{"id":22929,"date":"2025-03-10T13:52:01","date_gmt":"2025-03-10T12:52:01","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=22929"},"modified":"2025-03-10T13:52:04","modified_gmt":"2025-03-10T12:52:04","slug":"hamlet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2025\/03\/hamlet\/","title":{"rendered":"Hamlet"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Hamlet<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D&rsquo;apr\u00e8s Shakespeare \/ Mise en sc\u00e8ne par Christophe Sermet \/ TPR \u2013 Th\u00e9\u00e2tre populaire romand (La-Chaux-de-Fond) \/ Du 6 au 8 mars 2025 \/ Critique par Muireann Walsh . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>6 mars 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/muireann-walsh\/\">Muireann Walsh <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un long cri de douleur\u00a0<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/hamlet_article--1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-22934\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/hamlet_article--1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/hamlet_article--300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/hamlet_article--250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/hamlet_article--768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/hamlet_article-.jpg 1140w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 TPR<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le spectacle mis en sc\u00e8ne et traduit par Christophe Sermet suit de pr\u00e8s la trame de la pi\u00e8ce de Shakespeare en lui offrant un souffle nouveau par le biais d\u2019une interpr\u00e9tation frontale et offensive. Dans la cour royale d\u2019Elseneur, transform\u00e9e en sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre, on d\u00e9couvre un prince du Danemark agressif et agress\u00e9.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis plus de quatre cents ans, le personnage de Hamlet, prince du Danemark, nous fascine par son humour, l\u2019introspection \u00e0 laquelle il se livre, et surtout la vengeance qu\u2019il peine \u00e0 accomplir. Dans la mise en sc\u00e8ne de Christophe Sermet, le monde qui entoure le h\u00e9ros est sans nuance, et sans compromis. Les r\u00e9f\u00e9rences au th\u00e9\u00e2tre, au jeu, au masque et \u00e0 la performance sont centrales dans la sc\u00e9nographie de Simon Siegmann comme dans la mise en sc\u00e8ne. La cour d\u2019Elseneur est une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre sur le th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique moderne, compos\u00e9e de praticables blancs et de panneaux blancs. Derri\u00e8re, un \u00e9chafaudage soutient une estrade rouge \u00e9carlate. Cette composition est elle-m\u00eame entour\u00e9e de chaises \u00e0 cour et \u00e0 jardin. Au fond, les pendrillons et le sol sont noirs. On distingue \u00e9galement des instruments de sonorisation et des coulisses. Les sc\u00e8nes ench\u00e2ss\u00e9es d\u2019Elseneur enferment les personnages&nbsp;: pour en sortir, ils doivent passer par l\u2019espace du public. Les panneaux peuvent servir de portes comme de murs. Dans de nombreuses sc\u00e8nes, un personnage les fait chuter pour qu\u2019un autre les redresse. Ainsi, alors que l\u2019intrigue s\u2019intensifie, et que les personnages cherchent \u00e0 se cacher, et \u00e0 se dissimuler mutuellement des informations, les fa\u00e7ades physiques sont \u00e9galement mises en danger. Ce jeu de mise en abyme du jeu de th\u00e9\u00e2tre et de fa\u00e7ades constamment \u00e0 la limite de s\u2019\u00e9crouler contribue \u00e0 donner l\u2019impression d\u2019un Danemark qui est bel est bien une prison de laquelle personne ne s\u2019\u00e9chappe.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019oppression li\u00e9e \u00e0 cette organisation de la sc\u00e8ne trouve son reflet dans le jeu frontal, brutal, des com\u00e9diens.&nbsp;Les r\u00e9pliques s\u2019encha\u00eenent rapidement, et sont souvent cri\u00e9es.&nbsp;Hamlet (Adrien Drumel) et Oph\u00e9lie (Zo\u00e9 Schellenberg), en particulier, sont incarn\u00e9s dans un jeu physique et exigeant,&nbsp;qui exprime la col\u00e8re&nbsp;: la col\u00e8re de Hamlet envers son oncle Claudius, fr\u00e8re de son p\u00e8re, pour avoir \u00e9pous\u00e9 sa m\u00e8re et pris le tr\u00f4ne du Danemark, la col\u00e8re d\u2019Oph\u00e9lie, fille du conseiller Polonius et amoureuse de Hamlet, quand il la quitte, la col\u00e8re de Gertrude, confront\u00e9e \u00e0 un mari pour lequel elle ne semble pas \u00e9prouver une grande affection, et un fils qui refuse de passer au-del\u00e0 de la mort de son p\u00e8re. L\u2019espace symbolise le pouvoir&nbsp;du meurtrier Claudius&nbsp;: c\u2019est lui qui traverse l\u2019espace de la sc\u00e8ne principale, c\u2019est depuis cette sc\u00e8ne qu\u2019il exerce en tant que roi, alors que les jeunes, Hamlet, Oph\u00e9lie et La\u00ebrte, sont sans cesse pouss\u00e9s dans les marges, hors de la sc\u00e8ne ou sous les praticables. Les moments de tendresse entre Hamlet et Oph\u00e9lie, au d\u00e9but de la pi\u00e8ce, ont lieu \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne principale, et dans la dispute au cours de laquelle Hamlet ordonne \u00e0 Oph\u00e9lie de se retirer dans un couvent, ils s\u2019embrassent dans l\u2019espace du public. D\u00e8s qu\u2019ils se trouvent sur la sc\u00e8ne centrale, aucune tendresse ne s\u2019exprime.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On peut regretter cette absence de tendresse, en particulier entre Hamlet et ses proches. L\u2019impossibilit\u00e9 de toute affection ou amiti\u00e9 produit un spectacle sans cesse tendu et intense, non sans une certaine lourdeur parfois. Personnages toujours difficiles \u00e0 cerner, Rosencrantz et Guildenstern, amis d\u2019\u00e9tudes de Hamlet chez Shakespeare, ici r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9s au f\u00e9minin, perdent en complexit\u00e9 : ce ne sont pas des amies du h\u00e9ros, inqui\u00e8tes de le voir sombrer dans la folie m\u00eame si elles sont prises dans le jeu de Claudius, mais des espionnes froides et malveillantes. Elles sont si odieuses qu\u2019on ne comprend gu\u00e8re pourquoi Hamlet les tol\u00e8re, ni pourquoi Gertrude a pens\u00e9 qu\u2019elles seraient capables de cerner les causes de l\u2019apparente folie du prince, ni du reste pourquoi Hamlet se sent trahi par elles. Cette quasi-absence d\u2019affection autour d\u2019Hamlet \u2013 on peut excepter en partie Horatio \u2013 souligne le fait que le h\u00e9ros est bien seul, et que sa folie feinte l\u2019isole encore plus. Mais cela se fait au d\u00e9triment d\u2019un certain dynamisme, en aplanissant les nuances potentielles au profit d\u2019une interpr\u00e9tation monochrome&nbsp;: il n\u2019est pas s\u00fbr que cela serve le questionnement sur \u00ab&nbsp;la loyaut\u00e9 et la trahison \u00e0 la cour d\u2019Elseneur&nbsp;\u00bb, que la mise en sc\u00e8ne souhaite mettre en valeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle cherche \u00e0 choquer le public. Les gestes obsc\u00e8nes n\u2019y sont pas abondants, mais ils sont marquants, comme dans la sc\u00e8ne o\u00f9 Oph\u00e9lie folle couvre son entre-jambe avec le sang de son p\u00e8re, ou celle dans laquelle Hamlet embrasse sa propre m\u00e8re. Ces moments \u00e9tonnent non seulement le public par leur absence de justification \u2013 faut-il comprendre que la violence des parents se traduit par une violence des enfants&nbsp;? \u2013 mais \u00e9galement les autres personnages, qui semblent d\u00e9munis face aux r\u00e9actions violentes des enfants du Danemark. Tout est percutant, la bande-son, les titres de chaque sc\u00e8ne projet\u00e9s sur la paroi rouge, le rythme ponctu\u00e9 par les chutes et la remise en place des panneaux. Mais les interrogations m\u00e9ta-th\u00e9\u00e2trales indiqu\u00e9es par la sc\u00e9nographie et annonc\u00e9es dans le discours de la feuille de salle sont moins \u00e9videntes que la violence dans les interactions des com\u00e9diens. C\u2019est brutal, c\u2019est beau, c\u2019est intense, mais c\u2019est si rempli qu\u2019on manque parfois d\u2019air. Derri\u00e8re le rouge, le blanc et le noir, on aurait appr\u00e9ci\u00e9 une palette d\u2019autres nuances.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>6 mars 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/muireann-walsh\/\">Muireann Walsh <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tpr.ch\/saison-24-25\/hamlet\/\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;apr\u00e8s Shakespeare \/ Mise en sc\u00e8ne par Christophe Sermet \/ TPR \u2013 Th\u00e9\u00e2tre populaire romand (La-Chaux-de-Fond) \/ Du 6 au 8 mars 2025 \/ Critique par Muireann Walsh . <\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":22935,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"none","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,169],"tags":[314],"class_list":["post-22929","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-tpr-la-chaux-de-fonds","tag-muireann-walsh"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22929","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22929"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22929\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22936,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22929\/revisions\/22936"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22935"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22929"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22929"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22929"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}