{"id":17847,"date":"2024-04-21T12:25:56","date_gmt":"2024-04-21T10:25:56","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17847"},"modified":"2025-02-07T12:04:47","modified_gmt":"2025-02-07T11:04:47","slug":"les-voyages-de-gulliver","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2024\/04\/les-voyages-de-gulliver\/","title":{"rendered":"Les Voyages de Gulliver"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Les Voyages de Gulliver<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D\u2019apr\u00e8s Jonathan Swift \/ Texte de Yvan Richardet \/ mise en sc\u00e8ne par Thierry Crozat \/ Cie Les arTpenteurs \/ Le Petit Th\u00e9\u00e2tre (Lausanne) \/ du 17 avril au 5 mai 2024 \/ Critiques par Cl\u00e9lie Vuillaume et Anna Chialva . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La taille de mon nombril<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>21 avril 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/clelie-vuillaume\/\" data-type=\"page\" data-id=\"17553\">Cl\u00e9lie Vuillaume<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1747\" height=\"1200\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@-Philippe-Pache-5.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17857\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@-Philippe-Pache-5.jpg 1747w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@-Philippe-Pache-5-291x200.jpg 291w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@-Philippe-Pache-5-1024x703.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@-Philippe-Pache-5-247x170.jpg 247w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@-Philippe-Pache-5-768x528.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@-Philippe-Pache-5-1536x1055.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@-Philippe-Pache-5-135x93.jpg 135w\" sizes=\"auto, (max-width: 1747px) 100vw, 1747px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Philippe Pasche <br><br><br><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le chapiteau des arTpenteurs s\u2019est m\u00e9tamorphos\u00e9 en bateau, pr\u00eat \u00e0 larguer les amarres. Il ne manque plus que vous, car cette fois, c\u2019est en votre compagnie que partira Gulliver, le h\u00e9ros du roman satirique de Jonathan Swift \u00e9crit en 1721. Embarquez pour un voyage initiatique extraordinaire \u00e0 la rencontre de l\u2019autre et de ce qu\u2019il dit in\u00e9vitablement de vous.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Devant moi se presse \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du Petit Th\u00e9\u00e2tre de Lausanne une ribambelle d\u2019enfants accompagn\u00e9s par deux adultes. Au guichet, la responsable des tickets d\u2019entr\u00e9e s\u2019adresse plus aux petit\u00b7e\u00b7s qu\u2019aux deux grand\u00b7e\u00b7s. Je comprends que je p\u00e9n\u00e8tre dans un univers qui leur est r\u00e9serv\u00e9, mais leur excitation contagieuse ne tarde pas \u00e0 me gagner. Je me prends au jeu. J\u2019esp\u00e8re de l\u2019\u00e9merveillement, des rires qu\u2019on ne peut pas retenir, de la curiosit\u00e9, des chants, des questions qui se posent, de beaux costumes, du spectacle, du grandiose fait de rien, des \u00e9toiles en carton.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes acceuilli\u00b7e\u00b7s comme les membres attendus de l\u2019\u00e9quipage, et les com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s, au nombre de six, trois femmes et trois hommes, \u00e9tablissent d\u2019embl\u00e9e un lien de complicit\u00e9 fort avec les spectateur\u00b7ice\u00b7s. Sur la sc\u00e8ne, que le public entoure en trois quarts de cercle, des caisses carr\u00e9es et rectangulaires sont dispos\u00e9es en forme de T. Au plafond pendent deux lanternes. Le capitaine annonce gaiement la m\u00e9t\u00e9o maritime, et voil\u00e0 qu\u2019aux c\u00f4t\u00e9s de Gulliver, simultan\u00e9ment jou\u00e9 par plusieurs com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s, nous nous engageons dans un voyage enchant\u00e9 et en chansons \u00e0 la d\u00e9couverte de peuplades \u00e9trang\u00e8res. Premi\u00e8re halte chez les Liliputien\u00b7ne\u00b7s, ces petits \u00eatres pas plus hauts que six pouces, pourtant gonfl\u00e9s d\u2019un orgueil insolent, face \u00e0 qui Gulliver appara\u00eet bien trop bon, trop poli et trop na\u00eff. Escale ensuite sur l\u2019\u00eele flottante de Blefuscu, peupl\u00e9e de \u00ab&nbsp;savants fous&nbsp;\u00bb, des scientifiques qui ont perdu la t\u00eate, tomb\u00e9\u00b7e\u00b7s dans le d\u00e9lire de leurs propres calculs. Critique et d\u00e9nonciatrice, une chanson explicite les d\u00e9rives du \u00ab&nbsp;progr\u00e8s&nbsp;\u00bb, qui, \u00e0 trop vouloir r\u00e9volutionner le r\u00e9el, se coupe d\u00e9finitivement de lui. La derni\u00e8re \u00eele visit\u00e9e est celle de Brobdingnag o\u00f9 vivent des G\u00e9ant\u00b7e\u00b7s.&nbsp;Malgr\u00e9 leur toute-puissance physique, ces dernier\u00b7\u00e8re\u00b7s ne connaissent pas la guerre et en questionnent le sens. Chez elleux, les principes et les convictions de Gulliver perdent tout cr\u00e9dit.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe un potentiel \u00e9vident \u00e0 r\u00e9actualiser, \u00e0 destination des enfants mais aussi des adultes (comme l\u2019\u00e9tait pens\u00e9e d\u2019ailleurs l\u2019\u0153uvre de Jonathan Swift) les fabuleux voyages de Gulliver. Chaque pays visit\u00e9 par le protagoniste constitue une opportunit\u00e9 de faire l\u2019exp\u00e9rience du d\u00e9centrement, de se confronter \u00e0 d\u2019autres normes, d\u2019autres \u00e9vidences et d\u2019autres langages. Ils contiennent chacun leur lot de morales \u00e0 retenir. Ici, c\u2019est celui \u00e0 qui l\u2019on s\u2019identifie, l\u2019homme, le blanc, l\u2019Europ\u00e9en, qui est \u00e0 chaque fois l\u2019\u00e9tranger. \u00c0 travers lui, le public est amen\u00e9 \u00e0 questionner ses certitudes et \u00e0 r\u00e9soudre l\u2019infini probl\u00e8me que pose la diff\u00e9rence de l\u2019Autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le voyage initiatique rend sensibles, et conscient\u00b7e\u00b7s, de la relation que l\u2019on tend \u00e0 entretenir avec les autres \u00eatres vivants. Le texte, par son ton satirique, d\u00e9voile nos risibles r\u00e9flexes et invite \u00e0 repenser notre propre place sur cette grande Terre dont nous ne sommes finalement qu\u2019une infime partie. L\u2019\u00e9gocentrisme dont nous faisons toutes et tous preuve, et \u00e0 plus forte raison les enfants, est ici mis en crise. L\u2019exp\u00e9rience th\u00e9\u00e2trale prend les allures d\u2019un apprentissage didactique qui ne fait pas de mal, m\u00eame pas aux adultes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un seul hic&nbsp;: outre les effets sc\u00e9niques (lumi\u00e8res, son) dont il serait aujourd\u2019hui difficile de se passer, les com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s font le choix d\u2019utiliser sur sc\u00e8ne des t\u00e9l\u00e9phones portables, filmant parfois des sc\u00e8nes en live projet\u00e9es sur un \u00e9cran en fond de sc\u00e8ne. Si le proc\u00e9d\u00e9 permet de r\u00e9aliser efficacement des changements de perspective (par exemple, les visages des g\u00e9ant\u00b7e\u00b7s sont film\u00e9s de tr\u00e8s pr\u00e8s et apparaissent en gros plan \u00e0 l\u2019\u00e9cran, ce qui assure un effet tr\u00e8s intimidant), il manque peut-\u00eatre de fondement. Notre exp\u00e9rience sur l\u2019\u00eele de Blefuscu nous a invit\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 repenser la place et le r\u00f4le des nouvelles technologies. Alors, bien qu\u2019il soit possible que le choix ait \u00e9t\u00e9 celui d\u2019int\u00e9grer, tout en critiquant leur usage excessif, les marques de la technologie cellulaire \u00e0 laquelle, il ne faut pas se leurrer, m\u00eame les enfants sont plus que familiaris\u00e9s, cette incoh\u00e9rence reste toutefois inexpliqu\u00e9e. Et puis, les mises en sc\u00e8ne s\u2019affranchissant de toute technique num\u00e9rique ne sont-elles pas les plus convaincantes au th\u00e9\u00e2tre&nbsp;? Ici, strat\u00e9gie \u00ab&nbsp;mat\u00e9rielle&nbsp;\u00bb (costume en trompe-l\u2019\u0153il, marionnettes, chant et bruitage en live) et strat\u00e9gie \u00ab&nbsp;num\u00e9rique&nbsp;\u00bb se m\u00ealent dans un dialogue peu persuasif, bien qu\u2019int\u00e9ressant par son caract\u00e8re novateur. Les moments de projections pourraient plut\u00f4t tendre \u00e0 op\u00e9rer des coupures avec le monde imaginaire cr\u00e9\u00e9 que devenir des moyens de mieux en rendre compte. J\u2019aime me dire que l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 criante, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, l\u2019engagement et la conviction avec lesquelles le propos est livr\u00e9 par les com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s dans cette jolie cr\u00e9ation auraient amplement suffi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>21 avril 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/clelie-vuillaume\/\" data-type=\"page\" data-id=\"17553\">Cl\u00e9lie Vuillaume<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le monde est plus grand que nos nombrils!<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>23 avril 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/anna-chialva\/\" data-type=\"page\" data-id=\"17538\">Anna Chialva <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1734\" height=\"1200\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@Philippe-Pache.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17851\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@Philippe-Pache.jpg 1734w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@Philippe-Pache-289x200.jpg 289w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@Philippe-Pache-1024x709.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@Philippe-Pache-246x170.jpg 246w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@Philippe-Pache-768x531.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@Philippe-Pache-1536x1063.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/04\/@Philippe-Pache-135x93.jpg 135w\" sizes=\"auto, (max-width: 1734px) 100vw, 1734px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Philippe Pasche <br><br><br><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Apr\u00e8s l\u2019Odyss\u00e9e&nbsp;(2018-2021) et&nbsp;Fahrenheit 451&nbsp;(2023), les ArTpenteurs renouent avec le th\u00e8me du voyage. En coproduction avec le Petit Th\u00e9a\u0302tre de Lausanne, la compagnie itin\u00e9rante vaudoise stimule la r\u00e9flexion des grands et des petits sur leur rapport au monde dans une adaptation r\u00e9ussie des&nbsp;Voyages de Gulliver&nbsp;pour le jeune public.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Ne restez pas prisonniers d\u2019un point de vue ! Le monde est plus grand ! \u00bb Voici les paroles qu\u2019on chantonne en sortant de la toile du chapiteau rouge situ\u00e9 dans le jardin du Petit Th\u00e9\u00e2tre. Le monde est plus grand, oui, mais par rapport \u00e0 quoi ? La complexit\u00e9&nbsp;des rapports&nbsp;au monde et aux savoirs constitue en effet l\u2019objet de la r\u00e9flexion sous-jacente a\u0300&nbsp;cette com\u00e9die musicale o\u00f9 les sons, les couleurs, les images et les diff\u00e9rentes technologies s\u2019alternent pour cr\u00e9er une atmosph\u00e8re magique, presque onirique et circassienne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s l\u2019entr\u00e9e dans le chapiteau, les spectateurs sont plong\u00e9s dans la fiction. Ils sont invit\u00e9s \u00e0 prendre place sur \u00ab le bateau \u00bb de Gulliver, humain europ\u00e9en et m\u00e9decin de marine \u2013 interpr\u00e9t\u00e9\u0301&nbsp;par chacun des com\u00e9diens \u00e0 des moments diff\u00e9rents du spectacle \u2013 qui se pr\u00e9sente au public et introduit son voyage. Les \u00e9tapes du voyage sont expliqu\u00e9es par le biais d\u2019un exp\u00e9dient sc\u00e9nique utilis\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises : une maquette repr\u00e9sentant un bateau-jouet qui, sur fond sonore, parcourt une carte g\u00e9ographique au milieu de la sc\u00e8ne. La maquette, enregistr\u00e9e en direct par l\u2019un des com\u00e9diens avec un appareil \u00e9lectronique, est projet\u00e9e sur un grand \u00e9cran en fond de sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeu m\u00e9diatique, les maquettes et les chansons sont des ressorts sc\u00e9niques tr\u00e8s exploit\u00e9s permettant une transformation de la r\u00e9alit\u00e9. Les \u00e9chelles, les images et les sonorit\u00e9s diff\u00e9rentes ainsi cr\u00e9\u00e9es deviennent des v\u00e9hicules efficaces du message de la pi\u00e8ce et font l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9\u0301&nbsp;et la particularit\u00e9\u0301&nbsp;du spectacle. Les ArpenTeurs envisageaient en effet, selon le dossier de presse, une adaptation h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne et artisanale de l\u2019\u0153uvre de Swift : un \u00ab voyage enchanteur qui se raconte et se fabrique \u00e0 vue, comme lorsque les enfants inventent un jeu dans la cour d\u2019\u00e9cole \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les quatre voyages racont\u00e9s dans l\u2019\u0153uvre de Jonathan Swift, les deux voyages de Gulliver choisis pour l\u2019adaptation th\u00e9\u00e2trale travaillent sur plusieurs th\u00e9matiques qui, toujours de mani\u00e8re ludique et jongleuse, d\u00e9veloppent une r\u00e9flexion \u00e9thique. Par la mise en sc\u00e8ne de la maladresse, des quiproquos et de l\u2019ing\u00e9nuit\u00e9\u0301&nbsp;de Gulliver, les th\u00e8mes de la guerre, du pouvoir, de la technologie et de l\u2019Autre parlent de la condition humaine sous un point de vue insolite, mettant en exergue sa petitesse, bien plus que sa grandeur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Gulliver apprend \u00e0 se conna\u00eetre en s\u2019ouvrant \u00e0 l\u2019Autre ; il devient de plus en plus conscient de sa petitesse d\u2019esprit et de la grandeur du monde. Le savoir th\u00e9orique de caract\u00e8re occidental et l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue dans les contr\u00e9es inconnues du monde s\u2019affrontent sur sc\u00e8ne dans un dialogue clownesque o\u00f9 les mots prennent forme par des gestes et des sons \u00e9tranges qui enrichissent l\u2019\u0153uvre de Swift. L\u2019espace sc\u00e9nique circulaire contribue \u00e0 l\u2019interaction avec le public et \u00e0 la transmission du message de la pi\u00e8ce, accueilli avec grande joie par les enfants ressortissants du chapiteau : leurs sourires vous en t\u00e9moigneront !&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Et que les adultes prennent garde \u00e0 consid\u00e9rer&nbsp;<em>Les Voyages de Gulliver&nbsp;<\/em>comme une simple petite pi\u00e8ce pour l\u2019enfance, car c\u2019est bien \u00e0 l\u2019enfant qui nous habite qu\u2019ils s\u2019adressent. Soyez curieux, allez jouer avec les ArTpenteurs et vos enfants : vous vous amuserez dans la d\u00e9couverte d\u2019un autre monde et peut-\u00eatre davantage de vous-m\u00eames !&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>23 avril 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/anna-chialva\/\" data-type=\"page\" data-id=\"17538\">Anna Chialva <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p> <a href=\"https:\/\/lepetittheatre.ch\/spectacle\/les-voyages-de-gulliver\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s Jonathan Swift \/ Texte de Yvan Richardet \/ mise en sc\u00e8ne par Thierry Crozat \/ Cie Les arTpenteurs \/ Le Petit Th\u00e9\u00e2tre (Lausanne) \/ du 17 avril au 5 mai 2024 \/ Critiques par Cl\u00e9lie Vuillaume et Anna Chialva .<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":17854,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,4,38],"tags":[283,287],"class_list":["post-17847","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-le-petit-theatre","category-spectacle","tag-anna-chialva","tag-clelie-vuillaume"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17847","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17847"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17847\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19174,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17847\/revisions\/19174"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17854"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17847"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17847"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17847"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}