{"id":23364,"date":"2025-12-07T14:31:38","date_gmt":"2025-12-07T13:31:38","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23364"},"modified":"2025-12-07T14:31:40","modified_gmt":"2025-12-07T13:31:40","slug":"broceliande","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2025\/12\/broceliande\/","title":{"rendered":"Broc\u00e9liande"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Broc\u00e9liande<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et mise en sc\u00e8ne par Julie Annen \/ Le Petit Th\u00e9\u00e2tre (Lausanne) \/ Du 3 au 31 d\u00e9cembre 2025 \/ Critique par Laurie Boissenin. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 d\u00e9cembre 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/laurie-boissenin\/\">Laurie Boissenin<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La magie \u00e0 travers ses artifices<\/strong><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"720\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/12\/broceliance_couverture-1024x720.jpg\" alt=\"broc\u00e9liance couverture\" class=\"wp-image-23365\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/12\/broceliance_couverture-1024x720.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/12\/broceliance_couverture-284x200.jpg 284w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/12\/broceliance_couverture-242x170.jpg 242w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/12\/broceliance_couverture-768x540.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/12\/broceliance_couverture-1536x1080.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/12\/broceliance_couverture.jpg 1706w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Philippe Pache<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>La compagnie Rupille 7 est de retour au Petit Th\u00e9\u00e2tre de Lausanne avec une nouvelle cr\u00e9ation destin\u00e9e aux enfants. Librement inspir\u00e9 de l\u2019univers f\u00e9erique des l\u00e9gendes arthuriennes, le spectacle allie th\u00e9\u00e2tre de marionnettes et prouesses cin\u00e9matographiques pour r\u00e9v\u00e9ler la magie que peut produire un travail de mise en sc\u00e8ne m\u00e9ticuleux. Dans la for\u00eat enchant\u00e9e de Broc\u00e9liande, Arthur et Morgane sont encore enfants. \u00c0 la recherche des origines de Morgane, le duo espi\u00e8gle \u00e9chappe \u00e0 la surveillance de Merlin et Viviane et nous embarque dans une qu\u00eate fantastique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce nouveau spectacle, Julie Annen s\u2019inspire de Broc\u00e9liande, for\u00eat mythique et enchant\u00e9e cit\u00e9e dans de nombreux r\u00e9cits arthuriens. La metteuse en sc\u00e8ne suisse reprend les codes narratifs de ces l\u00e9gendes pour cr\u00e9er une atmosph\u00e8re mystique au th\u00e9\u00e2tre. Arthur et Morgane, deux orphelins en voie de devenir le roi et la sorci\u00e8re que nous connaissons, sont sous la tutelle de Merlin et Viviane. L\u2019action est d\u2019abord organis\u00e9e en \u00e9pisodes \u00e9ducatifs dans lesquels Arthur apprend \u00e0 se battre avec humilit\u00e9 tandis que Morgane apprend \u00e0 lancer des sortil\u00e8ges et \u00e0 pr\u00e9parer des potions. Agissant en figures parentales bienveillantes et exigeantes, Merlin et Viviane leur transmettent des valeurs comme la participation aux t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res, la ponctualit\u00e9, l\u2019abn\u00e9gation ou encore la pers\u00e9v\u00e9rance. Tout s\u2019acc\u00e9l\u00e8re lorsque les enfants se lient d\u2019amiti\u00e9 et s\u2019engagent dans une qu\u00eate merveilleuse qui les m\u00e8nera \u00e0 affronter de nombreuses \u00e9preuves.<\/p>\n\n\n\n<p>Arthur et Morgane sont repr\u00e9sent\u00e9s par des petites marionnettes en chiffon blanc, manipul\u00e9es \u00e0 quatre mains, tandis que les personnages adultes, Merlin et Viviane, sont incarn\u00e9s directement par un com\u00e9dien et une com\u00e9dienne. Ces derniers sont int\u00e9gr\u00e9s au monde des marionnettes gr\u00e2ce \u00e0 des effets de perspective prodigieux. Des jeux d\u2019optique parviennent \u00e0 donner l\u2019impression que Viviane se bat \u00e0 l\u2019\u00e9p\u00e9e avec Arthur ou que Merlin vole aux c\u00f4t\u00e9s de Morgane. En effet, le spectacle brille surtout par son habilit\u00e9 technique et son inventivit\u00e9 sc\u00e9nographique&nbsp;: une \u00e9quipe de com\u00e9diens et de techniciens monte un film d\u2019animation qui est simultan\u00e9ment projet\u00e9 sur un \u00e9cran fix\u00e9 \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la sc\u00e8ne. L\u2019action est constamment film\u00e9e par deux cam\u00e9ras fixes et une cam\u00e9ra mobile qui suit les personnages. Sur sc\u00e8ne, l\u2019\u00e9quipe est enti\u00e8rement v\u00eatue de noir, de mani\u00e8re \u00e0 ce que les corps des com\u00e9diens se fondent dans le d\u00e9cor. M\u00eame leurs mains, cach\u00e9es par des gants, deviennent quasiment imperceptibles. Lors d\u2019une sc\u00e8ne de repas partag\u00e9 entre Arthur et Viviane, la com\u00e9dienne s\u2019agenouille de sorte \u00e0 ce que son visage soit au niveau de la table. Comme par magie, le reste de son corps est invisible \u00e0 l\u2019\u00e9cran, donnant l\u2019impression qu\u2019elle est assise \u00e0 table avec Arthur. Cette illusion repose sur un cadrage astucieux, qui joue sur la perspective et les \u00e9chelles pour rendre cr\u00e9dible la cohabitation entre la com\u00e9dienne et la marionnette au sein du m\u00eame univers fictionnel.<\/p>\n\n\n\n<p>Les aventures d\u2019Arthur et Morgane se jouent dans divers d\u00e9cors peints qui d\u00e9filent \u00e0 mesure que l\u2019action progresse. Ces derniers sont mont\u00e9s sur des chariots \u00e0 roulettes furtivement d\u00e9plac\u00e9s par l\u2019\u00e9quipe des com\u00e9diens, qui se relaient avec agilit\u00e9 dans une chor\u00e9graphie m\u00e9ticuleuse, afin de faire appara\u00eetre le bon d\u00e9cor, au bon endroit, au bon moment. Les d\u00e9cors sont construits de mani\u00e8re \u00e0 prendre sens une fois cadr\u00e9s et film\u00e9s&nbsp;: c\u2019est \u00e0 travers l\u2019objectif de la cam\u00e9ra que ces d\u00e9cors, pourtant faits de simple carton, prennent vie comme au cin\u00e9ma. Nos h\u00e9ros voyagent ainsi \u00e0 travers des for\u00eats enchant\u00e9es, un ch\u00e2teau gard\u00e9 par un redoutable dragon, des montagnes enneig\u00e9es et bien d\u2019autres lieux surnaturels. Par le prisme de la cam\u00e9ra, une simple orbe lumineuse qu\u2019un com\u00e9dien tient au-dessus de sa t\u00eate ressemble \u00e9trangement \u00e0 la lune, permettant par ailleurs d\u2019\u00e9clairer Arthur et Morgane lors d\u2019une qu\u00eate nocturne. D\u2019autres trucages enchantants sont d\u00e9ploy\u00e9s, comme lorsque Morgane parvient \u00e0 se m\u00e9tamorphoser en oiseau. Les lumi\u00e8res qui \u00e9clairent le plateau s\u2019\u00e9teignent bri\u00e8vement, afin que les com\u00e9diens puissent discr\u00e8tement \u00e9changer la marionnette de Morgane par une figurine d\u2019oiseau. Une fois les lumi\u00e8res rallum\u00e9es, de la fum\u00e9e appara\u00eet&nbsp;myst\u00e9rieusement, soulignant la magie de la transformation qui vient de s\u2019effectuer sous les yeux du public.<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 cette sc\u00e9nographie singuli\u00e8re, le spectateur a la libert\u00e9 de choisir o\u00f9 il souhaite fixer son regard. Il peut regarder l\u2019\u00e9cran, l\u00e0 o\u00f9 les trucages disparaissent, ou bien la sc\u00e8ne, l\u00e0 o\u00f9 les illusions d\u2019optique se construisent. Cette transparence quant \u00e0 la fabrication de la magie qui appara\u00eet \u00e0 l\u2019\u00e9cran a une fonction didactique. Elle permet de montrer aux enfants les coulisses du spectacle auquel ils sont en train d\u2019assister.&nbsp; Par ailleurs, ce proc\u00e9d\u00e9 m\u00e9tath\u00e9\u00e2tral devient comique lorsqu\u2019il se retrouve dans la bouche d\u2019Arthur. Ce dernier, en pleine course, se plaint que son c\u0153ur bat trop vite, il est alors forc\u00e9 de constater&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je suis une marionnette, je n\u2019ai pas de c\u0153ur&nbsp;!&nbsp;\u00bb La metteuse en sc\u00e8ne ne se g\u00eane donc pas pour montrer les artifices du spectacle \u00e0 son jeune public. Cette honn\u00eatet\u00e9 radicale n\u2019enl\u00e8ve pourtant rien \u00e0 la magie de la repr\u00e9sentation. Ici, la magie appara\u00eet comme une cr\u00e9ation humaine. La magie, c\u2019est la collaboration minutieusement chor\u00e9graphi\u00e9e d\u2019une \u00e9quipe soud\u00e9e, ce sont des d\u00e9cors peints \u00e0 la main sur du carton, c\u2019est un cadrage bien pens\u00e9 \u2013 c\u2019est quelque chose d\u2019atteignable en dehors du monde de la fiction.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 d\u00e9cembre 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/laurie-boissenin\/\">Laurie Boissenin<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/lepetittheatre.ch\/spectacle\/broceliande\/\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et mise en sc\u00e8ne par Julie Annen \/ Le Petit Th\u00e9\u00e2tre (Lausanne) \/ Du 3 au 31 d\u00e9cembre 2025 \/ Critique par Laurie Boissenin.<\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":23365,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[32,4,33,38],"tags":[320],"class_list":["post-23364","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-le-petit-theatre","category-onstage","category-spectacle","tag-laurie-boissenin"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23364","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23364"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23364\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23366,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23364\/revisions\/23366"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23365"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23364"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23364"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23364"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}