{"id":23083,"date":"2025-04-01T21:07:16","date_gmt":"2025-04-01T19:07:16","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23083"},"modified":"2025-04-13T22:18:35","modified_gmt":"2025-04-13T20:18:35","slug":"la-visite-de-la-vieille-dame-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2025\/04\/la-visite-de-la-vieille-dame-3\/","title":{"rendered":"La Visite de la vieille dame"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">La Visite de la vieille dame<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D&rsquo;apr\u00e8s Friedrich D\u00fcrrenmatt \/ Mise en sc\u00e8ne par Nathalie Sandoz \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Fribourg) \/ Du 27 mars au 13 avril 2025 \/ Critiques par Alexia Gay et C\u00e9lia Reymond . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 mars 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/alexia-gay\/\">Alexia Gay<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une comm\u00e9moration sans remords<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1-1024x683.jpg\" alt=\"lvd filage 8janv25 photo benjamin visinand 260 scaled\" class=\"wp-image-23085\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1-768x513.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1-1536x1025.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1.jpg 1798w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Benjamin Visinand <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Entre reconstitution et distanciation, Nathalie Sandoz revisite <\/em>La Visite de la vieille dame <em>en interrogeant notre rapport \u00e0 la morale et au pouvoir. Tout en conservant le texte de D\u00fcrrenmatt, elle en d\u00e9place l\u2019intrigue dans un contexte moderne et d\u00e9ploie une mise en sc\u00e8ne immersive, qui trouble autant qu\u2019elle captive. Mais suffit-elle \u00e0 renouveler notre regard sur ce grand classique ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Est-il encore utile de rappeler l\u2019intrigue de <em>La Visite de la vieille dame<\/em> ? Ce classique du th\u00e9\u00e2tre suisse, maintes fois adapt\u00e9 depuis sa parution en 1956, conserve une acuit\u00e9 troublante. R\u00e9put\u00e9 pour les critiques sociales qui traversent son \u0153uvre, Friedrich D\u00fcrrenmatt y dresse le portrait d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 avide, pr\u00eate \u00e0 sacrifier l\u2019un des siens pour un profit collectif. \u00c0 G\u00fcllen, un village ruin\u00e9, le retour de Claire Zahanassian ranime l\u2019espoir d\u2019une renaissance \u00e9conomique. Mais derri\u00e8re son \u00e9l\u00e9gance et sa fortune, elle porte en elle les stigmates d\u2019une humiliation ancienne, une blessure que le temps et la richesse n\u2019ont jamais effac\u00e9e. Son don g\u00e9n\u00e9reux au village a un prix : la mort d\u2019Alfred Ill, autrefois son amant et son bourreau. La mise en sc\u00e8ne de Nathalie Sandoz, pr\u00e9sent\u00e9e au Th\u00e9\u00e2tre des Osses, s\u2019empare de ce drame moral avec un regard neuf, en interrogeant le poids de la m\u00e9moire collective.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019embl\u00e9e, Sandoz ancre son spectacle dans une logique de comm\u00e9moration : les habitants de G\u00fcllen rejouent leur propre pass\u00e9, 70 ans apr\u00e8s les \u00e9v\u00e8nements. Ils se glissent tour \u00e0 tour dans les r\u00f4les de la pi\u00e8ce, brouillant la fronti\u00e8re entre r\u00e9cit et mise en sc\u00e8ne \u2013 choix dramaturgique qui exacerbe l&rsquo;id\u00e9e d\u2019une Histoire qui se r\u00e9p\u00e8te inlassablement. Chaque citoyen devient tour \u00e0 tour Claire Zahanassian (incarn\u00e9e par Am\u00e9lie Ch\u00e9rubin Souli\u00e8res, Shin Iglesias, et Garance La Fata) ou Alfred Ill (interpr\u00e9t\u00e9 par Antonio Buil, Sandro De Feo et Jean-Louis Johannides). Les figures d\u2019autorit\u00e9 \u2013 le maire, le policier, le pasteur \u2013 sont quant \u00e0 elles exclusivement jou\u00e9es par les femmes, bien que le texte reste au masculin. Cette redistribution des r\u00f4les red\u00e9finit la dynamique de pouvoir et souligne la r\u00e9sonance f\u00e9ministe du spectacle. Un d\u00e9calage subtil mais percutant, qui force \u00e0 r\u00e9interpr\u00e9ter la hi\u00e9rarchie du pouvoir et ses biais genr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Progressivement, la mise en sc\u00e8ne met en lumi\u00e8re un paradoxe troublant : les hommes rechignent \u00e0 incarner Ill, tandis que les femmes, affirm\u00e9es et s\u00fbres d\u2019elles, s\u2019approprient la figure de Claire. Elles se mettent m\u00eame graduellement au cours du spectacle \u00e0 jouer simultan\u00e9ment son r\u00f4le, se r\u00e9partissant ses r\u00e9pliques. Loin d\u2019\u00eatre anecdotique, cette strat\u00e9gie dramaturgique renverse l\u2019\u00e9quilibre des genres et sugg\u00e8re que chaque femme, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, porte en elle une Claire Zahanassian.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais que vaut une comm\u00e9moration si elle ne s\u2019accompagne d\u2019aucun remords ? D\u00e8s les premi\u00e8res sc\u00e8nes, un constat gla\u00e7ant s\u2019impose : l\u2019histoire de G\u00fcllen est racont\u00e9e par ses habitants avec une distance cynique. Il ne s\u2019agit pas de faire acte de repentance, mais bien d\u2019ent\u00e9riner un fait accompli. Un fatalisme assum\u00e9, qui d\u00e9range autant qu\u2019il fascine. Les citoyens ne rejouent pas le pass\u00e9 pour mieux le comprendre, mais pour c\u00e9l\u00e9brer leur r\u00e9ussite, malgr\u00e9 son co\u00fbt moral. D\u2019ailleurs, l\u2019un des panneaux lumineux qui surplombe la sc\u00e8ne \u00e9gr\u00e8ne des phrases lapidaires comme \u00ab Devenir un enfer \u00bb ou \u00ab Parce que notre conscience l\u2019oblige \u00bb, issues de la pi\u00e8ce de D\u00fcrrenmatt. \u00c0 travers ce dispositif visuel, elle met en exergue l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de cette m\u00e9moire partag\u00e9e : est-elle un outil d\u2019analyse ou un simple vernis l\u00e9gitimant <em>a posteriori<\/em> les pires compromissions ?<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne de Sandoz inscrit la pi\u00e8ce dans notre \u00e9poque \u00e0 travers un d\u00e9cor o\u00f9 la technologie envahit l\u2019espace sc\u00e9nique. Panneaux lumineux appuy\u00e9s contre les murs sur les c\u00f4t\u00e9s, \u00e9crans affichant des extraits de texte et ambiances sonores \u00e9lectroniques marquent une modernit\u00e9 tranchante. M\u00eame les fameuses chaussures jaunes, symboles de la corruption insidieuse dans la pi\u00e8ce de D\u00fcrrenmatt, deviennent ici dor\u00e9es, reflet \u00e9clatant de l\u2019opulence des nouveaux riches de G\u00fcllen. La mise en sc\u00e8ne joue habilement de ces \u00e9l\u00e9ments pour souligner l\u2019atemporalit\u00e9 du propos : aujourd\u2019hui comme hier, l\u2019\u00e9thique s\u2019efface devant la promesse d\u2019un confort mat\u00e9riel.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus encore, Sandoz fait de la salle un espace de participation implicite. D\u00e8s l\u2019entr\u00e9e, les spectateurs sont convi\u00e9s \u00e0 une f\u00eate o\u00f9 champagne et cervelas circulent, brouillant la fronti\u00e8re entre l\u2019espace de la fiction et celui de la r\u00e9alit\u00e9. Une fois le spectacle commenc\u00e9, le jeu se prolonge&nbsp;: (les) Claire(s) s\u2019installe(nt) parmi le public, des couronnes de fleurs pour le cercueil sont achemin\u00e9es depuis l\u2019ext\u00e9rieur de la salle, et un des \u00e9crans intime m\u00eame aux spectateurs d\u2019applaudir \u00e0 certains moments cl\u00e9s. Cet accueil faussement bon enfant et ce dispositif sc\u00e9nique cachent un malaise grandissant et placent \u00e0 dessein le public dans une position inconfortable&nbsp;: en acceptant passivement les r\u00e8gles du spectacle, ne cautionne-t-il pas lui aussi cette m\u00e9canique implacable du pouvoir et du profit ?<\/p>\n\n\n\n<p>Si la mise en sc\u00e8ne interroge avec finesse les m\u00e9canismes de domination et de m\u00e9moire collective, elle semble parfois contenue par la fid\u00e9lit\u00e9 qu\u2019impose, conform\u00e9ment aux droits qui r\u00e9gissent cette \u0153uvre de D\u00fcrrenmatt, le respect du texte original \u2013 ou ici de sa traduction en fran\u00e7ais par Laurent Muhleisen. Sans pouvoir s\u2019appuyer sur une v\u00e9ritable adaptation du texte, la mise en sc\u00e8ne n\u2019est pas aussi transgressive qu\u2019on pouvait l\u2019esp\u00e9rer, mais elle parvient \u00e0 renouveler notre regard sur ce grand classique en lui donnant un relief nouveau. Une comm\u00e9moration th\u00e9\u00e2trale qui, somme toute, r\u00e9ussit \u00e0 bousculer les rep\u00e8res et proposer une r\u00e9flexion pertinente sur la m\u00e9moire, le pouvoir et la responsabilit\u00e9 collective.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 mars 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/alexia-gay\/\">Alexia Gay<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 mars 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/celia-reymond\/\">C\u00e9lia Reymond<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La visite des vieilles dames<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1-1024x683.jpg\" alt=\"lvd filage 8janv25 photo benjamin visinand 260 scaled\" class=\"wp-image-23085\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1-768x513.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1-1536x1025.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/04\/lvd_filage-8janv25_photo-benjamin-visinand_260-scaled-1.jpg 1798w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Benjamin Visinand<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Nathalie Sandoz revisite la pi\u00e8ce de Friedrich D\u00fcrrenmatt en soulignant l<\/em>e&nbsp;<em>caract\u00e8re universel du d\u00e9sir de vengeance, la possibilit\u00e9 d\u2019en \u00eatre victime et le pouvoir corrupteur de l\u2019argent sur les consciences.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Un morceau de cervelas&nbsp;?&nbsp;\u00bb Les mots accueillent et surprennent lorsqu\u2019on entre dans la salle. Le spectacle commence bien avant les premiers mots du texte de D\u00fcrrenmatt. D\u00e8s leur arriv\u00e9e sur sc\u00e8ne, les six com\u00e9diens et com\u00e9diennes nous annoncent que nous sommes \u00e0 la f\u00eate communale de G\u00fcllen o\u00f9 ils et elles rejoueront, pour nous, l\u2019\u00e9v\u00e9nement qui a rendu la ville riche.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La pi\u00e8ce originale&nbsp;<\/em>raconte l\u2019histoire d\u2019une dame, la vieille dame, devenue millionnaire, qui retourne dans son village d\u2019enfance pour se venger. Elle propose une somme consid\u00e9rable aux habitants en \u00e9change de la mort de son ancien amant, Ill, qui l\u2019a humili\u00e9e des ann\u00e9es auparavant.<\/p>\n\n\n\n<p>Diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments structurent ici l\u2019espace sc\u00e9nique&nbsp;: une estrade, un grill avec des tables, et trois longs \u00e9crans rectangulaires \u2013 l\u2019un sur le c\u00f4t\u00e9 et deux autres suspendus. Cette configuration divise la sc\u00e8ne en trois zones distinctes offrant ainsi la possibilit\u00e9 de d\u00e9velopper plusieurs actions simultan\u00e9ment.&nbsp;En limitant le nombre de com\u00e9diens et de com\u00e9diennes \u00e0 six, trois femmes et trois hommes, pour incarner vingt-huit personnages, Nathalie Sandoz les contraint \u00e0 endosser plusieurs r\u00f4les, malgr\u00e9 des diff\u00e9rences de carrures et d\u2019\u00e2ges. Ce choix contribue \u00e0 universaliser les figures d\u2019Ill et de la vieille dame&nbsp;: chacun peut \u00eatre confront\u00e9 \u00e0 la vengeance, en \u00eatre la victime ou le bourreau, et m\u00eame succomber \u00e0 la tentation de monnayer sa morale pour am\u00e9liorer sa propre condition.&nbsp;Ce faisant, cette mise en sc\u00e8ne va plus loin que le texte original qui d\u00e9nonce uniquement le pouvoir corrupteur de l\u2019argent.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 certains moments, trois com\u00e9diens se disputent pour ne pas jouer le r\u00f4le d\u2019Ill, conscients que celui qui l\u2019endosse se retrouvera dans une position inconfortable. Cette mise en sc\u00e8ne accentue le jeu sur le pathos et renforce la compassion que le public peut \u00e9prouver pour ce personnage. En revanche, les com\u00e9diennes ne se querellent jamais pour le r\u00f4le de la vieille dame, qui, en tant que ma\u00eetresse des \u00e9v\u00e9nements \u00e0 venir, occupe une position plus confortable. Le public est impliqu\u00e9 tout au long du spectacle. \u00c0 plusieurs reprises, une com\u00e9dienne d\u00e9signe directement certain\u00b7es spectateur\u00b7rices, s\u2019adressant \u00e0 eux comme s\u2019ils et elles incarnaient le r\u00f4le du policier, du pasteur ou encore du m\u00e9decin. Plus tard, une spectatrice est m\u00eame invit\u00e9e \u00e0 monter sur sc\u00e8ne pour interpr\u00e9ter une cliente et jouer avec Ill. Une autre forme de participation se manifeste au travers des applaudissements, guid\u00e9s par les indications projet\u00e9es sur un \u00e9cran au fond de la sc\u00e8ne, telles que \u00ab&nbsp;applaudissement&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;applaudissement fr\u00e9n\u00e9tique&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab tonnerres d\u2019applaudissements&nbsp;\u00bb. Ce dispositif invite les spectateur\u00b7rices \u00e0 se questionner sur leur propre morale&nbsp;: dans une situation similaire, aurions-nous \u00e9galement c\u00e9d\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 mars 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/celia-reymond\/\">C\u00e9lia Reymond<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/lesosses.ch\/programme\/visite-vieille-dame\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;apr\u00e8s Friedrich D\u00fcrrenmatt \/ Mise en sc\u00e8ne par Nathalie Sandoz \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Fribourg) \/ Du 27 mars au 13 avril 2025 \/ Critiques par Alexia Gay et C\u00e9lia Reymond .<\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":23085,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,11,38],"tags":[313,316],"class_list":["post-23083","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-des-osses","category-spectacle","tag-alexia-gay","tag-celia-reymond"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23083","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23083"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23083\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23123,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23083\/revisions\/23123"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23085"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23083"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23083"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23083"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}