{"id":19160,"date":"2024-06-17T14:50:14","date_gmt":"2024-06-17T12:50:14","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=19160"},"modified":"2025-03-06T11:11:05","modified_gmt":"2025-03-06T10:11:05","slug":"derborence-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2024\/06\/derborence-2\/","title":{"rendered":"Derborence"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Derborence<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception par Amaranta Fontcuberta et Simon Senn \/ mise en sc\u00e8ne par Simon Senn \/La Grange \u2013 Centre \/ Arts et Science \/ UNIL \/ du 1 au 6 juin 2024 \/ Critique par Piera Biondina . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Entre science et po\u00e9sie&nbsp;<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 juin 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/piera-biondina\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16933\">Piera Biondina<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1365\" height=\"789\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/06\/Derborence_Amaranta-Fontcuberta-et-Simon-Senn.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19675\" style=\"width:299px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/06\/Derborence_Amaranta-Fontcuberta-et-Simon-Senn.jpg 1365w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/06\/Derborence_Amaranta-Fontcuberta-et-Simon-Senn-300x173.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/06\/Derborence_Amaranta-Fontcuberta-et-Simon-Senn-1024x592.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/06\/Derborence_Amaranta-Fontcuberta-et-Simon-Senn-250x145.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/06\/Derborence_Amaranta-Fontcuberta-et-Simon-Senn-768x444.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1365px) 100vw, 1365px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Elisa Larvego<br><br><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Cette collaboration entre l\u2019artiste Simon Senn et la biologiste Amaranta Fontcuberta donne lieu \u00e0 une performance qui m\u00e9lange conf\u00e9rence et r\u00e9cit intime. \u00c9voquant ses ann\u00e9es de doctorat, la scientifique, seule en sc\u00e8ne, en souligne l\u2019influence moins sur le plan professionnel que personnel. Amenant par sa narration le public dans son site d\u2019\u00e9chantillonnage dans la vall\u00e9e de Derborence, elle partage avec lui ses r\u00e9flexions sur le contexte humain plus que ses hypoth\u00e8ses de travail, et lui fait d\u00e9couvrir les enjeux de la recherche scientifique dans la nature et de la relation entre le territoire et l&rsquo;individu.&nbsp;<\/em><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle \u00e9tablit une atmosph\u00e8re de familiarit\u00e9, il prend la forme d\u2019un \u00e9change informel entre la narratrice et le public. La com\u00e9dienne, seule sur le plateau, se pr\u00e9sente comme si elle n\u2019incarnait aucun r\u00f4le. En tant que docteure en biologie, elle n\u2019est l\u00e0 que pour partager tout ce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas pu partager lorsqu&rsquo;elle a soutenu sa th\u00e8se, pendant le Covid. Elle accueille ses interlocuteur.ices sur le devant de la sc\u00e8ne, en les tutoyant et en attendant que tout le monde prenne place dans la salle. Apr\u00e8s les pr\u00e9sentations, Amaranta Fontcuberta introduit son sujet de recherche. Il porte sur une esp\u00e8ce de fourmis qui vit dans les Alpes et au sein de laquelle on peut observer une polymorphie, c\u2019est-\u00e0-dire deux g\u00e8nes diff\u00e9rents donnant lieu \u00e0 deux formes d\u2019organisation sociale diff\u00e9rentes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de brefs moments, la performeuse assume son r\u00f4le de scientifique pour expliquer des d\u00e9marches et des notions de biologie. La plupart du temps, pourtant, elle partage des r\u00e9cits qui m\u00ealent la d\u00e9marche scientifique \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience personnelle, cr\u00e9ant un effet de confidence amicale. Le public devient destinataire du compte rendu de la relation que la scientifique a pu \u00e9tablir, au cours de cinq ann\u00e9es de recherche, avec les lieux et l\u2019histoire de la vall\u00e9e, ses falaises, les glissements du terrain, les fourmis et leurs modes de reproduction, mais aussi les gens qui y travaillent, le tourisme, ou les livres qui y ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits. Il n\u2019imagine Derborence qu\u2019\u00e0 travers la description qui lui en est faite. Une vid\u00e9o sur le t\u00e9l\u00e9phone de la narratrice, projet\u00e9e sur l\u2019\u00e9cran qui occupe tout le fond de la sc\u00e8ne, montre pourtant la route \u2013 sinueuse et donnant sur le vide \u2013 qu\u2019elle a d\u00fb faire maintes fois pour arriver aux nids des fourmis. Elle parle du danger de chutes de pierres, de sa peur de conduire \u00e0 travers les tunnels \u00e9troits creus\u00e9s dans la roche et des rencontres qu\u2019elle y a faites.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours du spectacle, elle s\u2019assied parfois derri\u00e8re une table qui repr\u00e9sente le laboratoire et elle fait des d\u00e9monstrations des tests qu\u2019elle a d\u00fb ex\u00e9cuter pendant ses recherches. Aucune substance ni fourmi ne sont pr\u00e9sentes sur sc\u00e8ne&nbsp;: cela focalise l\u2019attention \u00e0 la fois sur la ritualit\u00e9 des gestes et sur la nature performative du moment, chaque mouvement n\u2019\u00e9tant qu\u2019un mime, simple imitation de ce qui se passe dans le v\u00e9ritable laboratoire. Le spectacle n\u2019abolit donc pas la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9, au contraire il la trouve \u00e0 des endroits inattendus (le laboratoire d\u2019une biologiste) et l\u2019exploite habilement. La projection et l\u2019agrandissement cons\u00e9quent de la manipulation des outils sur l\u2019\u00e9cran ainsi que la r\u00e9p\u00e9titivit\u00e9 quasi hypnotique des mouvements semblent en effet appartenir davantage \u00e0 la performance qu\u2019\u00e0 l\u2019exp\u00e9rience scientifique. La fronti\u00e8re entre th\u00e9\u00e2tre et conf\u00e9rence est constamment mise en question. De mani\u00e8re impr\u00e9vue, une certaine ironie a \u00e9galement sa place, notamment \u00e0 travers la projection des instructions du d\u00e9roulement des exp\u00e9riences simul\u00e9es, dont la froide candeur scientifique, qui s\u2019oppose \u00e0 la nature artistique du th\u00e9\u00e2tre, prend le public au d\u00e9pourvu. L\u2019effet comique qui en d\u00e9coule s\u2019int\u00e8gre paradoxalement bien dans l&rsquo;espace de la performance.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir d\u2019un questionnement d\u2019ordre scientifique sur l\u2019\u00e9volution surgissent d\u2019autres types de questions et de r\u00e9flexions. Celles-ci touchent \u00e0 la mani\u00e8re dont les r\u00e9serves naturelles sont parfois prot\u00e9g\u00e9es et parfois exploit\u00e9es par le tourisme comme par la science, mais aussi \u00e0 la coexistence entre le territoire et les gens qui y habitent ou y travaillent, comme la berg\u00e8re avec qui Amaranta Fontcuberta fait connaissance. Ces m\u00e9ditations sont pr\u00e9sent\u00e9es au cours du spectacle \u2013 qui s\u2019appuie \u00e9galement sur le cahier de recherche de la performeuse-chercheuse \u2013 m\u00eame si elles ne sont pas explor\u00e9es aussi profond\u00e9ment qu&rsquo;on l&rsquo;aurait souhait\u00e9. Il est cependant beau de voir que la scientifique s&rsquo;est tourn\u00e9e vers le th\u00e9\u00e2tre pour communiquer ce que sa th\u00e8se de doctorat lui a apport\u00e9, mais qui d\u00e9passe le domaine de la biologie, et pour poser des questions auxquelles m\u00eame la m\u00e9thode scientifique ne peut trouver de r\u00e9ponse.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 juin 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/piera-biondina\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16933\">Piera Biondina<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.grange-unil.ch\/evenement\/derborence\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception par Amaranta Fontcuberta et Simon Senn \/ mise en sc\u00e8ne par Simon Senn \/La Grange \u2013 Centre \/ Arts et Science \/ UNIL  \/ du 1 au 6 juin 2024 \/ Critique par Piera Biondina .<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":19675,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[281],"class_list":["post-19160","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-piera-biondina"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19160","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19160"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19160\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22914,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19160\/revisions\/22914"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19675"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19160"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19160"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19160"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}