{"id":23450,"date":"2026-03-10T12:00:08","date_gmt":"2026-03-10T11:00:08","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23450"},"modified":"2026-03-10T12:01:58","modified_gmt":"2026-03-10T11:01:58","slug":"ha","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2026\/03\/ha\/","title":{"rendered":"HA"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">HA<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et mise en sc\u00e8ne par Jana Jacuka \/ Arsenic (Lausanne) \/ Du 6 au 8 mars 2026 \/ Critique par In\u00e8s Dalle . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>6 mars 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ines-dalle\/\">In\u00e8s Dalle<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le pouvoir d\u2019un simple \u00ab&nbsp;ha&nbsp;\u00bb<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"707\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/03\/main-image_ha_photo-by-peteris-viksna_dscf5046-e1761221092634-1024x707.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-23451\" style=\"object-fit:cover;width:300px;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/03\/main-image_ha_photo-by-peteris-viksna_dscf5046-e1761221092634-1024x707.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/03\/main-image_ha_photo-by-peteris-viksna_dscf5046-e1761221092634-290x200.jpg 290w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/03\/main-image_ha_photo-by-peteris-viksna_dscf5046-e1761221092634-246x170.jpg 246w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/03\/main-image_ha_photo-by-peteris-viksna_dscf5046-e1761221092634-768x530.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/03\/main-image_ha_photo-by-peteris-viksna_dscf5046-e1761221092634-1536x1060.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/03\/main-image_ha_photo-by-peteris-viksna_dscf5046-e1761221092634-135x93.jpg 135w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2026\/03\/main-image_ha_photo-by-peteris-viksna_dscf5046-e1761221092634.jpg 1739w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Arsenic<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Par une esth\u00e9tique minimaliste qui touche \u00e0 la fois la mise en sc\u00e8ne et le texte, la chor\u00e9graphe et interpr\u00e8te lettone Jana Jacuka explore les diff\u00e9rents sens et tonalit\u00e9s que le son \u00ab&nbsp;ha&nbsp;\u00bb peut rev\u00eatir. Employ\u00e9e avec ironie, cette onomatop\u00e9e lui permet de traduire des \u00e9motions telles que le malaise, la douleur, l\u2019incompr\u00e9hension et de r\u00e9v\u00e9ler la puissance expressive de ces deux lettres, apparemment anodines.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Jana Jacuka, v\u00eatue de blanc, accueille le public dans un silence troublant. Elle le salue d\u2019abord d\u2019un simple hochement de t\u00eate, puis observe la salle attentivement de gauche \u00e0 droite pendant de longues minutes. Un sentiment d\u2019incompr\u00e9hension m\u00eal\u00e9e d\u2019attente s\u2019empare progressivement du spectateur. La performeuse l\u2019invite alors \u00e0 se plonger dans une forme de contemplation. Le regard du public en vient instinctivement \u00e0 se poser sur l\u2019espace sc\u00e9nique. Les murs sont noirs, travers\u00e9s par des n\u00e9ons blancs qui \u00e9clairent en douche la silhouette blonde et immacul\u00e9e de Jana Jacuka. Seule face au public, elle impose un minimalisme qui contraint le spectateur \u00e0 ne s\u2019attacher qu\u2019\u00e0 sa pr\u00e9sence \u2014 le message ne pourra passer qu\u2019\u00e0 travers elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis les sons surgissent. Jana Jacuka prononce des phrases ou des mots brefs en anglais, chacun ponctu\u00e9 de l\u2019onomatop\u00e9e \u00ab ha \u00bb. La nature de cette interjection, souvent proche du soupir ou d\u2019un bref rire, donne l\u2019impression qu\u2019elle s\u2019impose spontan\u00e9ment \u00e0 la performeuse. Le \u00ab ha \u00bb traduit les \u00e9motions suscit\u00e9es par des situations quotidiennes, des moments embarrassants, ironiques ou douloureux que la jeune femme \u00e9voque \u00e0 l\u2019aide de phrases simples, telles que \u00ab&nbsp;chaussettes-claquettes&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;un contr\u00f4leur qui m\u2019attrape sans billet&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;un c\u00e2lin d\u2019au revoir \u00e0 un coll\u00e8gue que je n\u2019aime pas&nbsp;\u00bb. L\u2019onomatop\u00e9e est ainsi utilis\u00e9e \u00e0 la place de mots qui seraient soit insuffisants, soit superflus. \u00c0 travers la multiplication des mises en situation propos\u00e9es par l\u2019artiste, la signification du \u00ab ha \u00bb se transforme et se nuance progressivement. Le public, pleinement familier de ces instants ordinaires, y projette alors naturellement ses propres \u00e9motions.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle, d\u2019une dur\u00e9e d\u2019une heure, s\u2019articule en plusieurs moments. \u00c0 deux reprises, Jana Jacuka explore le sens du son \u00ab ha \u00bb en l\u2019utilisant comme signe de ponctuation au sein de phrases br\u00e8ves. Ces instants sont s\u00e9par\u00e9s par des phases d\u2019intense performance vocale et corporelle, durant lesquelles s\u2019op\u00e8re une importante progression&nbsp;: l\u2019onomatop\u00e9e cesse peu \u00e0 peu d\u2019\u00eatre porteuse de sens pour devenir une mati\u00e8re sonore \u00e0 part enti\u00e8re. La performeuse r\u00e9p\u00e8te le son, l\u2019\u00e9tire et le d\u00e9forme. Le spectateur peine alors \u00e0 en retenir la signification premi\u00e8re et s\u2019attache davantage au corps et aux expressions faciales de l\u2019interpr\u00e8te. D\u2019abord statique, ce corps se contorsionne progressivement. Jana Jacuka en vient \u00e0 arracher les sons de sa gorge, \u00e0 les recracher, \u00e0 les transformer en cris presque animaliers, parfois proches du <em>growl<\/em> du metal. Une douleur transpara\u00eet dans ses expressions et r\u00e9v\u00e8le l\u2019ampleur de l\u2019effort physique qu\u2019exige la performance. Une fois celle-ci achev\u00e9e et le silence revenu, le spectateur mesure pleinement cet engagement corporel. Il r\u00e9alise \u00e9galement, non sans \u00e9tonnement, qu\u2019il est difficile de dire si le spectacle a dur\u00e9 une heure ou seulement quelques minutes. Cet effet hypnotique, induit par la r\u00e9p\u00e9tition du son \u00ab&nbsp;ha&nbsp;\u00bb, est \u00e9galement entretenu par la concentration de Jana Jacuka, qui capte toute l\u2019attention du public.<\/p>\n\n\n\n<p>Jana Jacuka livre ainsi une performance singuli\u00e8re, \u00e0 la fois profond\u00e9ment physique et fond\u00e9e sur un dispositif d\u2019une grande simplicit\u00e9. \u00c0 partir d\u2019un son familier, l\u2019artiste parvient \u00e0 exprimer toute une gamme d\u2019\u00e9motions. Elle puise dans des situations ordinaires pour questionner la mani\u00e8re dont les exp\u00e9riences humaines peuvent \u00eatre transmises et ressenties. Cette d\u00e9marche, caract\u00e9ristique de son travail, invite le spectateur \u00e0 envisager le langage autrement, prouvant que la communication ne passe pas seulement par les mots mais aussi par la tonalit\u00e9 de la voix, par l\u2019\u00e9tendue d\u2019un son et par la pr\u00e9sence du corps.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>6 mars 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ines-dalle\/\">In\u00e8s Dalle<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/arsenic.ch\/spectacle\/jana-jacuka-ha\/\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et mise en sc\u00e8ne par Jana Jacuka \/ Arsenic (Lausanne) \/ Du 6 au 8 mars 2026 \/ Critique par In\u00e8s Dalle . <\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":23451,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[319],"class_list":["post-23450","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-ines-dalle"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23450","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23450"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23450\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23454,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23450\/revisions\/23454"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23451"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23450"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23450"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23450"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}