{"id":23259,"date":"2025-10-12T20:14:01","date_gmt":"2025-10-12T18:14:01","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23259"},"modified":"2026-02-12T14:56:50","modified_gmt":"2026-02-12T13:56:50","slug":"don-quichotte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2025\/10\/don-quichotte\/","title":{"rendered":"Don Quichotte"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Don Quichotte<\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Jules Massenet, livret de Henri Cain, d&rsquo;apr\u00e8s Miguel de Cervantes \/ Mise en sc\u00e8ne par Bruno Ravella et direction musicale par Laurent Campellone \/ Op\u00e9ra de Lausanne \/ Du 5 au 12 octobre 2025 \/ Critique par Ilian Guesmia . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>7 octobre 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/ilian-guesmia\/\">Ilian Guesmia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Don Quichotte sous les lumi\u00e8res du cabaret<\/strong><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"690\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/10\/don-quichotte_article-1024x690.jpg\" alt=\"don quichotte article\" class=\"wp-image-23260\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/10\/don-quichotte_article-1024x690.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/10\/don-quichotte_article-297x200.jpg 297w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/10\/don-quichotte_article-250x168.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/10\/don-quichotte_article-768x518.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/10\/don-quichotte_article.jpg 1239w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Op\u00e9ra de Lausanne<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>L\u2019Op\u00e9ra de Lausanne ouvre sa saison 2025-2026 avec la com\u00e9die h\u00e9ro\u00efque de Jules Massenet <\/em>Don Quichotte<em>. Une \u0153uvre musicalement marquante pour un spectacle po\u00e9tique et lumineux, quoiqu\u2019imparfait.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>All\u00e9gresse&nbsp;! Apr\u00e8s <em>Don Pasquale<\/em> la saison derni\u00e8re, c\u2019est au tour d\u2019un autre \u00ab&nbsp;Don&nbsp;\u00bb de fouler la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra de Lausanne&nbsp;: le c\u00e9l\u00e8bre <em>Don Quichotte<\/em>&nbsp;! Cr\u00e9\u00e9e en 1910 \u00e0 Monte-Carlo par le compositeur fran\u00e7ais Jules Massenet (1842-1912) sur un livret d\u2019Henri Cain (1857-1937), cette com\u00e9die h\u00e9ro\u00efque en cinq actes est inspir\u00e9e du roman \u00e9ponyme (1605) de l\u2019\u00e9crivain espagnol Miguel de Cervantes (1547-1616) et adapt\u00e9e de la pi\u00e8ce <em>Le Chevalier \u00e0 la triste figure <\/em>de Jacques Le Lorrain (1856-1904). Elle raconte l\u2019histoire du valeureux Don Quichotte, homme id\u00e9aliste et fantasque en marge de la soci\u00e9t\u00e9, amoureux \u2013 malgr\u00e9 les r\u00e9ticences de son d\u00e9vou\u00e9 serviteur Sancho, plus en phase avec le monde r\u00e9el \u2013 de la belle Dulcin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but de ce spectacle mis en sc\u00e8ne par Bruno Ravella, Don Quichotte \u00e9volue sur une plateforme inclin\u00e9e \u00e9pur\u00e9e de tout mobilier. Il para\u00eet mal \u00e0 l\u2019aise dans sa veste \u00e9l\u00e9gante, sa chemise immacul\u00e9e, son chapeau haut-de-forme, son ch\u00e2le rouge et son pantalon. Bien vite, notre chevaleresque protagoniste \u00e9touffe dans cet habit s\u00e9rieux, symbole des attentes d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle il ne se reconna\u00eet pas. Il retire alors son costume trois pi\u00e8ces, r\u00e9v\u00e9lant un gilet \u00e0 boutons et de longs sous-v\u00eatements. L\u2019imagination d\u00e9bordante et onirique de ce \u00ab&nbsp;fou sublime&nbsp;\u00bb et candide l\u2019emporte alors sur la simplicit\u00e9 du d\u00e9cor initial, pour notre plus grand plaisir : une imposante vo\u00fbte lumineuse, compos\u00e9e d\u2019ellipses concentriques en perspective acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e et agr\u00e9ment\u00e9e d\u2019ampoules de couleurs variables, encercle le plateau. Port\u00e9 par les \u00e9clairages magnifiques de Ben Pickersgill, le monde de Don Quichotte \u2013 que la sc\u00e9nographie apparente \u00e0 une sorte de grand cabaret ou de musical-hall \u2013 prend vie. On y rencontre une foule festive v\u00eatue de fracs, hauts-de-forme et gants blancs, men\u00e9e par la belle Dulcin\u00e9e elle-m\u00eame habill\u00e9e d\u2019une robe rouge et noire affriolante faite d\u2019une gu\u00eapi\u00e8re et d\u2019une basquine \u00e0 frou-frou surmontant des bas r\u00e9sille ; on y contemple les fantasmes de Don Quichotte, qui confond de grands moulins \u00e0 vent avec des g\u00e9ants, mat\u00e9rialis\u00e9s sur sc\u00e8ne par l\u2019apparition de deux mains et de deux pieds colossaux&nbsp;; on s\u2019y perd \u00e9galement dans un espace embrum\u00e9, reflet de l\u2019\u00e9tat psychologique du protagoniste&nbsp;; et puis l\u2019on y admire une simple nuit \u00e9toil\u00e9e, o\u00f9 il fait bon r\u00eaver.<\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9cors de Leslie Travers, compl\u00e9t\u00e9s par une toile repr\u00e9sentant un ciel nuageux, sont donc globalement convaincants. Une exception toutefois&nbsp;: si l\u2019id\u00e9e de faire descendre des cintres des extraits de phrases du livret \u00e0 la fin du troisi\u00e8me acte est originale, la typographie choisie \u2013 combin\u00e9e \u00e0 une couleur verte jolie, mais peu voyante \u2013 rend les mots difficilement lisibles et le dispositif plus distrayant qu\u2019\u00e9clairant. En outre, si les d\u00e9cors sont moins kitsch que ceux de <em>Don Pasquale <\/em>en avril dernier, ils sont aussi moins surprenants, et la relative \u00e9conomie d\u2019effets \u2013 additionn\u00e9e \u00e0 un certain statisme des personnages au d\u00e9triment de chor\u00e9graphies plus \u00e9labor\u00e9es \u2013 se fait parfois ressentir lors de longs dialogues peu dynamiques entre Don Quichotte et Sancho.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019aspect visuel du spectacle s\u00e9duit donc majoritairement. Pour autant, la musique n\u2019est pas en reste. Le chef d\u2019orchestre Laurent Campellone dirige d\u2019une main de ma\u00eetre l\u2019orchestre l\u2019Orchestre de Chambre de Lausanne, lui-m\u00eame apparemment tr\u00e8s inspir\u00e9 par une partition aussi \u00e9pique que m\u00e9lancolique, aux influences espagnoles \u00e9tonnantes (on y entend m\u00eame de la guitare et des castagnettes).<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, bien que le vibrato tr\u00e8s prononc\u00e9 de certain.e.s des solistes puisse d\u00e9contenancer et que leur intonation ne soit pas exempte de quelques fausset\u00e9s (qui se justifient parfois sur le plan th\u00e9\u00e2tral), les solistes semblent \u00e9galement tr\u00e8s en forme : le coffre impressionnant de la basse Nicolas Courjal dans le r\u00f4le-titre et l\u2019\u00e9motion sinc\u00e8re du baryton Marc Barrard en Sancho (sans compter leur impeccable diction) se marient parfaitement au sein d\u2019une \u00e9mouvante \u00e9l\u00e9gie. Mais c\u2019est surtout la Dulcin\u00e9e de St\u00e9phanie d&rsquo;Oustrac qui se d\u00e9marque. En effet, si la mise en sc\u00e8ne elle-m\u00eame ne modernise qu\u2019\u00e0 moiti\u00e9 son personnage (qui semble parfois superficiel et m\u00e9prisant, comme si une femme ind\u00e9pendante devait forc\u00e9ment \u00eatre fatale) et n\u2019ach\u00e8ve d\u00e8s lors pas de d\u00e9construire la misogynie de Sancho, la mezzo-soprano s\u2019approprie le personnage autant qu\u2019elle le peut pour en faire une femme libre, espi\u00e8gle et compatissante. En outre, elle am\u00e8ne au spectacle \u2013 domin\u00e9 par le registre path\u00e9tique \u2013 beaucoup de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. On appr\u00e9cie \u00e9galement la distribution des r\u00f4les secondaires, dans laquelle deux des pr\u00e9tendants de Dulcin\u00e9e, Pedro et Garcias, sont respectivement interpr\u00e9t\u00e9s par une soprano (Andrea Cueva Molnar) et une mezzo-soprano (Herlinde Van de Straete). Enfin, le ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Lausanne, pr\u00e9par\u00e9 par Alessandro Zuppardo, compl\u00e8te l\u2019ensemble avec \u00e9nergie en interpr\u00e9tant divers num\u00e9ros musicaux dont le somptueux \u00ab&nbsp;All\u00e9gresse&nbsp;\u00bb, qui ne manquera pas de donner des frissons.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>7 octobre 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/ilian-guesmia\/\">Ilian Guesmia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.opera-lausanne.ch\/show\/don-quichotte\/\">Voir la page du spectacle<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Jules Massenet, livret de Henri Cain, d&rsquo;apr\u00e8s Miguel de Cervantes \/ Mise en sc\u00e8ne par Bruno Ravella et direction musicale par Laurent Campellone \/ Op\u00e9ra de Lausanne \/ Du 5 au 12 octobre 2025 \/ Critique par Ilian Guesmia .<\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":23261,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,325,38],"tags":[321],"class_list":["post-23259","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-opera-de-lausanne","category-spectacle","tag-ilian-guesmia"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23259","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23259"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23259\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23267,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23259\/revisions\/23267"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23261"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23259"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23259"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23259"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}