{"id":23150,"date":"2025-05-12T16:20:04","date_gmt":"2025-05-12T14:20:04","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23150"},"modified":"2025-05-12T22:19:56","modified_gmt":"2025-05-12T20:19:56","slug":"ocean-mer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2025\/05\/ocean-mer\/","title":{"rendered":"Oc\u00e9an mer"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Oc\u00e9an mer<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D&rsquo;apr\u00e8s le roman d&rsquo;Alessandro Baricco et la traduction de Fran\u00e7oise Brun \/ Mise en sc\u00e8ne par Lionel Fournier \/ Th\u00e9\u00e2tre Le Spot (Sion) \/ Du 7 au 10 mai 2025 \/ Critique par Killian Lachat . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>9 mai 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/killian-lachat\/\">Killian Lachat<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Tableau \u00e0 l\u2019eau de mer<\/strong><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"699\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/ocean-mer_article-1024x699.jpg\" alt=\"oc\u00e9an mer article\" class=\"wp-image-23151\" style=\"object-fit:cover;width:300px;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/ocean-mer_article-1024x699.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/ocean-mer_article-293x200.jpg 293w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/ocean-mer_article-250x170.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/ocean-mer_article-768x524.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/ocean-mer_article-135x93.jpg 135w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/ocean-mer_article.jpg 1174w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Pierre Daenliker<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Sur la sc\u00e8ne du Spot \u00e0 Sion, la compagnie valaisanne \u00c9t\u00e9ya interpr\u00e8te les occupants d\u2019une pension en bord de mer. Dans une adaptation du roman <\/em>Oc\u00e9an mer <em>d\u2019Alessandro Baricco sortit en 1993, Lionel Fournier propose un spectacle contemplatif jouant sur l\u2019esth\u00e9tique du tableau.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dira, jeune fille de dix ans en charge de l\u2019intendance de la pension Almayer, commence par s\u2019adresser au public et se met \u00e0 raconter le d\u00e9but de l\u2019histoire. Sophie De Gu\u00e9rines, son interpr\u00e8te, joue la jeunesse enfantine tout en rappelant avec une pointe de malice l\u2019impressionnante perspicacit\u00e9 du personnage, ce qui lui vaut un r\u00f4le de narratrice omnisciente au sein du spectacle, op\u00e9rant les transitions et se chargeant de la narration entre les diff\u00e9rents passages de l\u2019intrigue et \u00e0 la fin. L\u2019adaptation se constitue par la suite en une mise en dialogue du roman tout en conservant son organisation tripartite&nbsp;: l\u2019arriv\u00e9e des personnages \u00e0 la pension, le r\u00e9cit du naufrage et la fin tragique.<\/p>\n\n\n\n<p>La compagnie est compos\u00e9e de pas moins de huit acteurs, ce qui permet d\u2019offrir une adaptation riche du point de vue du ton. Par exemple, les personnes d\u2019Elisewin \u2013\u00a0une jeune fille, interpr\u00e9t\u00e9e par Chlo\u00e9 Zufferey, qui doit se soigner en entrant dans la mer \u2013 et de S\u0153ur Pluche \u2013 une religieuse qui l\u2019accompagne, camp\u00e9e par Olivia Seigne \u2013 offrent souvent un contrepoint comique \u00e0 l\u2019intrigue plus grave, par exemple au travers de la lecture des pri\u00e8res atypique de S\u0153ur Pluche. Dans la m\u00eame veine, le professeur Isma\u00ebl Bartelboom\u00a0(Benjamin Bender) qui cherche la fin de la mer pour la consigner dans son <em>Encyclop\u00e9die des Limites<\/em> constitue le compl\u00e9ment au peintre Michel Plasson (Christian Cordonier), qui, lui, cherche les yeux de la mer afin de savoir o\u00f9 elle commence. Les interactions de ces personnages constituent de br\u00e8ves piq\u00fbres comiques, permettant de raviver l\u2019attention des spectateurs face au tableau contemplatif qui lui est offert, souvent immobile, tout en rendant les personnages plus touchants.<\/p>\n\n\n\n<p>Conform\u00e9ment au roman, la deuxi\u00e8me partie du spectacle, est enti\u00e8rement d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 un impressionnant seul en sc\u00e8ne de Yuriy Zavalnyouk, interpr\u00e8te du docteur Savigny, qui raconte le naufrage de son navire. Durant pr\u00e8s de vingt-cinq minutes, il d\u00e9clame face au public le r\u00e9cit du calvaire, de la folie et de la faim lors de la d\u00e9rive qu\u2019il a v\u00e9cue sur un radeau. L\u2019usage d\u2019un rideau blanc derri\u00e8re le com\u00e9dien permet la projection d\u2019un effet aquatique en fond bleu rappelant \u00e0 la fois la mer et la folie du personnage \u2013 certaines formes mouvantes produisant un effet quasi-hypnotique. Il faut s\u2019accrocher face \u00e0 la longueur et \u00e0 la lente descente dans la folie du docteur pour sentir monter l\u2019intensit\u00e9 qui sourde, \u00e0 la fois dans la voix mais aussi dans la basse sonore qui s\u2019installe, avant de se lib\u00e9rer sous la forme d\u2019un cri de d\u00e9tresse.<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me partie fait r\u00e9appara\u00eetre les personnages principaux, y compris le taciturne Adams et l\u2019adult\u00e9rine Anne Dev\u00e9ria. St\u00e9phanie Boll offre une interpr\u00e9tation pos\u00e9e et tout en sensibilit\u00e9 de ce personnage qui attend la venue de son amant. La po\u00e9sie de la mer, cens\u00e9e la gu\u00e9rir, se traduit par un instant de danse et de fragilit\u00e9, doubl\u00e9e par une musique planante. La tension monte peu \u00e0 peu jusqu\u2019au d\u00e9nouement tragique. Contrairement \u00e0 l\u2019ensemble de la pi\u00e8ce qui utilise des nuances de bleu pour symboliser la mer, cette fin plonge la sc\u00e8ne dans une lumi\u00e8re rouge surprenante, sans parole, suspendue au tempo d\u2019une musique lente et sobre.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne joue ainsi sur une esth\u00e9tique contemplative, produisant diff\u00e9rents tableaux. Les com\u00e9diens sont souvent tous pr\u00e9sents sur sc\u00e8ne et restent immobiles dans l\u2019attente de leur r\u00e9plique, le passage d\u2019un moment et d\u2019un lieu \u00e0 un autre \u00e9tant figur\u00e9 par l\u2019usage des lumi\u00e8res et des projecteurs. Les costumes, dans des nuances de bleu, et le plateau blanc, l\u00e9g\u00e8rement inclin\u00e9 et recouvert de valises, \u00e9voquent la mer. L\u2019usage de la technique permet \u00e9galement d\u2019accentuer cet effet contemplatif par l\u2019ajout de musique extradi\u00e9g\u00e9tique au piano et au violoncelle, ou encore de chuchotements qui \u00e9voquent eux-m\u00eames le bruit des vagues, ajout\u00e9s par moment en interne \u00e0 la fiction. Cette esth\u00e9tique sobre permet de contempler la mer dans plusieurs registres, avant qu\u2019elle ne s\u2019\u00e9teigne petit-\u00e0-petit comme s\u2019\u00e9miette la pension Almayer alors que tous les personnages quittent le plateau un \u00e0 un.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>9 mai 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/killian-lachat\/\">Killian Lachat<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/spot-sion.ch\/spectacles\/ocean-mer\/\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;apr\u00e8s le roman d&rsquo;Alessandro Baricco et la traduction de Fran\u00e7oise Brun \/ Mise en sc\u00e8ne par Lionel Fournier \/ Th\u00e9\u00e2tre Le Spot (Sion) \/ Du 7 au 10 mai 2025 \/ Critique par Killian Lachat . <\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":23152,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,259],"tags":[318],"class_list":["post-23150","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-spot-sion","tag-killian-lachat"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23150","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23150"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23150\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23156,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23150\/revisions\/23156"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23152"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23150"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23150"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23150"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}