{"id":19855,"date":"2024-10-18T10:32:28","date_gmt":"2024-10-18T08:32:28","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=19855"},"modified":"2024-11-04T16:27:33","modified_gmt":"2024-11-04T15:27:33","slug":"les-fausses-confidences","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2024\/10\/les-fausses-confidences\/","title":{"rendered":"Les Fausses Confidences"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Les Fausses Confidences<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte de Marivaux \/ Mise en sc\u00e8ne d\u2019Alain Fran\u00e7on \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carouge (Gen\u00e8ve) \/ Du 24 septembre au 19 octobre 2024 \/ Critiques par Loris Ferrari et Hadrien Halter. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le coeur a ses raisons que la raison ignore<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 septembre 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/loris-ferrari\/\"> Loris Ferrari<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><em>La mise en sc\u00e8ne d\u2019Alain Fran\u00e7on fait honneur au texte de Marivaux en rendant perceptible la passion entre Dorante et Araminte, favoris\u00e9e par l\u2019inqui\u00e9tant valet Dubois, interpr\u00e9t\u00e9 ici sur un mode sinistre et manipulateur. Avec des r\u00e9pliques et des mouvements encha\u00een\u00e9s sur un tempo d\u2019une pr\u00e9cision \u00e9patante qui rend visibles les mots de Marivaux et d\u00e9voile des com\u00e9diens en symbiose avec leurs r\u00f4les, c\u2019est un spectacle captivant, intense et fort en \u00e9motions.<\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/10\/Les-fausses-confidences_couverture-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19856\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/10\/Les-fausses-confidences_couverture-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/10\/Les-fausses-confidences_couverture-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/10\/Les-fausses-confidences_couverture-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/10\/Les-fausses-confidences_couverture-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/10\/Les-fausses-confidences_couverture.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Jean Louis Fernandez<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Il est permis \u00e0 un amant de chercher les moyens de plaire, et on doit lui pardonner lorsqu&rsquo;il a r\u00e9ussi<\/em>&nbsp;\u00bb (Acte III, sc\u00e8ne 12). Le jeune Dorante, avocat sans fortune, est tomb\u00e9 amoureux d\u2019Araminte une jeune veuve tr\u00e8s riche. Mais cet amour briserait les conventions sociales et ne peut \u00eatre d\u00e9voil\u00e9 sans que le sentiment soit partag\u00e9. Dubois, ancien valet de Dorante, qui travaille d\u00e9sormais chez Araminte, \u00e9labore un plan retors, rempli de stratag\u00e8mes incongrus pour que celle-ci tombe amoureuse de Dorante et se d\u00e9clare \u00e0 lui. S\u2019ensuivent toutes sortes de malentendus et de renversements de situations. Dubois s\u2019ing\u00e9nie notamment \u00e0 rendre public l\u2019amour de de Dorante aupr\u00e8s de la m\u00e8re d\u2019Araminte, qui s\u2019en scandalise, et du comte souhaitant l\u2019\u00e9pouser, provoquant des r\u00e9actions en cha\u00eene qui finissent par pousser Araminte \u00e0 se d\u00e9clarer. Elle fait triompher l\u2019amour en d\u00e9cidant d\u2019\u00e9pouser le jeune homme, qui m\u00eame sans le sou vaut de l\u2019or.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant tout le spectacle, le rythme des paroles est rapide et soutenu, mais d\u2019une grande clart\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019admirable \u00e9locution des com\u00e9diens, dont on ne peut que saluer le travail. Les \u00e9motions, les tensions sont communiqu\u00e9es aux spectateurs par le jeu corporel, les regards, la gestuelle&nbsp;: ceux-ci r\u00e9ussissent l\u2019exploit de rendre vivants et visibles les mots du texte de Marivaux, la distance entre sc\u00e8ne et public s\u2019effa\u00e7ant instantan\u00e9ment.&nbsp; Les mouvements des personnages, r\u00e9gl\u00e9s comme une horloge suisse, ont un dynamisme qui happe la salle&nbsp;: les entr\u00e9es et sorties, les prises de paroles, sont impeccablement encha\u00een\u00e9es, tenant en haleine jusqu\u2019au d\u00e9nouement&nbsp;: impossible de d\u00e9crocher ou de s\u2019ennuyer.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9cor fait entrer dans l\u2019intrigue avec l\u2019apparence simple et \u00e9l\u00e9gante d\u2019un manoir du XVIIIe si\u00e8cle, cr\u00e9ant deux espaces distincts&nbsp;: l\u2019avant-sc\u00e8ne forme un int\u00e9rieur intimiste qui peut tenir lieu de salon&nbsp;; l\u2019arri\u00e8re-sc\u00e8ne, cach\u00e9 en partie par les murs, \u00e9voque l\u2019ext\u00e9rieur. Mais chacun des trois pans du mur qui s\u00e9pare ces espaces comporte des ouvertures, que ce soit une grande porte en bois massif ou un simple passage petit et discret. De plus certains \u00e9l\u00e9ments du d\u00e9cor sont mouvants et permettent, de mani\u00e8re fulgurante, de d\u00e9voiler, par exemple, l\u2019\u00e9tendue d\u2019une terrasse en arri\u00e8re-sc\u00e8ne qui n\u2019\u00e9tait jusque-l\u00e0 visible qu\u2019\u00e0 travers une fen\u00eatre. Tout au long du spectacle, les personnages apparaissent de toutes parts, sortant, entrant, guettant discr\u00e8tement depuis les pas de portes ou derri\u00e8re une fen\u00eatre. Ce choix de jouer avec les espaces sert le propos de la pi\u00e8ce. Avec un dynamisme entra\u00eenant, ces d\u00e9placements nous plongent pleinement dans l\u2019intrigue pleine de secrets et de non-dits. Comme Dorante guettant depuis la fen\u00eatre pour voir l\u2019objet de son amour, se baissant pour ne pas se faire voir, Dubois, omnipr\u00e9sent, apparaissant toujours o\u00f9 on ne l\u2019attend pas, \u00e9coute et voit tout.<\/p>\n\n\n\n<p>Incarn\u00e9 par Gilles Privat, v\u00eatu de noir, Dubois est peut-\u00eatre le personnage le plus ambigu dans ce spectacle&nbsp;: une atmosph\u00e8re inqui\u00e9tante l\u2019entoure, ses membres semblent parfois fig\u00e9s, sa posture courb\u00e9e, sa voix grave et autoritaire le rendent presque machiav\u00e9lique. La mise en sc\u00e8ne lui donne un contr\u00f4le total de l\u2019intrigue et il joue avec les autres personnages comme avec des marionnettes. Les transitions entre les actes, dans un noir complet avec parfois des flashs de lumi\u00e8re l\u2019\u00e9clairant dos au public, renforcent son aspect inqui\u00e9tant et t\u00e9n\u00e9breux. Ce choix d\u2019Alain Fran\u00e7on d\u2019assombrir ce personnage par rapport \u00e0 l\u2019orignal peut interroger&nbsp;: Dubois est-il un diable, tel M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s dans le <em>Faust<\/em> de Goethe ou sert-il l\u2019amour comme il le dit (\u00ab&nbsp;Quand l\u2019amour parle, il est ma\u00eetre&nbsp;; et il parlera.&nbsp;\u00bb I, 2)&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>De fait, l\u2019amour va parler et ce, d\u00e8s le moment du premier regard entre Araminte (Georgia Scalliet) et Dorante (Pierre-Fran\u00e7ois Garel) dans l\u2019acte I. Cet instant est d\u2019une intensit\u00e9 presque insoutenable, le temps est comme suspendu, une seule pens\u00e9e vient&nbsp;: ils vont s\u2019aimer. Cette connexion qui se cr\u00e9e entre les deux personnages va au-del\u00e0 des mots. La suite montre la progression de l\u2019amour. Ces sentiments qui grandissent peu \u00e0 peu chez Araminte vont l\u2019aider \u00e0 rejeter ce que la raison, sa m\u00e8re, sa servante, presque tout le monde cherche \u00e0 lui imposer&nbsp;: elle \u00e9pousera Dorante. Le jeu de Georgia Scalliet va de pair avec cette \u00e9volution du personnage, d\u2019abord blas\u00e9, sarcastique, aux mouvements presque m\u00e9caniques, qui peu \u00e0 peu s\u2019anime, gagne en souplesse, se met en col\u00e8re et accepte ses \u00e9motions qui finissent par exploser dans la sc\u00e8ne finale, o\u00f9 le public peut voir et ressentir le moment \u00e9motionnel tr\u00e8s fort entre les deux amants. Les larmes d\u2019Araminte sont si convaincantes qu\u2019elles touchent au plus profond de l\u2019\u00eatre et y gravent un tableau d\u2019une beaut\u00e9 sans \u00e9gale.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 octobre 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/loris-ferrari\/\">Loris Ferrari<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Place au jeu ! <\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 octobre 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/hadrien-halter\/\">Hadrien Halter<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/10\/les-fausses-confidences_Hadrien-Halter-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19968\" style=\"width:302px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/10\/les-fausses-confidences_Hadrien-Halter-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/10\/les-fausses-confidences_Hadrien-Halter-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/10\/les-fausses-confidences_Hadrien-Halter-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/10\/les-fausses-confidences_Hadrien-Halter-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/10\/les-fausses-confidences_Hadrien-Halter.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Jean Louis Fernandez<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>De la premi\u00e8re \u00e0 la derni\u00e8re seconde, Alain Fran\u00e7on met en valeur le texte de Marivaux plein de rebondissements et le jeu dynamique et captivant de ses com\u00e9diens.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Terrible destin que celui des amoureux&nbsp;! Le jeune Dorante, ni noble, ni riche, se retrouve au service d\u2019Araminte, jeune femme pourtant d\u00e9j\u00e0 veuve dont il est d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment amoureux depuis des mois. La rencontre a \u00e9t\u00e9 orchestr\u00e9e par son ancien valet, Dubois, entr\u00e9 au service de la ma\u00eetresse de son c\u0153ur. Tressant ses paroles de pieux mensonges et de fausses confidences, le serviteur s\u2019efforce de tracer la route entre les deux jeunes gens. Envers et contre leur entourage, les amoureux s\u2019approchent l\u2019un de l\u2019autre \u00e0 reculons, tandis que leur destin est tout dessin\u00e9\u2026 de la main d\u2019un valet audacieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 un d\u00e9cor simple, mais pas simpliste, et une mise en sc\u00e8ne \u00e9pur\u00e9e, je me suis laiss\u00e9 emporter. Alain Fran\u00e7on laisse la place au texte de se d\u00e9ployer enti\u00e8rement, et \u00e0 ses com\u00e9diens l\u2019espace de montrer leurs talents. Seule fantaisie : l\u00e0 o\u00f9 dans un premier temps le d\u00e9cor sur sc\u00e8ne para\u00eet solide, presque en pierre, il se r\u00e9v\u00e8le mobile, arrang\u00e9 au fur et \u00e0 mesure du spectacle, ferm\u00e9 comme un salon de r\u00e9ception ou s\u2019ouvrant au contraire comme une terrasse menant \u00e0 un jardin, donnant lieu \u00e0 un ballet \u00e9l\u00e9gant lors des changements d\u2019actes. Seules les transitions entre les actes, port\u00e9es par une musique m\u00ealant \u00ab&nbsp;rock&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb, bien que musicalement int\u00e9ressantes, d\u00e9tonent un peu&nbsp;: chaque geste des com\u00e9diens sur sc\u00e8ne y acqui\u00e8re une note dramatique qui tranche vivement avec l\u2019ambiance comique du reste du spectacle, sans que l\u2019on n\u2019en comprenne r\u00e9ellement la raison.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le jeu qui porte ce spectacle. Les fac\u00e9ties de Gilles Privat, dont le timbre si particulier sert \u00e0 merveille le personnage de Dubois, font bien comprendre que ce serviteur-l\u00e0 est aux commandes, et qu\u2019il se pla\u00eet intens\u00e9ment \u00e0 mener le jeu. Face \u00e0 lui, un Pierre-Fran\u00e7ois Garel f\u00e9brile en Dorante, au d\u00e9bit incroyablement rapide, rend palpable le stress de son personnage, en \u00e9tant pourtant toujours clair et distinct, dans une diction remarquable. Les sc\u00e8nes s\u2019encha\u00eenent avec maestria. Le rythme soutenu ne sacrifie jamais \u00e0 la clart\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 chaque personnage est donn\u00e9 son moment, o\u00f9 il brille tout particuli\u00e8rement. M\u00eame des r\u00f4les plus mineurs, comme celui de Lubin, originellement Arlequin (S\u00e9raphin Rousseau), trouvent dans la mise en sc\u00e8ne d\u2019Alain Fran\u00e7on un espace pour marquer les esprits. Je pense tout particuli\u00e8rement aux personnages de Madame Argante, m\u00e8re d\u2019Araminte, et Monsieur R\u00e9my, oncle de Dorante (Dominique Valadi\u00e9 et Guillaume L\u00e9v\u00eaque). Lorsqu\u2019ils se retrouvent confront\u00e9s en fin de pi\u00e8ce, lors d\u2019une dispute m\u00e9morable o\u00f9 R\u00e9my d\u00e9fend son neveu face aux volont\u00e9s arrivistes de Madame Argante, d\u00e9sireuse de marier sa fille \u00e0 un noble, cette dispute, condens\u00e9 de dr\u00f4lerie, \u00e9voque une dispute conjugale&nbsp;: le d\u00e9bonnaire R\u00e9my s\u2019emporte face \u00e0 une Argante devenue peste, malgr\u00e9 ses mani\u00e8res affectant la noblesse.<\/p>\n\n\n\n<p>La direction d\u2019acteurs d\u2019Alain Fran\u00e7on, remarquable de justesse et de rythme, porte sans efforts le jeu des com\u00e9diens et permet de faire entendre la langue de Marivaux, aux accents r\u00e9solument modernes malgr\u00e9 les trois si\u00e8cles qui nous s\u00e9parent d\u2019elle. Une question reste pour moi en suspens, qui touche \u00e0 la performance de Georgia Scalliet (Araminte). D\u2019abord \u00e9teinte, sans \u00e9nergie, presque robotique, elle s\u2019anime peu \u00e0 peu lorsqu\u2019elle d\u00e9couvre les v\u00e9ritables sentiments de Dorante. L\u2019id\u00e9e semble claire&nbsp;: Araminte est une jeune femme prisonni\u00e8re des attentes de sa famille, de sa m\u00e8re surtout, qui veut qu\u2019elle \u00e9pouse un riche comte avec qui elle a un diff\u00e9rent. D\u00e9couvrant en Dorante une personne sans autre motivation que son amour pour elle, elle revit, reprend force. Mais compar\u00e9 \u00e0 la performance de Georgia Scalliet en fin de pi\u00e8ce, lorsque son \u00e9motion se transforme en larmes, qui \u00e9taient d\u2019une justesse et d\u2019une intensit\u00e9 \u00e0 en faire serrer plus d\u2019une gorge, le jeu de la premi\u00e8re partie mobilise un autre registre, plus caricatural, au point que l\u2019\u00e9volution s\u2019apparente plus \u00e0 un changement de registre de jeu.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela ne m\u2019a pas emp\u00each\u00e9 d\u2019\u00eatre conquis par cette mise en sc\u00e8ne, qui m\u2019a permis d\u2019appr\u00e9cier \u00e0 sa juste valeur le texte de Marivaux et l\u2019habilet\u00e9 ind\u00e9niable des com\u00e9diens. Alain Fran\u00e7on, metteur en sc\u00e8ne connu et reconnu, multiplement r\u00e9compens\u00e9, et quand bien m\u00eame il n\u2019a plus rien \u00e0 prouver, d\u00e9montre magistralement son talent.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 octobre 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/hadrien-halter\/\">Hadrien Halter<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/theatredecarouge.ch\/spectacle\/les-fausses-confidences\/\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de Marivaux \/ Mise en sc\u00e8ne d\u2019Alain Fran\u00e7on \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carouge (Gen\u00e8ve) \/ Du 24 septembre au 19 octobre 2024 \/ Critiques par Loris Ferrari et Hadrien Halter. <\/p>\n","protected":false},"author":1002847,"featured_media":19856,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,7],"tags":[305,303],"class_list":["post-19855","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-carouge","tag-hadrien-halter","tag-loris-ferrari"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19855","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002847"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19855"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19855\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19970,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19855\/revisions\/19970"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19856"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19855"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19855"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19855"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}