{"id":23557,"date":"2026-10-06T10:34:33","date_gmt":"2026-10-06T08:34:33","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23557"},"modified":"2026-10-06T10:34:35","modified_gmt":"2026-10-06T08:34:35","slug":"la-menagerie-de-verre-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2026\/10\/la-menagerie-de-verre-2\/","title":{"rendered":"La M\u00e9nagerie de verre"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">La M\u00e9nagerie de verre<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Tennessee Williams \/ mise en sc\u00e8ne par Jean Liermier \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carouge (Gen\u00e8ve) \/ du 25 septembre au 18 octobre 2026 \/ critique par Lila Michaud . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Briser les murs pour avancer<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">6 octobre 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lila-michaud\/\" data-type=\"page\" data-id=\"23559\">Lila Michaud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"995\" height=\"702\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/la-menagerie-de-verre-2.png\" alt=\"la m\u00e9nagerie de verre\" class=\"wp-image-23575\" style=\"width:300px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/la-menagerie-de-verre-2.png 995w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/la-menagerie-de-verre-2-283x200.png 283w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/la-menagerie-de-verre-2-241x170.png 241w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/10\/la-menagerie-de-verre-2-768x542.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 995px) 100vw, 995px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Carole Parodi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Pour sa derni\u00e8re cr\u00e9ation en tant que directeur du Th\u00e9\u00e2tre de Carouge, Jean Liermier a choisi une pi\u00e8ce qui explore, entre espoir et d\u00e9sillusion, l\u2019intimit\u00e9 chaotique de la famille Wingfield lors de la Grande D\u00e9pression. La m\u00e8re, le fils et la fille, pris au pi\u00e8ge dans leur appartement, tournent en rond et essaient de (s\u2019en) sortir. La sc\u00e9nographie, qui accompagne et souligne les \u00e9motions des personnages, se charge d\u2019un symbolisme discret et met en avant la tension g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par la double facette de l\u2019appartement, \u00e0 la fois refuge et prison.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour ses adieux au Th\u00e9\u00e2tre de Carouge qu\u2019il dirige depuis 18 ans, Jean Liermier a choisi de mettre en sc\u00e8ne une pi\u00e8ce intime et du souvenir, <em>La<\/em> <em>M\u00e9nagerie de Verre<\/em> (1944) de Tennesse Williams. Dans une m\u00e9nagerie sont habituellement enferm\u00e9s des animaux h\u00e9t\u00e9roclites, livr\u00e9s aux yeux avides des visiteurs. Chez Williams, elle se mat\u00e9rialise d\u2019abord concr\u00e8tement par la collection des animaux en verre de Laura (Aur\u00e9lia Thierr\u00e9e), jeune fille d\u2019une timidit\u00e9 maladive qui se r\u00e9fugie dans son petit monde en cristal. La m\u00e9nagerie prend \u00e9galement une dimension m\u00e9taphorique\u00a0: les membres de la famille Wingfield, expos\u00e9s aux yeux curieux du public, cohabitent tant bien que mal dans leur petit appartement situ\u00e9 \u00e0 Saint-Louis, aux \u00c9tats-Unis. Nous sommes en 1930, un an apr\u00e8s l\u2019effondrement de la bourse de New York et des r\u00eaves et ambitions de nombreux Am\u00e9ricains. Tom (David Gobet), protagoniste et narrateur de la pi\u00e8ce, incarne cette jeunesse d\u00e9sillusionn\u00e9e, priv\u00e9e de son <em>American Dream<\/em>. Amanda, sa m\u00e8re (Clotilde Mollet), et Laura, sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e, viennent compl\u00e9ter ce m\u00e9nage familial. Ensemble, ils luttent pour survivre \u00e0 la Grande et \u00e0 la petite D\u00e9pression au sein de leur modeste logement, qui contient n\u00e9anmoins un gramophone. Le spectacle est berc\u00e9 par plusieurs morceaux de musique des ann\u00e9es 1930, qui donnent \u00e0 la mise en sc\u00e8ne une ambiance g\u00e9n\u00e9rale de m\u00e9lancolie, de r\u00eave ou de souvenir. Liermier prend le parti de reconstituer presque enti\u00e8rement cet appartement sur une plate-forme tournante, isol\u00e9e du sol et plac\u00e9e au centre de la sc\u00e8ne, plongeant le public dans l\u2019intimit\u00e9 de la famille Wingfield. Ce dispositif tournant permet de d\u00e9voiler une \u00e0 une les pi\u00e8ces de la maison et les secrets qui l\u2019habitent. La cuisine appara\u00eet en premier. Les murs sont d\u2019un bleu d\u00e9lav\u00e9, les boiseries sont jaunies et l\u2019ameublement, compos\u00e9 d\u2019une table et de tabourets, est sobre. La relation intense que la famille entretient avec son logement transpara\u00eet gr\u00e2ce au choix des costumes, dont les couleurs sont assorties au d\u00e9cor\u00a0: Amanda et Tom portent respectivement une tunique et un pantalon bleus alors que Laura est v\u00eatue d\u2019une robe jaune. Ils semblent faire partie des meubles. Au fil de la pi\u00e8ce, l\u2019appartement refl\u00e8te les \u00e9motions des personnages, se chargeant ainsi d\u2019un symbolisme discret. C\u2019est dans la chambre de Laura, enti\u00e8rement peinte en vert, couleur de l\u2019espoir, que na\u00eet l\u2019id\u00e9e de lui trouver un mari, projet qui donnera un nouveau souffle \u00e0 la famille. Le salon et ses murs \u00e9carlates sont le th\u00e9\u00e2tre d\u2019une violente dispute entre Amanda et son fils alors que la cuisine et ses couleurs douces deviennent le lieu de r\u00e9conciliation. Les acteurices \u00e9voluent dans cet appartement qui appara\u00eet comme coup\u00e9 du monde ext\u00e9rieur. La sc\u00e9nographie de Christophe de la Harpe souligne la barri\u00e8re m\u00e9taphorique entre le monde de la famille Wingfield. Peu d\u2019\u00e9l\u00e9ments p\u00e9n\u00e8trent l\u2019intimit\u00e9 de l\u2019appartement\u00a0: la lumi\u00e8re provient principalement des lampes pr\u00e9sentes sur la sc\u00e8ne tandis que la chambre et la cuisine sont d\u00e9pourvues de fen\u00eatres et apparaissent ainsi comme des espaces herm\u00e9tiquement clos. Il faudra attendre la venue de Jim (Cyprien Colombo), un coll\u00e8gue de Tom invit\u00e9 \u00e0 manger dans le but secret qu\u2019il \u00e9pouse Laura, pour que l\u2019appartement et ses habitants s\u2019ouvrent un peu au monde ext\u00e9rieur. Clotilde Mollet, dans le r\u00f4le de la m\u00e8re monoparentale qui n\u2019accepte pas de voir ses enfants grandir, d\u00e9voile une Amanda \u00e0 la fois touchante et aga\u00e7ante, forte et vuln\u00e9rable, suscitant le rire et la compassion, \u00e9touffant ses proches d\u2019injonctions tout en d\u00e9gageant une immense tendresse. Aur\u00e9lia Thierr\u00e9e incarne \u00e9galement cette tendresse \u00e0 travers le soin que Laura porte \u00e0 sa petite m\u00e9nagerie en verre. Le jeu de la com\u00e9dienne d\u00e9voile avec habilit\u00e9 la d\u00e9licatesse et la fragilit\u00e9 de son personnage. Sa posture marqu\u00e9e par ses \u00e9paules l\u00e9g\u00e8rement vout\u00e9es, sa voix fluette, ses v\u00eatements simples ainsi que ses placements sc\u00e9niques souvent d\u00e9centr\u00e9s concourent \u00e0 construire l\u2019image d\u2019une jeune femme d\u00e9licate qui cherche presque \u00e0 s\u2019effacer. \u00c0 l\u2019inverse, David Gobet et Cyprien Colombo font \u00e9clater par leur jeu l\u2019intensit\u00e9 des \u00e9motions et des ambitions de Tom et Jim. La mise en sc\u00e8ne de Liermier met en avant l\u2019espoir que repr\u00e9sente Jim\u00a0: il apporte concr\u00e8tement et m\u00e9taphoriquement la lumi\u00e8re dans la vie de Laura et de sa m\u00e8re. De plus, lors de sa venue, le jeune homme laisse la porte de l\u2019appartement ouverte, permettant ainsi \u00e0 la musique et \u00e0 la brise de l\u2019ext\u00e9rieur d\u2019entrer. Un vent d\u2019espoir souffle sur l\u2019appartement qui, comme les personnages, cesse, pendant un instant, de tourner en rond. Enfin, Liermier propose un final fracassant permettant \u00e0 certains personnages de briser les murs pour avancer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">6 octobre 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lila-michaud\/\" data-type=\"page\" data-id=\"23559\">Lila Michaud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/theatredecarouge.ch\/spectacle\/la-menagerie-de-verre\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/theatredecarouge.ch\/spectacle\/la-menagerie-de-verre\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Tennessee Williams \/ mise en sc\u00e8ne par Jean Liermier \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carouge (Gen\u00e8ve) \/ du 25 septembre au 18 octobre 2026 \/ critique par Lila Michaud .<\/p>\n","protected":false},"author":1003187,"featured_media":23573,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_robots_follow":"","_seopress_robots_imageindex":"","_seopress_robots_snippet":"","_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_robots_breadcrumbs":"","_seopress_robots_freeze_modified_date":"","_seopress_robots_custom_modified_date":"","_seopress_robots_canonical":"","_seopress_social_fb_title":"","_seopress_social_fb_desc":"","_seopress_social_fb_img":"","_seopress_social_fb_img_attachment_id":0,"_seopress_social_fb_img_width":0,"_seopress_social_fb_img_height":0,"_seopress_social_twitter_title":"","_seopress_social_twitter_desc":"","_seopress_social_twitter_img":"","_seopress_social_twitter_img_attachment_id":0,"_seopress_social_twitter_img_width":0,"_seopress_social_twitter_img_height":0,"_seopress_redirections_value":"","_seopress_redirections_enabled":"","_seopress_redirections_enabled_regex":"","_seopress_redirections_logged_status":"","_seopress_redirections_param":"","_seopress_redirections_type":0,"_seopress_analysis_target_kw":"","_seopress_news_disabled":"","_seopress_video_disabled":"","_seopress_video":[],"_seopress_pro_schemas_manual":[],"_seopress_pro_rich_snippets_disable_all":"","_seopress_pro_rich_snippets_disable":[],"_seopress_pro_schemas":[],"footnotes":""},"categories":[32,33,38,7],"tags":[327],"class_list":["post-23557","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-onstage","category-spectacle","category-theatre-de-carouge","tag-lila-michaud"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23557","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1003187"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23557"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23557\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23576,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23557\/revisions\/23576"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23573"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23557"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23557"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23557"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}