d\u2019autres voient en lui un double de Samuel. Petit \u00e0 petit, Joachim va se confronter \u00e0 des r\u00e9alit\u00e9s qu\u2019il ne soup\u00e7onnait pas et qui vont secouer l\u2019image qu\u2019il avait de son grand fr\u00e8re. Il va aussi tenter de trouver un sens \u00e0 son existence, au risque de rester dans l\u2019ombre d\u2019un \u00eatre disparu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Se souvenir, se construire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec&nbsp;<em>Immortels<\/em>, en cr\u00e9ation au Th\u00e9\u00e2tre de Vidy, Nasser Djema\u00ef propose une immersion dans l\u2019univers contradictoire de jeunes marqu\u00e9s par la perte de l\u2019un des leurs, un monde loin de l\u2019adolescence mais encore au seuil des pr\u00e9occupations rang\u00e9es de celui des adultes. Ce passage vers un entre-deux d\u00e9concertant se fait assez naturellement, en particulier gr\u00e2ce \u00e0 une sc\u00e9nographie qui vogue entre des sc\u00e8nes r\u00e9alistes et des basculements dans l\u2019imaginaire et le fantasme. Sur sc\u00e8ne, au d\u00e9part, il n\u2019y a rien. Puis des objets ou du mobilier investissent l\u2019espace: un banc lorsqu\u2019on est \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, un canap\u00e9 et un bar lorsqu\u2019on est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Des rideaux, tant\u00f4t transparents, tant\u00f4t opaques, des projections et des effets de lumi\u00e8re viennent aussi habiller la sc\u00e8ne, notamment lorsque les souvenirs remontent \u00e0 la surface. Tout au long de la pi\u00e8ce, en effet, des souvenirs prennent place et ponctuent la trame principale tout en donnant de la profondeur au caract\u00e8re des personnages. A plusieurs reprises, par exemple, dans un monologue attendrissant, l\u2019un des jeunes se d\u00e9tache des autres et raconte un souvenir marquant, principalement li\u00e9 \u00e0 son enfance et au rapport qu\u2019il ou elle entretient avec ses parents. Ces retours en arri\u00e8re sont des cl\u00e9s pour comprendre leur \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb d\u2019aujourd\u2019hui et contribuent ainsi \u00e0 leur construction identitaire. Mais le souvenir le plus percutant, c\u2019est celui de Samuel, omnipr\u00e9sent dans le spectacle par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un blouson, dont se d\u00e9gagent l\u2019\u00e2me et le parfum de son propri\u00e9taire. Tel un fant\u00f4me, le blouson se balade sur sc\u00e8ne et s\u2019accroche au corps de Joachim, qui a du mal \u00e0 s\u2019en s\u00e9parer. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 la fin de la pi\u00e8ce qu\u2019il rejettera cette deuxi\u00e8me peau, s\u2019assumant en tant que personne \u00e0 part enti\u00e8re et non plus en tant que double de Samuel.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des rebelles sans cause<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque Joachim m\u00e8ne son enqu\u00eate aupr\u00e8s des amis de son fr\u00e8re, il d\u00e9couvre que ce dernier \u00e9tait impliqu\u00e9 dans un projet, une r\u00e9volte d\u2019ordre politique. La bande de copains, guid\u00e9e par un certain William \u2013 qui prend cet engagement tr\u00e8s \u00e0 c\u0153ur puisque son p\u00e8re est en quelque sorte une victime de la crise \u00e9conomique -, &nbsp;s\u2019int\u00e9resse aux rouages du domaine bancaire pour tenter de mieux le d\u00e9jouer. La violence est m\u00eame envisag\u00e9e. Mais la lutte qu\u2019ils entreprennent semble \u00eatre une lutte sans cause. On se bat contre quoi, ou pour quoi&nbsp;? Pour exister, se sentir vivre et donner du sens \u00e0 cette vie bouscul\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements et les \u00e9motions mal ma\u00eetris\u00e9es. \u00ab&nbsp;Il y a des jours o\u00f9 tu te demandes ce que tu fous l\u00e0&nbsp;\u00bb, s\u2019exclame une voix en d\u00e9but de spectacle. Ces jeunes sont l\u00e0, flottant dans un entre-deux, sans savoir pourquoi. Ils se font violence, repoussent les limites, s\u2019imaginent invincibles, immortels. Certains finiront peut-\u00eatre par comprendre qui ils sont vraiment et mettront fin \u00e0 leur qu\u00eate identitaire, d\u2019autres prolongeront leur parcours, si la mort ne les arr\u00eate pas avant.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque la tension du spectacle retombe, les r\u00e9pliques des personnages r\u00e9sonnent encore dans notre t\u00eate. Nasser Djema\u00ef et ses jeunes com\u00e9diens offrent au public une peinture r\u00e9aliste de la jeunesse de notre si\u00e8cle et explorent le drame avec une sinc\u00e9rit\u00e9 touchante. A voir jusqu\u2019au 2 f\u00e9vrier au Th\u00e9\u00e2tre de Vidy.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>21 janvier 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Cecilia Galindo\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>21 janvier 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Jonas Parson\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/jonas-parson\">Jonas Parson<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Immortels st\u00e9r\u00e9otypes<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_3-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9589\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_3-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_3-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_3-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_3-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_3-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2014\/01\/immortels_3.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Mario Del Curto<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Dans&nbsp;<\/em>Immortels<em>, Nasser Djema\u00ef veut montrer les pr\u00e9occupations et les crises d\u2019identit\u00e9 d\u2019un groupe de jeunes d\u2019aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019or\u00e9e de l\u2019\u00e2ge adulte : st\u00e9r\u00e9otypes et \u00e9l\u00e9ments convenus, dans une pi\u00e8ce qui peine \u00e0 convaincre.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but de la pi\u00e8ce, l\u2019exposition se faisant en voix&nbsp;<em>off<\/em>&nbsp;et les sept com\u00e9diens se d\u00e9coupant sur un fond lumineux, Nasser Djema\u00ef montre sa ma\u00eetrise dans la construction d\u2019instants sc\u00e9niques frappants. Entre une sc\u00e9nographie efficace \u2013 quelques meubles apport\u00e9s et retir\u00e9s par les com\u00e9diens, un jeu tr\u00e8s int\u00e9ressant de voilement\/d\u00e9voilement gr\u00e2ce \u00e0 un rideau en milieu de sc\u00e8ne, agr\u00e9ment\u00e9 de projections vid\u00e9os \u2013 et une direction des com\u00e9diens de type chor\u00e9graphique, se cr\u00e9e un univers visuel s\u00e9duisant. La puissante simplicit\u00e9 de la premi\u00e8re sc\u00e8ne est d\u2019ailleurs reprise en \u00e9cho par la derni\u00e8re, constitu\u00e9e par une image tr\u00e8s po\u00e9tique \u2013 tant au niveau formel que symbolique : le blouson du jeune homme dont la mort hante la pi\u00e8ce s\u2019envole vers le ciel, permettant enfin \u00e0 son petit fr\u00e8re d\u2019exister pour lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 ces quelques sc\u00e8nes plaisantes qui ponctuent la pi\u00e8ce \u2013 ses moments les plus abstraits par ailleurs \u2013&nbsp;<em>Immortels<\/em>&nbsp;peine \u00e0 convaincre. Le metteur en sc\u00e8ne fran\u00e7ais nous offre sa vision des jeunes d\u2019aujourd\u2019hui \u2013 ils ont entre 18 et 20 ans -, de leurs probl\u00e8mes et r\u00e9actions face aux tumultes du monde \u00ab r\u00e9el \u00bb. Mais sa volont\u00e9 de cr\u00e9er des personnages mythologiques, \u00e0 l\u2019instar du th\u00e9\u00e2tre grec qu\u2019il affectionne, ne r\u00e9ussit pas et ce sont plut\u00f4t des st\u00e9r\u00e9otypes vivants qu\u2019il nous propose. Certes, le r\u00f4le de la fiction est de proposer un monde qui n\u2019est pas celui du r\u00e9el, mais qui permet de le confronter, en concentrant un certain nombre de ses traits saillants dans un nombre r\u00e9duit de personnages et d\u2019\u00e9v\u00e9nements. Mais Nasser Djema\u00ef accumule tant d\u2019images convenues que ses personnages en deviennent caricaturaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un sujet touchant<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le mat\u00e9riau choisi est pourtant prometteur. La pi\u00e8ce se construit autour d\u2019un \u00e9v\u00e9nement terrible, la mort de Samuel, retrouv\u00e9 mort au bas d\u2019un immeuble, fortement alcoolis\u00e9. Un an apr\u00e8s sa mort, son petit fr\u00e8re, Joachim, d\u00e9cide d\u2019aller trouver ses amis \u2013 un groupe de six jeunes qui eux aussi essayent de continuer \u00e0 vivre apr\u00e8s cet \u00e9v\u00e9nement tragique \u2013 pour donner un sens \u00e0 sa mort et permettre un possible deuil. Confront\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rentes r\u00e9actions de la part de ces jeunes, de Fausto qui l\u2019\u00e9vite \u00e0 William qui finit par le confondre avec Samuel lui-m\u00eame, Joachim se transforme petit \u00e0 petit en copie de son grand fr\u00e8re, dans l\u2019ombre duquel il a toujours v\u00e9cu \u00e0 la maison \u2013 une maison qui s\u2019est d\u00e9chir\u00e9e depuis la mort de l\u2019enfant pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Les sc\u00e8nes intimes de monologues, o\u00f9 Joachim \u00e9voque son pass\u00e9, sont touchantes et tr\u00e8s bien jou\u00e9es par Florent Dorin, qui nous offre des moments de tendresse et de fragilit\u00e9. Mais en dehors de ces quelques sc\u00e8nes qui sont comme des \u00e0-c\u00f4t\u00e9s de l\u2019action principale et dans lesquelles le jeu avec le d\u00e9cor et de v\u00e9ritables chor\u00e9graphies viennent offrir des images poignantes, le reste de la pi\u00e8ce est tr\u00e8s convenu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des st\u00e9r\u00e9otypes \u00e0 la pelle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tous les jeunes ont ainsi un&nbsp;<em>smartphone<\/em>&nbsp;\u00e0 la main, et le groupe en question rassemble tous les cas possibles, de la fille sympathique mais sans confiance en elle \u00e0 la belle amoureuse du risque qui se fiche des autres, en passant par le mec pataud mais sympa et la fille adorable aux th\u00e9ories mystiques sur l\u2019univers. On a l\u2019impression que Djema\u00ef veut tout utiliser, des relations difficiles aux parents \u2013 absents, adult\u00e8res, \u00e9conomiquement pr\u00e9caires ou qui pr\u00e9f\u00e8rent le grand fr\u00e8re \u2013 aux prises de risques des jeunes en passant par le rapport difficile \u00e0 leur propre corps : on assiste ainsi \u00e0 une sortie totalement hors-propos sur le c\u00f4t\u00e9 \u00ab d\u00e9go\u00fbtant \u00bb des poils. Cette profusion d\u2019\u00e9l\u00e9ments fait \u00e9clater la consistance d\u2019une pi\u00e8ce qui en devient passablement d\u00e9cousue. Les clich\u00e9s se suivent et s\u2019accumulent, de l\u2019\u00e9vocation par Joachim et William du temps pass\u00e9 avec leur p\u00e8re, \u00e9videmment associ\u00e9 avec une partie de p\u00eache \u2013 qui va encore p\u00eacher aujourd\u2019hui, et avec son p\u00e8re ? \u2013 aux phrases suppos\u00e9ment \u00ab chocs \u00bb de Joachim encapuchonn\u00e9 et brandissant un engin incendiaire dans sa main.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelle politique ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est aussi difficile de saisir le sens de toute la dimension pr\u00e9tendument politique de cette pi\u00e8ce. Selon les mots du metteur en sc\u00e8ne, nous avons affaire \u00e0 un groupe de jeunes \u00ab tr\u00e8s impliqu\u00e9s politiquement \u00bb. Ce grand engagement politique se traduit par une s\u00e9rie de discours sur les m\u00e9faits du syst\u00e8me bancaire prof\u00e9r\u00e9s par certains des membres du groupe,les autres ne semblant pas y porter beaucoup d\u2019int\u00e9r\u00eat : les m\u00e9chantes banques ne seraient pas gentilles, il faudrait donc les r\u00e9former et donner un salaire minimum et \u00e9quitable \u00e0 tout le monde. Mais apr\u00e8s une premi\u00e8re partie de la pi\u00e8ce domin\u00e9e par ce discours passablement peu radical sur l\u2019\u00e9conomie, un cocktail Molotov est sorti, accompagn\u00e9 d\u2019une explication tr\u00e8s compliqu\u00e9e et peu utile sur la mani\u00e8re dont on fabrique ce genre de choses \u2013 et Joachim annonce qu\u2019il va le lancer contre la fa\u00e7ade d\u2019une banque. Des groupes organis\u00e9s, qui se battent lors des diff\u00e9rentes manifestations anti-G8 sont alors \u00e9voqu\u00e9s, et on a tout \u00e0 coup l\u2019impression de voir r\u00e9appara\u00eetre le mythique \u00ab ennemi int\u00e9rieur \u00bb brandi \u00e0 profusion par le gouvernement fran\u00e7ais. Pour une partie du petit groupe, la suite logique du cocktail Molotov est d\u2019ailleurs \u00e9videmment de poser des bombes. La logique qui permet une transition d\u2019un discours mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 des actes aussi radicaux est difficilement saisissable et peu cr\u00e9dible.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans aucune coh\u00e9rence politique, la position de r\u00e9formiste ti\u00e8de devient celle des partisans d\u2019actions directes \u00e0 tendance anarchiste, avec en toile de fond tout le contexte des blacks blocs lors des grandes manifestations anticapitalistes, sans que cela semble poser de probl\u00e8me. Cela permet tout-\u00e0-coup \u00e0 l\u2019autre moiti\u00e9 du groupe \u2013 celle que l\u2019on n\u2019a jamais vraiment sentie \u00ab tr\u00e8s engag\u00e9e politiquement \u00bb \u2013 de prononcer un grand discours moralisant sur la violence et le terrorisme, tout aussi incoh\u00e9rent et convenu, tandis que William estime que le plus grand probl\u00e8me avec la police est qu\u2019elle l\u2019oblige \u00e0 porter un casque en scooter. Certains des protagonistes n\u2019ont aucun probl\u00e8me \u00e0 taguer une fa\u00e7ade, mais refusent de l\u2019incendier, alors que tous deux sont des actes de d\u00e9pr\u00e9dations mat\u00e9rielles qui n\u2019impliquent aucune victime humaine. Cette question de la \u00ab violence \u00bb (mais peut-on vraiment parler de violence contre des objets inanim\u00e9s ?) agite ainsi tous les clich\u00e9s des m\u00e9chants casseurs qui n\u2019agissent que pour l\u2019excitation que leur procure un vandalisme irr\u00e9fl\u00e9chi, plut\u00f4t que de permettre une r\u00e9flexion sur une possible l\u00e9gitimit\u00e9 de telles actions, esquivant totalement le probl\u00e8me du monopole de la violence.<\/p>\n\n\n\n<p>Vide d\u2019un v\u00e9ritable questionnement politique, l\u2019engagement de ces jeunes est transform\u00e9 en une ridicule soif de contestation et de prise de risque, niant le nombre grandissant de jeunes qui se mobilisent \u00e0 travers le monde et rentrent au p\u00e9ril de leur s\u00e9curit\u00e9 en confrontation avec un ordre \u00e9tabli qui \u00e9touffe les r\u00eaves et d\u00e9truit des vies. Cette pi\u00e8ce rel\u00e8ve ainsi de la position d\u2019un milieu culturel gauchisant mais totalement complaisant avec l\u2019ordre \u00e9tabli. Les deux heures que dure cette pi\u00e8ce, malgr\u00e9 quelques belles images et certains moments touchants, balancent entre complaisance et cynisme dans un m\u00e9lange, on l\u2019aura compris, des plus aga\u00e7ants.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>21 janvier 2014<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Jonas Parson\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/jonas-parson\">Jonas Parson<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>de Nasser Djema\u00ef \/ mise en sc\u00e8ne Nasser Djema\u00ef \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \u00e0 Lausanne \/\u00a0du 21 janvier au 2 f\u00e9vrier 2014 \/ Critiques pas Jonas Guyot, Cecilia Galindo et Jonas Parson.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9587,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[37,24,27],"class_list":["post-2369","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-cecilia-galindo","tag-jonas-guyot","tag-jonas-parson"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2369","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2369"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2369\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21716,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2369\/revisions\/21716"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9587"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2369"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2369"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2369"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}