{"id":17403,"date":"2023-12-20T22:14:08","date_gmt":"2023-12-20T21:14:08","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17403"},"modified":"2025-02-07T12:08:08","modified_gmt":"2025-02-07T11:08:08","slug":"france-anodine-la-radio-des-petites-choses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/12\/france-anodine-la-radio-des-petites-choses\/","title":{"rendered":"FRANCE ANODINE &#8211; La radio des petites choses\u00a0"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">FRANCE ANODINE &#8211; La radio des petites choses\u00a0<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Cr\u00e9ation, conception, texte, mise en sc\u00e8ne et interpr\u00e9tation par Juliette Chaigneau, Dominique Gilliot et Antoine Pesle \/ Le Gr\u00fctli (Gen\u00e8ve) \/ du 18 au 22 d\u00e9cembre 2023\/ critiques par Emma Chapatte et Joaquin Marin\u00e9 Pi\u00f1ero . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un spectacle des petits riens<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emma-chapatte\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16624\">Emma Chapatte<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"392\" height=\"389\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/france-anodine_spectacle-des-petits-riens.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-19722\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/france-anodine_spectacle-des-petits-riens.png 392w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/france-anodine_spectacle-des-petits-riens-202x200.png 202w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/france-anodine_spectacle-des-petits-riens-171x170.png 171w\" sizes=\"auto, (max-width: 392px) 100vw, 392px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9France Anodine<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Quelles sont les meilleures questions \u00e0 poser lors d\u2019un premier&nbsp;<\/em>date<em>&nbsp;? Par o\u00f9 \u00eates-vous pass\u00e9 ce matin pour aller au travail&nbsp;? Quel est votre mat\u00e9riau pr\u00e9f\u00e9r\u00e9&nbsp;? Sur le plateau du th\u00e9\u00e2tre du Gr\u00fctli, Juliette Chaigneau, Dominique Gilliot et Antoine Pesle d\u00e9cortiquent les petits riens du quotidien sur les ondes de la radio France Anodine.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la famille Radio France, je demande France Anodine&nbsp;: cette radio fictive, anim\u00e9e par Juliette, Antoine et Dominique, est uniquement d\u00e9di\u00e9e aux choses qui ne sortent pas de l\u2019ordinaire mais qu\u2019on ne remarque plus, voire qu\u2019on ne fait plus. Install\u00e9\u00b7e\u00b7s&nbsp;de part et d\u2019autre d\u2019une grande table rectangulaire croulant sous le mat\u00e9riel d\u2019enregistrement radiophonique, les trois chroniqueureuses animent en direct plus d\u2019une heure trente de diffusion. Au-dessus d\u2019elleux tr\u00f4ne le logo de France Anodine, r\u00e9plique presque parfaite du logo de France Inter ou de France Culture. C\u2019est alors tout un imaginaire de la radio qui est construit sur le plateau, par le sujet et la sc\u00e9nographie bien s\u00fbr, mais aussi par le travail sonore propos\u00e9&nbsp;: voix pos\u00e9es ou au contraire automatiques, bruitages d\u2019ambiance, pad pour cr\u00e9er des jingles en live, le son fait partie int\u00e9grante du propos. S\u2019y rajoute une recherche sur les lumi\u00e8res qui permettent de rythmer le spectacle et nous rappellent ce que nous regardons&nbsp;: que l\u2019on ne s\u2019y trompe pas, nous sommes au th\u00e9\u00e2tre, pas face \u00e0 un studio radio r\u00e9el o\u00f9 la lumi\u00e8re a bien peu d\u2019importance.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 le divertissement est lui aussi soumis bon gr\u00e9 mal gr\u00e9 \u00e0 la surench\u00e8re capitaliste \u2013 toujours plus de contenus, toujours plus vite, toujours plus captivants \u2013 imaginer une radio d\u00e9volue justement \u00e0 prendre son temps fait sourire, et r\u00e9fl\u00e9chir. Touche-t-on \u00e0 l\u2019universel avec ces petites anecdotes, comme l\u2019annonce le projet artistique&nbsp;? Peut-\u00eatre. En tout cas on s\u2019y retrouve. On s\u2019y reconna\u00eet. Et on rit, beaucoup. Il faut dire que l\u2019interpr\u00e9tation des trois com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s, l\u00e9g\u00e8re et d\u00e9cal\u00e9e, presque parodique, nous invite \u00e0 rire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jingles se succ\u00e8dent, les interm\u00e8des musicaux chant\u00e9s en&nbsp;<em>live<\/em>&nbsp;\u2013 faute de budget de France Anodine pour payer les droits d\u2019auteurices \u2013 s\u2019encha\u00eenent, les \u00e9missions se suivent. Toutes regorgent d\u2019inventivit\u00e9, \u00e0 l\u2019image des rubriques \u00ab&nbsp;Antoine en roue libre&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;La Fabrique des jingles&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab&nbsp;l\u2019Amour des mati\u00e8res&nbsp;\u00bb &#8211; o\u00f9 est d\u00e9clar\u00e9 en chanson l\u2019amour d\u2019un\u00b7e chroniqueureuse pour le polystyr\u00e8ne. Oui mais voil\u00e0&nbsp;: si l\u2019on rit de ces trouvailles et qu\u2019on appr\u00e9cie la cr\u00e9ativit\u00e9 de la d\u00e9marche, le tout finit par donner l\u2019impression d\u2019une juxtaposition de micro-\u00e9v\u00e9nements, comme des perles enfil\u00e9es sur un fil. Et force est de constater que l\u2019on finit par d\u00e9crocher un peu, voire se lasser.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emma-chapatte\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16624\">Emma Chapatte<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong>Le quotidien est riche, les radios radotent<\/strong><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/joaquin-marine-pinero\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16950\">Joaquin Marin\u00e9&nbsp;Pi\u00f1ero<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"392\" height=\"389\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/france-anodine_spectacle-des-petits-riens.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-19722\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/france-anodine_spectacle-des-petits-riens.png 392w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/france-anodine_spectacle-des-petits-riens-202x200.png 202w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/france-anodine_spectacle-des-petits-riens-171x170.png 171w\" sizes=\"auto, (max-width: 392px) 100vw, 392px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9  France Anodine<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Savoir o\u00f9 l\u2019on va, c\u2019est pouvoir profiter de la promenade propos\u00e9e. Le contrat est parfaitement limpide dans&nbsp;<\/em>FRANCE ANODINE&nbsp;&#8211; la radio des petites choses<em>. Le spectacle raconte le quotidien, sans pr\u00e9tention, sous la forme d\u2019une succession de s\u00e9quences radiophoniques qui s\u2019encha\u00eenent tel un programme habituel.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, aller au th\u00e9\u00e2tre est gage de saut dans l\u2019inconnu. Le myst\u00e8re quant \u00e0 la pi\u00e8ce qui se d\u00e9voilera est maintenu jusqu\u2019\u00e0 la fermeture des rideaux. Cette \u00e9nigme peut \u00eatre cultiv\u00e9e par un livret trop allusif, des titres brumeux ou des interventions dans la presse volontairement floues.&nbsp;Ce n\u2019est pas le cas ici. Les cr\u00e9ateurs l\u2019annoncent&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Il y aura des chansons, talkshow, m\u00e9t\u00e9o, publicit\u00e9, rubriques pr\u00e9par\u00e9es ou pas vraiment, des musiques virtuoses ou pas&nbsp;\u00bb.<\/em>&nbsp;Et, en effet, le dispositif renvoie clairement \u00e0 un studio de radio. Une table carr\u00e9e avec trois micros pos\u00e9s dessus, quatre chaises, des ordinateurs ouverts ainsi que des launchpads. Par ailleurs, sur ce plan, des tasses et des gourdes et, suspendu en arri\u00e8re-plan, un carr\u00e9 en tissu affichant le logo \u00ab&nbsp;france anodine&nbsp;\u00bb et imitant les codes de l\u2019identit\u00e9 visuelle \u2013 police et superpositions de carr\u00e9 color\u00e9 sur carr\u00e9 noir \u2013 des cha\u00eenes de&nbsp;<em>Radio France&nbsp;<\/em>(comme<em>&nbsp;France Culture, France Inter<\/em>, \u2026). \u00c0 part cela, la sc\u00e8ne de 12 m\u00e8tres sur 10 (comme cela sera pr\u00e9cis\u00e9 plus tard) n\u2019accueille qu\u2019un porte manteau avec des v\u00eatements d\u2019hiver ainsi qu\u2019un arbre en pot au fond de la sc\u00e8ne. Une boucle sonore r\u00e9p\u00e8te un message annon\u00e7ant le lancement d\u2019une musique sur l\u2019antenne de&nbsp;<em>France Anodine<\/em>. On le comprend, nous assisterons \u00e0 la performance d\u2019une \u00e9mission de radio en direct.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9mission entend raconter des \u00ab&nbsp;trucs aussi&nbsp;\u00bb comme conclut son slogan maintes fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;France Anodine : La radio des petites choses, et des trucs aussi&nbsp;\u00bb. Pr\u00e9tention simple et d\u00e9fendue \u00e9galement dans la communication par l\u2019\u00e9quipe de cr\u00e9ation du projet. Il s\u2019agit de \u00ab&nbsp;cultiver le banal, l\u2019insignifiant&nbsp;\u00bb, pour montrer \u00ab&nbsp;la d\u00e9licatesse de l\u2019insignifiance&nbsp;\u00bb comme iels l\u2019expriment dans leur vid\u00e9o de pr\u00e9sentation.&nbsp;<em>In fine<\/em>, les trois animateur-rices proposent une suite de s\u00e9quences parl\u00e9es, chant\u00e9es, habill\u00e9es de bruitages, de slogans, d\u2019entretiens et d\u2019autres passages typiques du monde de la radio. On s\u2019amuse par exemple beaucoup d\u2019un entretien spontan\u00e9 avec un-e membre de l\u2019\u00e9quipe du th\u00e9\u00e2tre qui se verra recevoir d\u2019absurdes conseils de drague pour r\u00e9ussir un premier rencard. Tout est fait en direct par les com\u00e9dien-nes sur sc\u00e8ne, d\u00e8s la s\u00e9quence d\u2019ouverture dans laquelle les chroniqueur-euses lancent leur nom plusieurs fois et souhaitent la bienvenue \u00e0 leurs \u00ab&nbsp;auditeurices&nbsp;\u00bb. Iels lancent donc la premi\u00e8re s\u00e9quence, la chronique de Juliette. Elle raconte sa balade matinale et ses deux comparses lui r\u00e9pondent en interpr\u00e9tant les personnes rencontr\u00e9es en chemin.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il est vrai que les trois artistes se connaissent bien et ont pris le temps d\u2019apprendre \u00e0 construire ensemble les propositions personnelles port\u00e9es par chacun-e. Depuis leur premi\u00e8re r\u00e9sidence&nbsp;\u00e0 la Maison des M\u00e9tallos, \u00e0 Paris, pendant le Covid, la rencontre fructueuse de&nbsp;la&nbsp;performance\/art contemporain pour Dominique Gilliot, des cr\u00e9ations musicales d\u2019Antoine Pesle&nbsp;et du bagage th\u00e9\u00e2trale de Juliette Chaigneau (com\u00e9dienne et metteuse en sc\u00e8ne) a amen\u00e9 ce projet \u00e0 \u00e9voluer, afin de pr\u00e9senter cette \u0153uvre d\u2019une heure et demie sur diverses sc\u00e8nes francophones de plusieurs pays.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le versant comique, et parfois satirique, d\u2019une radio se prenant trop au s\u00e9rieux malgr\u00e9 des sujets ordinaires, n\u2019a n\u00e9cessairement pas le m\u00eame impact si le public conna\u00eet le contexte radiophonique o\u00f9 cette \u00e9mission pourrait s\u2019inscrire. Les d\u00e9tournements prennent leur force du socle de codes partag\u00e9s. En outre, l\u2019\u0153uvre est truff\u00e9e de r\u00e9f\u00e9rences et certaines phrases ou passages renvoient \u00e0 une intertextualit\u00e9 riche. Que cela soit dans les paroles, l\u2019interpr\u00e9tation du style d\u2019une chanteuse canonique, ou dans la reprise d\u2019un discours (connu pour la perte de contr\u00f4le inattendue de son auteur), la liste des r\u00e9f\u00e9rences s\u2019allonge, ne laissant qu\u2019entrevoir toutes celles que les spectateur-ices ne connaissent pas n\u00e9cessairement. N\u00e9anmoins, certains choix dramatiques permettent de guider le public dans cette performance, et ce, qu\u2019importe son bagage culturel.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il est vrai que les allusions \u00e0 la culture fran\u00e7aise sont multiples, en commen\u00e7ant par ce carr\u00e9 color\u00e9 ramenant \u00e0 une \u00e9mission qui \u00ab&nbsp;pourrait tr\u00e8s bien faire partie de radio France&nbsp;\u00bb, les spectateur-rices pourraient l\u00e9gitimement se questionner si, en sentant passer ces clins d\u2019\u0153il sans en saisir la teneur exacte, cela ne les exclut pas de la vis\u00e9e du projet.&nbsp;Passe-t-on \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du spectacle si nous n\u2019avons pas le m\u00eame cadre culturel que les artistes&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>De fait, cela ne sera pas n\u00e9cessairement le cas car la distance avec un public suisse \u2013 et m\u00eame genevois (et donc localement situ\u00e9) \u2013 est volontairement r\u00e9duite. Les com\u00e9dien-nes se pr\u00e9sentent d\u00e8s l\u2019ouverture de l\u2019\u00e9mission par leur vrai pr\u00e9nom et localisent leur studio au Gr\u00fctli, dans cette salle, dans la saison et l\u2019heure v\u00e9cues r\u00e9ellement. Ainsi, iels se r\u00e9f\u00e8rent au contexte partag\u00e9 et connu du public. De plus, iels, regardent r\u00e9guli\u00e8rement dans notre direction pour adresser leur propos et, finalement, explicitent m\u00eame les enjeux dramatiques d\u00e9coulant de la n\u00e9cessit\u00e9 de trouver une conclusion \u00e0 leur spectacle, d\u00e9j\u00e0 un peu long. Du reste, les bruitages faits maisons se font, pour une grande part<em>, in vivo<\/em>&nbsp;gr\u00e2ce aux launchpads, aux effets sonores de paquets, de housses et d\u2019autres objets du quotidien pos\u00e9s sur la table. Les spectaeur-rices ne se sentent donc pas d\u00e9laiss\u00e9s dans une radio qui s\u2019\u00e9loignerait de leur v\u00e9cu.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, si le quotidien est riche d\u2019un ordinaire valant la peine d\u2019\u00eatre \u00e9cout\u00e9 et po\u00e9tiquement approch\u00e9 pendant une \u00e9mission de radio,&nbsp;<em>France anodine<\/em>&nbsp;sera le bon endroit pour le faire. Guid\u00e9-es par les trois animateur-rices, les spectateur-rices pourront se d\u00e9lecter de balades, de po\u00e8mes, de chansons et d\u2019autres tours sonores agr\u00e9ment\u00e9s de r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 foison. Et si le public suisse ne conna\u00eet pas toujours les d\u00e9tails des radios fran\u00e7aises, il pourra de toutes fa\u00e7ons s\u2019abandonner dans la proposition virtuose d\u2019une soir\u00e9e unique au Gr\u00fctli.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/joaquin-marine-pinero\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16950\">Joaquin Marin\u00e9&nbsp;Pi\u00f1ero<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/grutli.ch\/spectacle\/france-anodine\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cr\u00e9ation, conception, texte, mise en sc\u00e8ne et interpr\u00e9tation par Juliette Chaigneau, Dominique Gilliot et Antoine Pesle \/ Le Gr\u00fctli (Gen\u00e8ve) \/ du 18 au 22 d\u00e9cembre 2023\/ critiques par Emma Chapatte et Joaquin Marin\u00e9 Pi\u00f1ero .<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":17411,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,125],"tags":[270,278],"class_list":["post-17403","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-teatre-du-grutli","tag-emma-chapatte","tag-joaquin-marine-pinero"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17403","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17403"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17403\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19723,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17403\/revisions\/19723"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17411"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17403"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17403"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17403"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}