{"id":23136,"date":"2025-05-04T13:00:53","date_gmt":"2025-05-04T11:00:53","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23136"},"modified":"2025-05-12T22:21:04","modified_gmt":"2025-05-12T20:21:04","slug":"cosimo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2025\/05\/cosimo\/","title":{"rendered":"Cosimo"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Cosimo<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D&rsquo;apr\u00e8s Italo Calvino \/ Mise en sc\u00e8ne par Jean-Yves Ruf \/ Le Petit Th\u00e9\u00e2tre (Lausanne) \/ Du 30 avril au 11 mai 2025 \/ Critiques par Petya Ivanova et Killian Lachat . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 avril 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/petya-ivanova\/\">Petya Ivanova<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un gar\u00e7on perch\u00e9 et enchanteur<\/strong><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_article-683x1024.jpg\" alt=\"cosimo article\" class=\"wp-image-23137\" style=\"object-fit:cover;width:300px;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_article-683x1024.jpg 683w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_article-133x200.jpg 133w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_article-113x170.jpg 113w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_article-768x1152.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_article.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">@ Philippe Pache<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le grand classique d\u2019Italo Calvino, <\/em>Le baron perch\u00e9, <em>trouve une adaptation aussi originale que fid\u00e8le \u00e0 son esprit dans une mise en sc\u00e8ne \u00e0 la fois sobre et \u00e9mouvante sign\u00e9e Jean-Yves Ruf. Dans une salle comble et plong\u00e9e dans le noir, le public majoritairement tr\u00e8s jeune est rest\u00e9 riv\u00e9 devant l\u2019histoire de Cosimo, un gar\u00e7on de douze ans, qui, sur un coup de t\u00eate, d\u00e9cide de passer le reste de sa vie dans les cimes des arbres. Sur sc\u00e8ne, aucun arbre ni autre d\u00e9cor&nbsp;: un pari risqu\u00e9 et r\u00e9ussi.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s cette mise en sc\u00e8ne qui a le grand m\u00e9rite de (re)donner \u00e0 son public l\u2019envie de lire, toute adaptation litt\u00e9rale du texte de Calvino para\u00eetra tristement insuffisante.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa nouvelle cr\u00e9ation jeune public, la compagnie <em>L\u2019Oiseau \u00e0 Ressort<\/em> a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une lecture collective du roman aussi fascinant qu\u2019ind\u00e9finissable du grand auteur italien Italo Calvino (1923-1985). Les lignes de force que les artistes ont identifi\u00e9es et les r\u00e9sonnances avec leur propre sensibilit\u00e9 ont donn\u00e9 lieu \u00e0 une cr\u00e9ation libre et, paradoxalement, fid\u00e8le aux id\u00e9es et \u00e0 l\u2019esprit de ce texte initiatique et profond.<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail dramaturgique a proc\u00e9d\u00e9, forc\u00e9ment, \u00e0 des coupes importantes dans le r\u00e9cit des aventures de Cosimo et de ses acolytes, ainsi que dans les nombreuses r\u00e9f\u00e9rences historiques et litt\u00e9raires du roman (que Calvino lui-m\u00eame avait all\u00e9g\u00e9 dans la version destin\u00e9e aux enfants). N\u00e9anmoins, les sujets majeurs y sont pr\u00e9sents, r\u00e9actualis\u00e9s dans leurs nuances contemporaines\u00a0: les relations multivectorielles au sein d&rsquo;une famille,  l\u2019amour, la soif de connaissance, la lecture, la vie en commun, l\u2019utopie sociale et politique.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne conserve pour une large part le mode narratif du roman&nbsp;: le fr\u00e8re et la voisine de Cosimo, Viola, racontent son histoire, rythm\u00e9e par des \u00e9changes directs entre les trois protagonistes. Elle allie ainsi le plaisir du conte \u00e0 celui d\u2019un jeu d\u2019acteur engageant.<\/p>\n\n\n\n<p>Les choix dramaturgiques rendent sur sc\u00e8ne la vie suspendue de Cosimo encore plus radicale&nbsp;: dans le roman, celle-ci n\u2019est gu\u00e8re priv\u00e9e du confort acquis par l\u2019inventivit\u00e9 du jeune homme, ni des privil\u00e8ges li\u00e9s \u00e0 sa proximit\u00e9 avec le logis familial, au point de la rendre presque enviable&nbsp;; un caprice ou une utopie aristocratique \u00e0 l\u2019inspiration rousseauiste. Ici, la rupture avec le corps parental et m\u00eame avec le fr\u00e8re-narrateur, Biagio, est consomm\u00e9e, tout en pr\u00e9servant une complicit\u00e9 entre la m\u00e8re et le fils. La sc\u00e9nographie \u2013 sobre, d\u00e9pouill\u00e9e, flexible dans sa structuration par le travail des lumi\u00e8res \u2013 refl\u00e8te elle aussi le c\u00f4t\u00e9 morne de ce choix de vie \u00e0 la fois invraisemblable et possible en imagination.<\/p>\n\n\n\n<p>La force de la fiction de Calvino consiste justement \u00e0 imaginer, jusqu\u2019\u00e0 leur aboutissement logique, toutes les implications du choix de Cosimo. Le spectacle pousse le trait encore plus loin, en ne se satisfaisant pas de solutions id\u00e9alistes, mais en exposant les cons\u00e9quences de nos choix dans leur excessivit\u00e9 m\u00eame. Ainsi, la relation entre Viola et Cosimo est condens\u00e9e dans sa forme la plus spirituelle mais aussi fruste et m\u00eame aust\u00e8re \u2013 l\u2019impossibilit\u00e9 de vivre ensemble impos\u00e9e par l\u2019orgueil et les attentes sociales. N\u00e9anmoins, Viola et Cosimo deviennent le miroir d\u2019une connaissance de soi l\u2019un pour l\u2019autre, ce que le jeu des deux acteurs en dehors du r\u00e9cit incarne merveilleusement. Il accentue notamment l\u2019intensit\u00e9 de la relation amoureuse d\u00e8s le d\u00e9but par le geste, le regard et le silence dans lequel les \u00e2mes se parlent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le caract\u00e8re frivole, imp\u00e9rieux et insaisissable de Viola est rendu avec brio par la jeune actrice Luna Desmeules, distingu\u00e9e par le prix Tremplin Leenaards (2024). Chez Viola, le chemin de connaissance de soi et du monde ainsi que ses tergiversations r\u00e9sonnent avec l\u2019esprit du temps&nbsp;: partir, revenir, \u00ab&nbsp;re-re-re-partir et re-re-re-revenir&nbsp;\u00bb, ne plus savoir et donc revenir, pour re-re-re-re-partir et ne plus revenir jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>Le minimalisme de la sc\u00e9nographie met en exergue l\u2019ode au langage, au plaisir de ses couleurs, de ses images et de ses sons qu\u2019est le roman entier de Calvino. Ici on retrouve au c\u0153ur du spectacle cette pure d\u00e9lectation du jeu langagier, de l\u2019onomatop\u00e9e qui transforme l\u2019\u00e9motion pr\u00e9gnante chez Cosimo en des sonorit\u00e9s aviaires. L\u2019un des \u00e9carts les plus marquants par rapport au texte de Calvino concerne l\u2019\u00e9volution du personnage : alors que dans le roman, la \u00ab&nbsp;folie&nbsp;\u00bb du baron est un \u00e9tat passager, d\u00e9clench\u00e9 par la perte de l\u2019\u00eatre aim\u00e9, il s\u2019agit plut\u00f4t, dans le spectacle, d\u2019un processus coh\u00e9rent, progressif et irr\u00e9versible. L\u2019adaptation de l\u2019homme \u00e0 son environnement n\u2019est plus une appropriation en vue de sa survie. Ici, au contraire, Cosimo s\u2019adapte \u00e0 son habitat, jusqu\u2019\u00e0 devenir lui-m\u00eame un oiseau, non seulement par son physique mais aussi par sa pens\u00e9e et son langage, dans son retrait progressif de la soci\u00e9t\u00e9 dont il est devenu l\u2019\u00e2me et le vigile. Le message est pr\u00e9cieux et compr\u00e9hensible m\u00eame pour les plus jeunes&nbsp;: la perm\u00e9abilit\u00e9 entre homme et nature va dans les deux sens, et l\u2019environnement que l\u2019on construit donne forme et sens \u00e0 qui nous devenons.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 encore, la sobri\u00e9t\u00e9 de la sc\u00e9nographie refl\u00e8te ce constat, en \u00e9purant le d\u00e9cor des canop\u00e9es luxuriantes du roman, d\u00e9j\u00e0 clairsem\u00e9es du vivant de Calvino. Elle n\u2019est pas pour autant priv\u00e9e de po\u00e9sie&nbsp;: le travail sur les lumi\u00e8res et la cr\u00e9ation sonore sugg\u00e8rent le monde \u00e9d\u00e9nique de Cosimo, tout en donnant libre cours \u00e0 l\u2019imagination, comme en t\u00e9moigne l\u2019attention soutenue m\u00eame des plus jeunes, r\u00e9agissant avec d\u00e9lectation au spectacle. Une de ses grandes forces dans ce sens, l\u2019\u00e9l\u00e9ment qui a litt\u00e9ralement envo\u00fbt\u00e9 le jeune public, est le travail corporel de la circassienne Camille Denkinger, dont l\u2019expressivit\u00e9 de l\u2019incarnation de Cosimo rivalise avec son intensit\u00e9. Spectacle \u00e0 voir en famille, <em>Cosimo<\/em> touche sans faille sa cible g\u00e9n\u00e9rationnelle, sans pour autant faire de compromis, pour le plus grand plaisir du public adulte, avec les id\u00e9es les plus profondes et inqui\u00e9tantes sur la mani\u00e8re dont nous habitons la vie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 avril 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/petya-ivanova\/\">Petya Ivanova<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 avril 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/killian-lachat\/\">Killian Lachat<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Quel cirque ! <\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"701\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_couverture-1024x701.jpg\" alt=\"cosimo couverture\" class=\"wp-image-23138\" style=\"object-fit:cover;width:300px;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_couverture-1024x701.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_couverture-292x200.jpg 292w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_couverture-248x170.jpg 248w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_couverture-768x526.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_couverture-1536x1052.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_couverture-135x93.jpg 135w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/05\/cosimo_couverture.jpg 1752w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">@ Philippe Pache<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Sur la sc\u00e8ne du Petit Th\u00e9\u00e2tre de Lausanne, trois com\u00e9diens entra\u00eenent le jeune public dans une libre adaptation du <\/em>Baron Perch\u00e9 <em>d\u2019Italo Calvino (1957)<\/em>, <em>alliant narration, mimes et acrobaties perch\u00e9es \u00e0 trois m\u00e8tres du sol.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Vivien Hebert, dipl\u00f4m\u00e9 de la Manufacture (2022), interpr\u00e8te Biagio, narrateur du roman et jeune fr\u00e8re de Cosimo. Il donne la r\u00e9plique \u00e0 Luna Desmeules, qui joue Viola, la voisine des deux gar\u00e7ons. \u00c9galement dipl\u00f4m\u00e9e de la Manufacture (2024), elle conserve dans ce r\u00f4le la m\u00eame intensit\u00e9 du regard qui l\u2019a r\u00e9cemment distingu\u00e9e dans <em>Lenz<\/em> au Th\u00e9\u00e2tre de Vidy. Biagio et Viola racontent ensemble l\u2019histoire de Cosimo, interpr\u00e9t\u00e9 par Camille Denkinger, une artiste circassienne avec une formation de voltigeuse de main \u00e0 main. Celle-ci donne vie \u00e0 ce jeune gar\u00e7on qui d\u00e9cide un jour d\u2019aller vivre dans les arbres, en \u00e9voluant dans une structure m\u00ealant poteaux de fer et cordes afin de se balancer. \u00c9trangement, ce personnage ne s\u2019exprime que rarement, mais Jean-Yves Ruf, le metteur en sc\u00e8ne, explique qu\u2019il est le sujet de l\u2019histoire et donc qu\u2019il la vit \u00e0 travers son corps.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s l\u2019entr\u00e9e du public dans la salle, les com\u00e9diens occupent la sc\u00e8ne, observant le public qui vient s\u2019asseoir et s\u2019appr\u00eate \u00e0 \u00e9couter leur histoire. Cosimo est d\u2019abord \u00e0 terre, mais une fois sa d\u00e9cision prise, il grimpe et ne redescend plus jusqu\u2019\u00e0 la fin de la repr\u00e9sentation. Camille Denkinger offre alors une performance physique remarquable, suspendue \u00e0 trois m\u00e8tres du sol, voltigeant de corde en corde. Certaines sc\u00e8nes semblent d\u2019ailleurs mettre en avant cette physicalit\u00e9 du personnage. Les pauses dans la narration sont parfois accompagn\u00e9es de longs silences contemplatifs et po\u00e9tiques o\u00f9 seul le mouvement compte, par exemple lorsque Viola observe le jeune gar\u00e7on et que les deux tentent de communiquer leurs sentiments. Les gestes sont alors plus significatifs que les paroles d\u00e9cousues de Cosimo. Cette mise en sc\u00e8ne au d\u00e9cor \u00e9pur\u00e9 met l\u2019accent sur les sonorit\u00e9s et l\u2019\u00e9clairage afin de sugg\u00e9rer les arbres ou les diff\u00e9rents espaces de la fiction. Cette absence d\u2019\u00e9l\u00e9ments figuratifs lib\u00e8re l\u2019espace sc\u00e9nique et permet aux com\u00e9diens de s\u2019y mouvoir librement. Alors que Cosimo a le ciel, Biagio et Viola, rest\u00e9s en bas, se partagent la sc\u00e8ne. M\u00eame si Viola semble plus d\u00e9fiante, s\u00fbre d\u2019elle, et donc empi\u00e8te parfois sur l\u2019espace de Biagio, elle se retrouve parfois \u00e0 l\u2019\u00e9cart, retranch\u00e9e loin de ceux qu\u2019elle d\u00e9crit comme des \u00ab&nbsp;zinzins&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail d\u2019adaptation d\u2019un roman sur sc\u00e8ne permet de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont un metteur en sc\u00e8ne peut jouer avec les diff\u00e9rents modes d\u2019\u00e9nonciation th\u00e9\u00e2trale. Metteur en sc\u00e8ne mais aussi com\u00e9dien et p\u00e9dagogue, Jean-Yves Ruf n\u2019en est pas \u00e0 sa premi\u00e8re adaptation pour jeune public \u2013 on pense par exemple \u00e0 <em>Erwan et les oiseaux<\/em> (2010), adapt\u00e9 du roman de Tarjei Vesaas. Il explique que le processus d\u2019adaptation a \u00e9t\u00e9 empreint d\u2019improvisations afin de s\u2019approprier les enjeux du roman et d\u2019en proposer une nouvelle lecture avec des th\u00e8mes comme la famille ou la confrontation des points de vue entre groupes humains, tout cela dans une invitation \u00e0 l\u2019imagination et \u00e0 la libert\u00e9. Ainsi, le choix d\u2019une narration non plus \u00e0 une mais \u00e0 deux voix permet d\u2019explorer le point de vue de Viola, qui offre une forme d\u2019opposition au personnage de Cosimo. Les critiques de la jeune fille sur ses voisins bizarres renvoient au fond \u00e0 sa propre tristesse et solitude au sein de sa famille si parfaite en apparence.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la narration pr\u00e9domine, les com\u00e9diens incarnent \u00e9galement leurs personnages dans des s\u00e9quences plus dialogu\u00e9es. Le comique de ce spectacle r\u00e9side d\u2019ailleurs \u2013 outre les longues listes d\u2019associations de mots cocasses ou l\u2019expression de Cosimo qui semble de plus en plus extravagante \u2013 dans les d\u00e9crochages \u00e9nonciatifs qui s\u2019op\u00e8rent lorsque le personnage quitte le niveau auquel il se trouvait et s\u2019adresse directement au public. Ces ruptures sont souvent amusantes car elles instaurent un lien de proximit\u00e9 avec le public, le prenant \u00e0 t\u00e9moin lors d\u2019une situation ridicule, telle que celle o\u00f9 Biagio est d\u00e9crit par Viola comme le \u00ab&nbsp;toutou&nbsp;\u00bb de son fr\u00e8re tant il est ob\u00e9issant. Ce riche comique, \u00e0 la fois langagier et \u00e9nonciatif, permet ainsi d\u2019exprimer, sans les appauvrir, des th\u00e9matiques \u2013 telles que la place de l\u2019enfant au sein de la famille \u2013 s\u2019adressant aux jeunes et aux moins jeunes&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 avril 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/killian-lachat\/\">Killian Lachat<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/lepetittheatre.ch\/spectacle\/cosimo\/\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;apr\u00e8s Italo Calvino \/ Mise en sc\u00e8ne par Jean-Yves Ruf \/ Le Petit Th\u00e9\u00e2tre (Lausanne) \/ Du 30 avril au 11 mai 2025 \/ Critiques par Petya Ivanova et Killian Lachat . <\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":23138,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,4,38],"tags":[318,312],"class_list":["post-23136","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-le-petit-theatre","category-spectacle","tag-killian-lachat","tag-petya-ivanova"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23136","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23136"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23136\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23139,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23136\/revisions\/23139"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23138"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23136"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23136"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23136"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}