{"id":17585,"date":"2024-03-08T17:26:16","date_gmt":"2024-03-08T16:26:16","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17585"},"modified":"2025-03-05T19:09:27","modified_gmt":"2025-03-05T18:09:27","slug":"les-annees-bleues-ou-la-douce-odyssee-detre-adulte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2024\/03\/les-annees-bleues-ou-la-douce-odyssee-detre-adulte\/","title":{"rendered":"Les ann\u00e9es bleues, ou la douce odyss\u00e9e d\u2019\u00eatre adulte"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Les ann\u00e9es bleues, ou la douce odyss\u00e9e d\u2019\u00eatre adulte<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et mise en sc\u00e8ne par la Cie Extrapol \/ Co-production du Th\u00e9\u00e2tre du Jura \/ Th\u00e9\u00e2tre du Jura (Del\u00e9mont) \/ du 1er au 3 mars 2024\/ Critique par No\u00eblie Jeannerat. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ulysse, Ulysse&#8230; Dis-nous, qu\u2019as-tu fait de toutes ces ann\u00e9es ?&nbsp;<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>08 mars 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/noelie-jeanneret\/\" data-type=\"page\" data-id=\"17548\">No\u00eblie Jeannerat<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1648\" height=\"742\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/les-annees-bleues_ulysse-ulysse.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-19720\" style=\"width:333px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/les-annees-bleues_ulysse-ulysse.png 1648w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/les-annees-bleues_ulysse-ulysse-300x135.png 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/les-annees-bleues_ulysse-ulysse-1024x461.png 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/les-annees-bleues_ulysse-ulysse-250x113.png 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/les-annees-bleues_ulysse-ulysse-768x346.png 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2024\/03\/les-annees-bleues_ulysse-ulysse-1536x692.png 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1648px) 100vw, 1648px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Vincent M\u00fcller<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Ni costumes extravagants, ni perruques. Aucun artifice entre Camille, Laure, Martine, Lionel et le public. Amis de longue date, ils se livrent sans fard sur la (douce) odyss\u00e9e de leur vie d\u2019adulte. Cette longue p\u00e9riode de la vie qui flirte entre l\u2019adolescence et la mort, cet espace vacant entre l\u2019\u00eatre et le n\u00e9ant, \u00e0 vous, que vous inspire-t-il ?&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Qui parmi vous a des enfants ? \u00bb Les mains se l\u00e8vent sans trop de probl\u00e8me. \u00ab Qui a peur de la mort ? \u00bb L\u2019assembl\u00e9e se fait soudainement nettement plus discr\u00e8te. La g\u00eane devient palpable. Les quatre com\u00e9diens pr\u00e9sents sur sc\u00e8ne ne sont pas dupes : ils savent qu\u2019ils viennent toucher une dimension d\u00e9licate de l\u2019\u00eatre : l\u2019intimit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce ne sont pas les seules fois o\u00f9 les com\u00e9diens sollicitent le t\u00e9moignage du public en ouvrant sobrement, ici et l\u00e0, les projecteurs sur lui. L\u2019incluant sans jamais lui forcer la main, les com\u00e9diens veillent \u00e0 entretenir une relation complice et bienveillante avec ce public qui se trouve alors dans ces moments, confront\u00e9 \u00e0 un dilemme : garder secret ou afficher publiquement ce qui d\u2019habitude ne se r\u00e9v\u00e8le qu\u2019entre quatre yeux ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tout au long du spectacle, les quatre membres de la compagnie&nbsp;<em>Extrapol,&nbsp;<\/em>accompagn\u00e9s aux platines par Nathalie Imhof, s\u2019appuient sur les aventures d\u2019Ulysse pour questionner les \u00e9pop\u00e9es de nos trajectoires d\u2019adulte. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas l\u2019<em>Odyss\u00e9e,&nbsp;<\/em>nul probl\u00e8me. Une toile de fond orang\u00e9e sur laquelle les ombres chinoises d\u2019Ulysse, d\u2019un soldat et de P\u00e9n\u00e9lope viennent, \u00e0 la mani\u00e8re de personnages de bande dessin\u00e9e anim\u00e9e, introduire l\u2019histoire. Puis, d\u00e9pouill\u00e9s des casques et des armures de la sc\u00e8ne d\u2019ouverture, les quatre com\u00e9diens enchainent avec un bref, mais n\u00e9anmoins complet r\u00e9sum\u00e9 de l<em>\u2019Odyss\u00e9e&nbsp;<\/em>permettant \u00e0 tout \u00e0 chacun de prendre connaissance des grandes lignes de l\u2019histoire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les allers-retours entre le mythe et la r\u00e9alit\u00e9 sont constants. Les com\u00e9diens s\u2019inspirent de la l\u00e9gende pour \u00e9clairer et guider leurs r\u00e9flexions sur la vie d\u2019adulte. Les v\u00eatements relativement sobres et \u00e9l\u00e9gants port\u00e9s par les com\u00e9diens laissent un go\u00fbt d\u2019incertitude quant \u00e0 l\u2019identit\u00e9 qu\u2019ils incarnent. Au fur et \u00e0 mesure de l\u2019avanc\u00e9e du spectacle, la fronti\u00e8re entre le com\u00e9dien et le personnage tend \u00e0 s\u2019estomper. Entre Ulysse, P\u00e9n\u00e9lope, Camille, Laure, Martine et Lionel, il n\u2019y a qu\u2019un pas. Entre la r\u00e9alit\u00e9 et la fiction, qu\u2019une diff\u00e9rence d\u2019\u00e9clairage, ce spectacle en offre la preuve.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9pisodes de vie, jou\u00e9s ou racont\u00e9s sur sc\u00e8ne, s\u2019encha\u00eenent avec fluidit\u00e9 comme si la troupe ne formait qu\u2019une seule et m\u00eame entit\u00e9. \u00c0 l\u2019image d\u2019une existence mouvante, les quatre com\u00e9diens n\u2019ont de cesse de se d\u00e9placer et de mobiliser toute l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 possible qu\u2019une sc\u00e9nographie minimaliste permet : une cabane en bois sur pilotis abritant la DJ et trois modestes chariots de bois qui servent de supports \u00e0 l\u2019expression de leurs propos. Ceux-ci se transforment tant\u00f4t en lit d\u2019h\u00f4pital, tant\u00f4t en canap\u00e9 sur lequel Laure et Camille, alors en couple en dehors de la sc\u00e8ne, \u00e9changent sur les difficult\u00e9s de leur vie conjugale.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par leurs t\u00e9moignages poignants et sinc\u00e8res, les quatre amis cr\u00e9ent petit \u00e0 petit un nid de confidences toujours plus touffu. Loin d\u2019une moralisation st\u00e9rile, les membres de la troupe livrent aux spectateurs leur mani\u00e8re de ressentir leur rapport \u00e0 la mort, \u00e0 l\u2019amour et \u00e0 leurs \u00e9motions sous-marines. Il n\u2019est pas question d\u2019offrir une solution \u00e9labor\u00e9e \u00e0 la complexit\u00e9 du monde moderne et mouvant dans lequel nous vivons, mais davantage de mettre en lumi\u00e8re ce qui sommeille dans les bas-fonds obscurs de nos consciences.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a probablement pas d\u2019\u00eatre plus lib\u00e9r\u00e9 que celui qui n\u2019a plus grand-chose \u00e0 cacher. En franchissant le pas de se livrer sans d\u00e9tour \u00e0 cette foule qui n\u2019a rien d\u2019anonyme pour ces natifs du Jura, les quatre artistes font preuve d\u2019un r\u00e9el tour de force. Cette autofiction th\u00e9\u00e2trale, qui r\u00e9ussit \u00e0 maintenir un lien fort avec le public, invite \u00e0 se rendre au c\u0153ur d\u2019un soi intime et parfois imperceptiblement discret, mais vivace et puissant. Il n\u2019est pas question d\u2019enjoliver la t\u00e2che. Les obstacles sont nombreux, les doutes tenaces et les discussions assur\u00e9ment longues et chaotiques. Mais le prix \u00e0 payer pour acc\u00e9der \u00e0 un peu plus de libert\u00e9 semble souvent se solder par un v\u00e9ritable sens des responsabilit\u00e9s. Si devenir adulte, c\u2019est assumer ses choix et les cons\u00e9quences de ses actes, ceux qui foulent les planches du Th\u00e9\u00e2tre du Jura s\u2019en font les parfaits ambassadeurs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>08 mars 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/noelie-jeanneret\/\" data-type=\"page\" data-id=\"17548\">No\u00eblie Jeannerat<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatre-du-jura.ch\/f\/programme\/detail\/325-les-annees-bleues\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et mise en sc\u00e8ne par la Cie Extrapol \/ Co-production du Th\u00e9\u00e2tre du Jura \/ Th\u00e9\u00e2tre du Jura (Del\u00e9mont) \/ du 1er au 3 mars 2024\/ Critique par No\u00eblie Jeannerat. <\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":19719,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,289],"tags":[285],"class_list":["post-17585","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-du-jura","tag-noelie-jeannerat"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17585","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17585"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17585\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19721,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17585\/revisions\/19721"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19719"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17585"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17585"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17585"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}