{"id":23059,"date":"2025-03-31T15:02:16","date_gmt":"2025-03-31T13:02:16","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=23059"},"modified":"2025-03-31T15:03:25","modified_gmt":"2025-03-31T13:03:25","slug":"faire-troupeau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2025\/03\/faire-troupeau\/","title":{"rendered":"Faire troupeau"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Faire troupeau<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et jeu par Marion Thomas \/ La Grange \u2013 Centre \/ Arts et Science \/ UNIL \/ 27 mars 2025 \/ Critiques par In\u00e8s Dalle et Killian Lachat . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 mars 2025 <\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ines-dalle\/\">In\u00e8s Dalle<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un fil \u00e9motionnel invisible<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/faire-troupeau_couverture-1024x683.jpg\" alt=\"faire troupeau couverture\" class=\"wp-image-23060\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/faire-troupeau_couverture-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/faire-troupeau_couverture-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/faire-troupeau_couverture-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/faire-troupeau_couverture-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/faire-troupeau_couverture.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Maxime Devige<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le spectacle de Marion Thomas se pr\u00e9sente comme une v\u00e9ritable adresse au public, <\/em><em>une invitation \u00e0 l\u2019introspection et \u00e0 la r\u00e9flexion sur le comportement humain. <\/em><em>&nbsp;\u00c0 travers ce spectacle aux allures de stand-up, l\u2019actrice explore ce qu\u2019elle nomme le \u00ab fil \u00e9motionnel invisible \u00bb cr\u00e9\u00e9 lorsqu\u2019un individu se trouve en groupe. Entour\u00e9e d\u2019un d\u00e9cor minimaliste employ\u00e9 \u00e0 des fins didactiques et humoristiques, elle s\u2019impose comme une conteuse militante, engag\u00e9e dans une lutte qui croit aux bienfaits de la collectivit\u00e9 humaine.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord l\u2019obscurit\u00e9. L\u2019\u00e9cran face au public devient le seul support visuel, un espace vierge au sein duquel les mots de Marion Thomas prennent forme. Par des adresses directes, brisant le quatri\u00e8me mur, l\u2019actrice engage une r\u00e9flexion ludique et personnelle sur l\u2019expression \u00ab \u00eatre un mouton \u00bb, n\u00e9gativement connot\u00e9e dans l\u2019imaginaire collectif. Elle s\u2019empare de cette notion et propose, le temps du spectacle, une nouvelle perspective. \u00ab&nbsp;\u00catre un mouton&nbsp;\u00bb ne signifie pas n\u00e9cessairement suivre aveugl\u00e9ment autrui sans r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ses actes. \u00ab&nbsp;\u00catre un mouton&nbsp;\u00bb, selon Thomas, implique au contraire de faire preuve d&#8217;empathie, d&rsquo;entraide et de soutien.<\/p>\n\n\n\n<p>Les minutes s&rsquo;\u00e9coulent, et l&rsquo;\u00e9cran, toujours unique support visuel, est soudainement accompagn\u00e9 de son. Lors d\u2019un moment immersif, le public est assimil\u00e9 \u00e0 un troupeau de mouton qui est la proie d\u2019une meute de loups, dans une course effr\u00e9n\u00e9e pour sauver sa peau. La transformation s&rsquo;op\u00e8re : le public devient par analogie le troupeau de mouton. L\u2019actrice, toujours sur le ton de l\u2019humour le nomme \u00ab moublics \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un d\u00e9cor minimaliste compos\u00e9 d\u2019un nuage de tissu et de petits buissons verts \u00e9vocateurs du \u00ab&nbsp;fond vert&nbsp;\u00bb utilis\u00e9 pour les films d\u2019actions hollywoodiens, Marion Thomas sugg\u00e8re \u00e0 ses \u00ab&nbsp;moublics&nbsp;\u00bb que la seconde exp\u00e9rience immersive se d\u00e9roulera au c\u0153ur d\u2019un imaginaire filmique. \u00c0 la lueur d\u2019un \u00e9clairage s\u00e9pia, caract\u00e9ristique des sc\u00e8nes de danger au cin\u00e9ma, la performeuse d\u00e9crit et joue avec ironie et irr\u00e9alit\u00e9 une s\u00e9quence \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un film catastrophe.<\/p>\n\n\n\n<p>Un dernier tableau prend place et met fin \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience pr\u00e9c\u00e9dente. Un air plus grave envahit le visage de la com\u00e9dienne avant qu\u2019elle ne s&rsquo;engage dans un poignant discours sur des \u00e9v\u00e8nements catastrophiques connus. Elle \u00e9voque des conclusions scientifiques sur le comportement humain lors de tels \u00e9v\u00e8nements et d\u00e9montre que le cin\u00e9ma ne transmet pas avec v\u00e9racit\u00e9 ces \u00e9pisodes. Contrairement \u00e0 une id\u00e9e qui prend place dans les films hollywoodiens, l\u2019humain ne c\u00e8de pas \u00e0 la panique lors de ces tristes situations. En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019effet de groupe n\u2019est aucunement n\u00e9faste et ne fait au contraire qu\u2019accroitre l\u2019entraide et le soutien humain. Par ce biais, l&rsquo;actrice montre l&rsquo;importance et les bienfaits d\u2019\u00ab&nbsp;\u00eatre un mouton&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La promesse d\u2019une exp\u00e9rience immersive, annonc\u00e9e au public, pourrait cependant laisser quelques attentes insatisfaites. Si l\u2019ambition est de cr\u00e9er une exp\u00e9rience collective, le manque d&rsquo;invitation r\u00e9elle \u00e0 l\u2019action laisse le spectateur sur sa faim. Les \u00ab moublics \u00bb, bien que pris dans l\u2019illusion de cette transformation, ne trouvent pas l\u2019espace pour s\u2019engager pleinement, et l\u2019interactivit\u00e9 demeure limit\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, la v\u00e9ritable force de ce spectacle r\u00e9side dans la progression subtile de la mise en sc\u00e8ne. Timide au d\u00e9but, dissimul\u00e9e derri\u00e8re le rideau et \u00e9tablissant un contact h\u00e9sitant avec le public, la com\u00e9dienne s&rsquo;ouvre au fur et \u00e0 mesure du spectacle. Les images projet\u00e9es et les descriptions visuelles dans les premi\u00e8res minutes plongent le spectateur dans un univers \u00e0 la fois enfantin et familier, inspir\u00e9 de contes populaires. L\u2019actrice, v\u00eatue d\u2019un costume de berg\u00e8re, ne cesse alors de maintenir cette ambiance ludique. La reconstitution hollywoodienne d\u00e9termine quant \u00e0 elle un tournant dans l\u2019action. La performeuse pr\u00e9sente \u00e0 la fois un jeu expressif et inattendu ainsi qu\u2019un imaginaire qui rend compte d\u2019\u00e9v\u00e9nements tragiques, plus adapt\u00e9s \u00e0 un public de jeunes adultes. Enfin, les r\u00e9v\u00e9lations que Marion Thomas, alors v\u00eatue d&rsquo;une tenue formelle (pantalon noir et chemise), fait dans le dernier tableau, marquent le passage de la fiction \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par chacun, bien loin des contes et des films que nous connaissons. Elle s\u2019adresse au public d\u2019une voix claire et engag\u00e9e, avec la maturit\u00e9 acquise au long du spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019humain, selon Marion Thomas, reste empathique et ne se transforme pas en une b\u00eate sauvage lorsqu\u2019il est en danger. Au contraire, il se regroupe et cr\u00e9\u00e9 un \u00ab&nbsp;fil \u00e9motionnel invisible&nbsp;\u00bb. C\u2019est l\u00e0 le constat qu\u2019elle souhaite partager&nbsp;: ses \u00ab&nbsp;moublics&nbsp;\u00bb le saisissent sans grande difficult\u00e9. L\u2019objectif est atteint par le biais de l\u2019humour, de la cr\u00e9ation d\u2019un imaginaire collectif et de la force des discours engag\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 mars 2025 <\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ines-dalle\/\">In\u00e8s Dalle<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 mars 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/killian-lachat\/\">Killian Lachat<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le troupeau, c\u2019est nous<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/faire-troupeau_couverture-1024x683.jpg\" alt=\"faire troupeau couverture\" class=\"wp-image-23060\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/faire-troupeau_couverture-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/faire-troupeau_couverture-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/faire-troupeau_couverture-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/faire-troupeau_couverture-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/faire-troupeau_couverture.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Maxime Devige<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Dans une performance seule en sc\u00e8ne, Marion Thomas propose un m\u00e9lange judicieusement \u00e9quilibr\u00e9 entre comique et militantisme. Alliant satire des films hollywoodiens et enqu\u00eate scientifique, elle questionne la relation que chaque spectateur \u2013 ou \u00ab&nbsp;moublic&nbsp;\u00bb \u2013 noue durant la repr\u00e9sentation avec les autres membres du troupeau.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il est surprenant de se retrouver dans une salle de spectacle, plong\u00e9 dans le noir, sans personne sur sc\u00e8ne, mis \u00e0 part un \u00e9cran et des phrases qui d\u00e9filent. Le dispositif multim\u00e9dia ainsi d\u00e9ploy\u00e9 constitue une sorte de prologue textuel au spectacle. Accompagn\u00e9e uniquement d\u2019un panier \u00e0 pic-nic, d\u2019un nuage de laine et de trois buissons, Marion Thomas entre ensuite en sc\u00e8ne. Elle s\u2019amuse \u00e0 mettre en sc\u00e8ne son amour du film catastrophe, qu\u2019elle oppose aux \u00e9tudes scientifiques r\u00e9elles sur l\u2019entraide et la coop\u00e9ration des humains en cas de d\u00e9sastre. Ce dispositif rappelle ainsi son pr\u00e9c\u00e9dent spectacle <em>Nous sommes les amazones du futur <\/em>(2022), qui proposait une r\u00e9flexion utopique \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 des r\u00e9cits post-apocalyptiques. Conf\u00e9rence perform\u00e9e, <em>Faire troupeau<\/em> s\u2019inscrit \u00e9galement au sein du festival <em>Chim\u00e8res<\/em> organis\u00e9 du 18 au 29 mars \u00e0 La Grange, qui explore les liens entre art et recherche scientifique. Si la com\u00e9dienne se base sur de nombreux t\u00e9moignages, notamment autour de l\u2019ouragan Katrina, pour \u00e9voquer la sociologie des d\u00e9sastres et les comportements humains en cas de catastrophe, elle conserve toutefois un ton enjou\u00e9 et satirique dans l\u2019encha\u00eenement de ses sketchs, s\u2019adonnant par exemple \u00e0 la parodie du film <em>Armageddon<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019utilisation du num\u00e9rique permet une entr\u00e9e progressive dans l\u2019univers loufoque des \u00ab&nbsp;moublics&nbsp;\u00bb (mouton&nbsp;+ public). Ce terme, projet\u00e9 sur l\u2019\u00e9cran, permet d\u2019une part de poser avec humour les bases d\u2019une r\u00e9flexion sur l\u2019empathie, et d\u2019autre part d\u2019\u00e9tablir un premier lien entre le public et la com\u00e9dienne avant son entr\u00e9e en sc\u00e8ne. Souhaitant questionner le rapport affectif que l\u2019humain peut entretenir avec des individus inconnus, Marion Thomas utilise le public comme un \u00e9chantillon m\u00e9taphorique de la soci\u00e9t\u00e9 capable de \u00ab&nbsp;faire troupeau&nbsp;\u00bb et de ressentir la <em>fairetroupeau<\/em>&nbsp;\u2013 une \u00e9motion qu\u2019elle d\u00e9crit comme une \u00ab&nbsp;sensation de familiarit\u00e9 joyeuse ressentie par un individu immerg\u00e9 dans une foule d\u2019inconnus&nbsp;\u00bb. Lorsque la performeuse appara\u00eet, elle semble d\u2019abord ind\u00e9cise, s\u2019avance sur le plateau et s\u2019int\u00e8gre petit \u00e0 petit \u00e0 la communaut\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re des moublics, jusqu\u2019\u00e0 oser prendre la parole. L\u2019\u00e9volution de son personnage est aussi sensible dans son rapport \u00e0 l\u2019espace&nbsp;; d\u2019abord statique, elle occupe bient\u00f4t tout le plateau, au point d\u2019en sortir ou de se rendre dans les gradins.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle explique que le mouton, souvent utilis\u00e9 comme un terme de comparaison d\u00e9pr\u00e9ciatif pour l\u2019homme, est au contraire un mod\u00e8le d\u2019empathie. En effet, puisque l\u2019homme a toujours v\u00e9cu en communaut\u00e9, il doit rester en lui un r\u00e9sidu de cet instinct gr\u00e9gaire, visible lors des catastrophes o\u00f9 l\u2019entraide et la coop\u00e9ration pr\u00e9dominent, n\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 la fiction. L\u2019empathie semble ainsi au c\u0153ur du troupeau&nbsp;; permettant \u00e0 la fois la survie et l\u2019inclusion, elle permet de tisser un \u00ab&nbsp;fil \u00e9motionnel invisible&nbsp;\u00bb entre chaque moublic durant la repr\u00e9sentation. Cependant, ce lien n\u2019est r\u00e9ellement perceptible qu\u2019\u00e0 de rares moments durant le spectacle&nbsp;: par exemple, lors du mariage m\u00e9taphorique, sorte de c\u00e9r\u00e9monie \u00ab&nbsp;pense-<em>b\u00eate<\/em>&nbsp;\u00bb, o\u00f9 tous les moublics se disent \u00ab&nbsp;oui&nbsp;\u00bb, ou encore durant le karaok\u00e9 final qui invite tout le monde \u00e0 chanter sur un air de Gilbert Montagn\u00e9. La forme de la conf\u00e9rence perform\u00e9e ajoute \u00e9galement un effet de brouillage entre la com\u00e9dienne et le personnage qu\u2019elle incarne. En effet, les nombreuses adresses au public g\u00e9n\u00e8rent une rupture du quatri\u00e8me mur, cette fronti\u00e8re invisible mais implicite qui s\u00e9parerait le plateau et la fiction des spectateurs et de la non-fiction. Une fois la surprise pass\u00e9e, on remarque que l\u2019interaction directe entre le public et la com\u00e9dienne ne semble toutefois pas attendue outre mesure, laissant les moublics dans un espace flou, ne sachant s\u2019ils doivent r\u00e9pondre ou non aux multiples interpellations qui leur sont pourtant adress\u00e9es. Mais ne sont-elles pas dirig\u00e9es vers le troupeau dans son entier&nbsp;? Cette absence d\u2019implication personnelle de la part du public dans l\u2019\u00e9laboration de la fable peut certainement en soulager plus d\u2019un, mais peut aussi en frustrer d\u2019autres \u2013 en effet, ne pas donner la parole au public laisse de nombreuses interpellations sans r\u00e9ponse. Le choix de prendre \u00e0 partie le public de cette fa\u00e7on renforce toutefois le c\u00f4t\u00e9 amusant du spectacle, le comique naissant souvent du d\u00e9calage entre ce qui est du ressort technique (\u00e9cran, son et lumi\u00e8re) et ce qui rel\u00e8ve du jeu, des gestes et des th\u00e9matiques \u00e9voqu\u00e9es. La repr\u00e9sentation conserve ainsi un ton l\u00e9ger et divertissant. C\u2019est d\u2019ailleurs avec un message d\u2019espoir que le spectacle prend fin, la com\u00e9dienne invitant les moublics \u00e0 se marier de mani\u00e8re m\u00e9taphorique et \u00e0 faire partie du troupeau.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 mars 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/killian-lachat\/\">Killian Lachat<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.grange-unil.ch\/evenement\/faire-troupeau\/\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et jeu par Marion Thomas \/  La Grange \u2013 Centre \/ Arts et Science \/ UNIL \/ 27 mars 2025 \/ Critiques par In\u00e8s Dalle et Killian Lachat . <\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":23060,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[319,318],"class_list":["post-23059","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-ines-dalle","tag-killian-lachat"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23059","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23059"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23059\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23066,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23059\/revisions\/23066"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23060"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23059"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23059"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23059"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}