{"id":17715,"date":"2024-03-18T16:32:56","date_gmt":"2024-03-18T15:32:56","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17715"},"modified":"2025-02-07T12:00:21","modified_gmt":"2025-02-07T11:00:21","slug":"ceci-nest-pas-une-ambassade-made-in-taiwan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2024\/03\/ceci-nest-pas-une-ambassade-made-in-taiwan\/","title":{"rendered":"Ceci n\u2019est pas une ambassade (Made in Taiwan)"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Ceci n\u2019est pas une ambassade (Made in Taiwan)<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et mise en sc\u00e8ne par Stefan Kaegi (Rimini Protokoll) \/ du 14 au 24 mars 2024 \/\u00a0Th\u00e9\u00e2tre de Vidy (Lausanne) \/ Critique par No\u00eblie Jeannerat. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le drapeau de la discorde<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>18 mars 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/noelie-jeanneret\/\" data-type=\"page\" data-id=\"17548\">No\u00eblie Jeannerat<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1800\" height=\"1200\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/T-VIDY_CECI-NEST-PAS-UNE-EMBASSADE_5_300DPI_\u00a9Claudia-Ndebele.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17712\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/T-VIDY_CECI-NEST-PAS-UNE-EMBASSADE_5_300DPI_\u00a9Claudia-Ndebele.jpg 1800w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/T-VIDY_CECI-NEST-PAS-UNE-EMBASSADE_5_300DPI_\u00a9Claudia-Ndebele-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/T-VIDY_CECI-NEST-PAS-UNE-EMBASSADE_5_300DPI_\u00a9Claudia-Ndebele-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/T-VIDY_CECI-NEST-PAS-UNE-EMBASSADE_5_300DPI_\u00a9Claudia-Ndebele-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/T-VIDY_CECI-NEST-PAS-UNE-EMBASSADE_5_300DPI_\u00a9Claudia-Ndebele-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/T-VIDY_CECI-NEST-PAS-UNE-EMBASSADE_5_300DPI_\u00a9Claudia-Ndebele-1536x1024.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1800px) 100vw, 1800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Claudia Ndebele<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Ceci n\u2019est pas une ambassade, mais presque. Durant une heure quarante-cinq, un ancien diplomate, une activiste digitale et une musicienne exposent, mais surtout s\u2019exposent, aux yeux du public suisse en d\u00e9fendant courageusement l\u2019existence politique de leur territoire d\u2019origine : Ta\u00efwan pour certains ou R\u00e9publique de Chine pour d\u2019autres. Le pays divise jusque dans son appellation. De la parole aux actes, il n\u2019y a qu\u2019un pas et ces trois artistes le franchissent sur la sc\u00e8ne du th\u00e9\u00e2tre de Vidy.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Sur sc\u00e8ne interviennent un homme d\u2019\u00e2ge m\u00fbr, costume et cravate noirs, et deux jeunes femmes, v\u00eatues sobrement d\u2019un pantalon et d\u2019un \u00e9l\u00e9gant chemisier noir. Ils partagent au minimum deux choses : la sc\u00e8ne et la volont\u00e9 furieuse de faire reconna\u00eetre leur pays aux yeux du monde. Le premier est un ancien diplomate de 72 ans, David Wu, qui s\u2019est battu pour l\u2019ind\u00e9pendance de Ta\u00efwan. Chiayo Kuo, 32 ans, investit son \u00e9nergie \u00e0 d\u00e9velopper les technologies num\u00e9riques afin de promouvoir la visibilit\u00e9 de son pays. Debby Szu-Ya Wang, 27 ans, est quant \u00e0 elle musicienne et fille d\u2019un directeur de multinationale de Bubble Tea. Trois parcours diff\u00e9rents mais li\u00e9s \u00e0 ce que des navigateurs europ\u00e9ens du XVIe si\u00e8cle ont nomm\u00e9 la \u00abbelle \u00eele\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le principe du spectacle est clair : les trois protagonistes, tour \u00e0 tour, pr\u00e9sentent leurs trajectoires de vie \u00e0 l\u2019aide de supports num\u00e9riques et artisanaux. Chiayo Kuo est la premi\u00e8re \u00e0 se lancer. Alors que Debby Szu-Ya, en avant-sc\u00e8ne c\u00f4t\u00e9 jardin fait de la musique sur un piano de bouteilles en plastique, Chiayo Kuo vient s\u2019assoir sur un tabouret, en avant-sc\u00e8ne c\u00f4t\u00e9 cour. Devant elle se trouve une table. Pour accompagner ses propos, elle l\u00e8ve des maquettes en cartons sur lesquelles le public peut d\u00e9couvrir l\u2019image de son p\u00e8re ou de cet a\u00e9roport qu\u2019elle d\u00e9testait enfant, puisqu\u2019il lui rappelait l\u2019heure des au revoirs. Derri\u00e8re elle, une toile blanche accueille des images ou des vid\u00e9os. Une cam\u00e9ra, frontalement orient\u00e9e sur la com\u00e9dienne, retransmet en direct le tableau ainsi cr\u00e9\u00e9 sur d\u2019\u00e9normes rideaux blancs en arri\u00e8re-sc\u00e8ne. Tout au long du spectacle, le regard des spectateurs se prom\u00e8ne entre s\u00e9quences projet\u00e9es en direct, images de documentaires nous plongeant dans les rues de Ta\u00efwan et la r\u00e9alit\u00e9 du plateau. L\u2019usage millim\u00e9tr\u00e9 et la diversit\u00e9 des supports technologiques connect\u00e9s s\u2019encha\u00eenent et permet au spectacle de s\u2019\u00e9couler avec fluidit\u00e9. Afin que tout le monde puisse suivre les enjeux pr\u00e9sent\u00e9s par les trois artistes, des sous-titres en fran\u00e7ais sont projet\u00e9s sur les draps blancs d\u2019arri\u00e8re-sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Stefan Kaegi, co-cr\u00e9ateur du collectif de th\u00e9\u00e2tre berlinois Rimini Protokoll et metteur en sc\u00e8ne de ce spectacle, se pla\u00eet \u00e0 cr\u00e9er des \u0153uvres th\u00e9\u00e2trales documentaires. Il donne la parole aux \u00ab experts \u00bb de la vie quotidienne qui ont quelque chose \u00e0 raconter. David Wu, Chiayo Kuo, Debby Szu-Ya Wang sont les parfaits ambassadeurs d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 boud\u00e9e par les politiques internationales mais aux prises avec les probl\u00e9matiques quotidiennes qu\u2019une telle situation sous-tend. Ils souhaitent, le temps du spectacle, \u00e9tablir une ambassade, et donc une existence politique de leur territoire, dans le th\u00e9\u00e2tre. L\u2019enjeu est de taille : en revendiquant personnellement l\u2019ind\u00e9pendance et la reconnaissance de leur \u00eele, les trois natifs de Ta\u00efwan mettent en danger leur int\u00e9grit\u00e9 individuelle. C\u2019est un v\u00e9ritable tour de force que ces trois ambassadeurs r\u00e9alisent en se faisant les repr\u00e9sentants d\u2019une cause sensible et taboue. La pr\u00e9cision millim\u00e9tr\u00e9e des tours de parole, le jeu incessant de superposition des images, rendent l\u2019ambiance s\u00e9rieuse et solennelle mais laissent la place \u00e0 quelques interventions l\u00e9g\u00e8res. C\u2019est le cas d\u2019une sc\u00e8ne en toute fin de spectacle, lorsque le public est pris \u00e0 partie. En&nbsp;mobilisant les technologies num\u00e9riques d\u2019une mani\u00e8re aussi jouissive qu\u2019originale, ils incluent le public de mani\u00e8re \u00e0 le faire r\u00e9fl\u00e9chir et sourire.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle d\u00e9bute sur le grand d\u00e9ploiement d\u2019un drapeau blanc. En repartant, le probl\u00e8me reste accroch\u00e9 en suspens dans la salle, comme cet imposant \u00e9criteau en alphabet chinois qui signifie \u00abnation\u00bb tant que le cadre autour est allum\u00e9, et s\u2019il s\u2019\u00e9teint, le mot change de signification et devient \u00abpeut-\u00eatre\u00bb. Peut-\u00eatre qu\u2019un jour Ta\u00efwan sera une nation reconnue, pour l\u2019instant l\u2019\u00e9criteau&nbsp;clignote encore et toujours et le public suisse en est dor\u00e9navant averti.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>18 mars 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/noelie-jeanneret\/\" data-type=\"page\" data-id=\"17548\">No\u00eblie Jeannerat<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/fr\/evenement\/ceci-nest-pas-une-ambassade-made-in-taiwan\/#artistes\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et mise en sc\u00e8ne par Stefan Kaegi (Rimini Protokoll) \/ du 14 au 24 mars 2024 \/\u00a0Th\u00e9\u00e2tre de Vidy (Lausanne) \/ Critique par No\u00eblie Jeannerat.<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":17716,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[285],"class_list":["post-17715","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-noelie-jeannerat"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17715","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17715"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17715\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19155,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17715\/revisions\/19155"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17716"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17715"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17715"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17715"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}