{"id":23679,"date":"2026-11-01T20:42:43","date_gmt":"2026-11-01T19:42:43","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23679"},"modified":"2026-11-02T12:18:11","modified_gmt":"2026-11-02T11:18:11","slug":"dear-luigi-i-hate-you","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2026\/11\/dear-luigi-i-hate-you\/","title":{"rendered":"Dear Luigi, I Hate You"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Dear Luigi, I Hate You<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Mise en sc\u00e8ne par Yan Duyvendak (Collectif Dreams Come True) au Th\u00e9\u00e2tre de Vidy (Lausanne) \/ du 28 octobre au 1er novembre 2026 \/ critique par Sohane Allisson . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pas de justice sans restauration<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1er novembre 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sohane-allisson\/\" data-type=\"page\" data-id=\"23600\">Sohane Allisson<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"399\" height=\"262\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/11\/copy-julie-folly-3.jpg\" alt=\"\u00a9 julie folly\" class=\"wp-image-23686\" style=\"width:300px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/11\/copy-julie-folly-3.jpg 399w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/11\/copy-julie-folly-3-300x197.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/11\/copy-julie-folly-3-250x164.jpg 250w\" sizes=\"auto, (max-width: 399px) 100vw, 399px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Julie Folly<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><em>Comment concilier le message politique au nom duquel est perp\u00e9tr\u00e9 un meurtre avec l\u2019impact qu\u2019il a sur la vie des proches&nbsp;de la victime ? Peut-on justifier un crime s\u2019il a une vis\u00e9e politique ? Ces questions complexes sont au c\u0153ur du spectacle du Collectif Dreams Come True, qui s\u2019inspire du meurtre de Brian Thompson, directeur d\u2019une compagnie d\u2019assurance am\u00e9ricaine, par Luigi Mangione, en 2024. Dans une mise en sc\u00e8ne \u00e9pur\u00e9e, le meurtrier et la femme de sa victime communiquent leur point de vue \u00e0 travers des entretiens fictionnels men\u00e9s dans le cadre d\u2019un processus de justice restaurative.<\/em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bas\u00e9 sur un \u00e9v\u00e9nement r\u00e9el qui a secou\u00e9 les Etats-Unis, le spectacle instaure un dialogue d\u00e9synchronis\u00e9 entre deux personnages par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une facilitatrice en justice restaurative (Margot Viala). Paulette Thompson (Sabrina Delarue) souhaite faire prendre conscience au meurtrier de son mari de l\u2019impact que son acte a eu sur sa vie. Luigi Mangione (Jean-Daniel Piguet), met quant \u00e0 lui en avant ses motivations politiques et la culpabilit\u00e9 de Brian Thompson, grand patron d\u2019assurances. Bien que leurs points de vue soient oppos\u00e9s, le spectacle ne favorise pas l\u2019un ou l\u2019autre personnage. Le texte n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 aborder des questions difficiles, par exemple celle de la culpabilit\u00e9 de Brian Thompson comme justification ou non du meurtre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur le plateau sont distingu\u00e9s un espace de jeu d\u00e9limit\u00e9 par un tapis blanc carr\u00e9, et des coulisses \u00e0 vue qui restent dans la p\u00e9nombre pendant la plus grande partie du spectacle. Des spots lumineux, plac\u00e9s directement sur sc\u00e8ne construisent et s\u00e9parent les espaces et les lieux. Un mur invisible se cr\u00e9e entre le carr\u00e9 central et le reste de la sc\u00e8ne. Sabrina Delarue et Jean-Daniel Piguet y rentrent tour \u00e0 tour pour rencontrer leur interlocutrice. Celui ou celle qui ne joue pas assiste \u00e0 l\u2019action depuis la p\u00e9nombre de l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019espace de jeu. L\u2019am\u00e9nagement de la sc\u00e8ne fait ainsi penser au ring d\u2019un match de boxe, dans lequel Luigi et Paulette s\u2019entra\u00eeneraient, dans l\u2019attente d\u2019une rencontre, \u00e0 exprimer leurs sentiments d\u2019une fa\u00e7on que l\u2019autre pourrait comprendre. Les deux personnages dialoguent sans jamais se retrouver face \u00e0 face. D\u2019abord seuls avec Margot, Sabrina et Jean-Daniel en viennent peu \u00e0 peu \u00e0 se croiser, puis \u00e0 \u00eatre tous deux pr\u00e9sents dans l\u2019espace de jeu sans que leurs personnages ne se voient jamais. Ce rapprochement sur sc\u00e8ne fait \u00e9cho \u00e0 un dialogue qui s\u2019ouvre peu \u00e0 peu et \u00e0 un d\u00e9but de compr\u00e9hension mutuelle, qui pourtant n\u2019aboutira pas sur une rencontre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pr\u00e9paration du spectacle a \u00e9t\u00e9 minutieuse&nbsp;: plusieurs mois d\u2019entretiens avec de vraies facilitatrices en justice restaurative, dans lesquels les deux com\u00e9diens principaux incarnaient leurs personnages. Paulette et Luigi communiquaient ainsi avec l\u2019autre et avec eux-m\u00eames. Cette pr\u00e9paration se ressent dans le jeu des com\u00e9diens&nbsp;: sans musique pour accompagner les \u00e9motions des personnages, celles-ci apparaissent dans leur sinc\u00e9rit\u00e9 brute. Alors que le sujet du spectacle est actuel et m\u00e9diatis\u00e9, les dimensions restreintes de l\u2019espace de jeu font de l\u2019action une affaire priv\u00e9e. S\u2019introduisant dans l\u2019intimit\u00e9 des personnages, les spectateurs ont la sensation inconfortable d\u2019\u00eatre voyeurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Poignante \u00e9galement par son ambiance lumineuse tamis\u00e9e, la partie principale du spectacle est encadr\u00e9e de deux moments m\u00e9ta-th\u00e9\u00e2traux ; dans le premier, les com\u00e9diens discutent, se servant du texte <em>des Justes<\/em> d\u2019Albert Camus pour d\u00e9battre des grands th\u00e8mes qui seront abord\u00e9s par le spectacle\u00a0: l\u2019impact du crime \u00e0 motivation politique sur le cercle priv\u00e9, la question de la culpabilit\u00e9 de la victime et le probl\u00e8me de la possibilit\u00e9 d\u2019une r\u00e9conciliation entre victime et auteur du crime. C\u2019est de l\u00e0 que les com\u00e9diens glissent dans le r\u00f4le de Luigi et Paulette, laissant les spectateurs momentan\u00e9ment confus sur leur identit\u00e9. \u00a0De mani\u00e8re analogue, la derni\u00e8re sc\u00e8ne du spectacle se pr\u00e9sente sous la forme d\u2019une explication des com\u00e9diens sur leur rapport \u00e0 leur r\u00f4le. Ce retour \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, accompagn\u00e9 d\u2019une lumi\u00e8re vive sur sc\u00e8ne et dans le public, entre \u00e9tonnamment en contradiction avec le dispositif du spectacle\u00a0: la force du dispositif y est mise en avant, mais elle perd aussi au passage une partie de sa puissance \u00e9motionnelle. Il n\u2019en reste pas moins que le spectacle traite d\u2019un sujet complexe avec sensibilit\u00e9 et fait ressortir avec brio l\u2019humanit\u00e9 de tous les personnages, qu\u2019ils soient victimes, coupables, ou un peu des deux \u00e0 la fois.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1er novembre 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sohane-allisson\/\" data-type=\"page\" data-id=\"23600\">Sohane Allisson<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.vidy.ch\/fr\/evenement\/collectif-dreams-come-true-dear-luigi-i-hate-you\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mise en sc\u00e8ne par Yan Duyvendak (Collectif Dreams Come True) au Th\u00e9\u00e2tre de Vidy (Lausanne) \/ du 28 octobre au 1er novembre 2026 \/ critique par Sohane Allisson .<\/p>\n","protected":false},"author":1003187,"featured_media":23684,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[330],"class_list":["post-23679","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-sohane-allisson"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23679","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1003187"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23679"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23679\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23689,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23679\/revisions\/23689"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23684"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23679"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23679"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23679"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}