{"id":23304,"date":"2025-11-03T16:59:56","date_gmt":"2025-11-03T15:59:56","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23304"},"modified":"2025-11-18T11:25:32","modified_gmt":"2025-11-18T10:25:32","slug":"in-bocca-al-lupo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo\/","title":{"rendered":"In bocca al lupo"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">In bocca al lupo<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et mise en sc\u00e8ne par Judith Zagury\/ Shanjulab\/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy (Lausanne) \/ Du 30 octobre au 14 novembre 2025 \/ Critiques par Maxime Grandjean et Ilian Guesmia . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 octobre 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/maxime-grandjean\/\">Maxime Grandjean<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Crepi&nbsp;! o forse no\u2026&nbsp;?<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo-2025chloe-cohen-1183-web-683x1024.jpg\" alt=\"in bocca al lupo 2025chloe cohen 1183 web\" class=\"wp-image-23307\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo-2025chloe-cohen-1183-web-683x1024.jpg 683w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo-2025chloe-cohen-1183-web-133x200.jpg 133w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo-2025chloe-cohen-1183-web-113x170.jpg 113w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo-2025chloe-cohen-1183-web-768x1152.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo-2025chloe-cohen-1183-web.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Chlo\u00e9 Choen<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es d\u2019enqu\u00eate de terrain sur le retour du loup en Suisse, Judith Zagury<\/em>&nbsp;<em>et ShanjuLab le placent au centre de la sc\u00e8ne. Gr\u00e2ce aux nombreuses images et t\u00e9moignages r\u00e9colt\u00e9s, le collectif propose une plong\u00e9e en pleine nature, sur les traces de l\u2019animal et \u00e0 travers ses confrontations avec les \u00e9leveurs. Qui a raison&nbsp;? Qui a tort&nbsp;? Que savons-nous finalement de cet animal \u00e0 la fois si lointain et si proche&nbsp;? Autant de questions auxquelles&nbsp;<\/em>In bocca al lupo<em>confronte le spectateur en lui laissant la libert\u00e9 de choisir.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir invit\u00e9 les spectateurs dans la nature en 2021 avec&nbsp;<em>Perspectives \u2013 un ensemble animal<\/em>, c\u2019est maintenant au tour de cette nature d\u2019\u00eatre convi\u00e9e sur les planches du Th\u00e9\u00e2tre de Vidy. Dans une continuit\u00e9 th\u00e9matique, ce nouveau spectacle prolonge la r\u00e9flexion du collectif quant aux territoires partag\u00e9s entre humains et animaux, en s\u2019int\u00e9ressant, cette fois-ci, \u00e0 notre contact avec le loup. Depuis 2022, aux c\u00f4t\u00e9s du biologiste Jean-Marc Landry et du photographe animalier Julien Regamey, le collectif ShanjuLab a suivi le loup, ses traces, ses hurlements ainsi que ceux des \u00e9leveurs, dans un paysage marqu\u00e9 par les cadavres de vaches, de veaux et de loups.&nbsp;<em>In bocca al lupo<\/em>&nbsp;parvient \u00e0 nous immerger compl\u00e8tement, sinon dans la gueule du loup, dans son environnement, et d\u00e8s lors \u00e0 nous faire, selon la formule de Landry, \u00ab&nbsp;sentir avec les tripes&nbsp;\u00bb plus qu\u2019intellectuellement les probl\u00e9matiques qui l\u2019entourent.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ussite de cette immersion est d\u2019abord assur\u00e9e par le d\u00e9cor. Gr\u00e2ce aux cinq \u00e9crans dispos\u00e9s sur les murs du th\u00e9\u00e2tre, le spectateur est encercl\u00e9 par la nature projet\u00e9e. Ces \u00e9crans permettent de montrer simultan\u00e9ment des captations diff\u00e9rentes, ou de faire passer une seule captation d\u2019un mur \u00e0 l\u2019autre. Le public est ainsi amen\u00e9 \u00e0 adopter une posture active dans son visionnage, au centre de cette nature qui l\u2019assaille sous diff\u00e9rentes formes. M\u00ealant des plans tir\u00e9s de cam\u00e9ras thermiques et infrarouges, et m\u00eame d\u2019une autre embarqu\u00e9e sur les cornes d\u2019une vache, le dispositif offre une grande vari\u00e9t\u00e9 de points de vue et d\u2019images, faisant se c\u00f4toyer animaux et \u00eatres humains. Cette immersion ne se limite pas aux projections&nbsp;: les trois chiens du collectif \u2013 Yova, Azad et Lupo \u2013 se trouvent \u00e9galement sur le plateau d\u00e8s le d\u00e9but du spectacle. D\u2019abord sagement install\u00e9s, chacun sur un caisson, de part et d\u2019autre du public, ils offrent peu \u00e0 peu, \u00e0 travers leurs interactions avec les \u00e9crans ou entre eux, un parall\u00e8le avec le loup qui interroge la porosit\u00e9 entre le domestique et le sauvage.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la prouesse que r\u00e9alise ce spectacle, c\u2019est surtout de nous faire passer de la peur \u00e0 la tristesse face \u00e0 cette nature, gr\u00e2ce \u00e0 une excellente gestion des divers m\u00e9dias sc\u00e9niques. Ainsi, le public est pris, par moments, dans un vrai&nbsp;<em>thriller<\/em>, genre auquel la cr\u00e9ation reprend ses codes, tout en parvenant \u00e0 accro\u00eetre l\u2019aspect immersif. En plus d\u2019\u00e9voquer le classique d\u00e9cor sylvestre et nocturne des films d\u2019horreur, l\u2019apparition multiple ou altern\u00e9e d\u2019images sur les diff\u00e9rents \u00e9crans accentue l\u2019inconfort du spectateur, maintenu dans un \u00e9tat d\u2019alerte. Si les hurlements des loups diffus\u00e9s par les enregistrements sont d\u00e9j\u00e0 gla\u00e7ants, les entendre reproduits \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de nous par les chiens finit de nous plonger dans cette for\u00eat. Le spectacle parvient ainsi \u00e0 restituer l\u2019atmosph\u00e8re de tension qui entoure la pr\u00e9sence du loup, mais \u00e9galement \u00e0 la relativiser en d\u00e9passant la crainte de l\u2019inconnu.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette ma\u00eetrise des \u00e9l\u00e9ments sc\u00e9niques apporte une vari\u00e9t\u00e9 dans l\u2019immersion du spectateur. Aux projections mentionn\u00e9es s\u2019ajoutent les interventions de la com\u00e9dienne et journaliste S\u00e9verine Chave qui, parlant au micro ou tapant sur son clavier des phrases affich\u00e9es en direct, donne au spectacle l\u2019allure d\u2019une v\u00e9ritable enqu\u00eate polici\u00e8re. Il convient enfin de souligner la performance de Dariouch Ghavami qui, micro en main, narre et rejoue gr\u00e2ce \u00e0 ses pi\u00e8ges vid\u00e9o sa nuit pass\u00e9e en for\u00eat, dans un&nbsp;<em>timing<\/em>&nbsp;parfait entre gestes sur sc\u00e8ne et projections sur les \u00e9crans.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, le spectacle capte sans l\u2019ombre d\u2019un doute notre pleine attention, tout en \u00e9veillant notre r\u00e9flexion. Sans prendre parti, il parvient tout au long de la repr\u00e9sentation \u00e0 nous informer pr\u00e9cis\u00e9ment sur la situation, \u00e0 l\u2019aide d\u2019un prompteur relayant t\u00e9moignages et statistiques. Il nous invite \u00e0 interroger la fronti\u00e8re entre l\u2019homme et l\u2019animal, avec la violence qui en d\u00e9coule. Cette r\u00e9flexion trouve un \u00e9cho dans la porosit\u00e9 attendrissante qui saute aux yeux lorsque, entre \u00e9crans et plateau, loups et chiens s\u2019adonnent aux m\u00eames jeux.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 octobre 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/maxime-grandjean\/\">Maxime Grandjean<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 octobre 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/ilian-guesmia\/\">Ilian Guesmia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>In bocca al lupo<\/em>\u00a0: un spectacle qui a du chien\u00a0?<\/strong><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo-2025chloe-cohen-1703-web-1024x683.jpg\" alt=\"in bocca al lupo 2025chloe cohen 1703 web\" class=\"wp-image-23306\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo-2025chloe-cohen-1703-web-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo-2025chloe-cohen-1703-web-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo-2025chloe-cohen-1703-web-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo-2025chloe-cohen-1703-web-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo-2025chloe-cohen-1703-web-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/in-bocca-al-lupo-2025chloe-cohen-1703-web.jpg 1800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Chlo\u00e9 Choen<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Judith Zagury nous invite sur les traces de toute une faune sauvage coexistant avec les humains, et en particulier du loup, canid\u00e9 aussi redout\u00e9 qu\u2019admir\u00e9, dans un spectacle captivant et singulier qui manque peut-\u00eatre de mordant, \u00e0 d\u00e9couvrir en meute jusqu\u2019au 14 novembre au Th\u00e9\u00e2tre de Vidy.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Immersif. C\u2019est le premier mot qui vient \u00e0 l\u2019esprit pour d\u00e9crire la nouvelle production du Th\u00e9\u00e2tre de Vidy, qui aborde la question de la cohabitation des humains avec les loups, r\u00e9cemment de retour sur certains territoires qu\u2019ils avaient pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9sert\u00e9s. Alors que le soleil s\u2019est couch\u00e9, les spectateur.ice.s passent devant l\u2019ombre d\u2019une statue de canid\u00e9 dispos\u00e9e \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du th\u00e9\u00e2tre, qui donne tout son sens \u00e0 l\u2019expression \u00ab&nbsp;entre chien et loup&nbsp;\u00bb. Iels sortent ensuite du b\u00e2timent principal et rejoignent la salle Ren\u00e9 Gonzalez, isol\u00e9e du reste du complexe. Iels peuvent alors choisir de s\u2019asseoir aux places traditionnellement occup\u00e9es par le public ou sur le plateau lui-m\u00eame, aux c\u00f4t\u00e9s de trois adorables chiens, Azad, Lupo et Yova. Tout autour de ce \u00ab&nbsp;collectif multi-esp\u00e8ces&nbsp;\u00bb \u2013 expression \u00e9galement employ\u00e9e pour qualifier l\u2019institution \u00e0 l\u2019origine du spectacle, ShanjuLab \u2013 sont dispos\u00e9s plusieurs \u00e9crans de tailles diverses. La metteuse en sc\u00e8ne Judith Zagury, \u00e9galement cr\u00e9atrice de ce p\u00f4le de recherche-cr\u00e9ation sur les relations entre humains et animaux, mobilise un ensemble de vid\u00e9os, souvent film\u00e9es au moyen de cam\u00e9ras dites thermiques ou infrarouges. Issues d\u2019un abondant mat\u00e9riel audiovisuel immortalisant la nature diurne et nocturne de la commune vaudoise Gimel (du district de Morges) que le spectacle prend pour objet, ces vid\u00e9os sont accompagn\u00e9es d\u2019enregistrements de conversations avec divers.e.s acteur.ice.s concern\u00e9.e.s (agriculteurs, politiques, philosophes, etc.) et de prises de sons, en for\u00eat notamment. Deux com\u00e9dien.ne.s \u2013 S\u00e9verine Chave et Dariouch Ghavami, qui se sont tous deux investis dans un travail d\u2019investigation sur le terrain \u2013 commentent ce contenu audiovisuel et les trois chiens y r\u00e9agissent. Le public, quant \u00e0 lui, int\u00e8gre ce d\u00e9cor qui l\u2019entoure, se retrouvant plong\u00e9 au c\u0153ur de tout un monde sauvage qui s\u2019anime autour de lui et auquel chacun.e r\u00e9agit singuli\u00e8rement&nbsp;: \u00e9merveillement, crainte, attendrissement, autant d\u2019\u00e9motions qui configurent nos rapports individuels et collectifs \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 animale. Ainsi, ce spectacle que le dossier de presse d\u00e9finit comme \u00e0 la limite entre enqu\u00eate et t\u00e9moignage, entre \u00ab&nbsp;documentaire incarn\u00e9 et fiction document\u00e9e&nbsp;\u00bb, est peut-\u00eatre avant tout un objet de spectacle vivant, au sens propre du terme.<\/p>\n\n\n\n<p>Un spectacle trop vivant peut-\u00eatre\u00a0? Il arrive en effet que le spectateur soit surstimul\u00e9\u00a0: entre les images, les sons, les commentaires des trois intervenant.e.s et les jeux des chiens, difficile de tout suivre, d\u2019autant plus que les captations audio-visuelles \u2013 aussi extraordinaires qu\u2019elles soient \u2013 peinent \u00e0 rivaliser avec le joyeux spectacle offert par Azad hurlant aux loups et jouant avec Lupo, ou par Yova faisant de petits bonds lorsqu\u2019un animal passe \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Pour autant, <em>In bocca al lupo<\/em> \u2013 ing\u00e9nieusement nomm\u00e9 d\u2019apr\u00e8s une expression italienne employ\u00e9e pour se souhaiter bonne chance (avant de monter sur sc\u00e8ne, dans un contexte th\u00e9\u00e2tral) \u2013 n\u2019en reste pas moins un t\u00e9moignage pr\u00e9cieux et unique en ce qu\u2019il permet de faire d\u00e9couvrir l\u2019activit\u00e9 d\u2019une biodiversit\u00e9 qui pers\u00e9v\u00e8re malgr\u00e9 la menace humaine, \u00e0 l\u2019abri des regards. Ce projet rend ainsi pr\u00e9sent ce qui peut para\u00eetre absent, visibilise ce qui est invisible pour la plupart d\u2019entre nous, toute une vie animale nocturne notamment\u00a0; il rend sensible une nature \u00e0 laquelle nous oublions trop souvent que nous appartenons.<\/p>\n\n\n\n<p>On regrettera toutefois que Judith Zagury se contente de sensibiliser (dans les deux sens du terme), de poser des questions sans forc\u00e9ment y r\u00e9pondre et n\u2019aille pas jusqu\u2019\u00e0 tenir un v\u00e9ritable propos. Certes, cette posture de neutralit\u00e9 observatrice \u2013 que la metteuse en sc\u00e8ne revendique comme une fa\u00e7on de se soustraire \u00e0 l\u2019\u00e9motion que suscite le sujet aupr\u00e8s des \u00e9leveurs et des militants antisp\u00e9cistes notamment \u2013 invite le public \u00e0 s\u2019interroger par lui-m\u00eame. En outre, l\u2019id\u00e9e de nuancer des points de vue divergents par leur exposition et leur confrontation \u2013 en rappelant par exemple que la souffrance du b\u00e9tail ne doit pas \u00eatre n\u00e9glig\u00e9e et n\u2019est pas moins valable que celle des pr\u00e9dateurs, ou en notant que la technologie permet autant de comprendre les animaux que de les traquer et de les tuer \u2013 est bienvenue. Toutefois, \u00e0 l\u2019heure d\u2019une crise climatique chaque jour plus pr\u00e9occupante, les rapports entre humains et animaux constituent un enjeu capital et urgent qui semble appeler celles et ceux qui s\u2019expriment sur ce sujet \u00e0 un engagement plus marqu\u00e9, quitte \u00e0 provoquer l\u2019adh\u00e9sion ou le rejet, quitte \u00e0 s\u2019aventurer pour de bon dans la gueule du loup.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 octobre 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/ilian-guesmia\/\">Ilian Guesmia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.vidy.ch\/fr\/evenement\/judith-zagury-shanjulab-in-bocca-al-lupo\/\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et mise en sc\u00e8ne par Judith Zagury\/ Shanjulab\/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy (Lausanne) \/ Du 30 octobre au 14 novembre 2025 \/ Critiques par Maxime Grandjean et Ilian Guesmia .<\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":23306,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[321,317],"class_list":["post-23304","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-ilian-guesmia","tag-maxime-grandjean"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23304","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23304"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23304\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23323,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23304\/revisions\/23323"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23306"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23304"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23304"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23304"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}