{"id":20303,"date":"2024-12-03T09:37:11","date_gmt":"2024-12-03T08:37:11","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=20303"},"modified":"2025-03-31T15:15:43","modified_gmt":"2025-03-31T13:15:43","slug":"terminale-hysteria","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2024\/12\/terminale-hysteria\/","title":{"rendered":"Terminale Hysteria"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Terminale Hysteria<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et mise en sc\u00e8ne par Tatiana Baumgartner, L\u00e9a Katharina Meier \/ L&rsquo; Arsenic &#8211; Centre d\u2019art sc\u00e9nique contemporain (Lausanne) \/ Du 27 novembre au 1er d\u00e9cembre 2024 \/ Critique par Loris Ferrari . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>28 novembre 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/loris-ferrari\/\">Loris Ferrari<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Bienvenuexs dans une r\u00e9alit\u00e9 qui ne peut \u00eatre ignor\u00e9e<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"569\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Terminale-Hysteria_couverture-1024x569.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-20304\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Terminale-Hysteria_couverture-1024x569.png 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Terminale-Hysteria_couverture-300x167.png 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Terminale-Hysteria_couverture-250x139.png 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Terminale-Hysteria_couverture-768x426.png 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Terminale-Hysteria_couverture-1536x853.png 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/12\/Terminale-Hysteria_couverture.png 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 L&rsquo;Arsenic<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Bienvenuexs \u00e0 <\/em>Terminale Hysteria<em>, une ville caniveau, sale, putride et cruelle, o\u00f9 toutes les normes sont tourn\u00e9es en d\u00e9rision, bris\u00e9es et d\u00e9form\u00e9es. Dans leur nouvelle cr\u00e9ation, Tatiana Baumgartner et L\u00e9a Katharina Meier font plonger les spectateuricexs dans un ab\u00eeme de folie. Une confrontation directe \u00e0 de la violence physique et verbale, des montagnes-russes de situations et d\u2019\u00e9motions dans une surabondance de circonstances brutales.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Bienvenuexs \u00e0 <em>Terminale Hysteria<\/em>, et accueilliexs par notre narratrix Karen-Karen, propri\u00e9taire du bar de \u00ab&nbsp;la Grande Lolette, de la Grosse Sucette, de la Grande et Grosse Z\u00e9zette&nbsp;\u00bb. Le quatri\u00e8me mur est imm\u00e9diatement bris\u00e9. Les mots sont crus, le ton est donn\u00e9, ce spectacle sera un \u00ab&nbsp;viol de la langue fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb. En effet, dans cette m\u00e9tropole point de r\u00e8gles fixes&nbsp;; tout n\u2019est qu\u2019absurdit\u00e9, folie et une destruction des normes de notre soci\u00e9t\u00e9 en apparence si proprette. \u00c1 <em>Terminale Hysteria<\/em>, les spectateuricexs sont plong\u00e9exs dans un univers de violences physiques et verbales insoutenables&nbsp;: le harc\u00e8lement violent constant que subit chacun des personnages est repr\u00e9sent\u00e9 sur le mode de l\u2019exc\u00e8s et du grotesque, amen\u00e9 par le kitsch des d\u00e9cors et des costumes&nbsp;: des n\u00e9ons aux couleurs criardes, l\u2019utilisation de la stroboscopie, des costumes aux \u00e9paulettes d\u00e9mesur\u00e9es, ainsi que des \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9cor visuellement frappants et presque malaisants, comme une langue g\u00e9ante en carton-p\u00e2te ou le logo du bar de la \u00ab&nbsp;Grande Lolette&nbsp;\u00bb. Point d\u2019histoire continue, mais une suite de sketchs centr\u00e9s autour de la vie de la ville et rythm\u00e9s par les interventions de Karen-Karen entre chaque sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Bienvenuexs \u00e0 <em>Terminale Hysteria<\/em>, o\u00f9 vivent Quatre Monsieur Monsieur touxtes diff\u00e9rents mais unis dans une fr\u00e9n\u00e9sie d\u00e9mesur\u00e9e et constante qui permet aux spectateuricexs de les d\u00e9couvrir, de s\u2019\u00e9mouvoir pour eux et d\u2019\u00eatre forc\u00e9exs \u00e0 entrer dans leur intimit\u00e9. Comme l\u2019unex des acteuricexs le dit au d\u00e9but&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qui ne dit mot consent.&nbsp;\u00bb. En entrant dans la salle, les spectateuricex perdent leur consentement, confront\u00e9exs \u00e0 une vision insupportable \u00e0 laquelle iels ne peuvent plus \u00e9chapper. Heureusement des moments du spectacle font rire ou simplement respirer un instant avec les shows de Karen-Karen, des instants musicaux ridicules et \u00e9mouvants. Tout est tellement percutant que le contre-choc de ce qui a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu lors du spectacle arrive apr\u00e8s la repr\u00e9sentation comme si l\u2019esprit, s\u2019\u00e9tant prot\u00e9g\u00e9 face \u00e0 l\u2019insoutenable, avait cherch\u00e9 \u00e0 se pr\u00e9server. Lorsque les \u00e9motions sont finalement lib\u00e9r\u00e9es, le coup est dur et l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 du spectacle prend sens&nbsp;: montrer l\u2019incapacit\u00e9 ou le d\u00e9ni de l\u2019humain \u00e0 r\u00e9agir face \u00e0 ce qui est trop douloureux. Seul moyen de protection, l\u2019ignorance ne fait qu\u2019empirer la situation.<\/p>\n\n\n\n<p>Bienvenuexs \u00e0 <em>Terminale Hysteria<\/em> , ici point de genres pr\u00e9cis, tout est fluide. Il y a un papa, une maman, une papa, un maman. Les normes sont tourn\u00e9es en d\u00e9rision, celui qui se fait harceler n\u2019est point celui que l\u2019on pourrait s\u2019imaginer, le soi-disant \u00ab\u00a0sexe faible\u00a0\u00bb non plus. Dans une inversion des r\u00f4les, des sexes avec un tel exc\u00e8s et une telle folie, la question du genre est finalement \u00e9cart\u00e9e\u00a0: tout le monde peut subir des violences abjectes et innommables. Ce sont les situations qui constituent le message du spectacle, du repas de famille interrompu par des violences domestiques au harc\u00e8lement de rue. L\u2019instant le plus fort est peut-\u00eatre le harc\u00e8lement de Monsieur Monsieur en costard rouge, harcel\u00e9 par une femme qui le poursuit et qui devient un homme. Monsieur Monsieur se fait brutalement attraper et arracher ses v\u00eatements pour se retrouver seins nus (des faux) qu\u2019iel arrache comme pour s\u2019\u00e9manciper d\u2019un genre qui ellui serait impos\u00e9. Mais dessous d\u2019autres seins, comme si rien ne pouvait changer. C\u2019est donc couvert de sang avec un corps qui n\u2019a pu \u00eatre chang\u00e9 qu\u2019iel sort de sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Bienvenuexs \u00e0 <em>Terminale Hysteria<\/em> o\u00f9 il est impossible d\u2019ignorer ce que l\u2019on voit. Tout est dans la d\u00e9mesure et la v\u00e9h\u00e9mence. Pour une fois, il faut se confronter \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Les spectateuricexs subissent, vivent avec les personnages&nbsp;: touxtes sont complices des \u00e9v\u00e9nements de la m\u00e9tropole et personne ne ressort propre, car finalement personne ne l\u2019a jamais \u00e9t\u00e9. Qui n\u2019a pas v\u00e9cu ou vu des situations de violence, de harc\u00e8lement et des choses abominables sans avoir r\u00e9agi&nbsp;? Qui peut sortir de la salle du spectacle compl\u00e8tement innocent, sans \u00eatre mis \u00e0 mal pas l\u2019exc\u00e8s, l\u2019exag\u00e9ration, le grotesque et l\u2019absence de filtre de <em>Terminale Hysteria&nbsp;<\/em>? Personne.<\/p>\n\n\n\n<p>Bienvenuexs \u00e0 <em>Terminale Hysteria <\/em>qui n\u2019est pas une ville imaginaire ou une illusion, mais notre soci\u00e9t\u00e9 sans le voile qui la recouvre. Si cette esth\u00e9tique de l\u2019exc\u00e8s peut rendre le spectacle \u00e9prouvant, tout finit par prendre son sens et frapper l\u00e0 o\u00f9 il faut gr\u00e2ce aux excellentes performances de&nbsp;Tatiana Baumgartner, L\u00e9a Katharina Meier, Maria Fernanda Ordo\u00f1ez et Dominique Gilliot. La r\u00e9alit\u00e9 n\u2019a jamais sembl\u00e9 aussi douloureuse et pourtant il semble que ce ne soit pas irr\u00e9versible, le spectacle cherchant \u00e0 enlever un voile qui banalise la violence&nbsp;: si assez d\u2019humains s\u2019en rendent compte, la soci\u00e9t\u00e9 peut-elle changer&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>28 novembre 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/loris-ferrari\/\">Loris Ferrari<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/arsenic.ch\/spectacle\/terminale-hysteria-tatiana-baumgartner-lea-katharina-meier\/\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et mise en sc\u00e8ne par Tatiana Baumgartner, L\u00e9a Katharina Meier \/  L&rsquo; Arsenic &#8211; Centre d\u2019art sc\u00e9nique contemporain (Lausanne) \/ Du 27 novembre au 1er d\u00e9cembre 2024 \/ Critique par Loris Ferrari .<\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":20304,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[303],"class_list":["post-20303","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-loris-ferrari"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20303","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20303"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20303\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23072,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20303\/revisions\/23072"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20304"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20303"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20303"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20303"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}