{"id":23300,"date":"2025-11-03T09:46:49","date_gmt":"2025-11-03T08:46:49","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23300"},"modified":"2025-11-03T09:46:58","modified_gmt":"2025-11-03T08:46:58","slug":"holobiontes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2025\/11\/holobiontes\/","title":{"rendered":"Holobiontes"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Holobiontes<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et mise en sc\u00e8ne par Florencia Demestri et Samuel Lefeuvre\/ La Grange \/ Centre Arts et Sciences \/ UNIL (Lausanne)\/ Du 30 octobre au 1er novembre 2025 \/ Critique par Maud Seem . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 octobre 2025 <\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/maud-seem\/\">Maud Seem<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Se sentir multiple<\/strong><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"776\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/capture-decran-2025-11-03-a-09.34.25-776x1024.jpg\" alt=\"capture d\u2019\u00e9cran 2025 11 03 \u00e0 09.34.25\" class=\"wp-image-23302\" style=\"object-fit:cover;width:300px;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/capture-decran-2025-11-03-a-09.34.25-776x1024.jpg 776w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/capture-decran-2025-11-03-a-09.34.25-152x200.jpg 152w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/capture-decran-2025-11-03-a-09.34.25-129x170.jpg 129w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/capture-decran-2025-11-03-a-09.34.25-768x1014.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/11\/capture-decran-2025-11-03-a-09.34.25.jpg 909w\" sizes=\"auto, (max-width: 776px) 100vw, 776px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Laeticia Bica<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le terme&nbsp;<\/em>holobionte<em>&nbsp;d\u00e9signe un organisme pluricellulaire qui vit en symbiose avec la multitude d\u2019autres formes de vie qu\u2019il h\u00e9berge. Le spectacle de la compagnie demestri+lefeuvre, fond\u00e9e par les danseur-euses et chor\u00e9graphes Florencia Demestri et Samuel Lefeuvre, s\u2019inscrit dans un cycle de cr\u00e9ation construit autour de notre relation au monde et au vivant, et de l\u2019imaginaire qui l\u2019entoure. Accueilli \u00e0 la Grange dans le cadre du festival&nbsp;<\/em>Ecotopiales<em>, ce spectacle veut proposer une vision non anthropocentr\u00e9e du corps, et donner \u00e0 voir le vivant non-humain.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le plateau de La Grange est v\u00eatu de blanc ce soir. Lorsqu\u2019on entre, les danseur-euses nous attendent, d\u00e9j\u00e0 \u00e9parpill\u00e9s sur sc\u00e8ne. Iels regardent entrer leurs spectateur-ices, invit\u00e9s \u00e0 prendre place sur les gradins, ou directement sur le plateau \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s, sur des praticables qui font partie int\u00e9grante du dispositif sc\u00e9nique. Autour de l\u2019espace de danse sont dispos\u00e9s des objets en carton aux formes organiques, au sol et dans les airs. Et alors que la salle se remplit, les danseur-euses ont l\u2019air d\u2019attendre autant que le public. Iels nous observent, nous sourient, se frottent les yeux ou \u00e9ternuent, ne se comportent pas diff\u00e9remment de leur public. D\u2019ailleurs, il fait jour dans la salle, tout le monde est \u00e9clair\u00e9 par une lumi\u00e8re neutre, toutes les fronti\u00e8res semblent s\u2019estomper. Le spectacle commence dans le silence, quand la premi\u00e8re danseuse se place au centre du plateau. Commence alors \u00e0 r\u00e9sonner un rythme r\u00e9gulier, \u00e9touff\u00e9, presque comme un gargouillis. Un \u00e0 un, les autres danseur-euses se joignent \u00e0 elle. Iels se m\u00e9langent les uns aux autres, comme une soupe de corps qui tend \u00e0 ne former qu\u2019un amas de bras et de jambes, de pieds nus qui se l\u00e8vent vers le ciel, un corps unique qui respire, qui vit comme un seul alors qu\u2019il est compos\u00e9 de plusieurs \u00e9l\u00e9ments. Si l\u2019organisme pluricellulaire qui se d\u00e9veloppe au milieu de la sc\u00e8ne se perturbe au rythme de la musique, il semble pourtant que cette derni\u00e8re n\u2019ait pas de contr\u00f4le sur lui. C\u2019est un \u00e9change, une symbiose entre les corps qui se touchent, le son, bient\u00f4t la lumi\u00e8re qui jaillit de tous les sens, projet\u00e9e par les spots lumineux pos\u00e9s sur le sol et ceux qui sont suspendus au plafond, jusqu\u2019\u00e0 ce que la structure se d\u00e9fasse, que chaque organisme prenne place dans une ligne transversale de corps d\u00e9compos\u00e9s aux postures cass\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une heure durant, c\u2019est une grande symbiose des sens qui se d\u00e9roule sous les multiples points de vue propos\u00e9s aux spectateurs, comme pour symboliser la multiplicit\u00e9 des points d\u2019observation du vivant. Ce que j\u2019ai observ\u00e9 pendant une heure, il m\u2019a sembl\u00e9 que c\u2019\u00e9tait la vie, le vivant. Les corps semblaient de moins en moins humains, tant\u00f4t fluides, tant\u00f4t structur\u00e9s. Le bras semblait parfois tentacule, parfois morceau de bois, la jambe semblait se briser, le corps se transformait comme une h\u00e9lice qui tournoie sur le sol, je voyais en lui tant\u00f4t une araign\u00e9e, tant\u00f4t une mol\u00e9cule, tant\u00f4t une algue qui ondule dans l\u2019eau. L\u2019espace autour des danseur-euses devenait plus dense lui-m\u00eame, iels \u00e9voluaient dans une esp\u00e8ce de visquosit\u00e9&nbsp;: c\u2019\u00e9tait comme observer la soupe primordiale, regarder la cr\u00e9ation du vivant qui se construit juste l\u00e0, au milieu de nous, avec nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans cesse, les corps se s\u00e9paraient, se r\u00e9unissaient, se d\u00e9faisaient encore, avec toujours pour objectif de se retrouver, de construire ensemble. S\u2019ils ne s\u2019imbriquaient pas les uns dans les autres, ils s\u2019imbriquaient avec le d\u00e9cor, des briques de mousse qui semblaient tenir en place le corps qui les d\u00e9pla\u00e7ait, les pi\u00e8ces aux formes organiques qui s\u2019embo\u00eetaient dans les jambes, sous le bassin ou dans la nuque, des objets inanim\u00e9s qui semblaient finalement faire partie eux aussi de ce grouillement de vie, qui avaient pour fonction de le construire aussi. Chaque morceau du d\u00e9cor et chaque com\u00e9dien-ne se comporte comme une pi\u00e8ce d\u2019un puzzle plus grand.<\/p>\n\n\n\n<p>La chor\u00e9graphie sugg\u00e8re que vivre, c\u2019est r\u00e9agir \u00e0 ce qui entre en contact avec&nbsp;<em>moi<\/em>. Rien n\u2019est stable, la vie pullule, foisonne, fourmille et gigote, tout est branlant, le bancal est n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019existence, pour que les organismes continuent de se former et de se d\u00e9faire. Je suis parce que nous sommes,&nbsp;&nbsp;<em>je<\/em>&nbsp;ne peux exister que parce qu\u2019il y a d\u00e9j\u00e0 plus en moi, et&nbsp;<em>je<\/em>suis un \u00e9l\u00e9ment de quelque chose de plus grand. Le spectacle pr\u00e9sente une mise en abyme de tout organisme vivant qui n\u2019est qu\u2019une pi\u00e8ce d\u2019un autre plus grand, et qui est toujours compos\u00e9 d\u2019autres plus petits, brouillant les fronti\u00e8res de l\u2019infiniment grand et de l\u2019infiniment petit, d\u00e9hi\u00e9rarchisant les valeurs qu\u2019on attribue aux diff\u00e9rentes formes de vie.Lorsque le spectacle touche \u00e0 sa fin, on entend retentir un battement de c\u0153ur. Il attire un danseur au centre, qui bouge \u00e0 son rythme. Puis, un cliquetis en attire un autre, ils se rejoignent. \u00c0 chacun des sept nouveaux sons de la musique s\u2019ins\u00e8re un nouveau corps, qui suit sa propre partition. Iels sourient. Iels fonctionnent ensemble, chacun a sa fonction propre. Emerge&nbsp;&nbsp;l\u2019individu qui s\u2019\u00e9panouit dans la contribution qu\u2019il apporte au syst\u00e8me. Et lorsqu\u2019\u00e0 la fin, tout s\u2019estompe, le souffle du public rejoint celui des danseur-euses.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 octobre 2025 <\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/maud-seem\/\">Maud Seem<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.grange-unil.ch\/evenement\/holobiontes\/\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et mise en sc\u00e8ne par Florencia Demestri et Samuel Lefeuvre\/ La Grange \/ Centre Arts et Sciences \/ UNIL (Lausanne)\/ Du 30 octobre au 1er novembre 2025 \/ Critique par Maud Seem .<\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":23302,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[324],"class_list":["post-23300","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-maud-seem"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23300","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23300"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23300\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23303,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23300\/revisions\/23303"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23302"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23300"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23300"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23300"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}