{"id":21061,"date":"2024-12-07T13:29:10","date_gmt":"2024-12-07T12:29:10","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=21061"},"modified":"2025-03-31T15:15:19","modified_gmt":"2025-03-31T13:15:19","slug":"que-perdons-nous-a-gagner-du-temps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2024\/12\/que-perdons-nous-a-gagner-du-temps\/","title":{"rendered":"Que perdons-nous \u00e0 gagner du temps ?"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Que perdons-nous \u00e0 gagner du temps ?<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et mise en sc\u00e8ne par Simona Gallo et Lisa Tatin \/ Th\u00e9\u00e2tre Les Halles (Sierre) \/ Du 12 au 16 novembre 2024 \/ Critique par Lucie Ortet . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 novembre 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lucie-ortet\/\">Lucie Ortet<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Sensationnelle temporalit\u00e9<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"490\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Que-perdons-nous-a-gagner-du-temps_couverture-1024x490.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21062\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Que-perdons-nous-a-gagner-du-temps_couverture-1024x490.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Que-perdons-nous-a-gagner-du-temps_couverture-300x144.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Que-perdons-nous-a-gagner-du-temps_couverture-250x120.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Que-perdons-nous-a-gagner-du-temps_couverture-768x368.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Que-perdons-nous-a-gagner-du-temps_couverture-1536x735.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Que-perdons-nous-a-gagner-du-temps_couverture.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Th\u00e9\u00e2tre Les Halles 2024<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Bas\u00e9 sur un concept d\u00e9velopp\u00e9 par Lisa Tatin et Simona Gallo, le spectacle <em>pr\u00e9sente des t\u00e9moignages de personnes de diff\u00e9rents \u00e2ges sur leur rapport au temps dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle.<\/em> Inattendu, il m\u00e9lange plusieurs dispositifs artistiques, produisant une dynamique interactive et amusante, entre th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 et musicalit\u00e9, et produit une br\u00e8ve pause dans le temps pour  mieux le questionner\u00a0: est-il circulaire, linaire, individuel, collectif ou autre\u00a0?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019interactivit\u00e9 du spectacle rend l\u2019exp\u00e9rience hors du commun. Les com\u00e9diennes, Monica Budde et Dana\u00e9 Dario, se pr\u00e9sentent comme des h\u00f4tesses et offrent leur aide aux spectateurs pour s\u2019installer. Le dispositif mis en place est polysensoriel et assemble des t\u00e9moignages audiovisuels de personnes de tous \u00e2ges interrog\u00e9es sur leur rapport au temps.<\/p>\n\n\n\n<p>La diversit\u00e9 des t\u00e9moignages ajoute \u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre touch\u00e9 \u00e9motionnellement par le spectacle\u00a0: tr\u00e8s probablement, chaque personne dans le public, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, peut se reconna\u00eetre dans les discours tenus gr\u00e2ce \u00e0 un travail empathique de la part des com\u00e9diennes, qui portent la peau et la vie de ces gens. \u00a0Selon la co-metteure en sc\u00e8ne Lisa Tatin, les com\u00e9diennes se sont livr\u00e9es \u00e0 \u00ab\u00a0un travail de contamination\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0d\u2019infusion\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb afin de cr\u00e9er \u00ab\u00a0une porosit\u00e9 entre les histoires r\u00e9colt\u00e9es\u00a0\u00bb. Le jeu fonctionne en corr\u00e9lation parfaite avec les vid\u00e9os des t\u00e9moignages.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant que les spectateurs ne d\u00e9couvrent ces t\u00e9moignages, des cartes et des stylos sont pos\u00e9s sur les si\u00e8ges, leur offrant la possibilit\u00e9 de se questionner sur leur repr\u00e9sentation visuelle du temps\u00a0: \u00ab\u00a0Dessine la sensation de ton ann\u00e9e ou de ta vie\u00a0\u00bb. Vers la fin du spectacle, la dimension interactive revient en force. Afin de cr\u00e9er un nouveau souvenir olfactif ensemble, les com\u00e9diennes partagent avec la salle des verres de sirop Morand \u00e0 la poire.<\/p>\n\n\n\n<p>La musique parvient \u00e0 susciter de fortes sensations, notamment par son rythme, parfois doux ou quelquefois rapide, qui correspond \u00e0 l\u2019\u00e9motion de chaque sc\u00e8ne. Elle produit \u00e9galement une illusion de circularit\u00e9 dans la r\u00e9p\u00e9tition&nbsp;: c\u2019est comme si elle n\u2019avait pas de fin. Les spectateurs y per\u00e7oivent un sentiment d\u2019infinitude. Les percussions, par Luc M\u00fcller, ou la voix de Lisa Tatin, jouent un grand r\u00f4le dans cette cr\u00e9ation du sensible circulaire.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Que perdons nous \u00e0 gagner du temps<\/em> ? brise la lin\u00e9arit\u00e9 qu&rsquo;on attend parfois d&rsquo;une action th\u00e9\u00e2trale\u00a0: ici la repr\u00e9sentation se veut circulaire et sensorielle, comme l\u2019exp\u00e9rience humaine, pr\u00e9sent\u00e9e comme un th\u00e9\u00e2tre. Dana\u00e9 Dario fait r\u00e9f\u00e9rence au fait que nos vies et notre temps pourraient se voir comme un r\u00e9cit qui a un d\u00e9but et une fin ; cependant, le temps est circulaire\u00a0: certaines fins peuvent produire de nouveaux d\u00e9buts. Comme le cycle de la vie, les t\u00e9moignages font allusion \u00e0 des r\u00e9p\u00e9titions. Et le dispositif th\u00e9\u00e2tral de ce spectacle produit des r\u00e9p\u00e9titions.<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me de la maternit\u00e9, notamment, est abord\u00e9 de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9titive. Dana\u00e9 Dario, un instant, joue comme si elle \u00e9tait enceinte et la seconde d\u2019apr\u00e8s affirme ouvertement qu\u2019il n\u2019y a rien dans son ventre. Elle r\u00e9p\u00e8te ce processus plusieurs fois en insistant sur le passage d\u2019un \u00e9tat \u00e0 l\u2019autre. De plus, elle se faufile dans le public pour que les spectateurs puissent toucher son ventre et ainsi contr\u00f4ler et percevoir qu\u2019effectivement, elle n\u2019est pas enceinte et qu\u2019elle ne fait que jouer.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 chaque nouvelle histoire correspond une veste. Lorsqu\u2019une com\u00e9dienne prend une veste, elle s\u2019abandonne pour devenir autre. Lors du r\u00e9cit d\u2019une femme qui apprend que ses ovaires ont 47 ans et qu\u2019elle ne pourra certainement pas avoir d\u2019enfant, le jeu intense de Dana\u00e9 Dario montre la souffrance d\u2019accepter une telle v\u00e9rit\u00e9. Le temps devient irr\u00e9cup\u00e9rable et symbole de deuil. La m\u00eame intensit\u00e9 est perceptible dans le jeu de Monica Budde avec un effet de d\u00e9sespoir face \u00e0 la potentialit\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui ne dormirait plus, ou avec sa voix forte qui r\u00e9sonne depuis l\u2019arri\u00e8re des gradins lorsqu\u2019elle d\u00e9livre un discours sur la circularit\u00e9 du temps. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Avec comme r\u00e9f\u00e9rence le sociologue et philosophe Hartmut Rosa dans son ouvrage <em>Ali\u00e9nation et acc\u00e9l\u00e9ration<\/em>, le spectacle cr\u00e9e une ambiance tr\u00e8s humaine et empathique qui sert de miroir \u00e0 la vie de tous les jours et \u00e0 la mani\u00e8re dont on utilise notre temps. Gr\u00e2ce \u00e0 une forte sensibilit\u00e9, il ouvre la r\u00e9ceptivit\u00e9 du public et capte l\u2019attention de mani\u00e8re prodigieuse. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, il refl\u00e8te notre rapport au temps et, de l\u2019autre, il questionne une nouvelle fa\u00e7on de se rapporter \u00e0 celui-ci, au moins le temps d\u2019une repr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 novembre 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lucie-ortet\/\">Lucie Ortet<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatre-leshalles.ch\/spectacles\/que-perdons-nous-a-gagner-du-temps\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et mise en sc\u00e8ne par Simona Gallo et Lisa Tatin \/ Th\u00e9\u00e2tre Les Halles (Sierre) \/ Du 12 au 16 novembre 2024 \/ Critique par Lucie Ortet .<\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":21062,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,14],"tags":[304],"class_list":["post-21061","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-les-halles","tag-lucie-ortet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21061","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21061"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21061\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23071,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21061\/revisions\/23071"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21062"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21061"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21061"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21061"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}