{"id":22909,"date":"2025-03-05T19:14:38","date_gmt":"2025-03-05T18:14:38","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=22909"},"modified":"2025-03-05T19:45:09","modified_gmt":"2025-03-05T18:45:09","slug":"titize-un-reve-venitien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2025\/03\/titize-un-reve-venitien\/","title":{"rendered":"Titiz\u00e9 un r\u00eave v\u00e9nitien"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Titiz\u00e9 un r\u00eave v\u00e9nitien<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et mise en sc\u00e8ne par la Compagnia Finzi Pasca \/ Th\u00e9\u00e2tre du Jura (Del\u00e9mont) \/ Du 27 au 28 f\u00e9vrier 2025 \/ Critique par Alexia Gay . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 f\u00e9vrier 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/alexia-gay\/\">Alexia Gay<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Venise \u00e0 l\u2019envers, entre ciel et lagune<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"533\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/Titize_couverture.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-22910\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/Titize_couverture.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/Titize_couverture-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/Titize_couverture-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2025\/03\/Titize_couverture-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Viviana Cangialosi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>En tourn\u00e9e internationale, les artistes tessinois de la Compagnia Finzi Pasca invitent les spectateurs du Th\u00e9\u00e2tre du Jura \u00e0 la d\u00e9couverte de Venise. \u00c0 la crois\u00e9e du th\u00e9\u00e2tre, du cirque, de la danse et de la musique, le spectacle d\u00e9ploie un langage sc\u00e9nique foisonnant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La lumi\u00e8re s\u2019\u00e9teint, les criquets s&rsquo;agitent. D\u00e8s les premi\u00e8res secondes, le public est transport\u00e9 dans l\u2019univers des belles nuits v\u00e9nitiennes. Sur sc\u00e8ne, des personnages s\u2019animent. Ils \u00e9voquent ceux de la commedia dell\u2019arte, avec leurs costumes \u00e0 losanges, leurs masques et leurs grands couvre-chefs blancs. Mais un probl\u00e8me survient : o\u00f9 est le ma\u00eetre, le <em>maestro<\/em> de la troupe ? L\u2019impatience grandit, les personnages interpellent le public, jusqu\u2019\u00e0 ce que le <em>maestro<\/em> tant attendu (Luca Morrocchi) descende enfin des gradins, sans son costume qu\u2019il n\u2019a pas eu le temps d\u2019enfiler.<\/p>\n\n\n\n<p>Mises en abyme, espace sc\u00e9nique sans fronti\u00e8res, complicit\u00e9 avec les spectateurs : tout ici s\u2019amuse des conventions du th\u00e9\u00e2tre. Et quel th\u00e9\u00e2tre ! Un spectacle total, alliant th\u00e9\u00e2tre, cirque, danse et musique, une fresque mouvante o\u00f9 se succ\u00e8dent num\u00e9ros et tableaux, chacun rendant hommage \u00e0 la S\u00e9r\u00e9nissime.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un num\u00e9ro comique impliquant presque toute la troupe, on glisse vers un cerceau a\u00e9rien \u00e0 quatre acrobates, gracieux et envo\u00fbtants. Puis l\u2019on bascule \u00e0 nouveau, dans un tableau surr\u00e9aliste o\u00f9 l\u2019air devient oc\u00e9an et o\u00f9 m\u00eame les sir\u00e8nes s\u2019invitent \u00e0 la f\u00eate. Plus tard, un carr\u00e9 a\u00e9rien, \u00e9pur\u00e9 et futuriste, voit musique et lumi\u00e8res sculpter l\u2019espace, tandis que des hologrammes renforcent cette atmosph\u00e8re irr\u00e9elle. Ici et l\u00e0, les d\u00e9cors \u00e9voquent la lagune sur laquelle repose Venise : un fond de sc\u00e8ne qui ondule, un sol brillant qui, refl\u00e9tant les mouvements des artistes lors d\u2019un num\u00e9ro de contorsion, cr\u00e9e l\u2019impression d\u2019une eau mouvante.<\/p>\n\n\n\n<p>Le burlesque s\u2019invite au fil du spectacle, des personnages se retrouvent par hasard dans des tableaux qui ne leur sont pas destin\u00e9s, insufflant une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 aux moments les plus intenses. Ces intrusions cr\u00e9ent un d\u00e9calage, non seulement spatial mais aussi temporel : certains personnages semblent surgir d\u2019une \u00e9poque diff\u00e9rente de celle sugg\u00e9r\u00e9e par le num\u00e9ro en cours. Ainsi, lors d\u2019un num\u00e9ro de sangles a\u00e9riennes \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique r\u00e9tro, une femme en robe de bal \u2013 sans doute une touriste venue \u00e0 Venise pour le Carnaval \u2013 s\u2019amuse \u00e0 prendre des selfies, suivie de son compagnon qui tente de la ramener ailleurs. Cette tonalit\u00e9 ludique n\u2019alt\u00e8re en rien l\u2019admiration du public face aux prouesses acrobatiques qui jalonnent la repr\u00e9sentation et r\u00e9v\u00e8lent une pr\u00e9cision et une ma\u00eetrise impressionnantes des artistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les techniques utilis\u00e9es pour cr\u00e9er cet univers renvers\u00e9 se multiplient. Un ballon-requin, drone dirig\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019une t\u00e9l\u00e9commande, flotte (vole-t-il&nbsp;? nage-t-il&nbsp;?) au-dessus du public avant de survoler la sc\u00e8ne. Dans une s\u00e9quence marquante, une cam\u00e9ra filme les artistes au sol, et l\u2019image projet\u00e9e en direct sur un \u00e9cran donne l\u2019illusion qu\u2019ils d\u00e9fient la gravit\u00e9, s\u2019envolant depuis un banc sous l\u2019effet d\u2019un vent trop fort. Ce jeu de perspectives provoque autant l\u2019\u00e9merveillement que le rire des spectateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dispositif multim\u00e9dia s\u2019invite \u00e9galement dans la conception sonore. Lors d\u2019un num\u00e9ro, un chanteur lyrique incite d\u2019autres personnages \u00e0 produire des cris d\u2019animaux au micro. Progressivement, ces derniers enfilent d\u2019imposants masques d\u2019\u00e9l\u00e9phants et de rhinoc\u00e9ros \u2013 ajoutant une dimension visuelle saisissante \u2013 tandis que l\u2019artiste enregistre leurs sons en direct et chante par-dessus, composant ainsi une v\u00e9ritable cacophonie, polyphonie aussi chaotique qu\u2019orchestr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Aucun proc\u00e9d\u00e9 technique n\u2019est dissimul\u00e9 : les machines \u00e0 fum\u00e9e sont visibles, parfois mani\u00e9es par des personnages en marge du tableau principal, ajoutant au d\u00e9calage et aux jeux de clownerie. Les hologrammes et effets de lumi\u00e8re ne cherchent pas \u00e0 tromper, mais \u00e0 enrichir cette atmosph\u00e8re o\u00f9 tout est faux et pourtant si vrai, o\u00f9 l\u2019illusion est toujours visible, comme un clin d\u2019\u0153il \u00e0 la nature m\u00eame du th\u00e9\u00e2tre et du cirque.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais qui est Titiz\u00e9&nbsp;? \u2013 \u00ab&nbsp;Un puriste japonais ? Cor\u00e9en, peut-\u00eatre ? Non, c\u2019est un r\u00eaveur.&nbsp;\u00bb Un guide qui nous entra\u00eene dans un songe v\u00e9nitien, o\u00f9 les images \u00e9vanescentes, les mirages et les illusions tissent un univers onirique d\u2019une rare beaut\u00e9. Tout au long du spectacle, les personnages sont en qu\u00eate : du <em>maestro<\/em>, de quelqu\u2019un, de quelque chose. Et au lieu de perturber le d\u00e9roulement du spectacle, cette errance ne fait qu\u2019enrichir le voyage, qui se conclut dans un \u00e9clat de merveilleux. Une pluie de poissons s\u2019abat sur la sc\u00e8ne, les masques sont pos\u00e9s, et Venise, insaisissable, continue de nous hanter.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 f\u00e9vrier 2025<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/alexia-gay\/\">Alexia Gay<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/theatre-du-jura.ch\/f\/programme\/detail\/448-titize-un-reve-venitien\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et mise en sc\u00e8ne par la Compagnia Finzi Pasca \/ Th\u00e9\u00e2tre du Jura (Del\u00e9mont) \/ Du 27 au 28 f\u00e9vrier 2025 \/ Critique par Alexia Gay .<\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":22910,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,289],"tags":[313],"class_list":["post-22909","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-du-jura","tag-alexia-gay"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22909","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22909"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22909\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22913,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22909\/revisions\/22913"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22910"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22909"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22909"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22909"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}