{"id":23157,"date":"2025-05-14T09:09:59","date_gmt":"2025-05-14T07:09:59","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23157"},"modified":"2025-05-14T09:10:01","modified_gmt":"2025-05-14T07:10:01","slug":"nos-paysages-mineurs-en-finir-avec-leur-histoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2025\/05\/nos-paysages-mineurs-en-finir-avec-leur-histoire\/","title":{"rendered":"Nos paysages mineurs &amp; En finir avec leur histoire\u00a0"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Nos paysages mineurs &amp; En finir avec leur histoire\u00a0<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et mise en sc\u00e8ne par Marc Lain\u00e9 \/ La Com\u00e9die (Gen\u00e8ve) \/ Du 9 au 11 mai 2025 \/ Critique par Orane Gigon . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 mai 2025 <\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/orane-gigon\/\">Orane Gigon<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Plong\u00e9e m\u00e9lancolique dans l\u2019impossible fin d\u2019une histoire<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/nos-paysages-mineurs_article--1024x682.jpg\" alt=\"nos paysages mineurs article\" class=\"wp-image-23158\" style=\"object-fit:cover;width:300px;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/nos-paysages-mineurs_article--1024x682.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/nos-paysages-mineurs_article--300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/nos-paysages-mineurs_article--250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/nos-paysages-mineurs_article--768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/nos-paysages-mineurs_article--1536x1023.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/nos-paysages-mineurs_article-.jpg 1615w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Simon Gosselin<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Dans la lign\u00e9e de sa trilogie fantastique qui explorait d\u00e9j\u00e0 les fronti\u00e8res du th\u00e9\u00e2tre et du cin\u00e9ma, Marc Lain\u00e9 offre au public une histoire d\u2019amour avec ses joies et ses \u00e9checs, refl\u00e9tant l\u2019\u00e9volution des rapports entre les classes populaires et bourgeoises ainsi que des rapports entre hommes et femmes. Ce diptyque poignant et m\u00e9lancolique am\u00e8ne alors \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les luttes sociales, leurs acquis et ce qu\u2019il reste encore \u00e0 faire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux pi\u00e8ces \u00e9crites et mises en sc\u00e8ne par Marc Lain\u00e9 racontent les moments clefs de la relation de deux personnages au premier abord diam\u00e9tralement oppos\u00e9s. Liliane (Adeline Guillot) est une fille d\u2019ouvriers, issue d\u2019un milieu rural et engag\u00e9e philosophiquement dans les luttes sociales et f\u00e9ministes. Paul (Vladislav Galard) est un auteur parisien bourgeois et \u00e9gocentrique qui tente de d\u00e9passer ses origines pour changer, \u00e0 son \u00e9chelle, les rapports sociaux, mais qui est souvent rattrap\u00e9 par son \u00e9ducation. Cette relation s\u2019\u00e9tale sur deux spectacles d\u2019une heure chacun. Le premier,&nbsp;<em>Nos Paysages mineurs<\/em>, relate leur relation par une suite de sc\u00e8nes marquantes dans un train, de leur rencontre en 1969 \u00e0 leur rupture en 1974. Le second,&nbsp;<em>En finir avec leur histoire<\/em>, se d\u00e9roule 15 ans plus tard, en 1992, dans les rues de Paris, et d\u00e9roule, le temps d\u2019une soir\u00e9e, une discussion au sujet de leur fils Martin, de leurs chemins respectifs ainsi que de leur incapacit\u00e9 \u00e0 v\u00e9ritablement passer \u00e0 une autre histoire que la leur. Comme la repr\u00e9sentation traverse les \u00e9poques \u2013 elle se d\u00e9roule sur 23 ans \u2013, elle retrace autant leur histoire d\u2019amour que les \u00e9volutions soci\u00e9tales de ces ann\u00e9es, l\u2019une et les autres \u00e9tant \u00e9troitement li\u00e9es notamment \u00e0 cause des origines et des engagements politiques de chaque protagoniste, qui fa\u00e7onnent et finissent par miner leur relation.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour raconter cette histoire d\u2019amour et d\u2019\u00e9volution de m\u0153urs soci\u00e9tales, Marc Lain\u00e9 a choisi de travailler avec une sc\u00e9nographie particuli\u00e8re m\u00ealant th\u00e9\u00e2tre et prises de vues retransmises en direct, jouant ainsi avec les limites de chaque art en les hybridant. Dans la premi\u00e8re partie, le couple est dans la cabine d\u2019un wagon, de profil au public et un peu cach\u00e9 par la structure. Les cam\u00e9ras plac\u00e9es dans la cabine retransmettent, en gros plan, les visages des deux com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s donnant un acc\u00e8s direct \u00e0 leurs \u00e9motions. Dans la seconde partie, les images servent de d\u00e9cor en arri\u00e8re-plan des acteur\u00b7ice\u00b7s qui avancent sur un tapis roulant, ce qui contraste fortement avec l\u2019immobilit\u00e9 de la cabine. Les cam\u00e9ras filmant en temps r\u00e9el servent ici \u00e0 jouer avec l\u2019espace sc\u00e9nique, permettant aux com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s de jouer dos au public dans une mise en sc\u00e8ne innovante. Dans un entretien apr\u00e8s le spectacle, la troupe a mis en avant le r\u00f4le actif du public par rapport au dispositif. Les spectateur\u00b7ice\u00b7s sont invit\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 \u00ab\u00a0faire eux-m\u00eames le montage\u00a0\u00bb du spectacle en regardant tant\u00f4t l\u2019\u00e9cran, tant\u00f4t le jeu th\u00e9\u00e2tral. Le metteur en sc\u00e8ne recherche d\u2019ailleurs \u00e0 ce que le jeu th\u00e9\u00e2tral \u00ab\u00a0d\u00e9borde de l\u2019\u00e9cran\u00a0\u00bb pour attirer l\u2019\u0153il du public mais aussi pour que sa cr\u00e9ation reste du th\u00e9\u00e2tre film\u00e9 et non une projection. De plus, les acteuri\u00b7ce\u00b7s ne savent pas toujours quand iels sont projet\u00e9\u00b7e\u00b7s, ce qui accentue leur jeu th\u00e9\u00e2tral qui ne cherche pas la cam\u00e9ra mais bien l\u2019attention du public.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, dans&nbsp;<em>Nos Paysages mineurs<\/em>, l\u2019\u00e9cran est si imposant qu\u2019il attire inexorablement le regard et \u00e9clipse malheureusement le jeu sc\u00e9nique trop cach\u00e9 par la structure de la cabine. S\u2019il permet de renforcer le lien \u00e9motionnel avec les personnages, il tend donc aussi \u00e0 fragiliser l\u2019immersion th\u00e9\u00e2trale lorsqu\u2019on r\u00e9alise s\u2019\u00eatre d\u00e9tourn\u00e9 du plateau depuis plusieurs minutes.&nbsp;Dans la seconde partie, l\u2019\u00e9cran est utilis\u00e9 plus judicieusement et vient v\u00e9ritablement compl\u00e9ter le jeu des com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s&nbsp;: il sert tant\u00f4t de d\u00e9cor, tant\u00f4t de prolongement sc\u00e9nique, en permettant aux interpr\u00e8tes de jouer dos \u00e0 dos tout en rendant leurs visages simultan\u00e9ment visibles au public. Toutefois, dans les deux pi\u00e8ces, les plans larges font doublon avec ce qui se passe sur sc\u00e8ne, ce qui parasite inutilement le regard.&nbsp;<ins><\/ins><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 plusieurs moments, le dispositif filmique est utilis\u00e9 par les acteur\u00b7ice\u00b7s afin de faire passer un message soit humoristique et actuel, lorsqu\u2019iels regardent le public \u00ab&nbsp;dans les yeux&nbsp;\u00bb \u2013 cr\u00e9ant une distance r\u00e9flexive presque m\u00e9ta \u2013, soit \u00e9motionnellement fort, lors de monologues int\u00e9rieurs, par exemple. Lors de ces monologues, Liliane et Paul semblent prendre de la hauteur sur leur propre histoire. On a alors l\u2019impression qu\u2019un je-narrant plus \u00e2g\u00e9 et avis\u00e9 prend la parole le temps d\u2019un instant pour apporter une vision tr\u00e8s lucide mais m\u00e9lancolique du moment, comme si toute la pi\u00e8ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019un souvenir. M\u00eal\u00e9s \u00e0 des descriptions de paysages impr\u00e9gn\u00e9es de leurs \u00e9motions, ces monologues donnent une teinte tr\u00e8s po\u00e9tique \u00e0 la pi\u00e8ce, qui cr\u00e9e l\u2019envie de se replonger dans ses propres souvenirs avec une joyeuse tristesse. On sent alors que, bien que le texte soit tr\u00e8s travaill\u00e9, il laisse une place majeure \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation et aux \u00e9motions des com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s qui l\u2019investissent et le rendent encore plus vivant. Selon Marc Lain\u00e9, les mots qu\u2019il a \u00e9crits sont alors \u00ab&nbsp;charg\u00e9s et activ\u00e9s par l&rsquo;art et le bourdonnement cr\u00e9atif des acteur\u00b7ice\u00b7s&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, il est possible de voir le spectacle sous plusieurs angles, car le metteur en sc\u00e8ne a voulu retranscrire \u00ab&nbsp;au plus proche et au plus complexe&nbsp;\u00bb, avec toutes ses contradictions, les luttes de gauche ainsi que les diff\u00e9rends, parfois fatals, qu\u2019elles peuvent cr\u00e9er dans un couple aux origines sociales oppos\u00e9es. Ainsi, selon la propre vision des spectateur\u00b7ice\u00b7s, cette histoire peut \u00eatre tour \u00e0 tour la repr\u00e9sentation de la chute d\u2019une relation marqu\u00e9e par le d\u00e9terminisme social ou de la r\u00e9ussite des avanc\u00e9es majeures port\u00e9es par la gauche qui permet aux personnages comme \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9voluer avec les changements du si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 mai 2025 <\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/orane-gigon\/\">Orane Gigon<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.comedie.ch\/fr\/nos-paysages-mineurs-en-finir-avec-leur-histoire\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et mise en sc\u00e8ne par Marc Lain\u00e9 \/ La Com\u00e9die (Gen\u00e8ve) \/ Du 9 au 11 mai 2025 \/ Critique par Orane Gigon .<\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":23159,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,10,38],"tags":[315],"class_list":["post-23157","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-comedie","category-spectacle","tag-orane-gigon"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23157","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23157"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23157\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23160,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23157\/revisions\/23160"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23159"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23157"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23157"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23157"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}