{"id":23664,"date":"2026-10-16T06:57:26","date_gmt":"2026-10-16T04:57:26","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23664"},"modified":"2026-10-22T13:53:17","modified_gmt":"2026-10-22T11:53:17","slug":"les-dix-petites-anarchistes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2026\/10\/les-dix-petites-anarchistes\/","title":{"rendered":"Les dix petites anarchistes"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Les dix petites anarchistes<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D\u2019apr\u00e8s Daniel De Roulet \/ mise en sc\u00e8ne par Fanny Brunet &amp; Carole Schafroth \/ Th\u00e9\u00e2tre du Loup (Gen\u00e8ve) \/ du 6 au 18 octobre 2026 \/ critique(s) par H\u00e9lo\u00efse Margot et Sohane Allisson . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Jouons aux anarchistes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">16 octobre 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sohane-allisson\/\" data-type=\"page\" data-id=\"23600\">Sohane Allisson<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/copy-dorothee-thebert-1024x683.jpg\" alt=\"\u00a9 doroth\u00e9e th\u00e9bert\" class=\"wp-image-23666\" style=\"width:300px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/copy-dorothee-thebert-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/copy-dorothee-thebert-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/copy-dorothee-thebert-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/copy-dorothee-thebert-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/copy-dorothee-thebert.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Doroth\u00e9e Th\u00e9bert<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><em>Dans cette adaptation du roman du m\u00eame nom de Daniel de Roulet, quatre com\u00e9diennes et un com\u00e9dien racontent \u00e0 l\u2019aide de maquettes l\u2019histoire de dix femmes ind\u00e9pendantes tout en apportant des questionnements sur la place de ce r\u00e9cit dans notre soci\u00e9t\u00e9 actuelle<\/em>. <em>Un spectacle pr\u00e9sent\u00e9 sous forme d\u2019une r\u00e9flexion sur le roman et ses th\u00e8mes auquel le public est invit\u00e9 \u00e0 prendre part.<\/em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Ni dieu, ni patron, ni mari.&nbsp;\u00bb C\u2019est avec cette devise qu\u2019en 1873, huit femmes de la ville horlog\u00e8re de St-Imier partent pour l\u2019Am\u00e9rique du sud. Elles suivent les traces de deux de leurs coll\u00e8gues et amies, parties quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t. Port\u00e9es par l\u2019id\u00e9al anarchiste et un r\u00eave d\u2019ind\u00e9pendance, elles vivent dans un monde bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 leur mettre des b\u00e2tons dans les roues. Dix montres oignons, une pour chaque anarchiste, sont suspendues c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te au fond de la sc\u00e8ne. \u00c0 la mort ou au d\u00e9part de l\u2019une d\u2019entre elles, son oignon est rang\u00e9 dans une bo\u00eete. Peu \u00e0 peu, le nombre d\u2019oignons diminue jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il n\u2019en reste plus qu\u2019un. C\u2019est un r\u00e9cit au f\u00e9minin, qui, en prenant le parti de supprimer ou de r\u00e9duire, par rapport au texte de Roulet, le r\u00f4le des personnages masculins sympathiques \u00e0 la cause de ces anarchistes, fait ressortir le mauvais traitement des femmes au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les quatre com\u00e9diennes (Fanny Brunet, Lili Dias, Claire Forclaz et Carole Schafroth), accompagn\u00e9es d\u2019un com\u00e9dien (Adrien Koumrouyan) qui se contentera de quelques r\u00e9pliques et de fournir l\u2019ambiance musicale, racontent successivement l\u2019histoire de ces femmes anarchistes et les incarnent dans une action contrast\u00e9e o\u00f9 alternent des moments de narration et des sc\u00e8nes jou\u00e9es. Rien n\u2019est cach\u00e9 au public&nbsp;: les cinq com\u00e9diens commencent par amener des coulisses tous les objets n\u00e9cessaires qu\u2019ils mettent en place tout en annon\u00e7ant aux spectateurs les th\u00e8mes de la pi\u00e8ce. Au cours du spectacle, diff\u00e9rentes maquettes figurant les lieux de l\u2019action sont mises en place. Les com\u00e9diennes jouent soit en se servant des maquettes comme th\u00e9\u00e2tres de marionnettes, soit incarnant elles-m\u00eames les personnages. Autre originalit\u00e9&nbsp;: l\u2019utilisation ponctuelle d\u2019une cam\u00e9ra dont les images, film\u00e9es en direct, sont projet\u00e9es sur un \u00e9cran blanc. Habilement utilis\u00e9e, elle permet de r\u00e9v\u00e9ler aux spectateurs des \u00e9l\u00e9ments des maquettes invisibles au public et d\u2019apporter une perspective plus touchante \u00e0 certains \u00e9l\u00e9ments de l\u2019action. Les spectateurs sont ainsi parfois t\u00e9moins de moments intimes entre les personnages, tel que le d\u00e9but de relation entre Colette et Juliette, les premi\u00e8res \u00e0 partir, qui se prennent timidement la main sous le couvert de leur \u00e9tabli d\u2019horlogerie partag\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourtant, en contraste avec des sc\u00e8nes presque enti\u00e8rement jou\u00e9es, o\u00f9 la narration disparait presque compl\u00e8tement, les com\u00e9diennes gardent le plus souvent une distance avec les personnages, profitant des transitions entre les sc\u00e8nes ou interrompant la narration afin de commenter l\u2019action pour le public. Les r\u00f4les ne sont pas non plus fixes&nbsp;: elles incarnent des anarchistes diff\u00e9rentes d\u2019une sc\u00e8ne \u00e0 l\u2019autre sans jamais changer de costumes. Ceux-ci sont modernes, incluant simplement une blouse rappelant la mode f\u00e9minine du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Pour les r\u00f4les masculins, de simples accessoires, tels une m\u00e9daille ou un couvre-chef de marin, suffisent \u00e0 les repr\u00e9senter. Au contraire, les anarchistes ne poss\u00e8dent aucun accessoire les diff\u00e9renciant. Elles existent ainsi en groupe, sans que l\u2019on sache toujours au nom de laquelle une com\u00e9dienne parle. Alors que le roman poss\u00e8de comme unique narratrice la derni\u00e8re des dix petites anarchistes, le spectacle adopte un point de vue plus englobant, qui permet de questionner le r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un double dialogue avec les spectateurs et le roman s\u2019instaure alors. Les com\u00e9diennes commentent l\u2019action et invitent les spectateurs \u00e0 se questionner \u00e0 leur tour. Elles mettent en sc\u00e8ne leurs propres interrogations dans des apart\u00e9s qui pr\u00e9sentent leurs propres r\u00e9actions et critiquent la fa\u00e7on dont certains th\u00e8mes sont abord\u00e9s dans le roman. Des extraits en sont lus, livre en main, et des phrases reprises dans les r\u00e9pliques. Le spectacle \u00e9rige explicitement les dix petites anarchistes en mod\u00e8les f\u00e9ministes pour les g\u00e9n\u00e9rations futures. Dans la derni\u00e8re sc\u00e8ne, les com\u00e9diennes s\u2019adressent au public pour faire le point sur l\u2019histoire qu\u2019elles viennent de raconter. Elles suppriment du titre de la pi\u00e8ce le qualificatif de \u00ab&nbsp;petites&nbsp;\u00bb, allusion dans le roman aux <em>Dix petits n\u00e8gres<\/em> d\u2019Agatha Christie (et qui n\u2019est pas reprise dans le spectacle), &nbsp;afin de rendre \u00e0 ces dix femmes leur grandeur et leur dignit\u00e9. \u00c0 travers le jeu des com\u00e9diennes, qui marque par sa sinc\u00e9rit\u00e9, le spectacle ouvre une conversation entre le monde dans lequel les personnages \u00e9voluent et notre monde actuel en faisant r\u00e9sonner de familiarit\u00e9 les obstacles rencontr\u00e9s par ces femmes qui vivent dans un monde d\u2019hommes.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">16 octobre 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sohane-allisson\/\" data-type=\"page\" data-id=\"23600\">Sohane Allisson<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quatre com\u00e9diennes pour dix anarchistes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">16 octobre 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/heloise-margot\/\" data-type=\"page\" data-id=\"23592\">H\u00e9lo\u00efse Margot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/copy-dorothee-thebert-1-1024x683.jpg\" alt=\"\u00a9 doroth\u00e9e th\u00e9bert\" class=\"wp-image-23669\" style=\"width:300px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/copy-dorothee-thebert-1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/copy-dorothee-thebert-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/copy-dorothee-thebert-1-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/copy-dorothee-thebert-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/copy-dorothee-thebert-1.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Doroth\u00e9e Th\u00e9bert<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>2026 et XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle se m\u00ealent dans un spectacle qui pr\u00e9sente l\u2019histoire de dix femmes, et nous conte le destin de toutes les femmes\u00a0: l\u2019oubli. Un double r\u00e9cit se dessine pour rendre justice \u00e0 ces h\u00e9ro\u00efnes d\u2019antan. Entre narration et monstration, quatre com\u00e9diennes redonnent corps et vies \u00e0 ces femmes oubli\u00e9es de l\u2019histoire, et racontent par l\u00e0 \u00e9galement leur propre histoire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout est question de titre&nbsp;! En ajoutant un d\u00e9terminant au titre du livre de Daniel de Roulet <em>Dix petites anarchistes,<\/em> Fanny Brunet et Carole Schafroth en modifient le sens&nbsp;: elles circonscrivent, parmi toutes les anarchistes un groupe de femmes pr\u00e9cis et unique, dont le spectacle se souciera. Sur le plateau vide, quatre femmes et un homme poussent les d\u00e9cors sur des tables \u00e0 roulettes. Ils se relaient afin d\u2019entonner une phrase qui commence de la m\u00eame mani\u00e8re&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est l\u2019histoire de \u2026&nbsp;\u00bb. Dans le roman de Daniel de Roulet, les dix protagonistes acqui\u00e8rent chacune une 20A, premier mod\u00e8le de montre de leur employeur, Longines. Ces dix 20A sont expos\u00e9es sur un \u00e9tabli, elles repr\u00e9sentent les dix anarchistes. Si l\u2019une d\u2019entre elles meurt ou se retire du projet anarchique commun, l\u2019oignon est retir\u00e9. Les com\u00e9diennes alternent entre le r\u00f4le de conteuses et l\u2019incarnation des personnages. En tant que conteuses, elles se mettent elles-m\u00eames en sc\u00e8ne en train de d\u00e9couvrir l\u2019histoire de ces femmes, de faire leur propre r\u00e9cit de femmes d\u2019aujourd\u2019hui qui rencontrent ces dix petites anarchistes. Les d\u00e9cors ressemblent \u00e0 des jouets pour enfants, des miniatures, qui servent parfois de protagonistes de l\u2019histoire racont\u00e9e. La distance entre les com\u00e9diennes et l\u2019histoire appara\u00eet ainsi&nbsp;: elles montrent litt\u00e9ralement qu\u2019elles racontent une histoire. Une grande petite histoire, \u00e0 laquelle elles s\u2019identifient, mais une histoire tout de m\u00eame : petits d\u00e9cors grande(s) histoire(s). Une cam\u00e9ra mani\u00e9e par l\u2019une d\u2019entre elles permet de grossir des jouets personnages, montrant d\u2019autant plus qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un r\u00e9cit rapport\u00e9. Elles peuvent mettre l\u2019accent sur des \u00e9l\u00e9ments, agrandir ou miniaturiser tout ce qu\u2019elles veulent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout sauf la condition des femmes qui est impact\u00e9e par la domination quotidienne et g\u00e9n\u00e9rale des hommes. Ici, interpr\u00e8tes et personnages se m\u00ealent, la lutte des horlog\u00e8res du XIX<sup>e<\/sup> ressemble \u00e0 celle des com\u00e9diennes. Alors ces derni\u00e8res comparent les conditions actuelles \u00e0 celles d\u2019antan, font des commentaires cinglants sur les conditions des femmes d\u2019alors et d\u2019aujourd\u2019hui. Le r\u00e9cit de Daniel de Roulet racontait le destin de dix femmes horlog\u00e8res de Saint-Imier (Jura), anarchistes qui partent en Am\u00e9rique pour jouir d\u2019une meilleure vie. Les dramaturges (Fanny Brunet &amp; Carole Schafroth) rendent explicites les maltraitances des hommes qui n\u2019\u00e9taient parfois que sous-entendues sous la plume de Daniel de Roulet. Elles font \u00e9galement le choix d\u2019\u00e9carter du r\u00e9cit tous les hommes qui peuvent l\u2019\u00eatre, la plupart des amants, compagnons des protagonistes. Seuls brillent les dix oignons. Il y a certes un homme sur sc\u00e8ne, mais il est rel\u00e9gu\u00e9 au second plan, rel\u00e9gu\u00e9 derni\u00e8re la console son : quand il participe \u00e0 l\u2019action, il n\u2019incarne jamais un personnage central ou r\u00e9current. (Comment le pourrait-il&nbsp;? les seuls hommes r\u00e9currents ne sont \u00e9voqu\u00e9s que dans des lettres.) Il n\u2019incarne m\u00eame peut-\u00eatre aucun r\u00f4le&nbsp;; Adrien est son vrai nom, le nom du com\u00e9dien, son nom d\u2019homme. Le com\u00e9dien se fait rudoyer par ses comparses f\u00e9minines, qui lui adressent des \u00ab&nbsp;Merci, Adrien.&nbsp;\u00bb, prononc\u00e9s de mani\u00e8re exasp\u00e9r\u00e9e. On le r\u00e9duit \u00e0 faire ce qu\u2019on lui demande, par exemple accompagner les sc\u00e8nes musicalement. Adrien post\u00e9 derri\u00e8re une des tables mouvantes envoie des sons \u00e9lectroniques, musiques ou bruitages. Certaines musiques rev\u00eatent des sonorit\u00e9s \u00e9lectro empreintes de certains traits r\u00e9tro, notamment des sonorit\u00e9s \u00e9voquant les ann\u00e9es septante. La premi\u00e8re chanson rappelle le groupe T\u00e9l\u00e9phone. La musique a de multiples inspirations ce qui fait coexister plusieurs \u00e9poques, universalisant, \u00e0 nouveau, le r\u00e9cit. La g\u00e9n\u00e9ralisation se retrouve dans la distribution&nbsp;: quatre femmes qui en jouent dix, qui passent de r\u00f4le en r\u00f4le, montrant, ainsi un corps, une voix une histoire commune, une histoire f\u00e9minine universelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque les artistes, en fin de spectacle, expliquent leur d\u00e9marche et lisent \u00e0 haute voix le texte de Roulet, on comprend que derri\u00e8re ces femmes se tiennent beaucoup d&rsquo;autres. Fanny Brunet d\u00e9cide de les renommer \u00ab&nbsp;les dix majestueuses anarchistes&nbsp;\u00bb. Sur ce plateau la place qui leur appartenait leur a \u00e9t\u00e9 rendues. Promesses d\u2019espoir et merci se confondent dans toutes les bouches. Quatre com\u00e9diennes pour dix anarchistes, dix femmes pour repr\u00e9senter l\u2019histoire de toutes les femmes.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">16 octobre 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/heloise-margot\/\" data-type=\"page\" data-id=\"23592\">H\u00e9lo\u00efse Margot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.tkm.ch\/representation\/la-visite-de-la-vieille-dame-2\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s Daniel De Roulet \/ mise en sc\u00e8ne par Fanny Brunet &amp; Carole Schafroth \/ Th\u00e9\u00e2tre du Loup (Gen\u00e8ve) \/ du 6 au 18 octobre 2026 \/ critique(s) par H\u00e9lo\u00efse Margot et Sohane Allisson .<\/p>\n","protected":false},"author":1003187,"featured_media":23665,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_robots_follow":"","_seopress_robots_imageindex":"","_seopress_robots_snippet":"","_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_robots_breadcrumbs":"","_seopress_robots_freeze_modified_date":"","_seopress_robots_custom_modified_date":"","_seopress_robots_canonical":"","_seopress_social_fb_title":"","_seopress_social_fb_desc":"","_seopress_social_fb_img":"","_seopress_social_fb_img_attachment_id":0,"_seopress_social_fb_img_width":0,"_seopress_social_fb_img_height":0,"_seopress_social_twitter_title":"","_seopress_social_twitter_desc":"","_seopress_social_twitter_img":"","_seopress_social_twitter_img_attachment_id":0,"_seopress_social_twitter_img_width":0,"_seopress_social_twitter_img_height":0,"_seopress_redirections_value":"","_seopress_redirections_enabled":"","_seopress_redirections_enabled_regex":"","_seopress_redirections_logged_status":"","_seopress_redirections_param":"","_seopress_redirections_type":0,"_seopress_analysis_target_kw":"","_seopress_news_disabled":"","_seopress_video_disabled":"","_seopress_video":[],"_seopress_pro_schemas_manual":[],"_seopress_pro_rich_snippets_disable_all":"","_seopress_pro_rich_snippets_disable":[],"_seopress_pro_schemas":[],"footnotes":""},"categories":[32,34,38,6],"tags":[329,330],"class_list":["post-23664","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-du-loup","tag-heloise-margot","tag-sohane-allisson"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23664","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1003187"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23664"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23664\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23670,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23664\/revisions\/23670"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23665"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23664"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23664"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23664"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}